COMÉDIENS
et les employés à leurs écritures. Et quand, luie après-midi, ils réciteront, par distraction, quelques pages de beaux vers ou chanteront, par bonne humeur, soit la République, soit la Mère Godichon, payons-leur un coup à boire au
Gttorijes de Geriiiany , en sorlatil de l'uuberi/e , a lue un noyuijenr qui lui aiiiiit demandé son chemin et s'éliiit fait aceompaijncr j>ar lui dans la moni aijne . Il rentre et rapporte des proiiisions
r.EDiiCES. — Oui, j'ai soif... Georgelto, tlorinc-moi un verre d'eau. Amélie, donnant le verre à Georijette. — Tiens, porte-le à ton père.
Oeorgette, — Tiens, papa. .. {Il prend le verre.) Ah ! mon Dieu ! papa. . . mais tu es blessé... tu as du sang à la main ! Georges. — Du sang I
cabaret du coin, mais ne vantons ni leurs poumons ni leur bonne tenue, de peur qu'un jour, éreintés, fourbus, dévoyés et misérables, trompés dans leurs illusions, désertés des directeurs, nous ne les rencontrions au café de la Grande- Chartreuse cherchant un impossible engagement et trinquant à ce qu'ils
appellent leur succès avec le Delmas de \ Education sentimentale, le Delo-
I.r fils qu'allait ahanrlonm: Georrjes fie Geriiiany en France est rleiirnn un bel officier. Dans- iamniir fie sa mère il a recherché leur trace. — // les relrnnue et arriiie flans leur maison. Mais on anerlit Georfjcs qu'un élranç/er riche est flans sa maison. Ceorqes, l)oiir se procurer fie l'arijeni, rentre et lue cet i-lrani/er, puis, pour cacher son crime, il met le feu à la cahute. C'est alors que sa femme tipparatt et, flani un cri, lui flit que cet officier qu'il nient fie tuer est son fils. Georges fie Germtiny, ficcallé de misère, rie honle et de forfaits, se précipite dans les flammes.
belle de Fromont jeune, ces ratés diamnliques, pour qui le roman moderne a créé une immortalité d'ironie et de larmes.
dans la boue cVime rue, ou dans l'ombre nocturne d'un square; il est né de l anonyme et cryptogamique rencontre du basard et de la débauche, entre deux hoquets de Mdsky. Tout (ïamiu, il a vagabondé, mendié, volé, été en prison. A huit ans, il a servi aux plaisirs des matelots et d un lord ataxique, fouetteur d'enfants, qui manqua le tuer. Plus tard, comme il avait les : • deux jambes tordues en ave, presque difformes, un air d ébouté cynisme et de sexe ambigu, les plus crapuleux instincts, on l'a racolé un beau jour pour en faire un groom. D'antichambre en antichambre, d'écurie en écurie, """"^ frotté à toutes les roublardises, à toutes
les rapacités, à toutes les effronteries, à tous les vices des domesticités de grande maison, il est passé lad au haras d'Eaton. Et il s'est pavané avec la toque écossaise, le gilet à rayures jaunes et noires, et le pantalon clair, collant, qui fait aux genoux des plis en forme de vis. A peine adulte, il ressemble d(^jà à un vieux petit homme, greh^ de membres, la face plissée, rougie aux ponuncttes, jaunie aux tempes, la bouche usée et grimaçante, les cheveux rares ramenés au-dessus de l'oreille, en volute graisseuse. Dans une société qui se pâme aux odeurs du crottin, William est déjà quelqu un, mieux qu'un paysan et qu'un ouvrier, presque un gentleman.
A Eaton, il apprit à fond son métier; il sut, par le menu, comment il faut panser un cheval de luxe, comment il faut le soigner quand il est malade, quelles toilettes compliquées, minutieuses et différentes suivant la couleur de la rolîc, lui conviennent; il sut le secret des lavages intimes, les polissages raffinés, les pédicurages savants, les maquillages ingénieux, par quoi valent