INTRODUCTION
Depuis le jour où Cruveilhier isola du groupe confus desaffections gastriques « l'Ulcère simple chronique », maladie si distincte, à laquelle la postérité reconnaissante a attaché le nom de cet illustre chnicien, les auteurs, non satisfaits de « l’inflammation ulcéreuse » qu'il lui donnait pour cause, ont cherché dans l’expérimentation la solution de ce problème pathogénique. Aussi l’on peut dire que l'historique des ulcères gastriques expérimentaux se calque en tout point sur l'historique des diverses théories qui ont été successivement en faveur pour expliquer la cause de l’ulcère rond. Très nombreux sont les divers moyens qui tour à tour ont été mis en œuvre pour lâcher de reproduire chez l'animal cette lésion à la fois si caractéristique et si insaisissable. Nous pouvons, schématiquement diviser ces multiples procédés en deux groupes : les premiers, procédés indirects, cherchaient à reproduire l’ulcère en agissant à distance de l'estomac, sur son irrigation, sur son innervation, ou encore sur l'organisme (out entier ; jes seconds, procédés directs agissant sur l'estomac luimême, sur sa muqueuse.
Dans notre historique nous ne cilerons que les expérimentations les plus (typiques, à seule fin de montrer que malgré la multiplicité et l’ingéniosité des moyens mis en
jeu, la pathogénie de l’ulcère nous échappe encore et
qu'aucu n moyen ne peul arriver à reproduire dans son in-
dividualité anatomique et chnique.
1° Procédés indirects.
Ce fut la théorie des troubles circulatoires entrevue par Rokitansky, Gunsbourg, mais surtout créée par Virehow, grâce à sa belle doctrine de l’embolie, qui fournit les premières bases d’expérimentation.
A la suite de Lebert (1852), constatant un ulcère gastrique chez un chien portant des végétations fibrineuses de l’endocarde, Prévost Cottard (1867) obtient des ulcérations gastriques après avoir injecté des grains de labac dans l'aorte d’un lapin. Par contre la ligature des artères de l'estomac n’a rien donné dans les mains d'expérimentateurs tels que Müller, Pavy, Kôürte, Conheim.
Parmi les modernes, un succès fut obtenu par Otte (1896) par ligature d'une branche de la mésentérique, puis par Fibesch ; cependant M. Gandy, dans quatre expériences bien conduites, n’a pu le réobtenir. C’est dire que ce procédé est plus qu'infidèle.
La stase veineuse par ligature de la veine porte, telle que la pratiqua à plusieurs reprises Müller (1860) chez le lapin ; amena quelques érosions minimes de la région pylorique ; Panun (1862) obtint un résultat analogue en introduisant une boulette de cire dans la veine crurale d'un chien et déterminant indirectement une stase sus-hépatique.
M. Gandy explique ces résultats autrement que par la stase veineuse, La cause en serait pour cet auteur la sup-
pression brusque du pouvoir antitoxique du foie, etil en
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rapproche d'autres expériences de Müller reprises par Kôüllicher, Bidder et Schmidt qui obtinrent tous des ulcérations gastriques en liant le cholédoque.
En résumé, des résultats obtenus par ces différents modes d’expérimentation, on peut citer l'esprit des conclusions de M. Galliard dans sa thèse de 1882 : la stase veineuse peut produire parfois de petites ulcéraltions minimes, la thrombose artérielle, de larges sphacèles, maiseeslésions sont distinctes de l’ulcère de Craveilhier.
Les découvertes en pathologie nerveuse, la fréquence constatée cliniquement de l’ulcère chez les hystériques, chez les sujets porteurs de lésions organiques des centres nerveux, dirigèrent les expérimentaleurs de ce côté.
Ils cherchèrent d'abord à produire l’ulcère en 1rritant ou détruisant le névraxe.
Schiff (1867) obtint chez un chien un ulcère perforant de la région pylorique après hémi-section des cordons antérieurs de la moelle allongée. Ebstein (1874) reprit avec succès ses expériences ; Brown Sequard obtint également un large ulcère par cautérisation de la surface du cerveau, et après lui Gottstein, Ewald, Koch.
Les ulcères obtenus ainsi élaient de véritables sphacèles en masse de l'estomac et d’autres viscères. Du reste, leur pathogénie pouvait être expliquée, non seulement par des troubles trophiques, mais encore par des troubles vaso-moteurs, les variations du chimisme gastrique, et surtout, pour M. Gandy, par l'infection cutanée loujours présente dans ces traumatismes non encore asepliques.
Les auteurs modernes ont précisé davantage leur expé-