‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 37 sur 70 · LADY ANN CARLETON, PENSIONMAIRE AU MONASTÈRE · texte numérisé non relu

LADY ANN CARLETON, PENSIONMAIRE AU MONASTÈRE

Cette même année, 1787, une autre dame de la famille de lord Dorchester entra aux Ursulines en qualité de pensionnaire en chambre. ‘ Au mois de septembre, dit le Récit, Lady Ann, sœur de Lady Dorchester, et veuve du major Carleton, neveu du Gouverneur, désirant venir demeurer chez nous, nous en fit faire la proposition par sa sœur, lady Dorchester. Cette dernière ayant obtenu ses permissions de Mgr, toutes deux vinrent visiter les appartements qu'avait occupés ci-devant Mme. Johnston.

‘ Lady Ann, qui voulait se retirer du grand monde, trouva ce logement solitaire tout à fait dans ses goûts;

(1) Depuis Guillaume IV.

elle y entra avec sa femme de chambre le 26 du même mois.”

Peu de pensionnaires ont laissé dans cette maïson de plus aimables souvenirs que cette dame. ‘ Elle joignait à un grand mérite, l'avantage d'une très-haute éducation, et l’absence de tout fanatisme religieux. Gracierse, affable, polie à l'égard de tout le monde, d'une humeur toujours égale, affectueuse et sociable, elle eût voulu avoir incessamment quelqu’une de nous auprès d'elle. Elle témoignait une estime singulière pour notre saint état et admirait surtout le vœu que nous faisons d'élever et d’instruire la jeunesse.— ‘ Dans le monde, disait-elle, chacun songe à soi-même et travaille pour les siens ; mais vous, Mesdames, vous ne songez qu'aux intérêts de ceux qui vous confient leurs enfants. En vérité, votre œuvre cest belle ! ”

“ Cette personne rare pour son esprit et les belles qualités de son cœur, s'était tellement attachée à nous et à notre solitude qu’elle eût voulu y demeurer toujours, si sa famille eût été du même avis; mais il n’en fut pas ainsi, elle fut rappelée à Londres l’année suivante. Le 15 juillet 1788, cette intéressante jeune veuve s’embarqua pour l'Angleterre, nous laissant ses regrets et emportant les nôtres.”

Cette gracieuse affabilité des membres de la famille Dorchester pour notre maison, suscita de ferventes prières pour leur salut éternel. On en parlait même aux Ursulines de Parie......‘ Quant à Mme. votre Gouvernante, répondait de Paris la Mère Ste. Saturnine, en 1788, je priz Dieu de tout mon cœur, que les visites et la confiance qu'elle vous témoigne, lui attirent la grâce de connaître la vérité. ÆEn vous procourant l'avantage de lui être utile, puisse-t-elle vous donner le bonheur de l’instruire elle-même ainsi que

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Mlle. sa fille, et de recevoir un jour son abjuration. Ce serait un coup de grâce! Hélas! ilest plus aisé de le désirer que de l’espérer.”

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