Annales, & L
« Sœur Jeanne de Sainte-Ursule, nommée au monde Jeanne Martin, fille de Mathieu Martin, orfèvre de la vile de Dieppe.
« Sœur Jeanne de Saint-Michel, du Montier, fille de noble homme Hierosme du Montier, sousheutenant de la vénerie du feu roi Henri quatrième.
« Sœur Madeleine des Anges, Vaudelon, fille de feu Maître Michel Vaudelon, chirurgien du feu roi Henri, à Paris.
« Sœur Anne de Saint-Bernard, Claude de la Haye, fille de feu honorable homme François de la Haye, fourrier du roi Henri troisième, et-de Catherine Béchard, sa femme.
« Sœur Marie de Sainte-Ursule, Marie Coton, fille de Jacques Coton, écuyer, sieur de Chénevoux proche de Lyon, et de feue damoiselle marquise de Tournon, sa femme.
« Sœur Marie de Sainte-Anne, Anne Collas, fille de Michel Collas, écuyer, sieur de Champgrand, et de damoiselle Madeleine Rebour, sa femme (naquit à Orléans).
« Sœur Marie de Saint-Paul, Nicole de Henu, fille de Jacques de Henu, maître apothicaire de Beauvais, et de Françoise Caruel, sa femme.
«Sœur Marie-Angélique, Marie Gelée, fille de noble homme Thomas Gelée, ci-devant conseiller du roi et maître ordinaire de sa chambre des comptes à Paris, et de défunte Charlotte Le Prévost, sa femme. »
Il y avait aussi deux converses : Renée Thomas et Françoise Leguisé 1.
Mne de Sainte-Beuve, pour se conformer en tout à la Règle, désira en 1617 qu’un Visiteur soit envoyé au Grand ‘Couvent : dom Eustache de Saint-Paul, prieur du monastère de Saint-Bernard de Paris, de la congrégation de Notre-Dame des Feuillants de l’ordre de Cîteaux, en reçut la charge. C’était naguère un des familiers de l’hôtel de Mme Acarie, et souvent on avait accueilli avec respect les avis du « petit M. Asseline ». Il n’eut que des louanges pour les bonnes religieuses qui « demeurèrent toutes encouragées et en même temps confuses de cette exhortation » Mais en 1642 les Ursulines elles-mêmes confirmèrent pour leur visiteur — il l’était depuis plusieurs années par commission de l’archevêque — le P. Raymond de Saint-Bernard, provincial des Feuillants en la province de France ?.
Enfin, en 1622, la maîtresse des novices essaya d'établir les Constitutions de l’Ordre qui furent d’ailleurs corrigées en 1640. Monseigneur de Gondi en approuva la rédaction, les faisant sceller de son sceau; on les imprima seulement l’année suivante où pour la première fois des élections furent faites au monastère, au mois de juin : Mère Marie Béron dite de Sainte-Madeleine ayant été élue Supérieure, le chapitre nomma ensuite pour assistante Mère Cécile
1. Archives du Grand Couvent de Paris, conservées au monastère des Ursulines de Québec.
2. Livre où sont couchés les actes des élections des Supérieurs, Visiteurs et Supérieures du monastère de Sainte-Ursule à Paris.
de Belloy, dite de Sainte-Croix, et Mère Jeanne Vincent dite de la Conception, pour dépositaire.
Selon la Bulle, une congrégation devait accorder son assistance spirituelle aux Ursulines «afin qu’elles fussent formées et entretenues dans les principes conformes à leur Institut »: la Compagnie de Jésus qui avait la même mission d’instruire la jeunesse leur fournit des prédicateurs, des confesseurs et des conseillers.
LIT. La mort de Madame de Sainte-Beuve.
La fondatrice des Ursulines habitat auprès du monastère une humble maison qu’une porte faisait communiquer avec la clôture; Monseigneur de Gondi Pavait ainsi permis pour éviter le long détour par la porte conventuelle. Elle ÿ vivait pauvrement, ayant vendu meubles, tapisseries et vaisselle d'argent, « à la réserve d’une écuelle, une gondole, et quelques cuillères ». « Assise auprès du feu, dévidant et filant », elle recevait parents, amis et solliciteurs : le cardinal Barberini, légat du pape Urbain VIIT et son neveu, vint même lui rendre visite. Mais elle se plaisait surtout en la compagnie de ses chères filles, quoiqu’elle ne voulut jamais intervenir au chapitre; elle avait coutume de dire : « je suis hbre avec chacune de vous en particulier et vous regarde toutes comme mes filles, mais quand je vous vois assemblées, il me semble que je suis en la présence des Anges et je tremble plus pour vous dire un mot que je n’ai
jamais fait devant les plus grands du monde ». À sa prière, Mme de Beauvillier, réformatrice des reliogieuses de Montmartre, et Mme de Gondi, abbesse de Poissy, passèrent quelque temps au Grand Couvent pour stimüler le zèle des Ursulines !. Volontiers, Mme de Sainte-Beuve prenait la place des maîtresses dans les elasses : elle apprenait la couture et le chant aux pensionnaires, qui s’appliquaient à imiter sa grâce et son maintien. La discipline alors s’était un peu détendue, « une maîtresse « générale des classes ayant représenté à la Supé- « rieure que ne prenant point les Jeunes filles à dessein «exprès de les faire religieuses, 1l n’était pas plus né- « cessaire de leur apprendre les cérémonies du chœur « que les autres exercices monastiques ». En 1628, une quatrième classe fut nécessaire pour décharger les trois classes encombrées : on lui donna le nom de Sainte-Madeleine en l’honneur de Mme de Sainte- Beuve. D'ailleurs, la statue de la Sainte était renfermée au jardin dans une petite grotte, auprès d’une reproduction du Saint Sépulcre : et le jardinier ne s’avisa-t-1l pas un soir d'y «serrer des graines »?
On y fit en grande pompe une procession d'amende honorable.
Me de Sainte-Beuve avait surtout grand soin des petites filles externes qui étaient alors au nombre de deux cents : les Chroniques (seconde partie) rapportent qu’on faisait « un merveilleux fruit avec bien des actes héroïques pour cette pauvre