‹ Les Ursulines de Paris sous l'Ancien RégimeChapitre 42 sur 87 · Conslitutions, t. II, de la clôture · texte numérisé non relu

Conslitutions, t. II, de la clôture

« donnent pour bien apprendre; afin de se rendre, « non seulement bonnes chrétiennes, ce qui doit être « leur principale fin, mais aussi des plus sages et des « mieux instruites en tous les exercices nécessaires « à des filles » (xv, 2).

Si l’on réserve l’étude de la vie religieuse, l’éducation était, chez les Ursulines, le soin particulier des deux maîtresses de classe. L’instruction appartenait à deux religieuses : l’une enseignait l’écriture, la lecture, l'orthographe et le jet; une autre, les ouvrages. Souvent, d’ailleurs, une seule était désignée pour apprendre l’écriture à toutes les élèves. Elles collaboraient sous l’autorité de la maîtresse générale des pensionnaires.

La Maîtresse Générale des pensionnaires? a le gouvernement de toutes les religieuses « dont l’emplor est aux pensionnaires » :

À la grille du parloir : elle reçoit tout d’abord au grand parloir ceux qui viennent présenter leur fille, elle s’informe des qualités et de l’âge de l'enfant, de la situation de la famille, des relations auprès de qui elle pourra compléter son enquête; après avoir consulté la Mère Supérieure, elle accepte la nouvelle élève et fait connaître aux parents le règlement du monastère.

Admises de six à dix-huit ans, les pensionnaires sont divisées en quatre sections; leur domaine est

1. Règlements, ch. 11 : règlement de la maîtresse générale des pensionnaires.

nettement séparé des « lieux réguliers » : ce sont les classes, la salle des repas, les chambres où chacune a son lit, les cours de récréation et les jardins, les parloirs. C’est au parloir que la maîtresse générale des pensionnaires rend compte aux parents de la conduite de la jeune fille et de son application, puisqu'elle est responsable de la discipline de la maison. Pour les parents, ils ont à dire les visites qu’ils autorisent et les correspondants; d’ailleurs, les parloirs ne sont point permis le dimanche ni les jours de fête; à ces élèves qui, selon l’usage des couvents d'autrefois, n’ont point de vacances, il est possible de sortir, mais elles ne sauraient que rarement dîner et coucher au dehors; et la religieuse assure qu’elle assiste au départ « le voile levé », afin qu'il n’y ait point d’erreur n1 de fraude. Elle est encore l’intermédiaire entre les parents d’une part, la lingère et la boursière d’autre part, pour la composition et parfois le renouvellement du trousseau, pour les offrandes réservées aux frais des ouvrages et des oratoires. Elle surveille aussi les couturières et les tailleurs, prenant garde que durant les essayages « il ne soit donné aucunes lettres ou billets » 1

Dans le monastère : la maîtresse générale des classes est en relations constantes avec la Supérieure; elle lui remet les lettres et les livres apportés à l'adresse des élèves, afin qu’elle les examine; c’est à elle encore qu’elle présente les « nouvelles », qu’elle demande pour certaines la grâce de la Première

Page 1