‹ Les Universités de Franche-ComtéChapitre 17 sur 126 · XC1II · texte numérisé non relu

XC1II

que 268 inscriptions (i). Dans la même année, on reçoit 9 docteurs in utroquo jure, 8 en 1566, 17 en 1577, 12 en 1581. Il faut avouer que ces chiffres, très-voisins de ceux que donnent aujourd’hui nos meilleures facultés provinciales, sont bien modestes à côté des 1,000 auditeurs qui suivaient en 1554, selon Maynard, les cours de Goras à Toulouse, ou des 46 docteurs reçus par Cujas à Valence en 1575. Souvent, même au xvie siècle, ils étaient moindres. En 1 558, d’après une enquête faite sur la conduite de Louis de Saint- .Mauris, ce professeur, fort négligent d’ailleurs, n’avait que quatre à cinq élèves. Vingt ans après, le conseil de ville déclare que l’université * est en si grande diminution qu’elle est du tout ahastardie et n’v reste plus que le nom d’université. » Une enquête faite l’année suivante par ordre du parlement, établit que le nombre des étudiants est réduit, d’après un témoin, à trente, selon un autre à soixante; et l’on rappelle que sous le règne de Charles Quint « y afîluoient jusqu’à trois et quatre cents escoliers pour le droit seulement, et qu’un grand nombre d’allemands, flamands, françois et autres, y prenoient leurs degrez jusqu’au grade de docteur (2). » Il est vrai que depuis cette époque « bénie » la peste avait dépeuplé la ville et éloigné pour longtemps presque toute la jeunesse (3).

La province, comme nous l’avons déjà vu, ne fournissait

(1) Chaque recteur inscrivait sur un registre les noms des écoliers reçus ou gradués pendant son rectorat et les événements principaux qui s’étaient accomplis dans cette période. Chaque inscription représentait un élève pour l’année. Ce sont ces registres, connus bous le nom d 'Annales universitatis, qui nous ont fourni les renseignements donnés plus haut.

(2) Enquête faile uu mois de juin 1579 par Claude Belin et Jean Huot, conseillers au parlement. (Areh. de Dole, cotes 1556 et 1557.) — Il ne faut pas comprendre dans les chiffres donnés plus haut les élèves du collège St- Jérome et du collège de grammaire qui n'étaient pas inscrits.

(3) Elle sévit de 1565 au mois de juin 1567 et reparut en 1586. Les trois quarts des habitants avaient pris la fuite : néanmoins en un seul hiver 700 personnes succombèrent au fléau. ( Registres de la Ville.)

Page 1