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L'INSTRUCTION RELIGIEUSE II1Y

d’éveiller les aînées à onze heures : celles-ci s’en allaient à la messe de Minuit, puis rentraient au dortoir où elles reposaient jusqu’à sept heures et demie. Les plus petites assistaient à la messe de lAurore. Et toutes se retrouvaient à la grand’messe.

La Chandeleur, la Pentecôte, la fête du Saint- Sacrement étaient aussi célébrées par des exercices de piété plus nombreux. Mais le Carême surtout réumissait les efforts : toutes recevaient les Cendres à la grille de la chapelle; jusqu’au Jeudi saint, les leçons étaient terminées à onze heures moins le quart, pour la récitation des Vêpres et des Litanies; le déjeuner était fixé à onze heures un quart, le goûter à deux heures et demie, et le souper à cinq heures un quart. Le dimanche des Rameaux, elles prenaient part à la grande procession et entendaient le chant de la Passion. Les trois derniers jours de la Semaine Sainte, les pensionnaires assistaient à l'office des Ténèbres. Le Jeudi saint, dès le matin, elles passaient une demi-heure à l’église pour y méditer les mystères; le soir, c'était la cérémonie du Mandatum. Le Vendredi, elles disaient leurs prières au Reposoir, entendaient le sermon et tout l’oflice; seules, les plus jeunes et les plus faibles mangeaient un peu de pain. L’Adoration de la Croix était faite ensuite « avec respect et dévotion ». L’après-midi, chaque classe à son tour et en ordre faisait les Stations du Chemin de la Croix. Le Samedi saint, on dispensait les élèves de la très longue lecture des Prophéties; mais, comme le Jeudi, une maîtresse les occupait « en quelque

autre saint exercice » : elles venaient seulement à l’église pour les grandes litanies et la messe.

On est presque surpris, quand on connaît le Règlement austère de Port-Royal, et aussi toute la rigueur solennelle du culte de ce siècle, de la modération de ces Règlements. La santé des enfants, leur sensibilité même y est ménagée, selon leur âge et leur intelligence. Parce qu’elles étaient venues du monde pour être instruites et plus régulièrement élevées, on évitait de leur parler « des pénitences et autres pratiques de la religion » !; des récréations marquaient parfois les fêtes religieuses : car 1l n’y avait point de leçons la veille des Rois, ni les jours gras, ni lorsqu’une religieuse faisait profession. Ainsi les rendait-on € non seulement bonnes chrétiennes... mais aussi des plus sages et des mieux instruites à tous les exercices nécessaires à des filles » ?.

1. Règlements, 111 : règlement des maîtresses des classes, 27. 2. Id., xv : Règlement pour les pensionnaires, 2.

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