TASSE
rimentation et au lieu d'agir sur les centres, 1ls ont porté leur action sur les nerfs mêmes de l'estomac, surtoutsur le vague et sur le sympathique.
Van Yjzerem (1902), élève de Talma, puis Van Ophuls en Amérique déterminèrent des ulcères gastriques par section du X au-dessous du diaphragme. Ricardo della Vellowa arrive aux mêmes résultats en sectionnant à la fois les preumogastriques et les splanchniques.
Plus récemment encore, Finocchiaro (1907), a renouvelé ces expériences el a fait la critique des résultats ob- Lenus qui sont encore loin de reproduire l’ulcère rond.
Du reste, depuis longtemps, la découverte des microorganismes et la connaissance plus approfondie de leurs rôles soit direct, soit indirect, par leur produit de sécréhon, dans la pathogénie des multiples affections, avait ouvert un vaste lerrain nouveau aux expérimentateurs. On songea que l'infection, et surtout la toxi-infeclion, pouvaient être la cause de l’ulcère rond et de ces ulcérations, bien voisine de lui, si souvent rencontrée dans de nombreuses maladies. M. Gandy, dans sa thèse de 1899, « La nécrose hémorragique des loxémies et l'ulcère simple » s'est fait l'éloquent apôtre de cette nouvelle théorie et a accumulé tous les nombreux faits expérimentaux qui en étaient la base.
Lebert,puis Cohn,l’avaient expérimentée du reste avant l'heure, et insciemment, dès 1852, en injectant du pus d'abord en nature, puis filtré dans la jugulaire d’un lapin. Il avait attribué l’ulcération formée, qui atteignait les dimensions d’une pièce de 1 franc, à de petites embolies capillaires. Bôtcher (1874) avait aussi attiré l’altention sur
des micro-organismes qu'il avait cru voir à la surface d'un ulcère.
Mais ce fut surtout à l'époque moderne où les expérIment{ations par ce procédé ontété très nombreuses, et nous nous contenterons de citer seulement les principales et les plus récentes, en indiquant la thèse de M. Gandy déjà nommée, où elles sont exposées et critiquées en détail.
Pour obtenir des ulcérations gastriques, les auteurs ont employé divers procédés d'injections soit sous-cutanées, intra-veineuses, intra-péritonéales :
1° Des cultures virulentes non filtrées. — Nous rappellerons ici les premières expériences de M. Letulle, 1888 (culture de staphylocoque doré), de MM. Chantemesse et Widal {bacille de dysenterie, ,de Charrin (B.pyocyanique), Besançon et Griffon {seplicémie pneumococcique), Slatineano (coccobacille), Wurtz et Leudet (B. lactique).
2 Des cultures filtrées ou des toxines, tels M. Charrin (culture filtrée de pyocyanique), A. Gilbert (cult. filtrée de colibacille), Henriquez et Hallion (toxine diphtérique), Claude {toxine tétanique), Bolton {la gastrotoxine). L’action des toxines seules donne des résultats à peu près analogues d'où l’idée d'employer non plus des produits toxiques microbiens mais des poisons minéraux ou organiques. |
3°Poisons minéraux ou organiques.— Virchow en 1864, puis Ebstein avaient déjà/constaté des ulcérations à la suite de l’'empoisonnement par le phosphore. Filhene,G.Brouardel expérimentèrent l'acide arsénieux ; Jousset et Lefas le tartre stibié ; Overbek, Heïlborn von Mehring, Charrin et Roger, Lilliet et Catelineau les sels de mercure ; Silbermann, l'acide pyrogallique ; Aufrecht, la cantharidine.
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Stich injecta mème les ptomaïnes retirées des matières en décomposition.
4° Les aulo-intoxications furent également tentées dans ce sens, Silbermann les obtenait par des brûlures étendues des téguments, Stokvis et Sokolof, par le vernissage de la peau, Favre par l'injection de sang d’urémiques ; enfin par la suppression d'organes antitoxiques comme le rein, le foie, le corps thyroïde.
Les caractères généraux de toutes les lésions ulcératives de l'estomac obtenues par ces multiples procédés, se résument en un processus de nécrose hémorragique sous la dépendance de la toxémie. Mais si elles peuvent être parfois le début de l’ulcère simple,il faut qu'ils’y ajoute dans la suite uu processus chronique et inflammatoire, que les expérimentateurs n’ont jamais pu obtenir. Peut-être, cet élément réside-t-1l dans une prédisposition locale, une moindre résistance de la muqueuse gastrique, soit nalurelle, soit acquise, grâce à des traumatismes divers, qu’elle aurait pu subir. Du reste nous verrons ces notions pathogéniques servir aux auteurs modernes comme Turk de Chi- Cago, qui à ces méthodes indirectes a associé les méthodes directes.
2° Méthodes directes.
lei l'expérimentateur porte directement son action destrucüive sur la muqueuse de l'estomac et le milieu stomacal. Cette méthode a eu pour premier point de départ l'étude de la prétendue auto-digestion de la muqueuse gastrique, par le suc qu'elle secrétait. Pavy montra le premier qu'on pouvait enlever un point quelconque de la muqueuse
sans que cela occasionnàt de la digestion de l'estomac. Schiff répéla ses expériences, Griffine et Vassale puis Mathes, dans une série d'observations bien conduiles,que nous avons reprises sans les connaître tout d'abord, arrivèrent aux mêmes conclusions. D'autres auteurs traumahisèrent différemment la muqueuse gastrique, par exem ple par indigestion de caustiques, Gehrard ; d'acide chlorhydrique, Pavy, Samuelson, Songniez : de corps étrangers aigus capable d'éroder la muqueuse, Vanni. Rilter expérimenta l'influence des contusions, puis Rasmussen de la compression prolongée. Mais tous ces procédés donnèrent des résultats bien inconstants.
On tenta aussi l'inoculation microbienne directe entrevue par Bôtcher, et admise comme exception par Letulle mais surtout prônée par Sydney Martin.
Tout récemment, M. Fenton B. Turck, de Chicago a réuni habilement toules ces notions pathogéniques et a institué une méthode, que nous pourrions dire complexe pour reproduire l’ulcère gastrique. Il a à la fois injecté et fait ingérer à des cobayes et à des lapins, des cultures de colh-bacille. En plus, 1l a soumis ces animaux à la séquestration en air confiné et vicié ; en même temps 1l adultérait leur alimentation tant au point de vue chimique, en leur faisant prendre de fortes doses de moutarde, que plastique en y ajouiant des fragments d'os, de corps durs capables d’éroder la muqueuse. Il a constaté, que si chacune des causes agissant isolément sur des animaux témoins, était incapable à produire des ulcérations gastriques, leur réunion donnait presque toujours des succès. De plus, si ces causes multiples cessaient brusquement d'agir, et si
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les animaux étaient soumis à des conditions de vie plus favorables, on constatait, après les avoir sacrifiés, des ulcéralions gaslriques déjà en régression et presque complètement cicatrisées.
Nous avons eu le plaisir de consulter un atlas de planches de F. B. Turk où l’auteur expose les photographies des ulcères obtenus, et une série de coupes où 1l a cru surprendre sur le vif le mécanisme intime du processus ulcératif. Nous croyons cependant, qu'ici ce processus se rapproche plus des ulcérations de toxémies, que de l’ulcère simple, tout en reconnaissant que cet auteur semble un de ceux qui soit le plus près de sa reproduction expérimentale.
À côté de ces cas multiples que nous avons cilés, où les auteurs obtenant des ulcères aigus, se heurtent à l'impossibilité d'obtenir l'ulcère gastrique vrai, il est intéressant de rapporter les observations de certains modernes qui ont obtenu des ulcères à marche chronique, non seulement sans le vouloir, mais même malgré eux.
Ces faits se sont produits toujours à la suite des expériences délicates faites sur le chien, et ayant pour but d'étudier la sécrétion gastrique. Ils sontsans doute le résultat de traumatismes considérables que ces opérations occasionnent. Pawlow avait déjà vu chez un chien, porteur d'un petit estomac se développer un large ulcère qui se termine par la perforation et la mort.
Au Congrès de médecine de 1907, dans la discussion qui suivit les remarquables rapports sur l'ulcère simple, de MM. Linossier, Castaigne et Dujarier, M. Frémont
de Vichy , dont la compétence et l'expérimentaton si
nombreuse sur ce sujet est reconnue, en cite plusieurs cas.
Ceux-ci seraient fréquemment et spontanément survenus chez des chiens porteurs d’estomacs isolés par son procédé, laissant intact innervation et vaseularisation. Ils auraient du reste évolué vers la guérison par le traitement médical de l’ulcère qu'il leur avait appliqué.
M. Cazin aurait obtenu des résultats à peu près analogues. De même M. Frouin, cité par M. Linossier, a pu produire des ulcérations gastriques chez des chiens à estomac isolé, en combinant la rétention du suc gastrique et l'hyperchlorhydrie obtenue par une alimentation très salée.
Il est vrai que dans cette même discussion, M. Tuffier avouait son insuccès à obtenir des ulcères: 1° par large perte de substance de la muqueuse gastrique jointe à alimentation hyperchlorurée ; 2° en cautérisant la sous-muqueuse ainsi mise à nu ; 3° en liant les artères correspondantes.
De cette foule de procédés et d’expérimentations que faut-1l conclure ? Qu'il n’est à l'heure actuelle aucun moyen expérimental de reproduire le type anatomo-clinique de l’ulcère rond. Aussi nous a-t-il paru que ce n'était peutêtre pas tant vers ce côté pathogénique qu'il fallait porter la méthode féconde de l’expérimentation.
Si nous avons repris l'étude des ulcères gastriques expérimentaux obtenus par exérèse, ce n’est plus pour essayer de trouver la ou mieux les causes de l’ulcère rond, problème encore trop complexe et qui peut-être restera longtemps encore insoluble.
C'est d’abord pour collaborer à l'étude de son processus
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= Nr de réparation spontanée, fait si souvent constaté, puisque d’après Mikuliez on trouve à l'amphithéâtre trois fois plus d'ulcères cicatrisés que d’ulcères en évolution.
Sous la direction constante de notre maître, M. le Dr: P. Carnot, nous avons déterminé des ulcères directs en abrasant largement la muqueuse, puis méthodiquement nous avons suivi leur évolution, essayant de saisir et de synthétiser leur processus de réparation, qui, nous le croyons, ne doit pas tant différer des processus de guérison spontanée de l’ulcère simple chronique.
Nous avons eu en second but d'appliquer à ces ulcères expérimentaux la méthode des greffes déjà utilisées avec tant de profit pour d’autres Lissus. Nous avons vu se bâter ainsi le processus de cicatrisation, el nous avons songé à l'importance thérapeutique que pourrait peut-êlre avoir un jour l'extension pratique de ces constatations expérimentales.
Cette méthode des greffes muqueuses ébauchée par Czerny, Wolfler, Branca et Quénu, est surtout l’œuvre de notre maître M. le Dr P. Carnot, à qui elle est chère, et qui en a dans de nombreuses publications étudié les conditions de réussite, les techniques et les résultats heureux.
Aussi, avant de commencer l'exposé de ce travail, dans lequel, ce maître nous a constamment dirigé, nous sommes heureux de pouvoir lui offrir l'expression de notre admiration pour les hautes méthodes cliniques et expérimentales auxquelles il a bien voulu nous initier tant à l'hôpital Broussais qu'au laboratoire de la Faculté.
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Et à cela s'ajoute encore un plus grand titre à notre affectueuse reconnaissance en nous rappelant la vive sympathie qu'il nous a toujours témoignée, et surtout le réconfort physique et moral qu’il a su nous apporter dans une longue et récente maladie.
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