‹ Les tyrans de village (volume 3)Chapitre 5 sur 17 · LE3 TYRANS · texte numérisé non relu

LE3 TYRANS

me mettant au monde. Mon père» déjà grisonnant et fatigué, avait été obligé de prendre nn second, qui était marié et qui, en moins de deux ans, ent trois fils. La petite fille dn patron, (piand elle ent sept ans, fat de droit la marraine des trois gars. Mais n'ayant d'autre nom que Jacqueline, elle ne put les nommer que Jacques. Alors, pour les distinguer dans le pays, on les appelle comme je vous ai (Ut. Aujourd'hui Jacques, Jacquot et Jacquinet sont orphelins comme moi^ et nous menons les moulins à nous quatre. Bs font la besogne et je tiens les comptes. Les noms des meuniers ont fini par désigner lés moulins. On dit à Bellevue : « Je vais du côté de Jacques. — Jacquot est en réparation. — Jacquinet tourne l'aile à l'ouest, il pleuvra demain. » Et moi, je suis, pour vous servir, la meunière des trois moulins, et la marraine des trois meuniers.

— A preuve, reprit Jacques reparaissant, qu'on chante dans le pays une chanson qui dit :

La meunière Jacqueline^ Plus blanche que sa farine...

Et ce n'est pas peu dû'e, dal continua je meunier

en montrant orgoeffleosement à Michel le pain édatant de blancheur qu'il apportait. Monsieur, voilà tou« jours du pain, du beurre, des couteaux et des assiettes. Je m'en vas à présent vous quérir du cidre et des verres, et vous envoyer par Jeannot, le garçon, une omdette qu'il est en train de vous lever.

— Bien, cela! dit Jacqueline. Seulement, tu n'en* verras pas Jeannot ; tu viendras toi-même, [Jacques, car j'ai à te gronder.

— A me gronder I Âh ! Jésus ! Et pourquoi me gronder, ma marraine?

•— Âllom 1 tu le devines bien, le pourquoi. Va, va et reviens chercher ta semonce .

Jacques s'en retourna l'oreille basse et l'air penaud, et Jacqueline se mit, en chantonnant, & disposer le couvert rustique sur la table de bois du berceau. Michel suivait de l'œil tous ses gracieux et légers meuvements, et se dirait : — Qu'elle est donc gentille ! Ai-je une chance! Ohl mais elle doit avoir un amoureux — pour le moins !

— n y a longtemps que vous habitez Bellevue, mademoiselle? lui demanda-t*il.

— J'y suis née, monsieur.

— Bon ! vous pourrez alors me donner quelques

renseignements dont j*ai besoin. Vous ne savez pas ce que je viens faire ici?

— Si fait bien, je m'en doute. Vous êtes ce grand architecte qu'on attend de Paris pour rebâtir notre pauvre mairie qui est si délabrée.

— Oui et non. Ce a grand architecte » auquel votre préfet et votre maire s'étaient adressés, parce qu'il est natif d'Angers, se trouve poulr l'heure surchargé de besogne. Il a été autrefois mon maître; il est aujour^ d'hui mon ami. Il m'a offert de le remplacer ici. Or, je m'ennuyais un peu à Paris, vu qu'en ce moment Paris s'ennuie beaucoup. J'ai saisi avec empressement l'occasion de venir voir des choses plus gaies et respirer un air plus pur, et me voici. Mais àcceptera-t-on le lieutenant à la place du capitaine? c'est la question. Qu'est-ce que dira monsieur le maire? Ne vais-je pas déplaire à messieurs les adjoints? Que pensera de moi le conseil municipal?

— Oh I le conseil, c'est H. Fabert, le maU*e, qui le conduit.

— C'est donc le maire qu'il faudrait capter?

— Oui, mais il y a quelqu'un qui conduit le maire.

— Diable ! sa femme peut-être?

— Non, M. Louis^Firroin.

— Ah ! ah I Qa'est-ce que c'est qae H. Louis Firmm ?

— M. Louis Firmin est le secrétaire de la mairie.

— Jeune? vieux? bon? mauvais? bêle? intelligent? Que représente ledit Firmin ?

— Ehl mais 9 monsieur» reprit Jacqueline avec quelque vivacité, H. Firmin a vingt-cinq ans; c'est un jeune homme très-excellent et très-capable, qui soutient sa vieille mère et qui mène toutes les àiïaires du pays.

— Excusez-moi, dit Michel refroidi par cette chaleur, je ne connaissais pas H. Firmin. Vous semblez; vous, mademoiselle, le connaître particulièrement?

— Louis est mon cousin germain et mon ami d'enfance, monsieur.

Jacqueline devint rouge comme les pêches qu'elle était en train d'arranger sur Tassiette.

— Allons! dit Michel plus doucement, je vois que vous pourrez me recommander à M. Louis, et je suis sûr qu'il obéira aveuglément h la recommandation.

— Eh bien ! c'est le contraire, reprit Jacqueline en hochant la tête ; je ne peux pas vous recommander à H. Firmin, et je vous serai même obligée de ne pas lui

dire que vous m'avez vue, et de ne pas prononcer mon nom devant lui.

~ Comment? Quel est donc ce mystère?

Le visage ie Jacqueline hésita entre la mélancolie et l'enjouement comme un ciel de printemps entre la giboulée et le rayon. Le rayon remporta.

— Ah ! voilà ! dit-elle en riant. Ma vie, monsieur, est pleine de secrets impénétrables, et je vous engage à vous méfier d'une personne si ténébreuse et si extraordinaire.

— Vous êtes gaie, mademoiselle !

-^ N'est-ce pas, monsieur?

Hais Michel s'y connaissait trop bien pour ne pas pressentir un^chagrin réel sur cette joie feinte. Seulement, Jacqueline avait la douleur gaie et la peine gracieuse, et elle se plaisait k abriter son cœur derrière son esprit et à jeter sur sa souffrance la plaisanterie comme un voile ; elle était de ces âmes délicates et fiëres qui, frappées, ne veulent éclater qu'en saillies comme les pierres tendres et résistantes en étincelles : le sourire n'est souvent que la pudeur des larmes.

Et Michel pensait :

— Elle souffre et elle sourit, elle rougit et elle se tait. Allons 1 elle aime ce Firmin ! C'était prévu. N'importe I je voudrais en être sûr. Pourquoi? je n'en sais

rien. Mais ce petit roman en plein air commençait à m'intéresser.

— Voilà Tomelelte et le cidre, dit Jacques rapportant, triomphant et craintif, un plat et une bouteille.

~ Buvez et mangez, monsieur le voyageur, reprit Jacqueline. Voulez-vous que je vous serve?

— Mais vous, mademoiselle ?

— Oh ! moi j'w déjeuné, je mordrai seulement dans une pèche tout & Fheure. Qu'est-ce que cette petite omelette pour un appétit de sept lieues?

Michel fit un geste héroïque et attaqua romeletlé avec intrépidité.

— Eh bien, Jacques, où t'en vas-tu? dit Jacqueline. Tu oublies que nous avons un compte à régler ensemble, mon cher filleul.

— Le compte du moulin du mois d'août? oui, ma marraine. Il est tout prêt.

— Non, non, pas celui-là, Jacques; celui de dimanche dernier.

— Ah ! je vois bien ce que c'est. Mon imbécile de Jacquot aura touché un mot à Manon, la bonne de ma marraine, et ma marraine s'est grossi énormément mon tort J'aime mieux tout lui dire.

— Voyons, parle.

— C*élait donc dimanche, à la brune, ma marraine. Nous traversions le Cours, Jacquot, Jacquinet et moi. Nous allions aux Acacias, où il y avait danse. Marchant tous trois au pas, de front, bras dessus bras dessous, nous arrivons au tourniquet de l'entrée, vous savez, ma marraine? là où le passage est si iëtroit entre deux murs. Â notre rencontre nous voyons s'avancer, qui? votre grand Louspillac avec son gros Beautrubin. Nous voilà tout saisis et interloqués, je ne sais pas pourquoi, ma parole d'honneur I Et, — je vous jure, ma marraine, que c'était sans intention ! — mais le fait est que nous restons là, fixes, droits et à pic. Je suis assez carré, les petits ne sont pas mignons, nous barrions roide toute la ruelle. Les deux autres approchent, le Beautrubin gonflant ses joues, le Louspillac fronçant ses sourcils. Et le Louspillac dit : « Eh bien! mes jeunes drôles? eh bien?» — Il a dit : « Drôles ! » ma marraine. Hais comme, dans la minute, Jacquot s'était détaché de mon bras, moi, je me recule machinalement. Pour lors, M. Louspillac dit : «A la bonne heure! » M. Beautrubin répète : ce A la bonne heure! » Et ils passent tous les deux d'un air d'Artaban, le marsouin après le requin. Mais ils n'ont pas fait dix pas que moi je me réveille dans

mon bon sens et je dis anx deax jumeaux : Ah cà I nous sommes trois capons ! il nous a appelés drôles ! c'est Toccasion de leur flanquer une horrible trëpignëe I

— Malheureux ! s'écria Jacqueline qui s'était levée toute tremblante.

Michel s'arrêta, la fourchette en l'air» et regarda très-intrigué.

— Vous vouliez donc vous faire tuer? continua Jacqueline baissant la voix.

— Ah ! ma marraine, excusez ! répartit Jacquei^. On dit que M. Louspillac est bien fort à l'épée, au sabre, au pistolet, au canon, à toute arme! Mais est-il aussi fort que moi... aux poings? C'est ce que je me suis par plus d'une fois demandé.

Et Jacques laissa errer un regard de complaisance sur les magnifiques battoirs que la nature lui avait donnés pour mains. Il reprit :

— Je dis donc aux cadets : « Tombons dessus ! — Tombons dessus ! » me répond Jacquinet. Nous prenons notre élan ; mais Jacquot se jette en travers : ((Halte! ii dit-il, (cnous déplairions & ma marraine. — Bah! qui peut savoir? » dis- je. Mais mon Jacquinet canait déjà. Moi j'allais toujours. Hs me prennent à bras le corps et m'empêchent. Nous nous distri-

buoBS entre nous quelques taloches, ^^ quand je me dégage, nos deux pia&urs avaient filé. Voilà la vérité pure, ma marraine. Ainsi, j'avoue l'idée, mais, enfin, j'ai manqué la chose. Faudra*t-il que j'aie encore la mortification d'être grondé, puisque je n'ai pas eu la satisfaction de dauber ?

Michel fit de la tète un signe de haute approbation. Hais, Jacqueline, d'une voix émue :

— Jacques, écoutez-moi : je ne reviendrai pas sur ce qui s'est passé; seulement je vous défends, — vous entendez? —je vous défends de jamais, sous quelque prétexte que ce soit, attaquer ou provoquer H. Louspillac, et, si vous oubliez cet ordre, Jacques, sachez que je vous retire toute mon amitié.

-— Ohl alors, ma marraine, on filera doux, quand même. Hais, pour m'encourager, dites-moi au moins que c'est vrai ce qu'on rapporte, et qu'au fond vous avez un faible pour H. Louspillac. J'en aurai un peu plus de cœur à être patient.

— Taisez-vous, Jacques 1 Je suis libre, n'est-ce pas? Je ne dois compte de mes actions et de mes sentiments h personne. Autrement dit, mon Dieu ! je suis orphelme et seule au monde. Pour un motif ou pour un autre, Jacques, je t'interdis toute querelle avec

M. LoQspHlac ; cela doit te siifBre, il mè semble. Va donc, et» je t'en prie» mon Jacques, ne me tourmente pas davantage.

Le grand meunier s'éloigna silencieux et trtete.

Michel avait eu raison de son omelette, et observait toigours Jacqpieline.

-^ Diable I diable t pensait-il, il y a certainement dans ces beaux yeux limpides de l'efltoi ; mais s'effraiet-on de M. Louspillac ou pour M. Loùspillac? Elle avait rougi au nom de Firmin; au nom de Louspillac elle a pftli. C'est plus grave. Et de deux. J'arrive bien tardl...

— Excusez-moiy monsieur 1 reprit Jacqueline for^ çant un peu son hospitalière gaieté, excusez-moi d'avoir rempli devant vous mes sévères devoirs et exercé ma grave protection de marraine. Hais que cette petite scène de famille ne vous empêche pas de déjeuner, au momsl Tenez, voilà de belles grappes. Je vais vous faire des beurrées.

— Vous êtes mille fois bonne, mademoiselle ! dit BBchel tout haut. — Et à, lui-même: — ... J'arrive bien tard. Ah bah! qui sait? Quand il n'y avait que M. Firmin^ c'était inquiétant; mais du moment que M. Louspillac en est aussi, il me semble que le troisième

larron peat se rassurer. L'amour, en sa qualité de dieu, doit se réjouir des nombres impairs, et, puisque ce n'est pas un, il aime peut-être mieux que ce soit trois. Est-elle ravissante ma petite meunière à me foire des tartines 1 C'est la Charlotte de Gœthe, infiniment moins langoureuse et sans ses criards de frères. Qu'est-ce qu'ils diraient, au Cercle, s'ils pouvaient me voir, à travers la fumée de leurs cigarettes, en tête à tête avec cette jolie fille? Voilà en somme une réjouissante idylle.

' — Eh bien, monsieur, vous ne mangez plus? dit Jacqueline.

— Ma faim est passée.

— Vous ne parlez plus?

— Je vous regarde.

— Oui, mais vous ne regardez pas mon dessert. Oh ! il faut pourtant que vous goûtiez de mon chasselas.

Elle lui mit une grappe dans son assiette, et il la mangea machinalement grain à grain, mais en tenant toujours fixés sur Jacqueline des yeux de plus en plus enchantés. Un peu embarrassée, elle continua pour remplir ce silence :

— C'est que c'est une responsabiUté pour moi, savez-vous, d'avoir la première à faire à un Parisien les

honneurs du pays, et à le loi présenter, pour ainsi dire. —Vous descendrez chez Sanas probablement. Ce n^est pas la meilleure auberge, c'est la seule. — Ld père Sanas vous indiquera la msdson de M. Firmin, à deux pas de chez lui. Mon cousin rentre de la mairie à quatre heures et dîne à cinq. En tout cas, vous trouverez sa mère, une noble et sainte femme. — - Louis, vous conduira sans doute ce soir même chez M. Fabert, le maire. Un savant, monsieur, prenez-y garde! Ils sont cinq ou six à Bellevue, — une société d'antiquaires ! — qui vous diront en latin le nom de toutes les vieilles pierres du canton. — C'est égal ! ce sont de dignes gens, et il ne faudra pas trop vous moquer d'eux s'ils ne sont pas tout à fait à la hauteur de Paris.

— Paris! vous me parlez toujours de Paris, mademoiselle ! je me soucie bien de Paris ! — s'écria Michel, dont décidément la raison partit comme un bouchon de vin de Champagne. — Paris !... c'est BellevuQ qui est charmant 1 Ici oh respire, on est bien^ tout est beau, tout vous rit, et j'ai tout de suite aimé tout : cette campagne pâlotte, ce gentil moulin, ce grand bon en* faut de Jacques ! L'omelette était pleine de délicatesse! le cidre m'a grisé ! ce berceau de chèvrefeuille embaume I Et vous, mademoiselle Jacqueline, qu'çst-ce

(ïue je dirai donc dé vôtis qui êtes A acôuetllante, si franche, si gale, èi, — la vérité avant tdutl — si joUe!

— Est-ce ctue vous n^aîraezpàs les pêches, monsieur? interrompu Jacqueline.

— Puisque je vous avoue que j^aime tout !

— Ëh bien ! prenê2-en Une, alors.

— Oui, mais vous avez promis de la partager avec mol.

— Pardon 1 j'en mangerai bien une tout entière.

— Pourquoi pas deux moitiés plutôt 1

'^ Non, je suis égoïste. Tenez, voici la plus belle.

— Par exemple ! elle est pour vous, celle-là.

— Pour vous! pour vous! Oh t je suis entêtée !... tlné lutte amicale s^engâgeà. Jacqueline voulut en

riant poser la pêche sur TaSsiettê de Michel ïl éloigna son assiette* Ëllé étendit le bras et se pencha devant lui pour ^atteindre...

Hélas 1 hélas hen voyant si près d*un baiser Ce cott blanc. On, jeune, velouté, charmant, Michel ébloui né se maîtrisa plus. ïl y jeta ses lèvres.

changement à vue du cœur ! Jacqueline se redressa rouge, puis pâle, effarée, palpitante, et le regarda. .. Dieu! que de sentiments à la fois peuvent jaillir d'un

regard ! Surprise, pudeor, dignité, douleur, courroux, eUe exprima tout dans un seul éclair. La jolie fille rieuse se trâûâfigura tûut à coup, et fiit une vierge belle et flère.

Michel, debout, interdit, s'écria :

•— Oh I pardonne^moi 1

Elle se remit ^n peu et dit avec effort et d^une voix altérée '

^--^ le ne vous en veut pas, monsieur.. . le n'accuse qtte moi... Tai sans doute été trop légère, trop fami^ liëre... Vous avez pu vous y méprendre.

Cette douceur chaste et simple, sans affectation et sans pruderie, pénétra Michel d*un remords plus profond que n'eussent fait tous les reproches. H eut un cri slneère !

*^ Âhî mademoiselle, je vous respecte! Je... Oh I qu'est-ce qu'il faut que je dise ou que je fasse pour que rousmepardonniezt

Mds elle ajouta avec un sourire triste i

~ Encore une fols, c*est ma faute. Vous ne më connaissiez pas.

Elle avait repris son chapeau et son châle. Elle slndina légèrement, se dirigea d'un paâ lent et ferme verâ le môhlin, monta rëscaller et disparut aux yeut de

Michel. Mais elle ne disparaissait pas si aisément des cœurs I

Michel resta quelques instants à regarder, tont atterré, cette porte close, ce moulin hnmobile, ces champs solitaires.

— Ah çà! qu'est-ce que j'attends? se dit-il enfin.

Évidemment, elle ne sortira que lorsque je serai parti. - Il ne me manquerait plus que de pousser le bon goût jusqu'à la bloquer dans son moulin! Allons! il faut se résigner et battre en retraite, comme un vaincu que je suis.

n poussa un soupir, se leva, rassembla ses crayons et ses feuilles et les jeta dans son carton en maugréant :

— Que le diable emporte ce Louspillac ! C'est lui qui m'a fait me fourvoyer si stupidement ! — triple buse I j'étais si bien là, auprès d'elle, — à écouter son babil et son rire, à admirer sa grâce, — à voir monter son cœur dans son regard céleste ; car elle a les yeux bruns, mais elle a le regard bleu !— Qu'est-ce qu'il te fallait donc de plus, imbécile? Tu as effarouché cette jolie àme conQante qui ne demandait qu'à se laisser contempler, et, à présent, elle te déteste et te dédaigne, et elle a bien raison ! — A-t-elle raison, après tout? Un baiser, on a beau dire, n'est pas aussi offen-

sant ga'nn sonfBet! — Ah ! c'esl égal, elle a raison! Tu t'es conduit» drôle, comme un troubadour trompeur et léger! comme un amoureux de M. Scribe qui dérobe des baisers aux belles ! comme un écolier de rhétorique qui méprise les femmes ! Âh ! cuistre ! goujat ! animal ! crétin I joli homme I

n laissa sur la table le croquis du moulin, et enfin s'éloigna, non sans avoir donné un coup d'œil de regret à cette campagne sympathique.

— Oh I maintenamt, se dit-il, j'ai gâté mon paysage! Mais je prendrai» pardieu 1 ma revanche !

Effet Ae mlr*ye d'uie peilée vIlU mmv «■ PArltlea*

-^ Qu'y a-MI, au fond, dan$ le cœur de Jacqueline? Aime-Mle ce Louspillac ? Aime4-elle ce LouiaFirmin? Que aéra ce jeune bureaucrate municipal? Est-ce que ^déddëment la ce petite ville » va être trèa-amuaante? Elle possède eu tout et pour tout uue aeule auberge I diantre I quelque taudis I

Ces réflexionsi mélange de dépit et de curiosité» amenèrent Micbel aux premières maisons defiellevue.

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