‹ Les Ursulines de Paris sous l'Ancien RégimeChapitre 50 sur 87 · I. — La vie religieuse des pensionnaires · texte numérisé non relu

I. — La vie religieuse des pensionnaires

« Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu, À quoi s’occupe-t-il ? — Il loue, il bénit Dieu. — Dieu veut-il qu’à toute heure on prie, on le contemple? » (Racine).

La jeune fille admise pour élève par la Mère Supérieure entrait tout d’abord à la chapelle pour s’offrir à Dieu; puis, elle participait à la vie habituelle de sa classe. Elle y trouvait un oratoire, le plus souvent modeste, réduit à l’intérieur d’une armoire : là, on honorait le « patron » à qui il avait été particulièrement dédié, cependant qu’un autre saint veillait sur l’ensemble des classes; et toutes avaient une grande dévotion à saint Charles Borromée. Devant cet oratoire, étaient dites la plupart des prières de la journée : au lever, on y faisait l’offrande de tout le Jour (ou « devant quelque tableau, si l’oratoire était éloigné »); ensuite, on allait pour la messe à la chapelle; les différentes leçons, comme les repas, commençaient et s’achevaient par une oraison 1 Le matin, on récitait le chapelet et les litanies de la Sainte Vierge; l'après-midi, c'était Vêpres, avant le goûter; le soir, l'examen de conscience et la dernière prière étaient précédés, chez les grandes, des Matines et des Laudes du petit Oflice de la Vierge ?.

1. Règlements, des pensionnaires, ch. 1 : de l’ordre général des classes. >. Id., ch. xux : de l’ordre que les pensionnaires doivent garder.

— 11 : de leurs exercices.

Chaque semaine (le samedi), on célébrait un Salut en l'honneur du saint patron !; chaque semaine aussi, l’une des élèves, selon son rang, était choisie pour lire à haute voix les prières en commun.

Telle était cette piété quotidienne de gratitude et d'amour qui faisait chérir si fort les monastères d’Ursulines qu’on ne les quittait point sans larmes : Celle attirait quantité de filles de grande qua- « lité, lesquelles portèrent à la ville et à la cour les . «exemples des vertus qu’elles avaient reçus en ce « saint lieu » ?.

IT. — L’instruction religieuse

« J'adore le Seigneur. On m'explique sa loi.

Dans son livre divin on m'’apprend à la lire,

Et déjà de ma main, je commence à l'écrire. » (Racine).

La maîtresse générale des classes « exhortait » les pensionnaires aux principales fêtes de l’année; quelquefois, elle leur rappelait le Règlement. Mais l’enseignement de la doctrine chrétienne était l’emploi de maîtresses de classe qui s’aidaient, selon les besoins. « du catéchisme romain, du grand Trésor de la doctrine chrétienne, de l'instruction du chrétien du cardinal de RicHELIEU »; cependant, elles ne devaient se tenir ni à l’ordre des matières ni au détail, pre-

1. Règlements, ch. x1v : ce que les pensionnaires pourront faire pour

honorer les saints patrons de leurs classes.

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