MM
place parmi nous. Vous savez tons que Ténidit et in« gënieux auteur des Antiquités de Maine-^t-Loire est membre correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; et tous vous comprenez que l'avoir pour collègue, pour président, ce serait rattacher par un glorieux anneau notre modeste Société h l'Institut de France I (Mouvement.) Ajoutez que M. Fortin, s'il était des nôtres, pourrait, devrait presque, revoir et compléter nos divers travaux sur nos pierres druidiques et notre camp de César et les publier sous son patronage dans la Retue de r Anjou. {Sensation.) De telles ambitions, messieurs, nous avaient tout d'abord paru trop hautes. Eh bien, cependant, grâce à l'active intervention de notre vice-président Molineau, grâce à l'ancienne amitié qui le lie à M. Fortin, celui-ci n'a pas repoussé l'idée de remplacer à notre tête l'abbé Ghauvelot. Enfin, tenez, messieurs et chers amis, pour laisser de côté les réticences et les demi-mots, le candidat officiel et définitif que j'ai l'honneur de présenter à vos voles, c'est... c'est M. Fortin I (Profonde émotion et longs applaudissements dans Pauditoire et mime dam la partie réservée au public.)
— candeur biblique! pensait Michel, simplicité touchante d'honnêtes esprits lettrés! Comment!
78 LES tYRANg
voilà une réunion de savants qui aiccueiiie tbut d^ suite sans objection, sans jalousie, avec transport, utf ^vàht' supérieure mais je vis en plèîtl âge d'or, mat parole d*honrièurl
M. Molineau entra tandis' que les bi^vôs difraîieat encore, et ils redoublèrent à sa vue. Mais tf. Mbitneau semblait abattu. Il vint s'asseoir, dans un silence niorrie, â côtfr de A. Fabert.
Madame lïblineaû eut aux lèvres un sourire un peu moqueur.
— Ma foi! vous m'excuserez, Molîneau, dît' M. Pà^ bert, je n'ai pas pu y tenir pïus longtemps, j'ai fait part à la Société de cette flatteuse candidature I..^
— Vous vous êtes trop hâté, mon ami, interrompît Molineau avec tristesse.
— Comment 1 ne m'avez-vous pas. montré ce matin la lettre de M. Fortin par laquelle il daigne en termes formels s'offrir à nos suffrages?
— Ce matin, oui ; mais voici une nouvelle lettre qui annule la lettre de ce matin.
— Et pourquoi donc, mon Dieu?
— Un concurrent se présente, messieurs, devant lequel M, Fortin doit se retirer. Non, certes, parce qu'il se trouve inférieur en mérite! mais parce que
DE VILIiAGE W
Ml FofUfi est^ œmme dûus. tous^ hommc-d^balHlfiâes paisibles 6i'pnidepto&
-^Jîm auire c^didat !'9a^ eieisplel' Bl^ qui; oebb^ quel est rimpertinenl?
-«< J|. Beauirubinv md^ieui^f
¥ne goolleâ^Bau glapte^siir lu v^^&eft^MmHitioDv une goutte de citron dans du lait, ne^ pnodnjsmit paa uft^etplus.désastrottft que oe nomttombanifSiif l-ardiErar^et lajoi^del&Socifttfrdes^AmiB d^^^Arts^ Fen>» ôBmt une n>tmite*il8^P6sl)6i)6ntrtoii6 anéantis.
Mtehel, qui' n^'avait? goère^ eo* te temps d9> se bh^er sur SQ» Apcadie, èptmm li^méme Pimpr^ssion- la
pltts désdgréabiB en^royamt sitM le loup' ms^acer tat
psHtvre b6Pg0Pie sauvantes II en^a intéineHreiDen^aii diabteoestoasj[HlfeGeiBeQkiilirabm, qui toujoar^am^veJmt an plu» bea»> moment de ses péveè pouf • les (eF« Hùoer en cauchemaFS.
— DeqiH doac t^^ez-votts covle nouveBe iiKHiïe> IfoMBeau? demanda enfin M. Fabert.
— Eh! de M. Beantrabin lut-même. Je le quhte à Finstant. Vous savez, ajouta M. MoMneau avec quelque amertuBoe, que M. Beautrubin a la bonté d'être fort assidu chez moi, et fort empressé auprès de madame MoMneau ?
— Si cela voas déplaît^ monsieur Molineau» interrompit de sa place la grande brune» pourquoi ne prenez-vous pas sur vous de lui interdire votre maison?
— iteiSy Euphrasiel...
— Quant à moi, j'avoue que je ne le ferai pas. Je suis Française, et je ne peux pas m'empècher d'estimer la bravoure.
— - Mais ce n'est pas la question, Eapbrasie, reprit le pauvre notaire avec une douceur d'agneau. Ce qui importe seulement à ces messieurs, c'est qu'au moment où je sortais de cbez moi tout à l'beure, M. Beautrubin est entré. Dans la journée, accompagné de M. Louspillac, — vous comprenez, messieurs? -^ il était allé à la Pouëze, où M. Fortin a, comme vous savez, sa maison de campagne. Il en rapportait la lettre de désistement de mon ami. Fortin donne ce prétexte qu'il demeure à deux lieues de Bellevue, et ajoute, — avec une ironie attique qui. Dieu merci 1 ne pouvait être comprise, — qu'il aime mieux s'effacer devant les titres de M. Beautrubin.
— Ses titres! où sont-ils, ses titres?
— Ah! voilà! M. Beautrubin s'est rappelé que notre camp de César se trouve dans ses propriétés; c'est sur cette circonstance qu'il appuie sa demande.
Voici sa lettre qu'il m'a remise, en ma qualité de vice-président. Lisez-la, Fabert. Tous les candidats s'étaient retirés devant M. Fortin ; — M. Fortin se retirant devant H. Beaulrubin , M. Beautrubin pense qu'il ne reste qu'à voter.
— n est certain , reprit Théodore en riant péniblement, que nous n'avons plus beaucoup le choix.
— En somme, insinua timidement M, Bigle, nous pouvons espérer que M. Beautrubin n'est pas tout à fait indigne de nos suffrages. .
— Ahl mon Dieuî s'écria tout à coup M. Fabert, qui était en train de lire la lettre du candidat terrible.
— Eh bien! quoi? qu'y a-t-il?
— Messieurs! messieurs! reprit-il fort ému^ — sans être des savants de premier ordre, nous sommes tous enfin des lettrés, n'est-ce pas? Nous pouvons tous écrire le français et lire le latin , et , quand l'un de nous adresse quelque communication à un journal du département , nous sommes sûrs qu'il ne nous exposera pas au ridicule. Mais, messieurs, voici cette lettre de M^ Beautrubin... Savez-vous comment il écrit Cisarf le malheureux?
— Non. Comment ? .
--- Par un jK et avee un d à la fin! — Gomme léxard I
Ce fut un murmure unanime de consternation. Michel contint difQcilement un éclat de rire.
— Cette nomination est impossible I dit péremptoirement M. Fabert.
— Ottii impossible I répéta Quoniam.
— Bien! Mais qui nommerons-nous alors? demanda Bigle.
— Qui? Ehl parbleu, M. Olivon, l'instituteur primaire, qui se présentait avant M. Fortin. Au moins celui-là sait écrire César.
— M. Olivon refusera tout comme M. Fortin , dit Bigle. Tout le monde refusera.
— Il ne s'agit pas d'écrire César, voyez-vous, il s'agit de l'élrel dit Théodore à l'oreille de son futur beau-père.
M. Fabert jeta un coup d'œil du cAté de Michel^ et, se levant :
, — Est-ce comme cela? s'écria-t-il. Il ne sera pourtant pas dit, messieurs^ qu'en présence d'un étranger, notre Société se sera de gaieté de cœur suicidée par une nomination absurde. Je prends sur moi de vous proposer l'ajournement indéfini de l'élection. Que cela
soU rapporté ou interprété comme on voudra , j'accepte toutes les conséquences de ma motion.
Cette vaillante sortie bouleversa l'assemblée ; madame Fabert et sa fille s'élancèrent, pâles et tremblantesy de leur place vers leur mari et père.
— Mon amiy au nom du ciel 1 sois prudente
— Cher père, tu veux donc nous faire mourir de chagrin I
Céleste regardait d'un air de reproche Théodore , qui se retranchait derrière des façons dédaigneuses.
— Mais il est impossible, disait-il , que M. Fabert ou tout honame de valeur se commette avec un Beautrubin I
— Non, dit Quoniam tout bouillant, ce n'est pas à M. le maire, c'est à nous de prendre cette responsabilité I Vous savez tous l'insulte quotidienne que sa permet à mon égard M. Louspillac...
Il s'interrompit pour pousser un gros soupir, et Michel demanda tout bas à M; Rusant :
— Qu'est-ce que c'est donc encore que cette insulte?
— Chut ! répliqua Théodore avec un coup de coude significatif.
— Cette inqualifiable avanie , continua Quoniam ,
j'aiy depuis le temps, perdu par ma faiblesse le droit 4e la punir dans la personne de M. Louspillac , mais je saisis l'occasion de la venger sur H. Beautrubin, et, contre celui-ci, ma femme aura beau vouloir me retenir!...
— Eh I elle vous retiendra, et elle aura raison, dit Bigle; vous vous devez à vos filles I
Madame Molineau se mit à rire.
— Mais toi, Bigle, dit madame Bigle exaspérée par ce rire, montre-toi un peu , voyons ! Puisque tu n'as pas d'enfants !
— Laisse-moi tranquille, madame Bigle ! s'écria Bigle de toute son énergie.
En ce moment le tumulte était, comme on dit, indescriptible. Tout le monde parlait et gesticulait à la fois.
— Permettez, messieurs 1 intervint Michel ; il me semble, en vérité, qu'on se laisse aller à un peu de panique.
— C'est évident ! reprit Molineau, qui', à force de frapper sur la table avec, son couteau de bois, finit par obtenir un instant d'attention. Messieurs, tâchons, s'il se peut, de revenir à la raison et au calme. J'ai une proposition à vous faire. Il est bien certain, d'une
part, qu'aucun nouveau candidat ne se portera concurrent de M. Beautrubin. D'autre part, un ajournement indéfini, de l'élection, quand M. Beautrubin se présente, est pour lui un outrage trop grave et trop direct, quel que soit celui de nous qui veuille en affronter le péril. Je ne vois donc h la situation qu'une issue honorable; mais elle est pénible. Il m'en coûte de vous la proposer, il vous en coûtera de l'accepter; mais elle est nécessaire. Il faut nous séparer, messieurs, il faut dissoudre la Société des Amis des Arts. Nous écrirons à la Revue et à r Abeille qu'après la mort de notre président et maître l'abbé Ghauvelot, notre réunion se trouvait sans lien et sans but M. Beautrubin n'aura rien à dire, et notre dignité sera du moins sauvée.
— Oui, oui, c'est cela !»dit Bigle avec empressement.
— Conunent I se récria Quoniam, nous allons nous disperser et fuir devant M. Beautrubin!
— A quoi nous servira-t-il, dit M. Fabert, d'avoir découvert nos pierres celtiques et romaines? L'honneur n'en sera pas pour nous.
— Sans doute, reprit Molmeau, il est cruel de renoncer à là douce et attachante occupation de notre chère intimité; sans doute, mais....
86 LES TVRANS
—Oh! pour ma part, je n'y consentirai jamais! s'écria M. Pabert.
— Allons aux voix ! dit Bigle, qui savait que Théo* dore Rusant allait être, avec Molineau et lui, contre Fabert et Quoniam. ,
Michel, ému du chagrin de ses nouveaux amis, vit avec effroi le moment où la majorité allait donner raison h la peur.
— Je demande la permission de placer un mot, dil-il. Si enQn, messieurs, un candidat autre que M. Bcautrubin se présentait, rien ne vous obligerait, n'est-ce pas, à briser votre digne et utile société?
— Rien, assurément.
— Eh bien, messieurs, moi, je me présente.
Tous s'entre-regardèrent avec surprise et joie. Michel poursuivit en souriant :
— Je ne cours probablement aucun des risques que des habitants du pays peuvent redouter. Quant à mes titres, je ne vous dirai pas que je vais construire votre mairie et que je suis l'un des auteurs de la Monographie de la cathédrale de Bourges, — non, mais je vous promets de ne pas vous gêner, puisque j'habite Paris, et de vous envoyer ma démission aussitôt que vous serez libres de nommer M. Fortin. Mon seul dé-
sir est de reconnaUre voire cordiale hospitalité, en vous offrant les moyens de continuer honorablement et sans péril vos anciennes et précieuses relations de science et d'amitié.
Il n'y eut qu'un mouvement et qu'un cri d'admtration et d'enthousiasme :
— Votons par acclamation !
£t l'architecte de Paris fut, en un tour de main, nommé à l'unanimité membro de la Société des Amis des Arls de Bellevue. — Qu'on dise encore que le mérite est toujours méconnu !
Ces dames vinrent à leur tour remercier et complimonter Michel. Madame Molineau, qui apparemment estimait ta bravoure pour elle-même, ne fut pas la dernière à féliciter le héros de la soirée.
— Vous tirez sans doute merveilleusement bien le pistolet et l'épée, monsieur ? lui demanda-t-elle naïvement.
— Qui? moi, madame I Hélas! je n'ai jamais eu assez de temps à moi pour entrer dans une salle d'armes, et de ma vie, je crois, je n'ai touché une arme à ieu. Oh ! mais, c'est égal, madame, je vous assure que je n'en dormirai pas moins tranquille.
Ei*ép«r¥ier et rétoarneaa.
Quelques jours après celte séance historique, Michel et Louis Firmin revenaient ensemble des travaux de la' nouvelle mairie ; les ouvriers y bâtissaient déjà les fondations. Au moment où les deux jeunes gens allaient s'engager dans une rue qui les ramenait du côlé de la place du Quinconce, Louis flt un mouvement comme pour retenir Michel, mais il se ravisa et conlinua de le suivre. Ils arrivèrent bienlôt devant une ha-
bitation que ràrchitecle avait précédemment remarquée.
Elle était séparée de la rue, d'abord par un grillage en boiSy puis par une double rangée de vieux ormes magnifiques, renforcés encore de lllas et de chèvrefeuilles» Néanmoins, par delà Tombre verte et fraîche de ce portique de feuillage, le regard pouvait entrevoir par échappées un beau jardin-verger plein de soleil, de chpls d'oiseaux, de fruits et de fleurs, et, tout au fond, la maison, bâtie en briques avec des volets verts, jolie et amusante â rœil.
— Tenez ! voilà un délicieux logis t dit Michel à son compagnon.
— Ne nous arrêtons pas, je vous en prie! répondit Louis d'une voix un peu troublée. C'est là que demeure... une de mes parentes qui...
— Mademoi^ne' Jacquefine-? Âh ! vraiment I c'est là 1 s^écria Mfchd.
Et, tout? en se remettant à marcher, il ne pal s'empêcher de jeter en arrière un coap tfœil vers ce jardin, fermé cofflme eehii des litanies de la Vierge.
Cette maison, cachée à d^ni, lui paraissait merveilleuseraent convenir h Texistence à demi voilée de lac-
qtielinc. Hèlas 1 il n'y entrerait probublemcnt jamais dhns jcette douce retraite! et il aurait pu y entrer pôtirtont !
Depuis une semaine que Micher habitait Bellevue» iVfiiut dire que la pensée de sa jolie hôtesse du premier jour lui avait été très-souvent présente. 11 avait revu une fois Jat^quelfae elle-même. Il était S sa fenêtre, elle avait traversé' fo place, légère, charmante, har* monieuse, et fout le monde la saluait' amicalement au passage...
— Monsieur Michel, dit tout à coup touis, qui, do son côté, suivait sa rffvcrie, — les gens d'ici n'ont pas été sans vous conter notre triste histoire. C'est leur grande conversafion. Vous, dans notre Lilliput, vous vous êtes montré tout de suite un homme, et vous avez déjà donné à nos tyranneaux une bonne leçon dont je vous aï remercié, et dont ils n'ont pas osé, dont ils n'oseront pas vous demander compte , soyez tranquille 1 — Eh bien f vous me rendriez un service réel, monsieur Michel, — pardonnez-moi mon indiscrétion, — si vous consentiez à me dire, — mais là, sincèrement, — quelle idée vous vous faites de moi d'abord, et puis de Jacqueline, et aussi de M. Louspillac.
Michel admira en lui-même l'instinct de la pauvre
mère, qai avait pressenti ce mouvement de son fils.
— Quelle idée je me fais de vous, mon cher monsieur Louis? dit-il. Est-ce que l'estime et l'amitié que je vous témoigne ne vous faisaient pas voir d'avance ce que vous êtes pour moi : Un bon et brave cœur?
— Oh ! merci ! merci ! Eh bien ! tenez , monsieur Michel, vous aVez raison de ne pas méjuger mal. Si je n'ai point tenté la chance de tuer le meurtrier de mon frère ou de me faire tuer par lui, ce n'est pas, voyez-vous, que je n'aimais pas Jules et que je n'aime pas Jacqueline : c'est que j'aime ma mère. Je sais qu'elle vit pour moi: alors, moi, je veux vivre pour elle. C'est douloureux, et j'ai un rôle bien sacrifié, je le sens. Il faut que je mette toute mon énergie à ne pas agir, tout mon courage à ne pas me battre. Ah I si pourtant je croyais que Jacqueline subit quelque contrainte de cet escogriffe, le fils ne retiendrait pas l'amant ! Mais le plus cruel, c'est encore de ne fiea savoir des sentiments de ma cousine.
n regarda Michel, qui se tut, puis il reprit :
— Qu'elle admire ce Louspillac, au fond, je ne peux pas, je ne veux pas le croire ! M. Molineau a beau me dire : « Allez, mon pauvre Firroin, les femmes aiment
le succès , elles aiment Faudace !» It y a toujours quelque chose en moi qui défend Jacqueline. El cependant, pourquoi nous traite-t-elle si froidement, moi et ma mère? Pourquoi ?...
— J'en sais encore moins que vous là-dessus, dit Michel. Depuis que je suis ici, il y a, je vous Tavoue, deux énigmes que malgré moi je me pose : — Cette jolie mademoiselle Jacqueline peut-elle ressentir de l'amour pour un Louspillac? — Ce Louspillac et ce Beautrubin ne sont-ils pas aussi ridicules qu'odieux? — Â la première question, j'aime à répondre Aan, et Oui à la seconde. Mais je n'ai fait qu'apercevoir votre cousine, et je ne connais vos Barbes-Bleues que par le bruit qu'ils mènent et les salves qu'ils se tirent matin et soir, et qui m'agacent horriblement les nerfs. Tout ce que je puis vous dire, mon ami, c'est donc : Attendez! ou mieux, selon le synonyme de vos pays : Espérez !
Et la consultation se termina par une cordiale poignée de mains.
Mais le fait est que les deux problèmes à résoudre inquiétaient le Parisien : depuis quelques jours, au lieu d'éviter les récits et les confidences sur le compte des bravaches , il les provoquait. Et voici ce qu'il avait * appris et ce qu'il avait deviné :
Les conuntncemeDfô de Louspillac, ainsi qu'il est arrivé pour ,plusd!uu héros, étaient obscurs et Mulenx. On ne savait pas au juste sou âge.; on conjecturait seulement qu'il pouvait avoir de treateroinq à quarante ans. Il était cepeadant né; dans, un fc^ourg de BellevuQ, d'un ^^père brigadier de ^endannerierel d'une xnère cabaretière, connue sous le uoai de la belle . Arsène. ;Le brigadier reconnut .son âls et lui donna les premiets éléments d'une éducation .i^églîigéOy'mais il jnourut jonsque reolaut^avait douaerjo^is^à peine.
. S(nis laiuteile peu vénerie âess^mëf^» LouspUlac .^grandit^et «e.dév^ppa, plutôt daBs^le sens dudbiardon 'que dans le sens derépl. A la tétede tous lesvaunens dU'>Toifiinagey ih ûp&ita'^ sa- Tille nataie à peu près^en pays conqins. « £spiègleEi&>» est le mot le plss doux dont^on putstei quattfier^les- abominables toiffs ' qu'il jouaà'ses condto]fens./<( Haraude^D seratm euphémisme qui ne justiflera qu'à demi les dégàis:*^qa'il amatil dans'lesfemies,- verges et propriétés à six 'Keues à la ronde. La gendarmerie 'le ménageait, à ^•cause de son père. Mais il eut souvent maille à partir BTCC les gardes champêtres, et il éprouva plus^d'œie fois combien est amer 4e^ pain' du' vioiané
I>E T'ILLACUE 95
V^dAtë'âeiDei» rigQetm, le jeone 1;oaf|^BscTésoliit ée parti)* pofur 'Paris, théâtre plus ]ai^e«et ptns-com- %ode. 11 t'avait pas efreere Vingt ans. Unenuance de
-^tisfàcticm se mêla peul^Atre & la doulear mater-
*iiéUe de la belle Arsène lorsqu'elle (Ut adteu à ce fils chéri.
Ici, nouvelle et déplorable laccme dans la biographie de 'LK^spffiac. Qife devint^l à Paris? Les doemBents "précis faisaient dtfatit. Il éerivaitde temps en' temps à
"«a nière, motos sans doiite ponr M donner des ntm-
>eBeir qtte powMii demanderdesT avances. Mats qnand
^i5ns4nfôrmait de l'absent S la belle Arsène, lies réponses étaient toujours un peu vagues et légèrement équi-
^ toques. Ainsi, elleprétendit d'abof dque^ son 'ffls était entréà l'École militaire... ou àSaint-Cyr. Plus tard,
^e^assuraqulffaisaîr partie de^Varméermàis aliène •savait dtnBà*quelle' arme' otf auquel i^églment il appartenait.' Elle àîBrma ÉfnBàtte'qù'ilétaît employé dû gou-
"veramnentf mais 'dans quelle branche 'de Vadminis-
tralioiff'ëhe ne Ven expliquait jamais.
Lousplllac lùî^ôme, lorsqu'il fut de retour S Bélië-
"mertf almaitpas à'donner des détails sur cette période de son existence. Si, après boire, quelque indiscret lé poussait trop vivement là-dessus, il s*écriait* d'un ac-
cent indéfinissable, en envoyant sa main zigzaguer au-dessus de sa tête : « Âh dame I j'ai roulé 1 » Il est certain, en effet, qu'il n'amai^ pas de mousse. Mafs il n'y a que cela de certain. On en est réduit pour le reste à des suppositions, et nous ne voulons pas rapporter celles que fit Michel, car Michel évidemment n'était pas prévenu en faveur de Louspillac.
Cependant, la belle Arsène, qui, lors du départ de son fils, n'était déjà plus de la première fraîcheur, songea dès ce moment à réformer sa vie. La belle Arsène devint madame Arsène. Elle ferma sa buvette, et de cabaretière se fit dévote, reiùplaçant le vin baptisé par l'eau bénite. ^
Sa conversion toucha beaucoup un vieux garçon de la ville appelé Grondard, lequel venait de vendre son fonds de quincaillerie, après avoir lentement arrondi une assez grosse fortune. Grondard était l'oncle maternai de Beautrubin. 11 confia à madame Arsène le gouvernement de sa maison et les clés de toutes ses armoires, ne gardant que celle de son secrétaire. Madame Arsène était devenue cuisinière et était née friturière. Grondard fut avec elle un des plus heureux convives assis au banquet de ce monde.
Ce bonheur tempéré par des indigestions dura
quinze ans. Madame Arsène gaignait tendrement ]e testament de son maître. Hais la mort, qui est narquoise, devait la prendre la première. Madame Arsène» se sentant dangereusement malade, écrivit à Louspillac qu'elle n'avait pas vu depuis seize ans et joignit à sa lettre la somme nécessaire pour que le Qls prodigue vint fermer les yeux à sa mère.
Ce fut en 1849 que Louspillac, après celte longue éclipse, reparut à Thorizon de Bellevue. Sa rentrée fit sensation.
Pourquoi ne veut-on plus croire aux vêtements magiques, aux robes qui sont fées ? Rien n'est plus réel et plus ordinaire. Ainsi, pour omettre le gracieux et nous en tenir au laid^ certains habits ont en eux, assurément, un don de terreur. Civilisés par la forme, mais \ sauvages par le fond, ils sont si râpés, si rapiécés, si misérables, si affamés et si fauves ; ils ont subi tant de taches et tant d'humiliations, tant d'averses et tant d'avanies ; ils dénoncent chez celui qui les porte une telle impudence dans une indigence telle, et le placent si au-dessous et si au-dessus de toutes les considéra- i tiens divines et humaines, — qu'on se sent tout de suite impuissant, désarmé, les poings liés, la langue liée, devant une défroque qui a si peu de chose à per-
dre et si peu de chose àjnéuager! Une blouse, «une vesLte propre, sont bionveillanles et .rassurantes :^ ce n'est pasnous qui (M)n{ondri[)ns jani^is lessdnt costupe du travail avecrignoble livrée du vice! Mais ilest des paletots plus dangereux et plus effrayants, que des pistolets, et àqui, sur^lcrcbamp, il faut crier : CapituloQsl La police devrait interdire, cooime armes offensives, des fracs qui, par leurs trous béants, et, selon Texpression du Romancero, « par les bouches de leurs blessures, » vous demandent en plein jour et sans parler : La bourse ou la vie I — C'est' armé d*4ine redingote de ce^ibre que Louspillac se présenta, un maim^4çvant <}rondard, qui recula de trois pas.
Bleue peut-être autrefois , mai&sans couleur dominante aujourd'hui; enveloppant .son homme tout entier du faux-col éraillé aux talons écriés; -graisseuse au collet, luisante aux poches, malade aux coudes, lépreuse aux poignets; veuve de boutons^ ^orpheline de doublure; Hlandrause, pendante,, recroquevillée^ mais insolente, exigeante et terrible, «^ telle était-cette redingote de Méduse 1
Grondard, pétriâé,-laissa,.sans souffler, mot, c^e redingote s'installer chez lui , y loger, y prendre ses quatre repas et y conunander despotiquement tant que
DE VILLAGEf 99
dura la maladie de madame Arsène, c'est-à-dîre pendant deux mois. Puis, la mère mourut, laissant au fils six cents livres de rente;' circonstance qui parut bizarre à Grondard, vu qu'elle n'avait que quatre cents francs de gages. Mais il se gàrdà de témoigner à la redingote son profond étbnnement Enfin , et* bien qu'alors la vieille redingote incolore eût disparu pour faire place â une itedingote noire toute neuve, l'influence ou le souvenir de l'ancienne guenille protégeait encore si effibacement rîiérilier, qu'il put continuer à habiter la chambre où il s'était établi. et à s'y faire servir en maître, se bornant à signifier à Grondard, par quelques mots brefs et trancliants, que la douleui* rempêcherait pendant quelque temps de s'occuper des soins matériels de cette triste vie.
Le pauvre Grondard baissa la tête et ne répliqua pas. Mais, soit terreur sourde, soit mécontenteûient rentré, soit rupture de ses vieilles habitudes, il suivit d'assez près madame Arsène au tonibeau, et son respect pour l'ex-redingote n'alla pas jusqtf à en faire sa légataire universelle. Tous ses biens retournèrent à son neveu et unique parent Beautrubin.
La première entrevue de Beautrubin ef de Louspillac ne fut pas à l'avantage de ce dernier. Elle eut lieu aux
obsèques de Grondard, le 1*"" septembre 1850. Beau* trabin n'avait pas connu la redingote; Beautrubin était un observateur léger qui ne regardait les gens qu'à la surface; Beautrubin» en deux mots, prit Louspillac pour une sorte de concierge chargé de garder et d'entretenir la maison. Ses affaires le rappelaient à Paris le jour même. Il congédia la servante, laissa à Louspillac les clefs» et remit au printemps une prise de possession plus ample.
Louspillac fut ulcéré. En ce moment» les déboires abondaient dans son existence. Depuis que sa mère l'avait fait rentier» iLavait essayé d'asseoir sa vie et de se lier avec les habitants de Bellevue. Mais ses antécédents douteux et ses façons assurées n'excitaient que la méfiance universelle. D'ailleurs» les jeunes gens se groupaient autour de Jules Firmin» et les gens raisonnables autour de M. Fabert. Louspillac» séduit par les yeux et par les écus de Jacqueline» offrit à la jolie meunière son cœur et sa main. Il fut lestement éconduit. Alors» enragé de colère et d'envie» il voulut» à défaut d'estime» inspirer la terreur. II tua Jules Firmin.
De ce coup» il atteignit son but. Il n'aurait jamais été honoré de ces braves gens» il fut tout de suite redouté
de ces gens timides. Lorsqu'il revint d'Angers acquitté
par le jury sur la prévention d'homicide volontaire, le
chenapan fut reçu comme un prince. . On le mépri»
sait, mais on le saluait; on l'exécrait^ mais on lui
souriait. Il marchait la tête haute et le chapeau
sur l'oreille, tortillait sa grande moustache et faisait
résonner sa grosse canne. Il était fier! il était heureux!
A Paris, pendant cet hiver-là, Beautrubin céda son fonds de mercerie et de rouennerie, battit le rappel de ses capitaux et rentra son foin commercial. II était veuf et père d'un Anatole unique, étudiant en médecine. Il s'était toujours dit qu'il ne se retirerait pas des affaires avant cinquante ans, et il n'en avait que quarante«cinq. Mais bah ! l'oncle Grondard, en se dépêchant de.mourir, l'autorisait à se hâter de vivre, yhéritage du bonhomme, joint à ses propres acquéls, faisait à Beautrubin quelque douze mille livres de rentes. N'était-ce pas assez pour jouir gaiement des restes d'une verte maturité et d'une santé florissante ? il avait encore dix belles années pour fêter Bacchus, Cornus et Vénus, ses divinités! Pour qui d'ailleurs s'exténuerait*il à travailler et à s'user le corps et l'âme? Pour ce drôle d'Anatole? Or, le père, depuis
plnsienrs mois^ tenait sévèrement rancune au fils, voici pourquoi.
Anatole s*était, Tannée précédente, amouraché d'une jolie ouvrière. Bien I II l'avait séduite. Trèsbien ! n faut que jeunesse se passe ! Beautrubin était folâtre^ quoique sérieux ; les plaisirs, les jeux et les ris ne l'avaient pas pour ennemi, au contraire. Veuf d'assez bonne heure, il avait causé l'infortune de plus d'tme demies demoiselles de boutique. En gentilhomme bourgeois, il toléra donc sa grisette à ce scélérat d'Anatole^ et mème^ ayant par hasard rencontré chez son fils la petite; il déjeunft incognito avec les jeunes gens et chantai Béranger au dessert. Mais voilà qu'Anatole, troinpé par cette bieîlveillance; osa lui avouer un jour èi) soiiriant que la nature pourrait bien^ sous peu,' le fôlré èrafid-père. Beautrubin plissa son front et gonfla seâ jbiics: La chose devenait grave. Il entama sur la faniille et là société un long discours qu'il termina en enjoignant à son fils de laisser là cette jeune intrigante. Le croitait-ôh ? Anatole ne goûta pas une telle morale I il discuta, résista, désobéit. C'est alors que Beautrubin Itii ferma sa pôHe et son cœur, réduisit sa pension au strict nécessaire, bent francs par moisj fet résolut d'abandonner à son sort ce libertin et ce rebelle, et
d'aller finir ses jours loin de lui, dans sa grasse et tranquille retraite de Bellevne.
L'histoire de celte exécution paternelle, dont Beautrabin se vantait volontiers, suffit à Michel pour deviner tout ce personnage : mauvais et sot, important et nul, bellâtre et hargneux. On avait aussi quelques détails sur ses opinions et sur sa vie publique ; mais diantre ! sa vie privée seule nous appartient.
Ce qui en resta Tévénement significaiif, ce fut l'abordage du Louspillac parle Beautrubin. Choc mémorable de deux stupidités ! le gros bonhomme rond et bouffi contre le grand gaillard maigre et ridé ; la lourde boule massive contre le long bâton noueux ; l'un tout graisse, Tautre tout muscles; l'un desséché par l'alcool, l'autre bouché par la bonne chère ; la cervelle de Louspillac faisait clic-clac dans sa boite osseuse, le fi'ont fuyant et déprimé de Beautrubin semblait avoir laissé tomber tout son visage dans les joues et dans les mâchoires carrées. Deux méchantes bétes en somme, ce loup pelé et ce carlin poussif f Deux individus pareils ne pouvaient être que les plus grands ennemis ou les plus grands amis du monde I
Louspillac avait longtemps gardé sa dent la plus venimeuse contre le propriétaire étourdi qui l'avait
confondu avec un portier. Mais, depuis, Louspillac s'était bien relevé dans sa propre estime et dans l'admiration des hommes : enfin, de gueux, il était passé tueur l Aussi, était-ce pénétré du sentiment d'une supériorité incontestable qu'il pensait maintenant à Beautrubin. Il l'attendait de pied ferme, mais seulement avec une curiosité indulgente et dédaigneuse.
Beautrubin , qui , lui , ne se doutait de rien , tomba tout à coup comme une bombé et sans crier gare dans sa maison de Bellevue» faisant beaucoup de bruit, traînant force paquets, ahuri, éventé, magistral et joyeux. Louspillac le reçut avec flegme et hauteur.
— Eh bien ! eh bien ! dit Beautrubin, quoi de nouveau? Qu'est-ce qui se passe ici ? Me voilà , moi I j'arrive. Avez-vous eu bien soin de la maison ?
— Ah çàl monsieur, demanda Louspillac, ponr qui me prenez-vous, s'il vous plaît ?
Beautrubin regarda Louspillac pour la première fois et s'arrêta étonné.
— Pour qui je vous prends? Je ne sais pas, dit-il bêtement.
— Monsieur, je suis votre locataire.
— Mon locataire! par exemple! mais je ne veux pas de locataires, moi I J'entetids habiter seul mon immeuble.
— n fallait m'avertir trois mois d'avance, mon cher monsieur. A i^ campape, les locations vont d'avril en avril, et, le mois d'avril étant commencé, j'en ai encore pour un an à occuper trois chambres du premier étage avec jouissance du jardin.
— Allons donc! et vous payez de loyer pour cela? •— Cent francs par an, monsieur.
— Vous moquez-vous de moi I Comment, pour huit francs 25 centimes par mois, pour moins de six sous par jour, vous auriez le droit de vous prélasser dans les trois plus belles pièces de ma maison ! et de me gêner, moi! d'observer toutes mes actions I de compter tous mes pas! de salir mon escalier! d'obsfruer mes allées ! qui sait? de manger mes fruits peut-être ! Cela ne sera pas, monsieur! •
— Cela sera lariral cela sera larirette! chantonna sinistrement Louspillac.
— Vous êtes un polisson ! interrompit Beaulrubin furieux.
Il se campa le poing sur la hanche, ce qui était son attitude menaçante et héroïque. Hais Louspillac le
regarda de haut, avec un sourire ineffable et tranquille.
— Tiens ! tu me touches I lui dit-il.
— Vous êtes un drôle ! cria Beautrubin.
Louspillac abattit sa grande patte osseuse sur le
crâne à demi chauve de Beautrubin.
— Nous avons" donc besoin absolument d'une peûte leçon I à notre âge !
— Yous êtes un misérable! beugla Beautrubin étranglé par une fureur apoplectique. Ouï, vous me rendrez raison ! oui, raison tout de suite !
— Hanneton I dit Louspillac. Je te laissé le choix des armes.
— ' Je prends le pistolet Mais tout de suite !
Jamais on ne se précipita plus aveuglément dans la gueule du loup. Beautrubia trépignait de rage et n'avait aucune espèce de soupçon du danger qu'il bravait. Il voulait se battre sur l'heure, — dans le jardin, -^ â mortl Cependant, comme il fallait des témoins , que Beautrubin ne connaissait encore per* sonne à Bellevue et que son adversaire lui-même ne comptait guère sur les amis qu'il y pouvait' avoir, Louspillac, qui avait conservé tout son sang-froid, arréla que la rencontre aurait lieu dans l'après-mldî,
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aux environs d'Angers, et qu'on demanderait à des officiers de la garnison de servir de seconds. Le rendez-vops convenu , Beautrubin remonta tout écumant dans la carriole qui Tavail amené , et Louspillac prit la diligence qui partait une demi-heure après.
Louspillac, lui, était sans courroux. C'était avec une sorte de pitié qu'il voyait ce gros et naïf bonhomme s'aventurer si niaisement à la portée de ses griffes. Il se disait d'ailleurs que , même à Bellevue , on n'a pas impunépient deux duels malheureux à si peu d'intervalle. Le beau dans la circonstance serait de maintenir et même d'accroître sa réputation redoutable sans effusion de, sang. Enfin, Loppillac sentait d'instinct que, plutôt. que de. tuer ce dinde aux œufs d'or, il valait beaucoup mieux en vivre. Au fond du ruffian if y avait énormément du pique-assiette.
Donc, quand les adversaires se retrouvèrent sur ^e terrain, par devant deux lieutenants d'iufanterie requis au nom 4o l'honneur, Louspillac était aussi calme et aussi clément, que Beautrubin était agité £t f uribondj. Ils furent placés à treote-cinq pas de distance^ avec faculté de marcher chacun cinq pas.
— Otçz dope votre chapeau ! cria l'un des témoins & Beautrubin, qui^ tout ébloui, n'entendit pas.