Règlements, ch. x1 : règlement de la boursière
et l’on échange des confidences familiales : là-bas, dans les armées du roi, un père est au siège d’une ville ennemie... les petits frères ne rêvent. que combattre à leur tour... Au couvent, il y eut une procession dans les jardins pour la fête de saint Marc... les plus studieuses ont reçu des images pour récompense de leur travail. Et devant les petites filles ravies la chère grand’mère découvre une fine statue de saint Charles, très honoré chez les Ursulines, dont elles décoreront l’oratoire de leur chambre. On se quitte enfin, puisqu'à midi un quart, il faut rentrer en classe jusqu’à deux heures!.
La leçon d'orthographe groupe les savantes, celles qui déjà savent tailler leurs plumes et ne se barbouillent plus d’encre; ailleurs, on apprend à marquer du linge nouveau, à le plier, « étant de la bien- : séance que les filles n’ignorent point ce qui est du ménage ». Puis, l’on dit Vêpres ou une autre prière, avant de goûter. — Trois heures : pendant un quart d'heure, c’est la récitation du catéchisme, deux à deux. Les plus habiles s’en vont aider à préparer les cols empesés? si fort à la mode et dont on se pare coquettement; car Mère Supérieure ne veut point écarter du monde ce que le monde lui a confié. À quatre heures, tous les exercices sont achevés. Après une brève détente, on assiste au catéchisme et l’on écoute une lecture.
Le souper a lieu à cinq heures : encore une fois
1. Règlements, ch. xv : pour les pensionnaires, $ 22, 23, 24. 2. Id., ch. 'x : de la lingère.
on y fait la lecture. On entend des remerciements discrets, rarement maussades : « cela étant très malséant et ne sentant nullement la fille bien née ni bien élevée »1, La dernière récréation se prolonge jusqu’à sept heures. Les plus grandes vont à l’oratoire réciter Matines et Laudes de l'Office de la Vierge et faire leur examen; les petites ont un exercice plus simple. Puis, dans leur chambre où pétille un feu de bois, elles retrouvent les Sœurs qui surveillent la toilette et le coucher : elles s'inquiètent auprès d’elles d’une de leurs compagnes, malade depuis la veille; on sait qu'après dîner le médecin est entré au monastère et qu'il a traversé les longs couloirs, annoncé comme à l’habitude par le tintement d’une clochette, dont le bruit a fait se baisser les voiles noirs 2. L’on se rassure et à huit heures moins le quart tout est silencieux. Un peu plus tard, les grandes s’endorment aussi, en se confiant à leur Ange gardien. Dans une pièce prochaine les Sœurs prendront tout à l’heure du repos, ayant soin de conserver une lampe allumée au cas où quelque enfant se sentirait mal.
En classe.
«Les pensionnaires», disent les Règlements des Ursulines de la Congrégation de Paris (1705), « emploie- « ront fidèlement le temps que leurs parents leur