CHAPITRE IX L'industrie électric[ne
« Chacun des 75 millions d'habitants des États-Unis, dit le rapport sur le Census dei900, dépense, en moyenne, 7 dollars par an en électricité. Sur cette somme, i dollar et quart représente la demande de machines et d'appareils électriques ; 3 dollars, la recette des Compagnies de chemins de fer et de tramways électriques ; 1 dollar et demi, la recette des Compagnies d'éclairage; 75 cents, les dépenses de téléphone ; 50 cents, celles de télégraphe, avertisseurs divers, etc. Ces valeurs, qui sont estimées avec modération, s'accroissent rapidement. Si les États- Unis sont parvenus aussi vite à leur situation actuelle dans les affaires internationales et parmi les nations industrielles du monde, on peut l'expliquer, au moins en partie, parle fait que leurs habitants sont disposés à payer autant pour leur électricité que pour leur pain.» Le passage est typique, aussi bien par le jour qu'il jette sur l'état d'esprit de ses rédacteurs et de leurs compatriotes, que par le prodigieux développement de l'industrie électrique qu'il révèle.
En Amérique, comme en tout pays, cette industrie est fort jeune ; elle est l'œuvre des vingt et surtout des dix dernières années. En 1880, il existait, sans doute, déjà, aux États-Unis, 76 établissements fabriquant des appareils et fournitures électriques, mais ils n'avaient
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que 7 millions et demi de francs de capital, n'occupaient que 1.271 ouvriers, et la valeur de leurs produits n'atteignait pas 14 millions ; en 1890, le nombre des établissements passait à 189, leur capital à 98 millions, et 8.802 ouvriers étaient employés à fabriquer 99 millions de produits. Enfin, en 1900, on ne trouvait pas moins de 580 établissements, avec 430 millions de capital, 40.890 ouvriers et 475 millions de produits. Encore faudrait-il élever ce dernier chiffre à 544 millions, pour tenir compte des appareils électriques fournis par un assez grand nombre d'autres établissements qui ne se livrent pas exclusivement à ce genre de fabrication.
Ces statistiques ne donnent encore qu'une idée très imparfaite du développement industriel qu'ont entraîné les applications de l'électricité. Elles ne comprennent pas la production d'un grand nombre de matériaux et d'appareils divers, qui sont employés dans l'industrie électrique et ne seraient pas fabriqués, au moins en aussi grande quantité, si elle n'existait pas. Elles laissent aussi de coté beaucoup d'articles dont la production n'a pu prendre d'essor que grdce à l'électricité, qui permet seule de les obtenir à bon marché. C'est ainsi qu'elles n'englobent pas la fabrication des innombrables poteaux de bois, de fer ou d'acier portant les iils de télégraphe, de téléphone ou de trolley, ni celle de la plus grande partie des verres et porcelaines qui servent pour les piles, accumulateurs et isolateurs, ni la production des fils de fer et de cuivre nus dont les applications électriques emploient chaque année, dit le rapport sur le Census, plusieurs millions de livres ^.
D'autre part, la plus grande partie du cuivre produit aux États-Unis — 180.000 tonnes sur 275.000 en 1900