‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 15 sur 70 · LES AM · texte numérisé non relu

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it au prie (2) Ce gentilhomme descendait d'une famille très-ancienne du opat, comté de Cornouailles, en Angleterre. Après avoir fait de bonnes

études dans les premières écoles de Londres, il entra au service, et il

En eftet, Sir Guy Carleton avait été abrité et soigné au vieux cloître, aux jours de son occupation militaire après le grand siége.

Jamais peut-être, gouverneur anglais n’a connu autant que lui le secret de prouver aux Canadiens qu'il les aimait. Encore plus que le général Murray, il souffrait de se voir les mains liées par le gouvernement civil inauguré ici après le traité de Paris. Désespérant de voir amener À heureuse fin les débats qui agitaient les ministres et le parlement d'Angleterre, au sujet des lois qu'il était opportun de donner à la nouvelle colonie, Guy Carleton fit voile pour l'Europe, en 1770, laissant comme administrateur le président du conseil, M. H. T, Cramahé. Ce ne fut qu'après quatre années d’assiduité et d’instances auprès du gouvernement impérial, que cet infatigable ami des Canadiens gagna leur cause. Quoiïqu'on le pressât à plusieurs reprises de revenir en Canada, il ne voulut jamais y consentir qu'il ne püût apporter aux sujets français de Sa Majesté Britannique, l'assurance d’une entière liberté pour le maintien de leur religion, de leurs institutions, de leur langue et de leurs lois.

se distingua tellement par sa vaillance, qu’à l’âge de dix-huit ans, il était lieutenant-colonel. En 1758, il fut nommé en qualité de quartier-maître-général sous Ambherst, dans l’expédition de Louisbourg. L'année suivante, il occupa le même grade sous le général Wolfe, et devint brigadier-général, après la première bataille des Plaines.

De retour en sa patrie, après cette aventureuse campagne de la con. quête, le jeune brigadier devint baronnet ; il fut comblé d'honneurs, et le comte d'Effingham lui donna en mariage sa fille, lady Maria, depuis ei bien connue au Monastère,

Sir Guy Carleton gouverna la colonie de 1766 à 70, et une seconde fois, de 1774 à 78. Ilrevint sous le titre de lord Dorchester, et gouverna de 1786 à 91, puis une quatrième et dernière fois, de 1793 à 95. Cet ami des Canadiens mourut en 1808, à l’âge avancé de 83 ans.

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Que l'on se figure l'accueil qui fut fait à ce digne défenseur de la plus sainte des causes, à son arrivée en 1774! Plus que jamais la joie fut générale. Cette allégresse retentit même jusqu'en France, “Je vous félicite, écrivaient les Ursulines de Paris, je vous félicite d’avoir un si bon Prélat et un si bon Gouverneur.”

Ce gouverneur bienveillant, que la Grande Bretagne mit à quatre différentes reprises à la tête du pays, eut aussi ses diflicultés et ses tribulations. Au reste, les rapports du gouverneur et de son estimable famille avec notre maison, nous donneront occasion d’en parler de nouveau.

Il est beau de constater ici comme le cœurreconnaissans des Canadiens s'est plu à attacher le nom de ce gouverneur chéri à différentes constructions ou À différentes localités importantes dans le Bas-Canada. Pour ceux qui entrant dans le golfe St. Laurent, pénètrent dans la grandiose Baie des Chaleurs, un des premiers noms qui viennent frapper leur oreille, c’est celui de Carleton donné à un village destiné à devenir trèsflorissant.

Si le voyageur continuant sa route, se rend à Québec, et qu’il désire contempler la magnifique chûte de Montmorency, il aura à passer sur le pont Dorchester qui relie la ville aux belles campagnes de la Canardière et de Beauport.

Si remontant la belle vallée du St. Laurent jusqu’à Montréal, il détourne ensuite sa course pour se rendre aux Etats-Unis par la rivière Richelieu, il devra s'arrêter à St. Jean Dorchester. Il y a aussi près de Québec le comté Dorchester. Ainsi donc les frontières du Bas-Canada, et le cœur en quelque sorte de la

province sont protégés par les différents noms de ce bon, intelligent et dévoué gouverneur.

$ 14.— LE JUBILÉ DE 1758 TRANSFÉRÉ À L'ANNÉE 1767.—MGR. BRIAND DANS SES RAPPORTS AVEC NOTRE MONASTÈRE,

Mpor. Briand était arrivé d'Europe, les mains pleines de bénédictions. La première grâce qui consola le peuple de ses longues souffrances fut celle du jubilé Les Annales nous en donnent le détail dans les termes suivants. ‘Mgr. nous a apporté à son retour les grandes indulgences du Jubilé de 178, que nous n'avions pu gagner alors à raison de la guerre qui désolait le pays. N.$. P. le Pape à autorisé notre digne Prélat à nous accorder ce bienfait cette présente année 1767. Le son des cloches de toute la ville a annoncé cette grande grâce le 14 mars, à 6 heures du soir, pendant un quart d'heure. L'ouverture du Jubilé a été faite le 15, jour où s’est trouvée cette année la fête de St. Joseph. Il doit durer jusqu’an 29. Le salut du $. $. et le 7e Deum, chanté au son de toutes les cloches, en feront Ja clôture. Les conditions prescrites sont une aumôûne, une visite à l’église, et trois jours de jeûne. Les prières ont été à la dévotion des fidèles.”

Maintenant, parlons plus particulièrement des rapports de Mgr. Briand avec notre Monastère. Ancien supérieur de notre communauté, son caractère épiscopai lui donnait un double titre à la vénération de ses filles, et semble aussi avoir rendu son cœur deux fois pateruel, selon l'expression du Récit.

Il serait impossible d'énumérer toutes nos obligations envers ce digne prélat, qui ne négligeait aucune occasion d’assurer la prospérité tant spiritueile que temporelle de notre maison. On le voit accourir à

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