L INTELLIGENCE INDÉPENDANTE
de purs littérateurs ne verront guère dans l'idée qu'un thème à développer, ne lui laisseront prendre aucune influence sur la conduite générale et coordonner que les forces organiques qui servent à l'exercice spécial
psychologie de l'intelligeiice fera probablement un progrès considérable le jour où cette hypothèse, sous toutes les formes qu'elle peut revêtir, aura été définitivement abandonnée. » « Quand une perception ou une représentation se produit, certains psychologues, continue M. Bourdon, supposent tout de suite d'autres représentations, cachées on ne sait où, et qui « aperçoivent », s'assimilent, repoussent etc., la nouvelle arrivante. Or l'observation ne fait rien constater de tout cela. Il n'y a pas plus de représentations emmagasinées dans l'esprit qu'il n'y a de courses emmagasinées dans les jambes du coureur. En fait on ne sait actuellement rien encore sur ce qui subsiste dans la substance nerveuse après la disparition d'une perception ou d'une idée ; autant vaut avouer franchement son ignorance sur ce point que de hâter des hypothèses inconcevables comme celle de représentations emmagasinées.» {Revue philosophique, août 1895, p. 164).
M. Bourdon a pleinement raison contre les psychologues qui se figureraient en effet des représentations en quelque sorte actuelles et latentes à la fois. Mais on peut, sans tomber dans ce défaut, employer quelques unes des expressions qu'il relève et même j'y vois l'avantage d'exprimer les faits, au prix de quelques métaphores bien simples et bien claires, précisément sans formuler d'hypothèses sur ce que nous ignorons. Nous appelons « idée » ou « image » l'habitude nerveuse, l'ensemble de faits physiologiques encore ignorés qui sont une des conditions probables de l'idée et de l'image, qui lui survivent, et, ce qui nous importe, agissent comme elles. Si je crois, par exemple, très fortement â l'honnêteté d'un homme et si l'on m'affirme qu'il a commis un vol, je repousserai instinctivement cette idée, sans approfondir tout d'abord et sans m'affirmer peut-être mon opinion sur lui, et je dirai que cette affirmation ne s'accorde pas avec mes idées, c'est-à-dire avec les traces laissées par mes idées, avec l'habitude de mon esprit. Je ne pré-
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de la pensée, de la parole et de l'écriture ou qui s'y rattachent étroitement.
Si elle ne rencontre même pas une tendance ainsi disposée en qui elle puisse s'incarner, un groupe constitué d'habitudes intellectuelles qui s'en accommode, elle entrera moins profondément encore dans la vie. Ressassée elle restera dans l'esprit, presque morte et desséchée, sous forme de phrase — gardant ainsi le minimum nécessaire d'influence sur les tendances et les actes, — et, selon les circonstances, recevra quelque vague emploi qui la laissera durer un certain temps. Elle permettra, d'abord, de réciter une leçon, de répondre à un examen, et, plus tard, de faire preuve, dans le monde, de quelque savoir, de montrer, peutêtre, quelque prétention à l'originalité. Mais beaucoup d'idées dans ces conditions, se fanent vite et meurent sans avoir pris racine. Combien ont ainsi traversé le cerveau d'un homme d'intelligence ordinaire, qui a fait ses classes et lu passablement, et ont disparu sanslaisser de traces appréciables faute d'avoir pu rencontrer un désir durable capable de les faire vivre, ou un système intellectuel assez fort, assez associé à l'exercice même de la vie pour les retenir et leur donner une place.
Ce système, vivant par lui-même et pour lui-même, dominant plus ou moins le reste de l'individu, les intel-
juge rien ainsi sur la nature de ces traces et je ne suppose pas des idées inconscientes semblables aux idées conscientes. Sans doute toute métaphore a ses périls, c'est à celui qui s'en sert à éviter les erreurs, c'est à ses critiques à les relever, mais on ne peut en proscrire l'emploi a priori quand elles servent utilement à exprimer des faits réels, en serrant, en somme, la réalité d'aussi près que possible.
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lectiiels l'offrent aux idées qu'ils reçoivent. Chez eux, précisément, les idées et les images sont organisées en systèmes séparés des tendances communes et sont le centre d'une tendance nouvelle. Mais, pour les intellectuels de notre second type, l'esprit ne suffit pas à tout, il ne saurait absorber la vie entière, et nous assistons parfois à des troubles qui nous permettent de saisir la formation du type, d'en bien comprendre la nature et d'en reconnaître les dangers.
Supposons un esprit supérieur ou du moins assez élevé, chez qui l'intelligence s'est développée par les moyens indiqués, que l'éducation a poussé vers l'intellectualisme, chez qui, au contraire, les sentiments, les tendances actives n'ont pas été cultivés avec le même soin, — mais ont été plutôt gênés et retenus. Si la culture intellectuelle est restée trop exclusivement théorique et verbale, les idées n'ont pas été rattachées à des images, à des mouvements, à des sentiments, à des passions et à des actes, chaque pensée n'ayant pas au moins ébauché une manière de vivre qui lui corresponde. Ceci peut arriver même à des natures riches en virtualités passionnelles. Nous pouvons voir naître alors le type de l'intellectuel pur, notre dernier type, celui à qui le sentiment fait défaut et qui risque d'aboutir à la sécheresse, à l'indifférence pour ce qui n'est pas une idée, à l'abus de l'analyse ou de la logique froide. Si la force innée de sentiments plus humains l'en préserve, il peut rester incomplet, être rongé par l'ennui, tourmenté de troubles vagues, symptômes de désirs non satisfaits qui se font sourdement sentir. Dans le premier cas, l'intelligence se ressentira vraisemblablement de la pauvreté du caractère, elle aura l'apparence d'une chose morte, à moins
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d'un extraordinaire génie, et l'on pourra dire avec raison de celui qui la possède qu'il ne saurait comprendre ce qu'il n'a pu sentir. Dans le second, l'individu peut arriver, au prix d'une crise ou plus doucement, à retrouver l'équilibre par le développement de sentiments qui viennent compléter la personnalité. C'est alors notre second type intellectuel qui se réalise, celui où l'intelligence, séparée des sentiments, s'isole et vit en système indépendant, mais ne peut remplir l'existence.
Stuart Mill, en offre un exemple ; son cas est instructif, et je l'étudierai un peu longuement, parce qu'il nous montre comment le second type intellectuel peut se former, et qu'il confirme, je le crois, ce que je viens de dire sur les rapports des sentiments et des phénomènes intellectuels.
On sait la façon dont son père l'avait élevé, et la culture méthodique et impitoyable qui, dit-il lui-même, lui avait donné un quart de siècle d'avance sur les gens de son âge, mais qui paraît avoir singulièrement péché par défaut d'équilibre, la plus propre d'ailleurs, à faire d'un homme ordinaire, un intellectuel raté, insupportable et dangereux. Voici l'état mental qu'elle avait produit avant la fameuse crise.
« On a souvent écrit, dit Mill, qu'un benthamiste n'était qu'une simple machine à raisonner ; cette définition convient fort peu à la plupart de ceux à qui on donnait ce nom, mais en ce qui me concerne, et pour deux ou trois ans de ma vie, elle n'est pas tout à fait fausse. Elle me convenait peut-être autant qu'à tout jeune homme qui vient d'entrer dans la vie, pour qui les objets ordinaires de ses désirs doivent avoir, en général au moinsj'attrait de la nouveauté. Il n'y a rien
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de très extraordinaire en ce fait De l'ambition et
du désir de me distinguer, j'en avais de reste ; le zèle pour ce que je croyais le bien de l'humanité était mon plus vif sentiment ; il se mêlait aux autres et leur donnait le ton. Mais, à cet âge, mon zèle ne s'exerçait encore que sur des opinions spécula.tives. Il ne reposait pas sur une bienveillsince véritable ou sur une sympathie pour l'humanité ; bien que ces qualités eussent dans mon idéal éthique la place qu'elles devaient occuper, elles ne se rattachaient nullement à un vif enthousiasme pour une noblesse idéale ; j'étais cependant très capable en imagination d'éprouver ce sentiment, mais à cette époque j'étais sevré de ce qui en fait l'aliment naturel, c'est-à-dire la culture poétique, tandis que j'étais surnourri de l'aliment de la polémique, c'est-à-dire la logique pure et l'analyse {!). Ajoutez à cela que l'enseignement de mon père tendait à déprécier le sentiment. Ce n'est pas qu'il fût froid ou insensible ; c'était plutôt le contraire. Il croyait qu'il n'y avait pas à s'occuper du sentiment, qu'il se suffisait à lui-même. » (2).
Le fait est assez clair. Mill est « surnourri » d'idées nettes, qui ne s'appuient sur aucun sentiment développé, qui ne font corps avec aucune tendance réelle, non que ces tendances ne puissent exister en lui, mais l'association des tendances et de l'idée ne s'est pas faite, par la faute de son éducation et peut-être un
(1) C'est moi qui souligne. — Remarquer l'intellectualisme
de Mill qui ne se représente l'éducation et l'éveil des sentiments que par des moyens intellectuels.
(2) Stuart Mill, Mes inémoires, Histoire de ma vie et de mes idées, trad. Gazelles, 104-105.
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peu de sa nature. L'intelligence reste isolée, incapable d'éveiller des désirs, vivant surtout de sa vie propre, et, certes, intéressant l'ensemble du moi, mais pas au point de suffire à l'orienter et à le diriger dans la vie.
Si à côté de cette tendance intellectuelle, Mill avait nourri d'autres goûts, ou quelque passion, ou bien s'il avait présenté une particulière sécheresse de cœur, l'harmonie générale aurait pu s'établir, on en sait d'autres exemples. Mais Mill cachait un cœur affectueux sous son armure de logicien. Ses idées étaient trop loin de ses désirs cachés. La noblesse naturelle de son caractère, l'influence prépondérante de ses idées, le besoin de rectitude et de logique l'empêchaient sans doute de trouver l'équilibre mental par le jeu de sentiments qu'il devait juger inférieurs et immoraux, et ce qui aurait pu exciter et satisfaire idéalement ses désirs, l'art et la poésie — en qui il paraît voir le seul remède à son état, ce qui l'expose à passer pour un naïf aux yeux des sensuels, — Mill en était privé. La crise était donc à prévoir, elle ne se fit pas attendre. Il faut lire d'un bout à l'autre pour suivre en détail les péripéties par où passe son esprit, le récit sincère qu'il nous en a donné ; je dois me borner ici à citer quelques extraits, suffisants, je crois, pour confirmer mon dire :
« Dans l'hiver de 1821, époque à laquelle j'avais lu pour la première fois Bentham, et surtout dès les premiers temps de la Revue de Westminster, j'avais un objectif, ce qu'on peut appeler un but dans la vie : je voulais travailler à réformer le monde. » On voit très nettement ici la tendance de l'idée à s'incarner, à se faire désir et sentiment, tendance corrélative à l'effort
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des sentiments et des désirs pour s'organiser conformément à l'influence de l'idée en se l'adjoignant comme élément. Malheureusement ce travail, assez ardu quand il s'agit des idées qui préoccupaient Mill, ne fut pas favorisé par son éducation. Il y avait chez lui pléthore d'idées qui ne savaient où s'accrocher dans la vie morale. Cette suspension de l'idée est une des conditions du type intellectuel et permet son perfectionnement, et, par suite, son meilleur emploi, mais le manque d'équilibre reste à craindre. « L'idée que je me faisais de mon propre bonheur se confondait entièrement avec cet objet... Cela alla bien quelques années, pendant lesquelles la vue des progrès qui s'opéraient dans le monde, l'idée que je prenais part à la lutte et que je contribuais pour ma part à le faire avancer me semblait suffire pour remplir une existence intéressante et animée. » Toujours la recherche de la synthèse intellectivo -passionnelle. « Mais le jour vint où cette confiance s'évanouit comme un rêve. C'était dans l'automne de 1826 ; je me trouvais dans cet état d'engourdissement nerveux que tout le monde est susceptible de traverser, insensible à toute jouissance comme à toute sensation agréable.... il m'arriva de me poser directement cette question : « Suppo&e que tous les objets que tu poursuis dans la vie soient réalisés, que tous les changements dans les opinions et les institutions dans l'attente desquels tu consumes ton existence, puissent s'accomplir sur l'heure, en éprouveraistu une grande joie, serais-tu bien heureux ?» — « Non ! » me répondit nettement une voix intérieure que je ne pouvais réprimer. Je me sentis défaillir ; tout ce qui me soutenait dans la vie s'écroula. Tout mon bonheur, je devais le tenir de la poursuite incessante de cette
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fin. Le charme qui me fascinait était rompu ; insensible à la fin, pouvais-je encore m'intéresser aux moyens ? » Tout autre qu'un philosophe aussi épris de logique aurait pu s'y intéresser sans même se poser la question, rien n'est plus commun qu'un moyen aimé pour lui-même, alors que la fin vers laquelle il tend reste indifférente, qu'un moyen qui se substitue à sa fin et devient une fin lui-même : a II ne me restait plus rien à quoi je pusse consacrer ma vie. »
« En effet, je m'apercevais alors ou je croyais m'apercevoir d'une vérité que j'avais auparavant toujours accueillie avec incrédulité ; je reconnaissais que l'analyse tend à ruiner les sentiments ; ce qui est vrai quand nulle autre habitude d'esprit n'est entretenue, et que l'esprit d'analyse reste seul dépourvu de ses compléments naturels et de ses correctifs... il n'y avait en moi aucun désir véritable qui me portât vers la fin que l'on s'était proposée quand on avait dépensé tant de soins à m'armer pour la lutte. Je ne prenais aucun plaisir à la vertu ni au bien général, mais je n'en prenais pas davantage à autre chose. Les sources de la vanité et de l'ambition paraissaient taries en moi aussi complètement que celles de la bienveillance. (1) »
Telle fut la crise de Mill. Lui aussi souffrait, en quelque sorte, de la « faillite de la science », l'intelligence lui avait fait banqueroute. Elle avait prouvé son impuissance à diriger la vie. Si quelque phénomène physiologique ou semi-pathologique a pris part à la crise, ou a peut-être été produit, lui aussi, par la contradiction mentale qui se révélait, je n'en sais rien, et en somme, il ne nous importe guère ici. La guérison
(1) Ouv. cité, 126-133.
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arriva bientôt. Elle ne s'opéra point par le triomphe de l'intelligence et l'organisation de la vie autour de la recherche tranquille de la vérité. Mill ne fut pas un Spinoza. Il ne fut pas non plus un Proudhon et n'eut point une passion ardente, enthousiaste et exclusive pour son rôle de penseur, la crise ne fut même pas résolue, comme on eût pu s'y attendre, par une passion amoureuse. Elle se termina simplement par la restitution à l'activité affective ordinaire d'une place normale dans la vie.
«Un rayon de soleil vint briller dans les ténèbres oii j'étais plongé. Je lisais par hasard les mémoires de Marmontel ; j'arrivai au passage où il raconte la mort de son père, la détresse où tomba sa famille, et l'inspiration soudaine par laquelle, lui, un simple enfant, il sentit et fit sentir aux siens qu'il serait désormais tout pour eux, qu'il leur tiendrait lieu du père qu'ils avaient perdu. Une image vivante de cette scène passa devant moi, je fus ému jusqu'aux larmes. Dès ce moment le poids qui m'accablait fut allégé. L'idée dont j'étais obsédé, que tout sentiment était mort en moi, s'était évanouie., le nuage se dissipa peu à peu et je recommençai à jouir de la vie. » Ainsi les idées qui ne suffisaient pas à donner à la vie un sens et une valeur s'organisaient à part, la tendance intellectuelle restait dominante, non exclusive, et l'harmonie générale s'en accroissait.
De tels cas, en nous laissant voir la variation des rapports de l'intelligence et du sentiment et des changements corrélatifs dans l'orientation de la personnalité, me semblent très instructifs. En nous révélant un type mental ils nous renseignent également sur la psychologie générale.
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J'en dirai autant de tous les faits qui montrent les discordances des phénomènes intellectuels et des phénomènes affectifs et ce qu'on a appelé la lutte de la ' raison et du cœur, ou bien, au contraire, leurs alliances bizarres et les singuliers compromis qui les unissent parfois et dont nous avons déjà vu le sens.
Le second type est surtout un type de savant ou de philosophe. Il convient moins aux artistes; le détachement qu'il suppose, la séparation des phénomènes intellectuels d'avec les phénomènes affectifs, l'organisation de l'intelligence en dehors des tendances organiques ou sentimentales et à côté d'elles, tout cela qui peut être une garantie de lucidité, d'impartialité, et, à certains égards, de pondération, tout cela est favorable à l'intellectualité scientifique, mais l'est bien moins à l'intellectualité artistique. Aussi est-ce peut-être des artistes médiocres que nous rencontrerons dans notre seconde série où ne trouveraient place ni Hugo, ni Wagner. Cependant, comme on ne peut jamais établir dans les faits psychiques des corrélations absolument générales, il faut s'attendre à rencontrer encore ici des exceptions. Et Gœthe sans doute en est une, quoique je pense qu'on ait exagéré singulièrement son « équilibre ». Pourrait-on citer encore Delacroix ? peut-être Rubens aussi, bien que le caractère de leur peinture semblât, au moins à première vue, les éloigner l'un et l'autre de l'intellectualisme modéré.
Il faut d'ailleurs prévenir une confusion. De ce que la tendance intellectuelle ne garde plus ici les allures fougueuses qu'elle avait avec Proudhon ou Berlioz, il ne faut pas en conclure qu'elle tienne une moindre place dans la vie, mais seulement qu'elle est autre-
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ment organisée, plus pure en elle-même, et qu'elle peut garder la direction d'une bonne part de la vie sans fracas et sans trouble. Ce qui est le mieux organisé en nous est souvent ce qui se fait le moins remarquer, ce qui fait le moins de bruit et paraît tenir le moins de place. La faiblesse d'une tendance et son organisation supérieure prennent ainsi des apparences identiques qu'il faut savoir distinguer et qui dépendent non pas tant de la force et de la vigueur de la tendance que de la nature des rapports de ses éléments entre eux et de l'ensemble de la tendance avec les autres parties du moi.
Cette réserve faite il faut reconnaître que les médiocres abondent parmi les poètes, les artistes, les littérateurs qui n'ont pas eu la fougue apparente et l'emportement visible. 11 est même, sans doute, inutile d'en donner des exemples. Ils ne manquent guère davantage parmi les savants ou les philosophes qui se rattachent à ce type.