CCLXXXII
moment où le Roi augmentait les minces appointements des professeurs de médecine en leur confiant le service de l'Ilôtel-Dieu , qu'un amphithéâtre d'anatomie et un jardin botanique, destiné à la culture des plantes médicinales. Encore celui-ci , qui a été plus tard occupé par la Comédie, cessa-t-il bientôt d'être entretenu par suite du manque de fonds (1).
Ce n'était pas indifférence, mais économie et pauvreté. Nul n'était moins disposé que l'échevinage à délaisser un établissement dont la conquête lui avait coulé tant de soucis. Un jour , le bruit courut à Besançon que les Dolois , humiliés de leur défaite, sollicitaient du Roi la restitution de leur université. Aussitôt le conseil envoya près du chancelier l'un de ses membres, M. Marquis, afin de protester au nom de la ville et au nom des facultés , trop obérées par le procès qu'elles soutenaient alors contre les avocats pour faire la dépense d'une députation spéciale. C'était une fausse alarme. Marquis rassura bientôt ses confrères en leur avouant qu'on s'était fort moqué à Versailles de leurs vaines frayeurs (2). Quelques années plus tard, en 1722, un orage plus redoutable se formait non pas à Dole, mais à Dijon, qui depuis le commencement du siècle sollicitait une école générale. Grâce à l'indiscrétion des jésuites de Pont-à-Mousson à qui les Dijonnais s'étaient adressés pour obtenir un modèle de statuts, la ville avait été informée des mystérieuses démarches de ses voisins avant même que les Etats du duché les eussent appuyées de leurs suffrages. Elle s'empressa de les dénoncer au régent, au maréchal de Tallard , gouverneur de Franche-Comté , au ministre d'Àrmenonville ; elle agita en
(1) On parlait vers la fin du XVttP siècle de le transporter à Cîmmars. Mais l'allocation annuelle de 500 livres qui devait être employée à l'achat des plantes étrangères n'ayant jamais été payée, il n'y avait en réalité rien à transporter.
[2) Délibération du 9 avril 1712.