‹ Les Ursulines de Paris sous l'Ancien RégimeChapitre 45 sur 87 · Id., ch. 111 : règlement des maîtresses des classes · texte numérisé non relu

Id., ch. 111 : règlement des maîtresses des classes

principale. Leur office était surtout l’enseignement religieux et tous les exercices de piété; hors cela, elles accompagnaient et surveillaient les pensionnaires tout au long de la journée, depuis leur lever jusqu’à leur coucher, pendant les repas, qu’elles prenaient au haut bout de chaque table, les récréations, où elles devaient prendre plaisir à diriger de petits Jeux; elles les conduisaient en classe et chez la lingère, prenant soin d’épargner leur santé et de ne les point châtier rudement. Parfois, « pour les animer à bien apprendre », l’une des maîtresses les faisait travailler elle-même. D’autre part, elles donnaient matin et soir une leçon de lecture, soit auprès d’elles chaque enfant à son tour, soit de cette sorte : la maîtresse épelait cinq ou six lignes dans un livre dont toutes les élèves avaient un exemplaire, puis elle lisait plusieurs pages distinctement, lentement, et en observant toutes les ponctuations; pendant ce temps, chacune suivait à voix basse dans son livre, puis avait à relire à haute voix le passage qui lui était désigné. Une des lectures était de latin!, l’autre de français; et les Règlements ajoutent : « celles qui ne sont pas capables de lire en français liront deux fois le jour en latin » (rx, 15).

Surtout, l’esprit pratique et juste de l'Ordre se révèle dans ce paragraphe que méditaient souvent les maîtresses des classes : « elles s’attacheront à

1. Fénelon, dans le Traité de l'éducation des filles, au chapitre v, a désapprouvé cette habitude : « apprendre à lire d’abord en latin », dit-il, « ôte tout le plaisir de la lecture ».

«les (pensionnaires) rendre civiles et honnêtes, « qu’elles parlent bien, se tiennent droites et de « bonne grâce, soient déférentes les unes aux autres, «et portent du respect à toutes les religieuses; « qu’elles les accoutument à être bonnes ménagères, « à conserver leurs habits, à être toujours propres « et bien soigneuses de leurs besognes, qu’elles leur « montrent aussi quelquefois à refaire ce qui serait « décousu et déchiré sur elles, et à raccommoder « leur hnge »1 Elles conféraient ensemble et ren-: daient compte de leur emploi à la maîtresse générale des classes. é

La Maîtresse de l'écriture ? « se rendra fort affectionnée à apprendre aux pensionnaires à bien écrire, et pour ce sujet sera très exacte à se trouver aux heures marquées pour faire écrire chaque classe, et à employer tout le temps qui y est prescrit».

Pénétrons dans la salle, à la suite de cette religieuse, quelques instants avant l’arrivée des élèves : d’une grande armoire, elle sort des papiers au nom de chacune, où elle a tracé des exemples « de sentences ou de vers pieux ». Elle dispose sur les tables des plumes, emplit les encriers et place de petits essuie-plumes en taffetas. Voici les élèves qui se rangent en ordre : les plus petites s'appliquent à tenir leurs plumes avec trois doigts; d’ailleurs, 1l

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