‹ Les #-Unis au xx' #Chapitre 29 sur 103 · DU PRODUIT BRUT * EN · texte numérisé non relu

DU PRODUIT BRUT * EN

Nombre absolu.

Valeur totale du produit brut

Produit nul*

(Millions de doU.)

De 0 à 50 dollars. .

De 50 à i 00 dollars. .

De i 00 à 250 dollars.

De 250 à 500 dollars..

De 500 à 1000 dollars

De 1.000 à2.500doll.

Plus de 2.500 dollars.

Total

Moins d'un cinquième des exploitations américaines donnent ainsi un produit brut supérieur à 5.000 francs, ce qui n'est pas encore un chiffre considérable, et une proportion infime, moins de 3 p. 100, donnent un produit brut de plus de 12.500 francs. Or, ce dernier chiffre, lui-même est encore loin de correspondre à une grande opulence chez l'exploitant.

La proportion des farms des diverses catégories varie naturellement suivant la région, ainsi qu'on le verra par le tableau de la page 95.

Dans le Centre-Nord, qui est la principale région agricole des États-Unis, la catégorie d'exploitation la plus nombreuse est celle qui donne de 500 à 1.000 dol-

1. Non compris la valeur des produits donnés comme nourriture aux animaux.

2. Il s'agit ici d'exploitations qui no sont pas encore en valeur, généralement parce qu'elles viennent seulement d'être créées, ou d'exploitations privées de revenus accidentellement, par des lléaux naturels.

lars de produits bruts. Comparant ce résultat avec ceux que Ton obtient en examinant les tableaux de répartition des fermes par contenance et par genre de culture principale, le rapport sur le Census en conclut que Texploitation-type, dans le Centre-Nord, est une exploitation de 70 à 100 hectares, consacrée principalement à la production des céréales et des fourrages et donnant un produit brut de 2.500 à 5.000 francs. Dans l'Atlantique-Nord, le type est Texploitation de 20 à 40 hectares, consacrée à l'élevage intensif du bétail et à la production du laitage, donnant de môme un produit brut do 2.500 à 5.000 francs. Dans les deux régions méridionales, l'exploitation que Ton rencontre le plus fréquemment a aussi une étendue de 20 à 40 hectares, mais produit surtout du coton, pour une valeur brute de 1.250 à 2.500 francs seulement en moyenne ; la faiblesse de ce produit correspond au peu de besoins des petits fermiers et métayers noirs. Dans l'Ouest, les caractères généraux ne sont pas sans analogie avec ceux du Centre- Nord, mais avec une proportion beaucoup plus marquée de vastes domaines, exploités assez souvent pour le compte de Sociétés et consacrés à l'élevage extensif du bétail K

Atlantique- Atlantique- Centre- Centre- Nord. Sud. Nord. Sud. Ouest.

Nombre absolu des

exploitations. . . 677.S06 962.225 2.196.567 1.658.166 242.908 él /Nul 0.3 0.7 0.6 1.3 3.8

S" De0à50dol. 1.8 5.1 1.5 3.7 4.4

^-SliDeSOàlOO. . 4.1 8.7 3.3 6.4 5.6

S.-JDo 100à2o0. 18.3 30.5 14.5 28.4 16.5

âi^pe 250 à. 500. 25.9 32.0 23.1 34.1 19.9

-£5 1/ De 500 à 1000. 27.8 16.3 30.2 19.3 20.8

|:2d pel000à2500. 18.7 5.7 23.1 5.8 18.7

|'^''\ Plus de 2500. 3.1 1.0 3.7 1.0 10.3

1 . On observe dans le Sud et l'Ouest une proportion beaucoup plus forte que dans le Nord, et anormale, d'exploitations donnant

Nous venons d'examiner le produit brut des exploitations agricoles américaines. Quels en sont maintenant les frais? Les premiers et les plus importants sont les frais de main-d'œuvre, qui paraissent cependant très faibles si on les compare h ce qu'ils sont dans l'Europe occidentale. Ils ne s'élèvent, d'après les relevés du Census, qu'à 363 millions de dollars par an pour l'ensemble des États-Unis, soit à une moyenne de 64 dollars ou 330 francs par exploitation et 43 cents par acre ou 5 fr. SO environ par hectare, ce qui représente seulement 9,7 p. 100 du produit brut. Dans la région de l'Atlantique-Nord, où la culture est plus intensive, les dépenses de main-d'œuvre atteignent 525 francs par exploitation, 14 francs par hectare et 14,4 p. 100 du produit brut. Dans l'Ouest, où se trouvent beaucoup de fermes de vaste étendue nécessitant l'emploi d'un assez grand nombre de travailleurs salariés, ces frais atteignent 1.160 francs par exploitation, mais moins de 8 francs l'hectare; ils s'élèvent à 19,5 p. 100 du produit brut. Dans le Centre-Nord, les chiffres sont presque exactement ceux de la moyenne des États-Unis, avec seulement une proportion un peu plus faible par rapport au produit brut, 8 p. 100. Dans le Sud enfin, où les exploitations, pour la région cotonnière du moins, sont le plus souvent limitées à la surface que peuvent cultiver l'exploitant et sa famille sans le secours de main-d'œuvre étrangère, les dépenses de main-d'œuvre tombent à 195 francs par /arm et 4 fr. 60 par hectare pour les États de l'Atlantique, à 150 francs par farm et 2 fr. 40 par hectare pour les États du Centre, ce qui

moins de 100 dollars, ou 500 francs environ de produits bruts. Gela parait tenir à une moindre exactitude des relevés des ' jmceoseors dans ces régions, ou très peu peuplées, ou habitées en partie par des noirs ou des Indiens ignorants.

représente respectivement 9^2 et 6,5 p. 100 du produit brut.

Naturellement, les grandes exploitations ont, d'une manière générale, plus de frais de main-d'œuvre que les petites ; il faut, cependant, faire exception pour les très petites, au-dessous de 8 hectares, qui sont constituées en grande partie par des jardins maraîchers, fleuristes, fruitiers. La main-d'œuvre revient à 385 francs par exploitation et à 500 francs par hectare en moyenne pour les exploitations de moins de 120 ares; elle tombe ,à38 francs l'hectare pour celles de 120 ares à 4 hectares à 16 francs pour celles de 4 à 8 hectares. Pour les domaines qui forment les types courants d'exploitations rurales aux États-Unis, de 8 jusqu'à 400 hectares, les frais de main-d'œuvre restent, en moyenne, compris entre 6 et 7 francs l'hectare. Pour les très grandes exploitations, au-dessus de 400 hectares, ils tombent à 3 fr. 15 l'hectare.

Suivant le genre de culture prédominant dans chaque exploitation, la dépense de main-d'œuvre varie de 3 fr. 80 l'hectare pour celles qui se livrent surtout à l'élève du bétail et 3 fr. 90 pour celles qui cultivent principalement le coton, à 6 francs pour celles qui font du fourrage et des grains, à 7 fr. 40 pour les plantations de tabac, à 11 francs pour les exploitations qui produisent surtout du lait, du beurre et du fromage. Le riz, le sucre, les cultures maraîchères et fruitières exigent, naturellement, beaucoup de main-d'œuvre, et celle-ci absorbe jusqu'à 1.250 francs par hectare pour les jardins fleuristes.

La faiblesse des frais de main-d'œuvre dans la plupart des exploitations rurales aux Etats-Unis vient encore souligner le fait de la prépondérance des petites exploitations, que l'occupant cultive sans autre aide que celle

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des membres de sa famille. Cette situation ressort d'ailleurs nettement de la remarque suivante : le nombre des personnes du sexe masculin âgées de plus de dix ans et gagnant leur vie dans Tagriculture était, en 1900, de 9.349.322 ; or, îe nombre des exploitations agricoles .se trouvait, h la môme date, de 5.739.657. Il devait donc y avoir ce même nombre de chefs d'exploitation et il ne restait que 3.609.665 domestiques ou journaliers; comme un certain nombre de grandes exploitations occupent plusieurs salariés, il résulte nécessairement de ces chiffres que la majorité n'en employait aucun. Il faudrait, sans doute, tenir compte de ce que quelques exploitations sont dirigées par des femmes et de ce que, par conséquent, l'excédent des hommes vivant de l'agriculture sur les hommes chefs d'exploitation, c'est-à-dire le nombre des journaliers et domestiques est un peu plus fort que nous venons de le dire ; toutefois, l'écart ne saurait être grand, car ces exploitations dirigées par des femmes sont certainement assez rares.

D'ailleurs, une forte proportion des salariés agricoles eux-mêmes se compose de membres delà famille, d'enfants des exploitants. Si nous considérons, non plus seulement les hommes, mais les personnes des deux sexes dont l'occupation principale est l'agriculture, le Census nous apprend que le nombre en est de 10.438.188. Cela ne donnerait, soit dit en passant, qu'un peu plus d'un million de femmes se livrant aux travaux des champs ; mais aux États-Unis, de même que dans la plupart des pays, les femmes et, très souvent aussi les filles des exploitants sont officiellement classées comme sans profession, bien qu'elles leur apportent un aide très efficace. Ce sont seulement, en général, les femmes ne travaillant pas dans leur famille qui sont considérées comme occupées à l'agriculture. Quoi qu'il en soit, sur

ces 10.438.188 personnes, 5. 681. 234 sont classées comme a exploitants, planteurs et surveillants » {f armer s, planters and overseers), chiffre correspondant à peu près exactement au nombre des exploitations (il n'y a pas h. s'étonner d'une légère discordance sur des chiffres aussi considérables) ; 4.459.346 sont des salariés {agricuUural laborers) et sur ce dernier nombre 2.366.313 (dont 1 .925.247 hommes et 441 .066 femmes) sont des membres des familles des exploitants. Il ne reste que 2.047.638 employés, journaliers ou domestiques proprement dits; en outre on compte quelques 300.000 personnes se livrant à des travaux spéciaux : jardiniers, bergers et autres, qui peuvent rentrer aussi dans la classe des salariés ordinaires et enportentle nombre à 2.350.000 environ. On voit combien la proportion est faible, sur un total de 10 millions et demi de personnes vivant de l'agriculture .

Si les charges de main-d'œuvre aux Etats-Unis sont peu élevées, bien plus faible encore est une autre catégorie de dépenses qui atteint souvent en Europe des proportions assez lourdes : les dépenses d'amendement et d'engrais. Elles n'ont monté, pour l'année précédant le Census de 1900, qu'à 54.783.757 dollars, 275 millions de francs ; dix ans plus tôt elles n'étaient que de 38 millions et demi de dollars, vingt ans plus tôt de 28 millions et demi. Elles ont donc crû un peu plus vite que la surface cultivée. Leur importance n'en reste pas moins minime et montre combien les Etats-Unis sont encore un pays d'agriculture extensive. La moyenne générale des dépenses pour achats d'engrais ne s'élevait, en 1900, qu'à 50 francs par exploitation et à moins de 90 centimes par hectare, soit 1,2 p. 100 de la valeur du produit brut. Elle est naturellement plus forte dans les régions de l'Atlantique, à culture plus ancienne, plus

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intensive et où le sol a davantaze perdu de sa fertilité naturelle, déjà moindre en elle-même : là on atteint une in >venne de 115 à liO francs par exploitation, 3 francs el 3 fr. 10 par hectare suirant qu'on considère le Nord ou le Sud ; mais dans le Centre-Nord on tombe à 13 francs par exploitation et 25 centimes par hectare, dans le Centre-Sud à 20 francs par exploitation et un peu moins de 40 centimes par hectare, dans l'Ouest à 20 francs par exploitation et 13 centimes par hectare.

Encore la moyenne générale des achats d'engrais se trouve-t-elle relevée par la présence des exploitations maraîchères et fruitières; pour les grandes cultures, elle est extrêmement faible : 50 centimes par hectare pour les grains et fourrages ; 25 centimes pour l'élève du bétail ; 1 fr. 15 pour la production du lait et de ses dérivés, beurre et fromage ; 1 fr. 80 pour le coton ; 4 fr. pour le tabac. Cela revient à dire que dans la plupart des exploitations, du moins au Nord et à l'Ouest, pour la production des céréales, des fourrages et l'élève du bétail, on n'emploie d'autres engrais que le fumier de ferme dont on peut disposer.

La faiblesse de tous les frais, si lourds en Europe est évidemment Tune des grandes causes de supériorité de l'agriculture américaine. Mais comment ces frais peuvent-ils être si bas ? Pour les achats d'engrais, c'est la fertilité naturelle du sol vierge qui en est cause : il ne dépend pas ici du vieux monde d'imiter le nouveau. Mais pour la main-d'œuvre, la légèreté des charges qu elle entraîne provient de la bonne organisation du travail, du grand nombre d'animaux domestiques et de la perfection de l'outillage. On se plaint souvent, chez nous, que l'agriculture manque de bras, pour employer le cliché usuel ; elle en manque plus encore aux États- Unis, si l'on tient compte de l'énormité des surfaces cul-

tivëes et de la masse colossale des produits ; mais elle les utilise mieux, elle sait les (économiser en remplaçant, autant que possible, la force humaine par celle des animaux et des machines, que l'homme est surtout chargé, dans l'agriculture comme dans l'industrie, de diriger, au lieu de donner cette force lui-môme. Ainsi scientifiquement utilisé, le travail humain devient extrêmement productif.

Le rapport sur le XIP Census se livre à un assez curieux calcul pour évaluer la part du travail dans le revenu brut agricole, ce qu'il appelle le revenu du travail (labor income). La valeur totale des produits bruts de l'agriculture (non compris la nourriture du bétail) s'élève, dit-il, à 3.742.129.000 dollars, en 1899, l'accroissement de la valeur des exploitations h 445.763.000 dollars (c'est le dixième de l'accroissement de leur valeur de 1890 à 1900) ^ Ces deux sommes réunies font 4.187.892.000 dollars représentant le revenu brut agricole; déduisons-en l'intérêt à 6 p. 100 de la valeur des exploitations, soit 1.226.394.000 dollars, il reste 2.961.498.000 dollars pour le revenu ou produit du travail (labor income), soit 288 dollars ou 1.440 fr. par tête pour chacune des 10 millions et demi de personnes occupées à l'agriculture. En réalité, il faudrait réduire ce total par tête, car beaucoup de femmes travaillent aux champs sans être comptées, nous l'avons dit.

La valeur des machines et outils employés sur les exploitations atteignait, en 1900, 133dollars en moyenne, soit 689 francs par exploitation, ce qui est considérable. Dans l'Atlantique-Nord, elle s'élevait h 226 dollars; dans l'Ouest, à 218 ; dans le Centre-Nord, à 166 ; le

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