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tique ; elle sera plus favorable qu’hostile au corps universitaire, qui, dans une société mal réglée où la compétence des diverses autorités n’est pas encore nettement détinie, où tous les pouvoirs voisins sont des pouvoirs rivaux, éprouve à défendre ses privilèges un intérêt non moindre que l’Eglise à maintenir l’enseignement dans la voie de l’orthodoxie; sans doute, la fonction de l’archevêque de Besançon, chancelier-né de l’université, ne sera le plus souvent qu’une fonction honorifique, assez semblable à celle du chancelier de Notre-Dame, qui instituait, au nom du Souverain Pontife, les licenciés de la grande école parisienne. Nous verrons même que le contrôle de ces dignitaires ne réalisera point les espérances qu’on avait primitivement conçues, et qu’il sera plus tard remplacé en fait par une surveillance plus efficace, celle du Parlement. Il n’en est pas moins vrai que le duc sent le besoin d’une censure officielle, et qu’en dotant libéralement sa fille, il ne renonce pas au droit paternel de la diriger.
La seconde différence est plus caractéristique encore, car elle apparaît dans la constitution même de l’université.
Celle de Paris est exclusivement gouvernée par l’assemblée des professeurs, universitas magislrorum ; à Dole, les écoliers ont part, dans une certaine limite, à l’administration. Non-seulement ils élisent par un suffrage direct les procureurs et les conseillers de l'université, mais les décisions importantes prises par le collège, c’est-à-dire par le grand conseil, doivent être soumises à leur approbation.
l'archevêque de Ravenne en 1310, et celui de Bologne en 1322 et 1326. (Ghiraxdacci, t. I, p. 539.) A Paris, le prévôt de la ville était conservateur de» privilège* royaux, et un évêque, celui de Meaux, de Beauvais ou de Senlis, des privilèges apostoliques (Du Boulluy, t. III, p. 159, 378.) Ces chargea tombèrent en désuétude & la fin du xvi* siècle. A Orléans, il existait aussi un conservateur apostolique qui était pris parmi les docteurs, et deux conservateurs laïques, le bailli et le prévôt.
Enfin les étudiants nobles, ou vivant comme tels, ont entrée et voix délibérative dans les réunions de ce collège.
L’organisation du corps est, en effet, essentiellement aristocratique. L’université de Paris prescrivait, dans ses statuts au moins, l’égalité la plus absolue entre ses écoliers ; celle de Dole les divise au contraire en deux classes, les nobles et les roturiers. Elle assigne aux premiers un rang et des prérogatives qu’elle refuse aux seconds ; elle les revêt de marques de dignité et introduit ainsi dans la république des intelligences, les castes et la hiérarchie que l'Angleterre n’a pas encore exclues, malgré le progrès des mœurs, de ses vieux collèges d’Harrow ou d’Eton. Nous verrons un peu plus loin quelles étaient ces prérogatives dont le principe n’était pas spécial à l’école franc-comtoise, puisqu’il fut longtemps appliqué dans d’autres académies, comme celles de Montpellier et d’Orléans, mais qui sans aucun doute dut ici sa faveur à l’esprit énergiquement féodal de la province.
Ceci dit, nous pouvons entrer dans l’examen des statuts rédigés par l’ordre de Philippe le Bon, sauf à indiquer sur notre route les changements, parfois radicaux, qu’y apportèrent les révolutions intellectuelles et politiques.
Ces statu ts, qui comptent soixante-cinq chapitres et don t les archives du Doubs possèdent une copie de la main de Laurent Chiftlet, recteur en 1537 (1), doivent être étudiésà un double point de vue ; au point de vue du régime intérieur de l’organisation de l’université, et au point de vue de l’enseignement. Cette distinction rationnelle servira de division à notre travail.
(1) Statutorum exemplar univertitatis Dolaïue. Le manuscrit porte en tête cette note : Et jo Laurentius Chijflet, alnue unicersitatis dolaïue rector existent, anno 1537, suteepi in juribus pontificio ac casareo licentiœ ac docloratus gradus, etc.
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