CHAPITRE ‘IX
Les deux monastères du faubourg Saint-Jacques et de la rue Sainte-Avoie possédaient à l’entour quelques maisons dont ils tiraient profit. Remettons à plus tard cette étude locative et, sans sortir du couvent, achevons d’en connaître les hôtes.
Certaines élèves, sur la demande de leurs parents, étaient autorisées à occuper un appartement où elles étaient le plus souvent accompagnées d’une domestique ?; parfois, elles venaient de province : vers 1760, il y avait, à Sainte-Avoie, Mlle Picault, fille d’un Inspecteur des Manufectures à Toulouse, entrepreneur de tabac; MHeS de Morveillan, filles d’un gentilhomme du Languedoc; Me de Boissière, fille d’un trésorier général des finances de Bretagne; plus lointaines encore, MIS de la Buissonnière, entrées au mois d'avril 1758, étaient de Saint-Domingue; MLes Bellefond, de la Martinique; MHeS Laïîné avaient père et mère aux îles. Pour MHe Dalesse, son père était « amériquin »; comme d’autres jeunes filles,
1. Archives nationales HS4186 : registres des pensions des demoiselles pensionnaires et dames en appartement.
Annales des Ursulines.
>. Archives nationales H5/4186.
elle avait pour femme de chambre une négresse Manette était née à la Martinique de parents libres, elle n’était donc point esclave et même Mile Dalesse lui procurait «le bien d’être instruite » et payait pour elle une pension de trois cents livres. Enfin, il y avait des orphelines : MIle Geoffroy était fille d’un avocat à la table de marbre : (« Madame sa bonne-maman paie sa pension qui est de trois cents cinquante livres »; Mlle d’Arnault encore, dont le frère est le curateur !,
Mais, selon la coutume de ce temps, des dames aussi vivaient à l’abri du monastère : veuves ou isolées, elles passaient quelques mois, même davantage, dans l’appartement de saint Jean, la chambre de sainte Thérèse, les cellules sur le jardin. Ainsi, en 1652, « par la permission du Supérieur et pour des causes à elle très importantes, Mme Marie Chatelain, épouse de M. Aubert, demeura six semaines avec sa demoiselle suivante »; parfois elles séjournaient peu de temps : pour les fêtes de la Toussaint, comme le fit Mme Éléonor de Chaumont, devenue veuve du Président Le Coigneux, en 1651; et même, Mme Marguerite de Montmorency, veuve du duc de Ventadour, en 1635, la duchesse de Vivonne et sa fille, la princesse d’Elbeuf, en 1686, reçurent l’autorisation d’un certain nombre « d’entrées » par an, l’une au grand couvent, les autres rue Sainte-Avoie ?.
Nous ne manquerons pas de nous arrêter, avec les