CHAPITRE III
PIE V RÉVOQUE LE BREF D’INSTITUTION DE L’UNIVERSITÉ. — NOU- VELLES LUTTES ENTRE DOLE ET BESANÇON AU SUJET DE L’ÉCOLE ET DE LA JURIDICTION ECCLÉSIASTIQUE.
Nous avons un peu devancé, grâce à Baudouin, la marche régulière des événements et des années ; il nous faut maintenant faire quelques pas en arrière pour reprendre notre récit au point où il a été interrompu.
En enlevant, comme par surprise, au pape et à l’empereur les bulles d’institution d’une université, en se procurant à prix d’or de grands maîtres, d’illustres professeurs, Besançon croyait avoir rompu tous les obstacles, et cependant rien n’était
(1) « Du 16 décembre 1573. — Messieurs ayant laiet reveoir tous les livres suspectz de M. Balduyn par les Pères Jeshuites et docteur Mognin, prédicateur en la cité, et M. le principal moderne, en ont par leur advis distraict et retenu pour l'usage publicque les huict centuries de l’histoire ecclésiastique en cinq tomes, dont, comme ilz disent, l’on peult tirer beaucoup de bonnes instructions pour le gouvernement politique ; item, une Bible en latin en deux volumes, Henry Vullinger sur les prophéties de Daniel et quelques aultres livres sans suspicion. Tout le reste desdietz livres a este cejourd’bui bruslé publiquement devant la maison de céans. » [Registres de la ville.)
fait encore. On l’a dit avant nous, il y a pour les productions de la terre des procédés artificiels qui peuvent hâter ou même suppléer le travail de la nature. Un fruit peut mûrir hors de sa saison, une plante rare fleurir hors de son climat, parce qu’une science habile aura fait à cette plante et à ce fruit le climat et la saison qui leur conviennent. Ce sont là des expériences de luxe ; elles ne prouvent rien contre la grande loi divine qui assigne à chaque chose son heure et sa place. Dans les affaires humaines, cette loi est plus absolue encore ; elle ne souffre aucune exception. Quelquefois , souvent même, des faits inopinés se produisent avec éclat, des institutions surgissent, des Etats s'improvisent au grand étonnement de la foule qui applaudit et s’exclame. Un beau jour, l’œuvre fragile s’écroule, la tige de l’arbrisseau se flétrit, le fruit mal noué tombe; la maturation lui avait manqué, la durée lui fait défaut. L’histoire est pleine de ces ruines.
Quelque obscur qu’il soit, l’université bisontine nous en fournit un frappant exemple. Impatients de tout délai et de toute mesure, ses fondateurs ne s’étaient assez défiés ni de l’avenir, ni de leurs rivaux, ni surtout de la situation particulière de leur cité. Malgré son titre de ville libre, ses orgueilleux privilèges et son gouvernement autonome , il en était peu d’aussi découvertes, d’aussi exposées à subir l’influence, sinon la domination étrangère. Enclavée dans le comté de Bourgogne, qui appartenait à l’Espagne, parvo quidam et peranguslo solo contracta, comme elle le disait ellemême dans une requête adressée en 1569 à l’empereur, à quelques lieues seulement des frontières allemandes et françaises, la petite république faisait l'effet d’un ilôt à demi noyé par l’Océan. Se maintenir neutre, dans un parfait équilibre , entre les plus grandes puissances de l’Europe, obtenir à la fois le respect et la faveur de ces trois voisines, était chose presque impossible. Si les liens d’une suzeraineté
purement nominale l’unissaU à l’empire germanique, des affinités naturelles de tout genre et des habitudes invétérées la rattachaient instinctivement à la France dont elle parlait la langue, à l’Espagne dont elle partageait les fortes croyances et les mœurs. Celle-ci, qui la convoitait depuis de longues années, la cernait peu à peu et la serrait de près afin de l’isoler : n’osant la prendre de vive force, elle lui coupait les racines : au lieu de mettre la cognée à l’arbre , elle le déchaussait dans l’espoir qu’un coup de vent finirait par l’abattre. Sa politique saisissait habilement tous les prétextes pour faire naître l’orage : elle crut même un instant en trouver un à l’heure où l’université essayait de se fonder.
Les limites qui séparaient le territoire de Besançon de celui du comté n’avaient jamais été exactement tracées. En 1 539, une commission avait été choisie d’un commun accord par les deux parties pour trancher les difficultés incessantes du voisinage; mais comme la plupart des commissions, celle-ci s’était prudemment gardée de rien faire, et pendant trente ans, les frontières étaient démeurées indécises, sous le spécieux prétexte de la mort d’un arbitre, le président Fabry (1). Le parlement de Dole entreprit un jour de la tirer de son silence. Un huissier extraordinaire, qui était originaire de Besançon, se rendit sur le territoire de la république pour exécuter un mandement de justice, et afin de mieux affirmer ses prétentions fit planter à la Fenolle, dans le bailliage d’Ornans, un poteau aux armes de Bourgogne. Cet acte d’audace ne pouvait passer inaperçu; le syndic de la ville impériale assigna l’huissier à comparaître devant le sénat, et, en attendant la sentence, le fit jeter en prison, magis ad terrorem quam ad pœnam. Aussitôt le parlement
(1) Superveniente tamen aliquorum ex dictis arbitris morte, impedimentisque aliis res absolvi non potuit nec sententia, ut sperabant fupplicantes. terminari. [ Requête des gouverneurs de Besançon à l’empereur, du 15 septembre 1569.}
riposte par l’ajournement du syndic, de l'avocat de la ville et du sieur Bicliet, l’un des gouverneurs, sous peine de 1,000 livres d'amende, et sur leur défaut, les déclare contumaces (1 ).
Cette procédure était non-seulement une insulte au privilège de juridiction des citoyens de la république, qui ne relevaient que de l’empereur, mais aussi une grave atteinte à leurs intérêts , puisqu’elle plaçait sous le séquestre les biens que les contumaces possédaient dans le comté. L’émotion fut vive au sénat : elle se changea en alarme, lorsqu’une députation de plusieurs de ses membres envoyée à Dole « avec oufïres plus que raisonnables pour norrir paix et parvenir à l’appaisement des dites poursuytes (2), » revint sans avoir pu se faire entendre de la cour. Les plus timorés s'attendaient déjà à voir les lansquenets espagnols et les archers à casaques bleues croisées de rouge suivre les huissiers à verges aux portes de Besançon. Ils prenaient leurs terreurs pour leurs périls. Cette crainte chimérique fut pourtant si grande qu’elle provoqua d’humiliantes démarches. Le gouverneur de Bourgogne pour Philippe II, Fernand de Lannoy, le comte de la Roche, le duc d’Albe, furent suppliés d’intervenir. Une requête fut adressée parle magistrat à l’empereur Maximilien pour placer la république sous sa défense, et son roi d’armes Jean de Francolin , qui avait, paraît-il , des relations nombreuses dans la cité , dut intercéder en sa faveur (3). Le chancelier de Bohême , le
(1) Imperato autem quam citissime en dere unus ex dictis gubematoribus una cum advocato et sindico eivitatis, instante procuratore générait senatus Dolani. in jus evocantur perso naliter comparituri, idque sub gravissima mille librarum coraminatitme... In ipsos cives citatos contuinaeias decernunt multiplicibusque pœnis et ad banni prirnum decretum usque eos cogéré volunt coram dicto senatu Dolano comparera, etc. [Même requête.)
(2) Lettre des gouverneurs à M. de Chantonna^, du 15 septembre 1569.
(3) Lettre des mêmes au héraut Francolin, des 15 septembre et 18 novembre
sieur Herlandt, son neveu, et le secrétaire de l’empereur, Singhkmoser, reçurent des suppliques semblables. On alla même, tant la panique était vive , jusqu’à solliciter le concours de l’ambassadeur du roi catholique à Vienne, M. de Chantonnay, le frère du cardinal de Granvelle, en le conjurant d’apaiser l’irritation qu’affectait son souverain et de lui demander grâce, « afin que la ville pût demeurer et vivre en paix et bonne intelligence avec ceulx du comté, comme elle l’a tousjours désiré suyvant la volunté des princes. » L’orgueil castillan se tint satisfait pour cette fois, et daigna ne pas pousser plus loin les hostilités. Mais si quelques maigres arpents de terre et deux ou trois bornes mai placées soulevaient un tel conflit, quelles discordes ne devaient pas naître de la concurrence de deux universités ?
Le monopole des hautes études dont le Saint-Siège avait, au siècle précédent, libéralement doté la Bourgogne, était en effet mille fois plus cher à cette province, sinon à l’Espagne elle-même, qu’un chétif lambeau de territoire. C’était à ce privilège que Dole devait son développement et sa prospérité; c’était par lui presque autant que par la juridiction de sa cour souveraine qu’elle se maintenait au rang envié de capitale. Elle lui devait son renom littéraire, sa florissante jeunesse, le crédit dont ses docteurs jouissaient en Allemagne, en France et dans les Pays-Bas. Elle était justement fière de sa couronne de cités vassales, qui relevaient d’elle pour l’intelligence et lui rendaient hommage en lui livrant l’élite de leurs enfants, fière d’attirer chez elle non-seulement les fils de la vieille noblesse comtoise, flamande et rhénane, mais les princes de la science et de la parole , les Mercurin d’Arbois.les Lulle,les Dumoulin, les Agrippa. Il n’était point jusqu’à ses modestes finances qui, malgré l’exemption d’impôts dont jouissaient les membres et les suppôts de l’université, ne tirassent profit d’une école qui alimentait le
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commerce de la cité et répandait l’argent dans son sein.
Les Etats n’étaient pas moins intéressés au maintien de l’université. Presque tous ses membres y avaient pris leurs grades, presque tous y comptaient des amis, des parents. Elle était la pépinière des hommes d’église et des magistrats du comté. C’était aux lumières de ses jurisconsultes que l’on avait l’habitude de recourir chaque fois qu’une difficulté naissait entre la province et la métropole. Si elle venait à s’éteindre, le patriotisme local qui se défiait, non sans quelque raison, de ses maîtres serait contraint d’aller mendier ses conseillers et ses appuis à l’étranger. La pureté de la foi elle-même, si vigilamment défendue jusqu’alors, jne tarderait pas à s’altérer. Besançon était trop voisine de l’Allemagne protestante pour ne point livrer passage malgré elle à l’hérésie qui l’entourait de toutes parts. Un enseignement orthodoxe est contre les mauvaises doctrines un cordon sanitaire plus infranchissable qu’un fossé ou qu’une muraille. Dans les temps de troubles et d’anarchie religieuse, l’autorité ecclésiastique a quelquefois besoin du bras séculier. La république se flatte, il est vrai, de la protection impériale : mais le César germain est si loin ! Elle compte sur la neutralité insouciante de la France : mais le Roi très-chrétien fermera-t-il les yeux sur l’abandon de sa faculté de droit d’Orléans, où la nation allemande a depuis longtemps obtenu des privilèges spéciaux, mais qu’elle désertera en masse, lorsqu’une nouvelle université sera ouverte sur ses frontières?
Du reste, à quoi bon convoquer au loin des professeurs si la ville n’a pas une réserve de maîtres indigènes? C’est l’unité, bien plus que l’éclat des leçons, qui fait la force des études. La science ne s’improvise point par un décret; il lui faut un terrain solide et profond qui la nourrisse et lui permette d’enfoncer ses racines. Malgré les hommes illustres
dont le nom lui servait d’enseigne, l’école bisontine ressemblait un peu à ces édifices, tout en façade, qu’on échafaude pour une cérémonie : on admirerait volontiers le frontispice s’il n’y manquait le corps du bâtiment.
Ces objections puissantes, le sénat les soupçonnait sans doute, mais ne se les avouait pas. Tout entier à l’orgueil de son œuvre, tout fier d’avoir rompu les premiers obstacles, il se contentait d’écarter les autres par la pensée, sans songer que le succès s’arrache plutôt qu’il ne se donne, et qu’il ne suffit pas de désirer la victoire pour triompher. Les événements le lui rappelèrent bientôt.
Pendant que les gouverneurs disputaient Cujas à la Savoie et Baudouin au duc d’Anjou, les échevins de Dole, eux, ne s’endormaient pas. Leurs agents de Rome les informaient de toutes les démarches faites par leurs rivaux à la cour pontificale, et suivaient de près, par M. de Chantonna)’, les négociations de Berein avec celle de Vienne. Ils avaient par don Louis de Requesens, ambassadeur d’Espagne à Rome, par le cardinal Pacheco, protecteur deCastille, des intelligences dans les légations, dans la daterie, jusqu’au Vatican. Dès qu’ils connurent le bref de Pie V, ils se hâtèrent d'y former opposition (1). Granvelle, qui les conseillait sous main, leur avait dit adroitement : « Me semble qu’il conviendrait plus que les poursuyttes pour faire cesser cette emprinse desdictz de Besançon se fissent vers Sa Majesté ou vers Monsieur le duc d’Alve, pour, par ce moyen, la faire solliciter l’empereur, chef de la cité, luy présentant les in-
(1) - Du 7 novembre 1567. — Sur l’advertissement envoyé de cour de Rome, que ceulx de Besançon ont impétré de Sa Sainteté pouvoir d’ériger une université en leur cité, au préjudice de celle fie Dole, si prouchaine de Besançon, a esté délibéré qu’il y sera obvié par tous moyens possibles, et, pour y parvenir, procuration sera passée au facteur du sieur Froissard à Rome pour de nouveau former opposition aux dépesches des bulles, et que ceulx de l’université seront interpelez de faire le semblable, et que lesdites procurations avec mémoires seront envoyez diligemment à Lyon, afin de les faire tenir audict facteur. • ( Registres rie Dole.)
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convéniaas, qu’il defiende à ladicte cité de passer oultre, et s’ilz y veullent employer les docteurs qu’aulcungs me nomment, je ne sçay pas quelz ilz sont maintenant, mais je suis bien asseuré que cy devant ilz ont esté hérétiques (voici une allusion évidente à Baudouin), et me semble que messieurs de la court de parlement y doibvent avoir grand regard (1). » Suivant cet avis, ils écrivirent à Philippe II, à son lieutenant dans les Pays-Bas (2), et leur dénoncèrent l’imminente invasion du calvinisme. En même temps, persuadés que l’université se défendrait bien d’elle-même si elle était suivie et florissante, ils sollicitèrent pour elle l'annexion d'un prieuré, dont lés revenus l’aidassent à entretenir le professeur extraordinaire (3). Le recteur, les régents et divers personnages considérables de la ville adressèrent de leur côté au pape des représentations semblables, où ils retracent en traits vigoureux l’histoire de l’école et les services qu’elle avait rendus au comté depuis Philippe le Bon (4).
Mais procurations et dépêches n’étaient pas encore arrivées en Italie, où les attendait avec quelque impatience l’agent de Pierre Froissard, que lacurie romaine se résolvait subitement et pour ainsi dire d’elle-même à satisfaire aux vœux des Dolois. Inébranlable sur les principes, on sait qu’elle cède aisément sur le chapitre des faveurs et sur les questions d’opportunité. Elle a un profond respect pour les droits acquis, parce qu’elle est la plus haute personnification de la tradition et du droit. Quieta non movere est sa devise. Ici elle rétablissait la paix en se déjugeant. L’ambassade d’Espagne
(1) Archives municipale! de Dole, lettre inédite.
(2) n Sommaires moyens et raisons pour lesquelles le roy catholique , duc et conte de Bourgongne, peult empescher que université ne se dresse à Besançon. ( Archives du Doubs, cart. lfr, cote 10.)
(3) Délibération du 2 décembre 1567.
(4) Sanetitati veslrœ huroiliter expouit universités Dolana prædictam academiam iducentU et quadragenta annis, autoritate sedis apostolics. esse croatam, etc.
n’y était pas sans doute étrangère. Philippe II qui, dès 1565, dénonçait vivement à Vienne le préjudice que causerait à ses sujets la nouvelle université, n’avait pas sans doute négligé d’intervenir à Rome d'une manière plus efficace, mais peut-être n’espérait-il point une solution si rapide; ses troupes légères avaient seules donné et le gros de l’armée était encore loin que la bataille était gagnée. Démentant ses habitudes de lenteur et de prudente temporisation, la cour pontificale proclamait les droits antérieurs de Dole, au moment même où Besançon se flattait d’avoir vaincu les dernières résistances. Par une bulle du 23 octobre 1567(1), Pie V révoquait les lettres apostoliques qui accordaient à la ville impériale la permission d’ouvrir un collège et frappait d’excommunication ipso facto tous ceux qui participeraient à son érection. Ce motu proprio, bien que tempéré dans la forme, ne laissait pas d’être sévère pour le sénat bisontin. Son rédacteur donnait clairement à entendre qu’on avait surpris la confiance du Souverain Pontife, en lui cachant que Besançon n’était qu’à huit lieues d’une cité importante qui possédait depuis près de deux siècles une université dotée des plus larges privilèges. Un voisinage aussi rapproché devait donner naissance à des rivalités et à des conflits qu’il était nécessaire de prévenir. Le père commun des fidèles était contraint par sa charge même de les empêcher. Il le faisait de son propre chef, de sa science certaine, par pure sollicitude pour les intérêts du pays, sans influences ni suggestions extérieures.
On devine que la bulle fut promptement expédiée. Le 13 février suivant, Pierre Froissard, qui avait été l’heureux intermédiaire de cet acte réparateur, en remettait le titre original au conseil de ville avec un bref particulier du pape.
(1) V. le texte de cette bulle aux Pièces justifie., p. 89.
Quelques jours après, elle était imprimée à Dijon, déposée au trésor universitaire et répandue dans toute la province(l ).
Pour quel motif ne fut-elle pas immédiatement notifiée aux gouverneurs de Besançon? Dole espérait-elle que leur opiniâtreté céderait devant la publicité donnée à la révocation, ou voulait-elle tout d’abord se donner le mérite de ménager des rivaux qui ne l’avaient point jusqu’alors épargnée? Il est assez difficile de le dire. Quoi qu’il en soit, elle se tut pendant plus de dix-huit mois. Ce fut, paraît-il, la question des limites dont nous avons parlé plus haut, qui fit renaître celle de l’université. Plus belliqueux que les timides échevins, peut-être parce qu’il était plus engagé dans l'une, le parlement se chargea de réveiller l’autre. Le 1er août 1569, à l’heure même où Baudouin ouvrait son cours, il transmit au sénat de Besançon un extrait du bref pontifical, en le sommant d’y obéir sans délai, sous les peines de droit. Sa lettre demeura sans réponse. Celui-ci se borna à dire qu’il aviserait. Un mois après, l’huissier Dangelon se présentait derechef à l’hôtel consistorial avec l’original du bref et une nouvelle intimation, plus impérative encore. En même temps, le sous-conservateur des privilèges de l’université doloise signifiait canoniquement la décision de Pie V « à personne de messire Jehan Richard ou Richardot, docteur ès drois, régent et lecteur au droict civil en la cité de Besançon, et par luy à tous les docteurs, lecteurs et maistres et tous aultres en quelque faculté que ce soit lisansen ladicte cité et que en icelle poursuivroyent lire contre ledict rescript apostolique pénal (2). » L’exécution suivait de près la menace. Cette fois les gouverneurs, mal-
(1) Délibérations des 13 et 20 février 1567/8. ( Registres de Dole.)
(2) Signification faite le l*r septembre 1569, par M* Pierre Ciergier, recteur de l'église de Sermanges. Jean Ric hardot ne serait-il pas JeanGrusset, neveu de l'évêque d’Arras. François Richardot, qui l'adopta et lui fit prendre son nom!