L ELEVAGE. — LA PRODUCTION LAITIÈRE
gions productrices de céréales, mais coïncidant pourtant CQ grande partie avec Taire de culture du maïs, qui sert si largement à l'alimentation des animaux do ferme. L'Ouest proprement dit tient une plus large place dans l'élevage que dans la culture des grains ; au contraire, les États à l'est du Mississipi en ont une moindre.
C'est surtout pour l'élevage à proprement parler, pour lequel le rôle de chaque Etat se trouve accusé, dans les statistiques, par le nombre des vaches « autres que les vaches laitières », comme dit le Census, que la prépondérance des régions du Sud-Ouest est considérable. Surll. 559.000 vaches de cette catégorie, 3.370.000, près du tiers, se trouvent dans le Texas, 860.000 sont dans le Kansas, 775.000 dans le groupe Oklahoma-Territoire indien, 674.000 un peu plus loin au Nord, dans le Nebraska, 502.000 dans le Nouveau-Mexique, soit plus de la moitié du total pour ces six États ou Territoires, tous très à l'Ouest du Mississipi; le Colorado en a 483.000, l'Iowa 461.000, l'Arizona 357.000, le Missouri 324.000, la Californie 304.000 .11 est vrai que, dans l'extrême Sud-Ouest, la valeur de ces animaux devient très faible : 18 dollars par tête dans le Texas, le Nouveau-Mexique et l'Arizona, au lieu de plus de 30 dans l'Iowa et le Nebraska.
Dans ces derniers États, et dans ceux qui les avoisinent, comnue le Kansas, le Missouri, le bétail est le plus souvent engraissé sur place : leurs immenses champs de maïs lui fournissent une abondante et bonne nourriture. Les jeunes élèves nés dans le Sud-Ouest sont souvent, au contraire, expédiés vers ces mêmes États de la région moyenne, où on les engraisse avant de les livrer aux abattoirs de Chicago, d'Omaha ou do Kansas-City. C'est de là qu'ils nous parviennent en Europe, sous forme de conserves. On sait quelle est
rimportance de cette exportation : 200 millions de kilogrammes de viande de bœuf, gelée, conservée ou salée, valant 38 millions et demi de dollars (200 millions de francs) ont été exportés des États-Unis en 1902 ; en outre, 393.000 têtes de bétail vivant, valant 30 millions de dollars, ont été embarquées, principalement pour TEurope ; c'est en tout 350 millions de francs pour lesquels la race bovine a contribué à l'exportation américaine.
Si l'élevage se fait surtout dans le Sud-Ouest et se combine avec l'engraissement dans le Centre, cette dernière région et l'Est tiennent la première place pour la production du lait. Sur les 17 millions de vaches laitières, 1.501.000 se trouvent dans l'État de New-York, 1.423.000 dans l'Iowa, 1.007.000 dans l'Illinois, 998.000 dans le Wisconsin, 943.000 en Pennsylvanie, 861.000 au Texas, 860.000 au Kansas, 818.000 dans l'Ohio, 765.000 dans le Missouri, 753.000 dans le Minnesota. La production du beurre atteint 700 millions de kilogrammes, celle du fromage 135 millions. Cette branche de l'agriculture se développe beaucoup et le perfectionnement des procédés de transport et de conservation lui permet de s'étendre au loin dans l'Ouest, à distance des grands centres qui en sont les principaux débouchés. Même pour le lait, dit le rapport sur le Census, « la plupart des grandes villes se fournissent aujourd'hui à des distances très considérables, le lait leur étant apporté par des trains spéciaux. Ce commerce est trop compliqué pour qu'on puisse le décrire ici. Mentionnons seulement la stérilisation du lait qui permet de le conserver longtemps en parfait état. » Il semble qu'en France nous aurions, sur ce point, beaucoup à apprendre des Américains.
Nous aurions aussi avantage à imiter, plus que nous
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ne le faisons, leur organisation industrielle de la prodiiction du beurre et du fromage : près d'un tiers du beurre, 200 millions de kilogrammes, était produit dans des beurreries, non sur les fermes, en 1899 (au lieu de 80 millions de kilog. en 1889) ; pour le fromage 9bp. 100 provenaient de fromageries industrielles. L'exportation du beurre s'est élevée, en 1902, à 8 millions de kilogrammes valant près de 3 millions de dollars ; celle du fromage, à 13 millions de kilogrammes pour presque la même somme ; mais cette dernière est en diminution.
On voit que, sous tous les rapports, l'élevage du bétail et les productions qui s'y rattachent sont très prospères aux États-Unis. Tout en fournissant beaucoup k l'exportation, elles font cependant à l'Europe une concurrence moins redoutable que la culture des céréales. Nous ne pensons pas que cette concurrence doive beaucoup s'accroître. Les avantages qu'ont, aujourd'hui, les Américains dans l'élevage, devront plutôt diminuer à mesure qu'ils auront moins de terres libres; d'ailleurs, leur propre consommation paraît augmenter plus vite que leur population bovine, en sorte que le surplus dont ils disposent pour l'exportation devrait, semble-t-il, tendre à fléchir.