‹ Les Types de Bacilles Diphtériques: Valeur Thérapeutique Du Sérum Antidiphéritique AntimicrobienChapitre 21 sur 52 · III. — Saturation des agglutinines · texte numérisé non relu

III. — Saturation des agglutinines

Une série d'expériences nous a montré lanécessité, pour obtenir une saturation suffisante des agglutinines, de mettre en contact à deux reprises la dilution du sérum à examiner avec une suspension assez épaisse de bacilles. Par exemple, pour pratiquer la saturation d'un sérum de cheval agglutinant un microbe à 1/6400 avec ce même microbe, on fait d’abord une dilution du sérum à 1/16,5 et une émulsion de 3 à 5 cer. du microbe par cc. Il n’est pas nécessaire d'employer de grandes précautions pour assurer l’homogénéité de cette émulsion et l’on peut, sans inconvénient, se servir des microbes qui se sont déposés au fond du tube au cours de la sédimentation des suspensions destinées à l’agglutination.

La dilution de sérum à dose de 0 cc. 5 est mélangée dans un petit tube à 0 cc 5 d'émulsion bacillaire. Le tout, après agitation, est mis à l’étuve à 37° pendant trois ou quatre heures, puis centrifugé à grande

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vitesse dans le tube même, de façon à obtenir un culot compact, Le liquide surnageant, qui se trouve à la dilution de 1/33, est enlevé avec une pipette effilée, aussi complètement que possible et placé dans un autre petit tube. On lui ajoute encore 0 cc. 5 de microbes et on place de nouveau à l’étuve à 37° trois ou quatre heures, Une nouvelle centrifugation donne alors, surnageant le culot, environ 1 cc. 5 de sérum saturé à la dilution de 1/50. C’est cette dilution qui servira à vérifier si les agglutinines ont été adsorbées ou non,

Pour cela, on dispose une série de petits tubes, le premier vide, tous les suivants contenant Ücc. 5 d’eau salée. Dans le premier on met 0 cc. 5 dela dilution de sérum saturé ; dans le second tube on met encore 0 cc, 5 de la même dilution ; puis, reprenant 0 cc, 5 du mélange du second tube, on le fait passer successivement dans chacun des tubes suivants en doublant ainsi chaque fois le taux de la dilution. Les dilutions sont alors de 1/50, 1/100, 1/200, 1/400 etc. On ajoute dans chacun des tubes 1/2 ce. de suspension microbienne homogène à 1 ou 2 mgr, par cc. d’un microbe homologue du sérum employé, de façon à obtenir les dilutions finales de 1/100, 1/200, 1/400, 1/800, etc... |

En même temps qu'on fait subir toutes ces manipulations au sérum que l’on sature avec un microbe donné, on traite de même 0 ce, 5 de sérum, mais en remplaçant les émulsions microbiennes épaisses par de l’eau salée, Ce sérum témoin montrera qu'aucun facteur autre que l’adsorption des agglutinines n’est intervenu.

Après un dernier séjour de six heures à l’étuve, de préférence à 45° ou 50°, on lit letaux maximum de l’agglutination dans la série des tubes en expérience et dans la série des tubes témoins. Quand le microbe saturant est homologue du sérum saturé, on constate qu'iln’y a aucune agglutination, même à 1/100, alors que le sérum témoin agglutine par exemple très nettement à 1/3200. Dans ce cas, on dit que les agglutinines ont été réduites par l’adsorption à moins de 1/32 de leur valeur primitive.

S'il y avait eu agglutination à 1/100 et non à 1/200, on dirait que les agglutinines ont été réduites à 1/16 de leur valeur.

La saturation d’un sérum antidiphtérique par des microbes variés : staphylocoque, streptocoques, bacille typhique, bacille dysentérique, etc., n’a jamais réduit les agglutinines même à la moitié de leur valeur primitive.

Comme il n'est pas toujours’ possible de mener sans arrêt toutes les opérations décrites pour la saturation des agglutinines, on peut remplacer l’un quelconque des séjours de 3 heures à 37°, par un séjour d’une nuit à la glacière. L’absorption se fait à + 2 ou + 3° aussi bien, mais plus lentement qu’à 37°.

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