‹ Les Universités de Franche-Comté, Gray, Dôle, Besançon. Documents inédits publiés avec une introduction historiqueChapitre 29 sur 110 · CCLXIV · texte numérisé non relu

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roit possible, heu égard aux grandes charges de la cité (1). > La conclusion était, on en conviendra, bien modeste à côté de Texorde ; mais elle était évidemment fort sage et le con- I seil l'adopta sans hésiter. On trouva le savant docteur daus la personne de M" de Valimbert qui partit pour l'Italie avec | des lettres de l'archevêque Ferdinand de Rye, dont Tinter- I vention avait été déjà requise Tannée précédente auprès des I Archiducs (2), et qui y demeura deux années. Il y trouva un protecteur inattendu dans le cardinal Borghèse et en re- I vint, sinon avec la permission formelle de poursuivre les I lectures de théologie et de philosophie, au moins avec la I promesse qu'elles seraient désormais tolérées dans les éta- Il blissements religieux, à la condition de ne pas y admettre les I étudiants du dehors. On entendait par là les écoliers laïques I qui n'étaient pas originaires de la république, car la bulle de Paul V exceptait de ses prohibitions les moines et les novices des deux maisons. Cet armistice, cette accalmie dura quinze ans. Mais en 1650 l'université rentra en campagne et fit renouveler par Urbain VIII les défenses fulminées sous peine d'excommunication ipso facto par Paul V{5). C'était précisément à l'heure ou Eugène de Granvelle, comte de Cantecroix, venait de céder à la congrégation de l'Oratoire le collège fondé par ses aïeux au siècle précédent. La lutte recommença donc avec une vivacité nouvelle : d'un côté, l'école doloise s affilia, pour se créer des auxiliaires, Tordre des Frères mineurs ou des Capucins qui ne vivaient pas

(1) Discourt du gouverneur Buzon au conseil, le 23 janvier 1612. (2; V. les Pitees justij., p. 155.

(3J Bref du 10 septembre 1630. — On Ht sur les registres de la ville de Besançon, sous la date du 31 mars 1631 : « Messieurs ont commis MM. Nardin et Gaudot pour aller trouver de leur part le Père Provincial des Jésuites et luy parler de 1» bulle obtenue de Sa Saincteté par ceulx de l'université de Dole portant inhibition aux Jésuites et Minimes d'enseigner en cette cité la théologie et la philosophie, et luy dire qu'il ait à y mettre ordre et satisfaire au contenu du timicté auquel j sont obligea, et faire révoquer ladicte bulle, autrement que Messieurs y pourvoieroient par autre voye. »»

ujours en bonne intelligence avec les Minimes, et obtint parlement un arrêt qui défendait, sous peine de saisie temporel et de 1 ,000 livres d'amende, à tous les sujets u comté, Jésuites ou Oratoriens, d'enseigner publiquement la théologie et la philosophie ailleurs qu'à Dole, sauf droit qui appartenait au théologal de faire un cours au apitre métropolitain (1); de l'autre, les gouverneurs de sançon installaient solennellement un régent de théologie u collège de Granvelle (2), et faisaient arrêter des émisires de l'université qui s'étaient un jour introduits dans leurs murs. L'épisode suivant, dont les détails sont emprunts aux registres consistoriaux, peindra mieux que toutes phrases la passion singulière qui animait les deux villes une contre l'autre.

Le 50 novembre 1647, M. d'Orchamps, cogouverneur de la cité impériale, se rendait à Dole pour signer une transaction dans un procès qu'il avait au parlement, lorsqu'il rencon'ra entre les villages de Saint-Vit et de Ranchot un « petit laquais » du conseiller Monnier qui l'avertit de ne pas révéler son origine aux gardiens des portes de Dole, s'il ne voulait qu'on les fermât devant lui. M. d'Orchamps ne tint aucun compte de cet avis, donna son nom aux sentinelles placées à l'entrée de la ville, et fut arrêté par deux soldats qui le conduisirent au logis du maire. Après l'avoir interrogé sommairement, celui-ci le fit escorter par dix archers jusqu'à la demeure du sr Brun, où il devait passer la nuit, et lui enjoignit d'y garder les arrêts, sans communiquer avec personne. Vers le soir, « après le sermon, » un syndic, suivi de deux sergents, vint le quérir pour le mener devant le conseil qui commença par lui faire jurer de dire

(1) Arrêt du 6 juillet 1648.

(2) La première lecture de théologie y eut lieu le 14 novembre 1647.

la vérité et lui demanda s'il avait participé à Tordre d'arrestation que le sénat bisontin avait naguère donné contre les agents de l'université. « Allez le demander à mes collègues, répondit- il fièrement; pour moi, j'ai promis de me taire et je tiendrai mon serment. » Les échevins se consultèrent un instant, puis le firent reconduire à son logis, où ses arrêts furent levés, mais avec l'injonction de sortir sur l'heure de la ville. Le temps était froid, la nuit fort prochaine, une pluie abondante inondait les chemins changés en fondrières: M. d'Orchamps résolut de gagner une autre porte et d'aller coucher au hameau de la Bedugue, « où il passa la nuit avec assez d'incommodité. » Mais le lendemain matin, au moment où il montait à cheval, le même syndic, appuyé de six soldats, accourut pour le sommer une seconde fois de quitter le territoire sur lequel s'étendait la juridiction municipale. Il voulut bien pourtant ajouter que ce traitement ne s'adressait point à sa personne que l'on honorait beaucoup, mais à sa qualité de cogouverneur. A peine de retour à Besançon, M. d'Orchamps porta plainte au sénat qui convoqua aussitôt les Vingt-Huit et défendit par provision de laisser pénétrer dans la cité aucun habitant de Dole sans l'autorisation expresse du président.

Il est difficile de concevoir la colère qu'excita non-seulement parmi les notables, mais dans toutes les classes des citoyens le récit coloré de cette peu tragique aventure. Il n'y eut qu'un cri : t Vengeance ! Lavons cette mortelle injure, ce sanglant affront dans le sang de nos adversaires.1 » La raison vint toutefois calmer bientôt cette exaltation de la première heure. Les Vingt-Huit se bornèrent à adresser leurs plaintes à l'empereur, à l'archiduc Léopold, régent des Pays-Bas, au parlement lui-même, en lui signifiant que leurs compatriotes ne se présenteraient plus à sa barre, tant que leur liberté ne serait pas garantie par un traité, et

qu'ils protestaient d'avance contre les arrêts par défaut qui seraient rendus à leur égard. Au lieu de prendre la tête des Dolois, qui n'étaient point disposés à la céder sans résistance, on se contenta de s'assurer de leurs personnes, lorsqu'ils se hasardaient à franchir les portes de Besançon, et l'on décida que les simples citoyens ainsi arrêtés seraient consignés dans leurs logis, tandis que les membres du conseil, dont la responsabilité était plus grande, seraient déposés à la Conciergerie. Enfin il fut enjoint à tous les pères de famille de faire revenir dans le délai de quatre jours ceux de leurs enfants qui étudiaient à l'université de Dole (1).

Quelque vives que fussent ces représailles, elles étaient loin des mesures que le peuple réclamait tout d'abord et indiquaient un certain apaisement dans l'esprit des conseillers de la cité. Une prompte démarche du baron de Scey, représentant du roi d'Espagne dans le comté de Bourgogne, vint aider à la pacification du différend. Il arriva le 20 décembre à Besançon, désavoua énergiquement les échevins qui s'étaient permis à son insu d'insulter un citoyen de la république, et offrit au nom de son maître telle réparation qu'on voudrait exiger, pourvu qu'elle n'eût pas un caractère déshonorant pour lui. Il affirma en outre que le parlement était étranger aux rigueurs que la ville de Dole avait déployées à l'égard des Bisontins, et que, si l'ouverture d'un cours de théologie au collège de Granvelie inspirait de justes inquiétudes à l'université qui pouvait y voir une sérieuse atteinte à ses privilèges, il était néanmoins possible, avec quelque prudence, de sauvegarder tous les droits et de concilier tous les intérêts. Rien ne lui semblait en effet plus puéril que d'envenimer une rivalité qui tendait à s'éteindre et de rompre les relations politiques ou commerciales qui

(1) Délibération du 4 décembre 1647.

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unissaient les deux peuples pour satisfaire aux exigences d'une école amoindrie par le temps et dont le gouvernement espagnol se souciait au fond assez peu, puisqu'un jour il n'avait pas été éloigné de la céder à la république (1). Ce langage conciliant et modéré eut grand succès près des gouverneurs qui y répondirent en autorisant, malgré l'opposition des Vingt-Huit, les écoliers de la ville qui avaient déjà quitté Dole à y reprendre leurs études. Quelques mois après, le parlement leur offrait spontanément de lever l'interdit dont leurs concitoyens étaient frappés sur le territoire du comté, en échange du libre accès qu'ils donneraient euxmêmes aux Dolois dans leur cité. Par un reste de défiance, peut être par crainte des Vingt-Huit qui représentaient plus particulièrement l'élément et les rancunes populaires, le sénat n'osa pas transcrire son acceptation sur les registres, mais il tint dès lors ses portes ouvertes et laissa ses défenses 1 tomber dans l'oubli. L'arrêt du parlement qui interdisait aux Jésuites et aux Oratoriens d'enseigner la théologie faillit, il est vrai, rallumer la guerre et même brouiller la ville avec la Compagnie de Jésus, qui ne lui avait pas assez promptement dénoncé les actes préliminaires de cette sentence; mais, comme l'année précédente, après avoir juré de périr, s'il le fallait, pour châtier ce nouvel attentat à la liberté d'enseignement, les pacifiques magistrats se crurent suffi- j samment acquittés de leur serment en enjoignant aux Pères du collège de continuer leurs cours de philosophie malgré toutes notifications contraires (2), et en leur défendant de

(1) Il avait été en effet un moment question au xvi* siècle do transférer le parlement et l'université rie Dole À Besançon.

(2) Du 12 juillet 1648. — Le* gouverneur* de la cité impériale de Besançon, ayant veu certain arrest émané de la cour de parlement de Dole. . estant obligez par le debvoir de kur* charges d'empescher ce qui peut estre contraire non seulement au repos et asseurance de cette cité, mai* encore à sa splendeur et réputation, eognoissana combien l'arrest sus-mentionné e«t contraire à l'un et ft l'autre

donner des congés à leurs élèves, parce que ces vacances extraordinaires pourraient faire croire à l'exécution de l'arrêt^). Après quoi, chacun rentra dans sa placide dignité et poursuivit ses lectures comme auparavant.

On remarquera cependant que Tordre des gouverneurs ne s'appliquait qu'aux leçons de philosophie et qu'ils gardaient un silence absolu sur celles de théologie. La raison en est facile à donner. On se rappelle que la fondation du collège des Jésuites à Dole avait porté un coup mortel à la faculté des arts dont les professeurs avaient été même supprimés en 1617. L'enseignement des hautes humanités et des sciences accessoires que l'on comprenait sous le nom général de philosophie était passé depuis cette époque sans contestation entre les mains des membres de l'institut qui préparaient leurs élèves au grade de maître ès-arts et les présentaient aux examens, lorsqu'ils ne les leur faisaient pas subir eux-mêmes. En enjoignant aux Jésuites de continuer leurs cours de philosophie, le sénat protestait, il est vrai, contre l'arrêt du parlement, mais cet acte d'indépendance

et à quelz reproches ilz seroient exposez, s'ilz ne taschoient à la garantir, mesme m jmtïI Je leur vie et de leurs biens, d'un affront si signalé et de la perte d'un dioit si légitimement acquis, que ledit parlement luy veut causer par cet attentat pour ensuite la réduire i une entière ruyne..., pour ce est-il qu'à vous, Père Edmond Buffet, recteur du collège des Jésuites fondé en cette cité, et en vostre per- *onne à tous les autres Pères, régents et religieux d'iceluy estant présentement et qui se rencontreront a l'advenir, ont sérieusement défendu et prohibé d'obéir ou déférer en aucune façon au eontenu dudit arrest ou partie d'iceluy, au contraire fous ont ordonné et enjoint de continuer à faire lire et enseigner dans ledit collège la philosophie comme du passé sans altération ny interruption quelconque, conformément au traicté de vostre admission en cette cité..., à peine, si %-ous y '■ont revenez, de mainmise sur tous voz biens qui se trouveront situez rière cette cité, banlieue et territoire d'icelle, et autres plus griefves, s'il est ainsy jugé convenir. « Signifié le 12 par les gouverneurs Claude-Ambroise Philippe, juge en la cour de Régalie et Claude Pétremand, docteur en droits.

(1) * Du 27 juillet 1648. — Sur requeste présentée de la part des PP. Jésuites tendant à ce qu'il pleust à Messieurs leur permettre de donner congé aux écoliers ta philosophie dès le jour de la Saint Ignace, Messieurs, ayant considéré que ce «toit déférer en quelque façon à l'arrest du parlement, leur ont fait entendre qu'ilz eussent à continuer leurs leçons jusqu'au jour ordinaire des vacances. » {Registres dt Besançon.)

n'était qu'apparent et frivole, puisqu'il ne causait en réalité nul préjudice à l'université. Peu importait en effet à celle-ci que les candidats à la maîtrise sortissent du collège de Dole ou de celui de Besançon. Peu lui importait même qu'ils reçussent de mains étrangères un grade qu'elle ne conférait presque plus. Un si mince intérêt ne valait pas la peine de soulever un nouveau conflit. Il en était autrement des éludes théologiques dont elle se réservait en principe le monopole, sauf à partager en pratique le fardeau de l'enseignement avec les Jésuites de Dole qui lui étaient agrégés. C'est pour- * quoi les gouverneurs qui désiraient au fond la paix et espéraient être appuyés par l'empereur dont ils avaient dans l'intervalle sollicité la protection, s'étaient abstenus de toute allusion qui pût envenimer la querelle, bien que la Compagnie fût obligée par le traité du 26 mai 4597 à entretenir dans son collège deux chaires de théologie. Mais les Jésuites qui s'étaient habilement soustraits à l'exécution des lettres apostoliques, en refusant de recevoir à Dole une notification qui ne pouvait leur être validement faite que sur le territoire de la cité impériale, aux portes de laquelle expirait la juridiction franc-comtoise, n'étaient pas hommes à tenir plus de compte d'un arrêt du parlement, et lorsqu'en1699 Mgr de Grammont décida l'université, alors transférée dans sa ville archiépiscopale, à s'agréger leurs théologiens et à conférer ses grades à leurs élèves, ils purent affirmer, sans outrecuidance, que cette union communiquait plus de lustre à l'école que leur collège n'en recevait lui-même (1).

Résumons-nous. Après deux cents ans de compétitions, d'intrigues, de sollicitations, de dépenses, d'efforts de toute

(1) Traité d'agrégation des lectures de théologie des collèges de Besançon et de Dole à l'université, du 13 février 1699. Il fut signe par les professeurs Claude Mercier de Myon et Matherot de Desnes au nom de l'université et par le« PP- \ntoiue Feytier, recteur du collège da Dole, et Joseph Atheuosis, recteur de celui de Besançon, au nom de la Compagnie de Jésus.

nature, Besançon n'était pas plus avancée que le premier jour. Elle ne possédait pas même en 1650 ce que le pape Nicolas V lui avait octroyé en 1450. Si florissants qu'ils fussent entre les mains des congrégations religieuses, son gymnase de Granvelle et son collège des Jésuites n'étaient que les ombres impuissantes, les contrefaçons grossières de cette faculté des arts dont elle avait un jour obtenu la concession, bientôt déchirée par sa propre faute. On y enseignait sans doute, mais on n'y graduait pas. Les certificats d'études qu'on y délivrait n'avaient cours que sur le territoire étroit de la république; ils n'étaient reçus dans aucune université étrangère. Cette infériorité était une source intarissable d'humiliations pour les citoyens. D'ailleurs, pour maintenir debout ces humbles et frêles émules des grandes écoles, pour les défendre contre la malveillance et la jalousie de leur voisine, à quels biais, à quels faux-fuyants, à quels artifices mesquins ou méprisables ne fallait- il pas recourir? Ce titre de ville libre dont elle se montrait si fière n'était il donc qu'une parure stérile et un vain nom?

En lui retirant les privilèges qu'elle lui avait d'abord accordés comme tutrice des âmes et comme la dispensatrice jusqu'alors incontestée des sciences, la papauté avait fait évidemment son devoir, elle avait rendu justice, appliqué l'axiome Audi el alteram partent et consacré rigoureusement le droit. Pourtant, s'il nous faut reconnaître que la résistance de Dole aux convoitises des Bisontins était légitime, il nous faut avouer aussi que tous les torts n'étaient pas du côté de ses adversaires. Le mouvement est le plus grand bien de l'esprit comme du corps. L'intelligence humaine ne s'anime que sous un perpétuel aiguillon. Son plus redoutable péril est de rester stagnante et de croupir. La haute éducation, qui est la science des esprits, vaut peutêtre moins par les élèves que par les maîtres qu'elle forme.

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L'université de Besançon devait-elle nuire à celle de Dole? Oui, sans doute, car elle eût diminué le nombre de ses écoliers; mais elle aurait en même temps stimulé ses professeurs. Pourquoi cantonner la science dans une ville, dans un amphithéâtre, dans une corporation? Les méthodes d'enseignement comme les notions scientifiques et littéraires ont besoin d'être rafraîchies, renouvelées et retournées; c'est la loi, c'est la marche. Eût-on mieux enseigné à Besançon qu'ailleurs? Nous ne savons, mais on eût peut-être enseigné d'autres choses et autrement. Ce que Virgile a remarqué des semences végétales est, à part un petit nombre de vérités supérieures, aussi vrai des conceptions et des connaissances de l'homme : il faut les trier, les épurer, les agiter sans cesse, si l'on ne veut qu'elles dégénèrent. C'est le bienfait de la liberté que ce perpétuel mouvement, cette contradiction éternelle où le vrai s'éclipse parfois, mais pour briller d'un plus vif éclat quelques instants après. Il serait téméraire d'affirmer que les bons bourgeois qui siégeaient au temps de Philippe II et de Sixte-Quint dans les conseils de la république se soient assez élevés au dessus des préjugés de leur siècle pour saisir l'évidence de cette proposition qui rencontre chez nous encore tant de passionnés contradicteurs; mais ils avaient trop de bon sens pour ne pas apercevoir le lien qui unit l'éducation à la vie publique et les racines par lesquelles les institutions libres puisent leur robuste vie dans la vie sans cesse renouvelée des jeunes générations. Le professeur dans sa chaire ne distribue guère que de la science morte. L'esprit vivant, celui qui constitue la virilité intellectuelle d'une nation et d'une époque est dans ces groupes de jeunes hommes qui se rassemblent pour étudier et mettre en commun leurs sentiments, leur ardeur, leur foi, leurs espérances. Importer chez eux cette activité féconde était le rêve des magistrats de la république :

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