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murmure le couseii, un candidat non professeur et ayant les qualités requises! — Un candidat? qu’à cela ne tienne, répondent en chœur les écoliers, qui lui présentent une liste chargée de noms complètement inconnus. — Nous l’examinerons demain , reprend le collège. — Tou t de suite, commande lechef de l’émeute, et il allait donner le signal des violences, si plusieurs membres du parlement, accourus au bruit du désordre, n’avaient obtenu de lui qu’on attendrait au lendemain matin, à sept heures. Mais le lendemain, avant 1’aube, la cloche résonne pour réunir les étudiants en assemblée générale. La nuit n’avait point calmé les jeunes têtes, au contraire. Une véritable tempête éclate; on court sus aux professeurs comme à des bêtes fauves, on les insulte, on les frappe; vainement le recteur en exercice met sa personne et ses insignes « sous la protection de Sa Majesté, » c’est-à-dire de la force publique, sa robe est lacérée; la bande rebelle acclame un jeune baron allemand, Gonsal d’Hoës, comme son successeur, et désigne un autre étudiant, Jean de Menou, pour procureur général. Elle fait plus : elle contraint le recteur à recevoir le serment des nouveaux élus et à les suivre à l’église paroissiale, dont elle cloue les portes afin de retenir les professeurs qui voulaient se soustraire à cette scandaleuse intronisation. Les nefs sacrées retentissent pendant toute la messe de chants injurieux qui se répandent ensuite dans la ville et ne s’apaisent enfin que devant l’attitude résolue du mayeur et du parlement (1).
Lorsque la première émotion fut dissipée, on s'efforça d’étouffer le bruit de cette petite insurrection, afin de ne pas attirer les foudres du duc d’Àlbe sur les écoliers. Mais ceuxci ne se découragèrent pas. Mieux inspirés, ils recoururent en 1578 aux voix légales et demandèrent au roi le rétablis-
(l) Requête des professeurs à la cour. Registres de la ville à la date du 11 novembre 1575.