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Une triste réflexion nous poursuit eu retraçant ces souvenirs: des deux communautés auxquelles nous sommes si redevables, ni l’une ni l’autre n'existent, et nous chercherions en vain dans lesantiques monastères de Paris et de Tours, des héritières du dévouement et des vertus qui naguère étendaient leur influence jusque sur nos plages.
Nos lectrices pressentent que du vivant des RR. Mères Murg. de Flécelles de St. Athanase et Marie Le
parfait accomplissement du 4e vœu de l'instruction des jeunes filles, que le S. Père, dans ses Bulles, enjoignait expressément de prononcer, afin que les Ursulines ne pussent jamais perdre de vue cet objet principal de leur établissement. Qu'il est agréable de se représenter cette parente des rois, laissant la cour pour se loger ‘‘ dans un appartement contigu à son cher couvent, avec une porte qui y conduisait, un parloir ouvrant sur le jardin, et une fenêtre d’où elle pouvait suivre de l’œil toute cette jeune parenté sortie, comme elle le disait, non de ses entrailles, mais de son cœur. Le caractère de Mme. de Ste. Beuve répondait à ses actions; elle était gaie et ne s’en cachait pas, elle aimait la vie et ne s’en défendait pas. Il n’y a que les misérables et les désespérés, disait-elle, qui puissent avoir en horreur ce qui est un présent de Dieu. Quand elle mourut, ses religieuses, par une touchante habitude, qui semble une idée venue d’elle-même, (nos regrets prennent souvent quelque chose du caractère de ceux que nous regrettons), ses religieuses continuèrent pendant un an à mettre son cou * vert au réfectoire, et à servir, devant la place qu’elle occupait, sa part accoutumée pour la distribuer ensuite aux pauvres. Enfin, quand on fit son portrait, ses filles voulurent qu’elle fût représentée devant sa fenêtre, les yeux fixés sur un jardin rempli de ruches, et qu’au bas l’on écrivit ces mots: Mère d'Abeilles. Ce nom dit tout; mère d’abeilles, fondatrice des travailleuses. Bientôt en effet, ainsi que tous les établissements sur lesquels repose l'avenir, la fondation des Ursulines prit un développement immense, les ruches essaimèrent. En 1668, la France comptait déjà 310 maisons de l’ordre, toutes s’6levant avec mille intéressants détails de vocation irrésistible, de luttes cruelles et de triomphes.”” La maison de Paris se tint toujours à la hauteur de sa mission primitive, comme prouvent les registres des religieuses et du pensionnat, que nous possédons,
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Maire des Anges, (1) les rapports entre Paris et Québec durent revêtir la forme de la plus cordiale intimité. Dans les 40 années qui suivirent, la correspondance, quoique moins intime, ne laissa pas de se soutenir. C'étaient les RR. PP. Jésuites qui agissaient alors en France comme procureurs de notre maison, percevant les rentes de la ferme de Haranvilliers, et aussi celles de certaines dots de nos religieuses, appliquées sur l’Hôtelde-Ville de Paris, s’occupant de plus de l’achat des diverses nécessités du Monastère; mais c'étaient les Ursulines qui déterminaiïent le choix des étoffes, et autres détails pour leurs sœurs de Québec. Toutefois on n'eut pas le même soin de conserver cette correspondance et il en reste peu.
C’est À partir de 1762, que la gestion de nos affaires étant dévolue presque tout entière aux Ursulines de Paris, on échangea de ces missives que l’on conserva de part et d'autre, ces documents pouvant devenir nécessaires dans la suite pour l'intelligence des affaires. Nous avons un grand nombre de lettres en date des 80 années qui suivent. Ce fait nous a paru providentiel; car cette époque a été précisément jusqu'ici la plus obscure des annales canadiennes: aussi avons-nous déjà abondamment puisé à cette source pour divers renseignements. (C’est daus un genre nouveau que nous allons l’interroger maintenant, c'est dans cette intime et ravissante union des cœurs qui tant de fois a attendri le nôtre avec les Mères qui ne sont plus, qui nous à fait lever les yeux au ciel, nous disant en nousmême: Quelle n’est pas la douceur de la réunion
(1) La preruière, venue en 1640 et morte en 1695; la seconde venue en 1670 et décédée en 1717. Nos lectrices se rappellent que les mères LeBugle de Ste. Claire et Drouet de Jésus étaient aussi
professes de Paris, ainsi que Sr. Marie Dieu de la Résurrection, converse,
céleste entre des âmes qui déjà sur la terre, à des centaines de lieues de distance, goûtèrent tant de bonheur à s’encourager, à s’entr'aider et à s’édifier mutuellement!
Nous allons donc extraire encore, tant pour initier nos lectrices à quelques unes des mille jouissances du cloître, rue pour garantir de la destruction ces beaux et touchants souvenirs ; que de fois nous avons craint qu'un accident funeste, d'incendie (1) par exemple, nous privât de ces manuscrits, dont la perte alors eût été irréparable. Celles qui parcourront les pages qui suivent jugeront si nous devions leur en faire part ; elles jugeront aussi si nous avons raison de chanter en
. Ê ° û . a bien des circonstances, dans nos cérémonies religieuses, ;; ce verset du psalmiste: ÆEcce quèm bonum et cuèm ju- À cundum, habitare fratres in unum ! be
Œorresponvance intinre.
Voioi comment notre Mère St. François renouait la correspondance, en septembre 1762 : ‘“Si depuis quelques années notre correspondance s’est trouvée interrompue, ne l’attiibuez nullement je vous prie, ma Rév. et chère Mère, à un changement de notre part; non, les sentiments de profond respect et de parfaite reconnaissance, qui ont de tout temps lié notre communauté à la vôtre, ces sentiments, dis-je, sont trop profondément gravés dans nos cœurs pour pouvoir jamais souffrir la moindre altération. La difficulté de faire passer nos lettres dans ce temps de guerre et de misère à été la seule cause de notre silence.
‘“ Nous vous sommes très-obligées, ma Rév. Mère, de la charité avec laquelle vous voulez bien remplacer le R. P. de Launay dans le détail de nos affaires. Ci-joint, vous trouverez une Procuration
(1) Le déplorable accident arrivé en mars dernier au Séminaire de cette ville, nous a rendu plus sensible ce danger et nous a fait citer plus largement peut-être. Nous ne pruvoas oublier d’ailleurs les pertes
| que nous avons subies nous-mêmes en ce genre par deux incendies désastreux.
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qui vous autorise à agir en toutes choses comme vous le jugerez à propos. Nous y avons fait inscrire le nom de M. l'abbé de Villars notre ancien et cher père, persuadées que sa bonté pour nous est toujours la même et qu’il vous assistera volontiers dans les choses auxquelles vous ne pourriez voir par vous-mêmes.”
“ Je désirais fort avoir de vos nouvelles, répondait de Paris la Mère St. Francois-Xavier, pour relier, connaissance avec votre communauté, ayant été seconde dépositaire lorsque la Mère de St. Amand (1) était chargée de vos ballots, et ayant continué depuis à m'occuper de ce qui était nécessaire à votre maison, surtout pour le vêtement....Mais il nous faudra, chère Mère, une nouvelle procuration ; vous avez oublié d'y mettre Dépositaire
(1) La Mère St. Amand, née Dlle. Catherine de Bruscoly, vécut assez longtemps avec la mère Hélène Waldegrave de St. Thérèse, ‘ fille de M. le Chevalier Henry de Waldegrave, Baron de Staingal en Angleterre et de Mme. Cath. de Bacon, née au château de Staingal et baptisée dans la chapelle du dit château. Après avoir été pensionnaire en notre maison, elle entra au noviciat. Mme. sa mère, par le tendre amour qu’elle portait à sa fille, et aussi pour éprouver son désir d’être religieuse, l’envoya quérir avant de prendre l’habit, la faisant re *sser en Angleterre. Après avoir surmonté avec un courage généreux pendant un inois, toutes les difficultés qu’on opposa à son dessein, elle revint à notre monastère où elle fit profession en 1665.’ Cette vénérable mère, qui avait prétéré si généreusement le cloître à la cour, mourut en 1713. Elle eut la consolation, avant sa mort, de voir partager son bonheur au monastère par un autre membre de sa famille. C’est en 1707, qu’entrait au noviciat des Ursulines de Paris, après y avoir été près de cinq ans pensionnaire, Mile. Arabella Waldegrave, fille de milord Henry Waldegrave et de Mme. Henriette Fitz-James, née à iondres et baptisée dans la chapelle du château St. James. Ce fut à l’âge de 19 ans que cette admirable ‘‘ petite-fille du roi Jacques et nièce du duc de Barnes, grand maréchal de France,’’ venait offrir à Dieu le plus beau des sacrifices et se dévouer à l’œuvre de Ste, Angèle. ‘La cérémonie de vêture fut faite par Mgr. le Cardinal de Noailles, Arch. de Paris, et elle reçut le voile des mains de Sa Majesté la Reine d'Angleterre.’ La Mère A. Waldegrave de St. Frs. de Paule mourut en 1740. Elle était assistante supérieure trois ans auparavant. A cette époque vivait aussi la mêre Mad. Talon de St. Thomas, fille de Thomas Talon Ecuyer, sieur de Chalembert, conseil.
présente et à venir, et l'on refuse de payer. . . .Je vous prie d'assurer de mes respects particuliers votre R. M. Supérieure, et la vénérée
Mère Migeon de la Nativité, qui m'a écrit plusieurs fois lors-
qu'elle était supérieure.”
“ Notre chère Mère Dépositaire, nous disait de son côté la Rév. Mère St. Cyprien, sup., vous écrit en détail tout ce qui concerne vos affaires, que j'avais fort à cœur de voir réussir, sentant trèsbien la disette d'argent où vous êtes depuis si longtemps... .Je vous regarde, ma chère Mère, comme des martyres, et des apôtres de la Religion, dignes filles de votre sainte mère Marie de l’Incarnation, qui du haut du ciel vous obtient des grâces pour les chères élèves à qui vous en apprenez le chemin.
“C’est bien moi qui ai besoin de vos saintes prières; je gagnerai beaucoup à vous donner part äans les miennes, si c'est
Jer du Roi en son ancien chastelet de Paris, et de Mme. Cath. Bouchet. La mère St. Thomas, née à Paris, mourut en 1763, âgée de 86 ans.” Registres des Ursulines de Paris.
Une des plus illustres religieuses du Grand Couvent de Paris fut sans contredit la mère M. Augustine de Pomereu de Ste. Paule, fille de M. Frs. de Pomereu, conseiller d'état et Président au grand conseil, et de Mme. Marie Baron, née à Paris en 1623. Après avoir été six ans au pensionnat, elle prit le voile, et à l’âge de 18 ans prononçait ses vœux entre les mains de Mgr. Frs. de Gondy, Arch. de Paris. ‘ Elle est morte le 6 déc. 1799, après avoir vécu très-religieusement, et illustré l’ordre par la composition des Chroniques. Elle fit aussi les annales-des 50 prenières années de la maison, et plusieurs autres œuvres dignes de son zèle et de sa piété.’ Nous ajouterons qu’il suffit de jeter les yeux sur cet immense in-folio des Annales, écrites avec tant d'ordre et de correction et accompagnées de remarques aussi judicieuses qu’'instructives, pour comprendre la trempe d'esprit de la modeste religieuse qui, par obéissance, entreprit ce travail et n’y laissa nulle part son nom. Nous possédons ces manuscrits.
La mère Marguerite Myron des Anges, née en Suisse lorsque son père y exerçait les fonctions d’ambassadeur en 1620, était aussi écrivain et poête. On lui doit le volume remarquable connu sous le nom de 4 Directoire des Novices.”’ L'importance attachée à ce livre se voit assez par la reproduction que l’on en a faite ces années dernières, changeant seulement un peu le titre primitif, afin d’en procurer plus librement l’usage aux différents ordres religieux.
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un contrat qui m’assure les vôtres. Je vous les demande par intérêt et par la grande confiance que j'y ai: la reconnaissance me portera à intéresser mes sœurs à ce commerce de prières, Elles sont pleines de vénération pour votre communauté et me chargent de vous en réitérer l'assurance. Nous vous souhaitons toutes sortes de prospérités.....Il faut adorer en tout les desseins du grand Maître, et le bénir de nous avoir appelées à son saint service. Le fardeau dont votre humilité s’effraye (supre.) est pour moi un bien plus grand poids, dont j'espère dans un an être déchargée, Je vous assure que je prendrai toujours un intérêt de sœur à votre chère et respectable communauté..."
Pendant une douzaine d'années, la gestion de nos affaires de France fui d'une difficulté extrême; il n’y avait pas moyen de retirer les rentes de la forme. Nos Mères, comptant sur ce revenu donnaient ici des lettres de change auxquelles on se trouvait N Paris, dans l'impossibilité de satisfaire. “ Je n’ai jamais dprove une inquiétude aussi douloureuse pour nos propres affaires...Nous nous sommes donné tous les mouvements possibles. M, de Villars, qui est toujours aussi zélé pour vos intérêts et qui a fait tout exprès cet automne (1770) un voyage à Haranvilliers, vous fera le détail de nos anxiétés et des procédés de ce gentilhomme... Nous y avons été plus sensibles que si cela nous eût regardées personnellement.”
On était encore plus occupé, à Québec, de reconnaître les soins de ces bienfaiteurs dévoués, que de déplorer ses misères. ‘ J'ai reçu avec toute la reconnaissance possible votre chère lettre. Comment vous exprimer notre tendre et respectueux attachement en retour de tant de soins et de peines que nous vous osaaioninons, ainsi qu'à ce cher M. de Villars ? Je voudrais bien vous prbuver nos sentiments autrement que par des paroles; mais nous voilà même dans l'impossibilité de vous faire parvenir de certaines bagatelles de notre pays qu’on avait le plaisir d'envoyer chez vous autrefois. Voilà deux ans de suite que le sucre d'érable et le capillaire se trouvent arrêtés en chemin, par la difficulté de rien faire passer à Londres..…..Pour nos prières, ma chère Mère, elles vous sont justement dues, et nous les redoublons, ne pouvant que par là vous témoigner notre gratitude.”
Il faut voir la joie des Mères de Paris, quand enfin elles purent régler de comptes avec ce bon Normand si bien normanisé, comme on disait ici, ‘“ mais j'en ai bien rabattu ! ajontait en 1775, la mère dépositaire, M. de Villars, que je viens de quitter et qui se porte bien, m’a dit que les deux lettres qui devaient vous tirer d'inquiétude n'étaient pas parties. J'avais trop de bonheur à vous annoncer de bonnes nouvelles, il me faliait ce rabat-joie. Dieu en soit bénil Ce qui m'afllige davantage et me perce le cœur, c'est que vous êtes les victimes de ce contre-temps, étant peut-être dans une grande gêne, tandis que j'ai des fonds à vous Je voudrais être petit oiseau pour vous faire parvenir plus promptement cette lettre. Soyez, je vous price, persuadée de mon zèle pour tout ce qui vous intéresse, de même que de la constance du tendre et respectueux attachement de votre toute dévouée..…..Te ne suis plus dépositaire, mais celle qui m'a remplacée n'ayant aucune connaissance de vos affaires, notre Rév. Mère Supérieure me permet d'en continuer la gestion; ce que je fais avec bien du plaisir dans l'espoir de vous être utile en quelque chose.”
“ Le 4 de ce mois de novembre, fête de St. Charles, protecteur spécial des Ursulines,” répondait-on de Québec, “ le 4 a été l'heureux jour où nous avons eu l'honneur et la consolation de recevoir vos chères lettres en date du 25 février, Elles avaient, comme vous le voyez, été bien longtemps en chemin; je commençais à perdre espérance ; mais ce retard n’a servi qu’à nous faire éprouver que les choses longtemps attendues et ardemment désirées, donnent une nouvelle satisfaction quand enfin on les possède. Tout fut en fête chez nous recevant de vos chères nouvelles, dont nous étions privées depuis deux ans. Dans un instant, toute la communauté se trouva assemblée pour participer à la joie qui éclatait sur tous les visages, et pour donner mille bénédictions à notre chère Mère Dépositaire de Paris... ..
“ Votre lettre nous a confirmées dans la persuasion que votre zèle et votre charité pour nous n’ont point de bornes. L'annonce de vos élections aurait pu nuus inquiéter au sujet de nos affaires ; mais incontinent vous ajoutez que, quelque part que vous soyez, vous nous continuerez vos bons soins, Que la Providence a bien placé nos intérêts, ma chère Mèrel Les peines et les embarras
n elles purent anisé, comme , en 1775, la uitter et qui ent vous tirer le bonheur à ce rabat-joie.
perce le cœur, tant peut-être à vous Je plus promptede mon zèle constance du vouée...…..1e lacée n'ayant e Supérieure avec bien du se.” 8, protecteur ‘le 4 a été pnsolation de &lles avaient, ; je sommenl'à nous faire ardemment enfin on les e vos chères s, Dans un ur participer donner mille on que votre L'annonce nos affaires ; e VOUS SOyEZ, dence a bien les embarras
que vous avez essuyés par le passé ne vous ont point rebutée ; bien au contraire, votre grand cœur vous fait anticiper l'avenir, pour nous assurer des avantages que nous éprouvons de votre sage conduite de nos affaires, que Dieu bénit certainement en considération de votre charité. C’est :.ussi à cette charité que nous devor s attribuer, sans contredit, les secours que nous recevons de M. le Curé de St. Aubin; mille actions de grâces vous en soient à jamais rendues ! ”
Et la bonne Mère Ste. Saturnine, car il faut la connaître par son nom, cette bienfaitrice qui s’occupa de nous jusqu’à son dernier soupir: ‘ Vous me mettez dansJa confusion par vos excessifs remercîmerts; j* suis trop heureuse, chère Mère, de vous être bonne à quelque chose.”
Mais il fallait à ces cœurs reconnaissants s'épancher autrement que par des'paroles. Une pensée lumineuse se présente: ‘ Vous ne me refuserez pas, ma chère Mère, la grâce que je demande instamment au nom de toute notre communauté de Québec, depuis notre Mère Supérieure jusqu’à la dernière de mes sœurs. C'est, je vous prie, de prendre sur nos deniers pour régaler et bien traiter, aux jours de vos fêtes, votre chère et respectable communauté, sans oublier vos Dlles. pensionnaires. Cela se pratique à toutes les fêtes des officières, dans toutes les communautés du Canada, je crois, de temps immémorial: ce qui prouve que ce bon usage a été introduit par nos premières Mères venant de France, et qu'il se pratique chez vous comme chez nous. Ainsi, ma chère Mère, de grâce, ne nous refusez pas, et qu’en ces jours on s’aperçoive qu'il y a à votre réfectoire, la Dépositaire des Ursulines de Québec.”
La Mère St. Louis de Gonzague, supérieure, ajoutait: ‘“ Acceptez, je vous en supplie, l’offre de notre Dépositaire ; je vous la réitère; par là vous nous obligerez toutes. Rien ne nous peut faire plus de plaisir que d'apprendre que vous avez eu, ainsi que vos Diles., un jour pour vous récréer pour les pauvres exilées de Québec.”
Que va faire la Mère Ste. Saturnine ?—"* Je suis très-reconnaissante, mes chères Mères, des politesses de votre respectable commuuauté, et de l'intérêt qu’elle prend aux frais de la fête que nous
donnons à nos Dlles, pensionnaires à la St. Charles (1). Ilest vrai que nous sommes dans cet usage depuis notre établissement, Pardonnez-moi, ma chère Mère, mais j'ai encore trop à cœur ce que vous avez souffert, pour vous jeter dans cette dépense, traitant toutes les pensionnaires, la communauté, les domestiques, et aussi
(1) St. Charles Borromée fut canonisé l’année même où l’on bénissait la première église du Grand Couvent de Paris, (1610), et la fête de ce grand bienfaiteur de l’ordre fut dès lors chômée en plusieurs monastères. St. Charles dont l'influence avait été si grande dans le concile de Trente, avait quitté Rome et toutes les dignités pour s'appliquer avec une nouvelle ardgur au bien de son divcèse de Milan. Il pensa aussitôt à établir dans sa ville une congrégation des filles de Ste. Angèle, et s'entendit avec l’évêque de Brescia qui lui envoya douze de ses filles. L'illustre archevêque obtint sans peine de Grégoire XITT, en 1572, un bref qui confirmait l'institut de la mère Angèle Mérici, et les religieuses prirent la clôture. Cependant, 4 ans plus tard, elles franchirent avec empressement le seuil du cloître, pour voler, sur les pas de leur Pasteur, au secours des pestiférés. Dans tous les quartiers de la ville, on les voyait pansant les malades, ensevelissant les morts, avec un dévouement qui leur valut une confiance sans bornes; on ne voulut plus d’autres institutrices que les Ursulines, qui se propagèrent avec une rapidité étonnante. Le St. Siége nomma le grand Archevêque, visiteur général et apostolique de l’ordre de Ste. Ursule, auquel il donna une organisation régulière. Il rendit entr'autres un décret portant que les filles de Ste. Ursule seraient soumises à la juridiction des évêques partout où elles s'établiraient. Ce fut le 11 novembre 1584, que l’infatigable Archevêque reçut la récompense éternelle de ses vertus. Non-seulement il a honoré notre Ordre de sa protection, mais il lui a laissé de plus des instructions d’une haute perfection. Rien n’égale l’ardeur qu'il savait inspirer à ses filles spirituelles pour le salut des âmes: ‘ Souvenezvous de votre origine, leur disait-il; suivez les traces de vos sœurs de Brescia. C’est là que la vénérable mère Angèle a planté l'arbre de vie qui y produit tant de fruits précieux. Montrez ici que vous en êtes les branches fécondes, et continuez à vous rendre dignes du nom glorieux que vous portez."
Le séminaire de Québec a l’avantage de posséder l’étole de St. Charles Borromée, précieuse relique qui lui a été léguée par Mgr. Brianc, Lui-même l'avait reçue en présent à Londres, de Mgr. Challoner, Ev. Catholique de cette ville,
(1). Ilest ablissement.
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de Mgr. Chal-
notre Père confesseur à qui nous donnons un petit diner de six ou sept personnes. Je sens vivement les instances de vos cœurs généreux, mais le vif intérêt que je prends à vos finances ne me permettrait jamais d'y puiser 200 livres et plus que cette fête nous coûte. Nous vous en aurons la même obligation. Il faut ménager vos revenus, les temps de guerre sont difficiles à passer.”
Les rapports deviennent de plus en plus touchants ; on ne trouve plus de termes pour exprimer sa gratitude ; le cœur est intarissable sur cet article. ‘“ En vérité, ma chère Mère, écrivait la Mère St. Louis de Gonzague, vous nous comblez ! Votre tendre cœur se manifeste dans vos charmantes lettres, de manière à nous faire chaque jour redoubler nos actions de grâces envers l'aimable Providence, qui vous a suscitée pour être notre protectrice, notre bienfaitrice et noi: 3 tout.…...Je suis la plupart du temps occupée à vous entretenir sur bien des objets, et nous n'avons pas de plus grand plaisir que de parler de vous, et de faire connaître à nos jeunes sœurs que nous avons des Mères à Paris à qui nous devons tout, Aussi lorsque vos aimables lettres arrivent, c’est à qui les voudra lire et entendre. Soyez-en bien persuadées, nous offrons continuellement à Dieu pour vous nos ardentes prières. Je salue tendrement toute votre chère communauté, particulièrement votre R. Mère Supérieure que je regarde comme la mienne propre, la priant de prendre sous sa protection cette communauté et de la regarder comme la sienne; c’est une grâce et une faveur que j'attends de son grand cœur...
“ Ne craignez rien sur ce que vous croyez être pour le mieux dans nos affaires, nous serons toujours contertes et ratifierons tout ce que vous aurez fait. Donnez-nous de vos nouvelles par toutes les occasions, ne ménagez pas notre bourse à ce sujet...”
Malgré ces mesures, on fut trois ans sans nouvelles. Que de soupirs ! que d'inquiétudes! serai. il arrivé quelque malheur à nos bienfaitrices ? On écrit lettre sur lettre; ‘ mais que peut-on se promettre dans un temps de trouble et au risque de l'amer et inconstant élément ?..…...Vous avez dans nos cœurs, chères Mères, la place qui vous est acquise par vos bienfaits et notre éternelle gratitude....Si au moins nos lettres vous parvenaient |...”
Une véritable famine pesait sur tous les cœurs. ‘Enfin, (23 août 1783), une de vos chères, aimables, gracicuses et tant désirées lettres en date du 29 janvier m'est parvenue, grâce à Dieu! Je vous laisse à penser, chère Mère, quelle a été la joie de toute notre communauté, après avoir été trois ans sans recevoir de vos chères nouvelles. La fête fut plus grande que jamais, chacune s'empressant de participer à la lecture qui s’en est fuite, non pas une fois, mais autant de fois qu'il survenait une nouvelle sœur. Ce que je faisais avec d'autant plus de plaisir, que je n'entendais autour de moi que des paroles de bénédictions et d'actions de grâces au Seigneur: ‘“ Que ferions-nous si nous n'avions pas nos chères Mères de Paris? notre chère mère Ste. Saturnine ? et mille autres choses que leur suggérait la plus juste gratitude.”
Comment faire avec moins d’é 1de et d’apprôts, le tableau des effusions les plus vives do la reconnaissance ? La correspondance revêt un caractère de plus en plus affectueux et tendre à mesure que l’on approche du terme;—car bientôt, ces âmes si dignes les unes des autres vont se rencontrer au ciel. Que l’on nous permette de citer presque en entier une ou deux de ces aimables missives. La Mère St. Louis de Gonzague écrivait en sept. 1784 :
‘# Ma très-révérende Mère......Il était temps que votre gracieuse lettre arrivât, tant la faim que j'en avais était grande. Si elle eût fait la même route que celle de l’année dernière, nous eussions toutes été bien désolées. Mais non, ma très-chère Mère, la divine Providence l’a conduite à bon port, et je ne puis vous exprimer le plaisir que j'en éprouve après un si long jeûne; je vous le laisse à imaginer. Nous voilà donc en liberté de nous entretenir, sauf les risques de la mer, et de vous témoigner de nouveau notre vive et profonde reconnaissance pour tant de peines que vous vous donnez dans le soin de nos affaires.
“Je suis charmée qu’elles soient arrangées aujourd’hui de manière à vous causer moins d'embarras. Il est heureux que nous soyons sorties des mains de ce bon Normand, et d’avoir sur les lieux, dans la personne de M. le curé Hébert, un ami dont la vigilante surveillance nous est un bienfait continuel. Veuillez, ma chère Mère, lui en témoigner notre parfaite gratitude, et saisissez,
“Enfin, (23 et tant désigrâce à Dieu!
joie de toute ecevoir de vos nais, chacune faite, non pas nouvelle sœur.
je n'entendais t d'actions de avions pas n0$ nine ? et mille tude."” , le tableau des La corresponux et tendre à t, ces âmes si ciel. Que l'on deux de ces igue écrivait en
que votre graait grande. Si à dernière, nous rès-chère Mère, je ne puis vous long jeûne; je liberté de nous s témoigner de r tant de peines
aujourd’hui de st heureux que Z, et d’avoir sur un ami dont la 1, Veuillez, ma de, ct saisissez,
je vous prie, toutes les occasions de lui faire agréer l'assurance de nos respects et des prières que nous adressons au Seigneur, afin qu'il nous le conserve et répande sur ses travaux apostoliques ses grâces et ses bénédictions....
“ Je ne vous souhaite pas un hiver tel que vous avez eu l’année dernière ; vous n'êtes point préparées à Paris à accueillir de telles rigueurs: c'est assurément un échantillon du nôtre qui est passé dans vos cantons,
“ Louis XVI s'est signalé pour son peuple; j'en bénis Dieu. Qu'il ait des jours heureux et recouvre ce qu’il a perdu, ou pour mieux dire, ce qu'il a abandonné.
‘“ Revenons à notre hiver, Il n'a pas été ici aussi froid qu'à l'ordinaire; maisen revanche, plusieurs maladies populaires ont régné : petite-vérole, rougeole, coqueluche; ce qui a enlevé bien des enfants, et autres personnes aussi. Dans le mois de janvicr, nous avons eu deux tremblements de terre de quelques minutes, à 4 h. du matin, et des pluies fréquentes qui ont inondé la ville et les campagnes. La terre et tous les canaux étant gelés, l'eau a envahi toutes les caves de la ville, ne trouvant point d'issue pour s’écouler, Une grande partie de notre jardin à été gelée jusqu’au mois de juillet. À Ste. Anne d'en haut (Ste, Aune de la Pérade), les eaux ont causé de grands dégâts, emportant les maisons, étables, granges, tout ce qui se trouvait exposé; une côte de cette paroisse cependant n’a pas souffert et elle a servi de refuge aux pauvres naufragés.
“ Vous voyez, chère Mère, que Dieu fait sentir ses calamités à notre pauvre pays: heureux si cela pouvait ouvrir les yeux et remener les pécheurs à pénitence !
“ Je ne vous parle point de la disette du pain par le manque des récoltes. Voilà comme nous avons passé l'hiver, bienheureuses d'avoir pu assister les indigents......Pour notre Prélat, il est toujours dans le même état, tantôt mieux, tantôt pire, en sorte que nous sommes toujours dans la crainte de le perdre; jugez de notre situation.
‘ Faites agréer, s’il vous plait, surtout à la Rév. Mère Supérieure, les assurances de notre très-respectueux attachement ; toutes mes sœurs désirent qu’elle les regarde comme ses filles. Si
M. de Montgolfier (1) peut trouver le secret de faire marcher jusqu'ici son ballon, je ne serais pas surprise s’il prenait envie à quelqu’une de nous d’y faire un petit saut, pour aller, chère Mère, vous exprimer de nouveau notre vive et sincère reconnaissance.
‘ Si par la grâce de Dicu les bruits de guerre qui courent ici no se réalisent pas, nous pourrons recommencer à faire valoir nos terres, qui ont été ravagées durant tant d'années par les troupes. Généralement parlant, tout le pays souffre par suite des mauvaises récoltes. Il y a bonne apparence pour cette année; j'en remercie le Seigneur, tant pour les pauvres que pour nous ; le blé sera moins cher. Il se vend encore 9 livres le minot, diminutif de 12 à 15 livres, et encore n’était-il pas commun.
“# Je ne m'aperçois pas, chère Mère, que je griffonne toujours ; je vous en demande pardon, si vous saviez combien de fois j'ai repris cette lettre, vous auriez pitié de moi. Agréez de nouveau l'expression de ma reconnaissance et croyez-moi pour la vie dans K divin cœur de Jésus, ma trèschère et très-aimable mère, Votre toute dévouée etc.”
C’est ainsi que correspondaïent ces bonnes Mères, disant un mot detout ce qui pouvait intéresser. Tantôt, c'étaient des détails plus particuliers sur la maison même. ‘ Combien êtesvous de communauté et de noviciat? Avez-vous des postulantes ? Votre pensionnat est-il toujours florissant ? Nos novices ont été charmées de l'association de prières... .”
Le changement des officières n’altérait en rien cette heureuse intimité, Ecoutons notre Mère St. Etienne, nouvellement dépositaire: “La Mère St. François, présentement assistante, a reçu votre lettre à laquelle j'ai l'honneur de répondre ;—non pas avec autant de grâce que l’eût fait ma devancière, mais dans ma simplicité, qui n’en sera ni moins sincère ni moins cordiale. (C’est mon cœur qui parle, quand je vous assure de mes sentiments d'estime et d’attachement pour votre chère et respectable communauté.”
La Mère M. Lse. Taschereau de St. François-Xavier, élue pour la première fois dépositaire en 1788, débutait ainsi :
(1) Les frères Montgolfier faisaient vers ce temps leurs premiers essais pour l'ascension des aérostats,
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‘ Ma très-révére de Mère,—Voici, sans doute, une plume et et un nom qui vont vous être tout nouveaux; mais le vôtre, ma très-chère et vénérée Mère, ne l’est pas pour moi. Depuis près de 25 ans que je suis en Religion, j'ai toujours entendu mes ancicnnes Mères s'exprimer sur nos obligations à l'égard de nos Mères de Paris, en particulier de la Rév. Mère Ste. Saturnine, notre Dépositaire en France. Ilest donc ineffaçablement gravé dans ma mémoire, ce cher nom; les sentiments respectueux et reconnaissants dont mon cœur est pénétré me le rendent toujours présent: mais avec quelle nouvelle vivacité de sentiments n’y penserai-je pas, maintenant que le sort m'a mise dans un poste qui me procure l'honneur de correspondre avec vous, et de ressentir plus particulièrement nos obligations envers votre chère communauté...
“ Oui, ma chère Mère, c’est avec justice que nous mettons toute confiance en vous. Nous reconnaissons que vous prenez le même intérêt à ce qui nous concerne, que si nous avions l'honneur de vous avoir pour membre de notre communauté; aussi notre gratitude en sera-t-clle éternelle.
“ Recommandez-moi, je vous prie, aux prières de votre fervent noviciat, moi pauvre dépositaire qui suis sans talent pour cette charge, mais qui espère tout de la grâce de Dieu...”
‘ Il est vrai que votre plume et votre nom m'ont été nouveaux,” répondait la Mère Ste. Saturnine ; “ maïs la politesse de votre style et les sentiments de reconnaissance dont votre lettre est toute remplie, ne font que me confirmer dans l'assurance que vous ne faites toutes qu'un même esprit,
‘“ Je vous en prie, ma chère Mère, ne mettez pas à si haut prix les petits services que je me fais un vrai plaisir de vous rendre; il n’y a que la persuasion que j’ai autant de zèle pour vos intérêts que s'ils étaient les nôtres que je vous prie de conserver. Il est certain que je ne fais aucune différence des vôtres aux nôtres...
“Je ne vous parle pas de nos misères, il faudrait une main de papier et plus d'une semaine de repos pour vous en faire le détail...
“ Votre patron St. François-Xavier nous a protégées sensible-
ment eu obtenant à une de nos anciennes dépositaires, (1) la première qui fut chargée de votre Procuration après nos pères Jésuites, toutes sortes de bénédictions sur nos affaires. Je prierai de tout cœur ce grand saint de vous en procurer autant que vous en désirez...”
L'amabilité épistolaire n’est pas, il nous semble, d'invention contemporaine. Que nous aimons cette vénérable Mère St. Louis de Gonzague quand, après avoir fait le tour du pays, parlé des Ursulines de la Louisiane et de la Martinique, des amis de France, de la chère maison de Paris, elle jette les yeux sur sa longue lettre et dit: ‘“ Voilà bien du verbiagel!.…...Ah ! si je vous tenais, ma chère Mère, ce serait bien autre chose! C’est à votre cœur si bon, si charitable, que nous adressons la reconnaissance des nôtres...’ Quand la Mère Ste. Saturnine attribue à M. le curé
(1) La mère Marie-Anne Bréauld de St. François-Xavier, fille de M. Chs. Villiers de Bréauld et de Mme. M. Anne Le Moine, née à Paris en 1700, et entrée au noviciat âgée de 17 ans. La mère Ste. Saturnine écrivant au printemps de 1771, #nnonçait sa mort arrivée peu auparavant, ‘Je ne vous ferai pas le détail de ce que nous lui devons, ajoute-t-elle ; je puis dire que nous avons perdu en cette chère Mère tout ce qu’on peut désirer: soit du côté de l'exemple, étant une grande et parfaite religieuse ; soit du côté de la société, ayant un caractère d'esprit d’ure égahté et d’une universalité quiouvraient la confiance et lui conciliaient tous les esprits et tous les cœurs. Elle avait une affection inexprimable pour notre maison et tout notre saint Ordre. Elle nous a fait un bien immense tant par ses talents et son travail, que par son bon gouvernement et l'administration de notre temporel. Nous pouvons dire qu’il n’y a pas eu de religieuse depuis l'établissement de notre maison, et qu’il n’y en aura pas dans la suite à qui nous devions plus de reconnaissance. Je la recommande à vos prières et à celles de votrechère communauté... .’’ On répondait de Québec : { Rien de plus triste pour nous que d'apprendre la mort de la chère Mère St. F. Xavier. Cette nouvelle nous a d'autant plus consternées que nous avons perdu en elle une amie sincère, toute dévouée aux intérêts de notre communauté. Nous prions pour elle comme pour une de nos sœurs, la reconnaissance l’exige.”?
La supérieure alors à Paris était la Mère M. Marg. Le François de Ste. Ursule, native de Proyart, diocèse d'Amiens, fille de M. Honoré . Le François, Receveur du prieuré de Lihons et de Mme. Marg. Frion.
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de St. Aubin la plus grande partie de ses succès, on lui répond : ‘Si la reconnaissance nous dicte des sentiments de gratitude envers ce cher curé de St. Aubin, quels ne sont pas ceux qui nous animent à votre égard? Nous les exposons tous les jours au Cœur de notre adorable Sauveur, ui seul est capable de vous réconpenser selon l'étendue de votre charité et du bien que vous nous faites.”
Mais il en faut finir, quelque regret que nous éprouvions de laisser en arrière tant de belles et bonnes choses. Nos lectrices se complaisent comme nous, sans doute, dans ce repertoire de suaves et saintes pensées, que la plume de nos chères Mères nous à transmises sous les formes les plus attrayantes et comme à l'insu de leur esprit. Qui ne sait ce qu'est une correspondance intime, de famille par exemple, où les cœurs ouverts l’un pour l’autre, sans intérêt personnel, sans nolitique insidieuse, sans étiquette forcée, se parlent et se comprennent au moyen d’une feuille de papier et d’une plume; mais nos lectrices ignoraient peut-être jusqu’à quel point ce charme pouvait être commun aux familles religieuses. Nous oserions dire qu'il a quelque chose de particulièrement doux, entre personnes enrôlées sous la même bannière, liées par les mêmes
La mère Ste. Ursule mourut en charge au mois de février 1773, âgée de 58 ans, et après cinq mois d’une douloureuse maladie. ‘ Cette mort nous a d'autant plus affligées, disait la Mère Ste. Saturnine, que cette chère Mère, par ses vertus et ses talents, méritait toute notre estime et notre confiance. Elle était dépositaire quand le R. P. de Launay nous a remis vos affaires.” Les élections faites à la mort de la mère Ste. Ursule, mirent en charge la Mère Laugier de Beaucouse de l’Assomption, fille de M. Ls. François de Beaucouse, chevalier, seigneur de Beaucouse et en partie de Thoard, et de Mme. Elis. de Bertet de la Cluë, née en 1722 et baptisée à Thoard, diocèse de Digne. ‘Notre Mère Supérieure, écrivait en 1786 la mère Ste. Saturnine, est la mèva de l’Assomption, qui l’a déjà été il y a douze ans. Elle est tré’ 3: tée de la qualité que vous lui attribuez de Mère commune, et s'unit de tout son cœur à votre charmante Mère St. Louis de Gonza: gue.'' La mort de cette vénérable Mère ne se trouve pas enregistrée. Plus que septuagénaire lorsqu'elle se vit chassée du cloître, elle mourut probablement de douleur, dans quelque asile inconnu où elle avait fui la Terreur.
devoirs, ct dont les cœurs, sans cesse élevés vers Dieu ct dilatés au feu de la charité divine, ne donnant aux considérations terrestres que l'attention nécessaire, sont toujours prêts à s'épancher en sentiments de gratitude et en nouveaux désirs d'obliger. Point d'étude de style; tout a ce ravissant caractère d'abandon et de simplicité qui séduit jusqu’à faire voir à ses côtés la personne qui parle; on sourit avec elle ou l’on pleure, selon le sentiment qui fait mouvoir la plume.
Nous voici maintenant à la grande catastrophe qui va rompre si brusquement avec les vieilles traditions de la France chevaleresque et chrétienne, et jeter jusque sur nos rives lointaines les : débris attristés de l’ancienne mère-patrie.
Dernières correspondances,
Dans une de ses dernières missives, la Mère Ste. Saturnine écrivait: ‘“ Nous avons grand besoin du secours de Dieu. Demandez-lui, chère Mère, qu’il nous regarde encore dans sa miséricorde. Nous avons perdu un grand appui auprès de Notre- Seigneur, dans la personne de Mme. Louise; elle était notre consolation et notre espérance. Sa mort inattendue nous fait craindre que Dicu ne nous l'ait ôtée que pour nous châtier plus sévèrement. Le plus consolant pour nous est de travailler à nous rendre saintes. Que nous serions heureuses si en redoublant de ferveur, nous obtenions l’anéantissement de tous les systèmes diaboliques du jour! Dieu fasse la grâce à notre pauvre France de conserver le beau nom de royaume Très-Chrétien, et puisse notre bon Roi conserver celui de Fils aîné de l'Eglise ! ”
Les anges qui se prosternaient ainsi devant Dieu étaient sans doute exaucés par la fidélité dont Dieu allait les couronner au milieu des plus terribles épreuves, et par le beau et grand spectacle qu'allaient offrir toutes les âmes fidèles; mais quant à la patrie, elle devait subir le châtiment qu’elle s'était attiré, ou plutôt être rafraichie par le sang des martyrs. On sait dans quel abîme de maux éclata la philosophie déshonorante du 18e siècle, et ce que devint la France et tout ce qui jusque là avait fait sa grandeur et sa gloire, quand le glaive tranchant de la Terreur s’appesantit sur elle.
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Cependant les Ursulines de Paris, tout en tremblant pour cllesmêmes, trouvaient moyen de s'intéresser vivement à nos affaires pécuniaires. Voici la dernière lettre que l’infatigable Mère Ste. Saturnine nous adressa de sa main vénérable; elle est en date du 18 février 1791.
“Ma très-chère Mère, —J'aiun million de pardons à vous demander de toutes les inquiétudes que mon silence vous a occasionnées, et j'ai besoin de toute votre indulgence pour obtenir grâce. Plusieurs raisons ont contribué à mon silence : 10. Je ne savais pas encore quel sort vous auriez dans tous les bouleversements qui se faisaient, et je craignuis de donner connaissance de vos biens; 20. Les rentes sur l'Hôtel-de-Ville ne se payaient pas, et j'ignorais quand elles serait payées. Vous verrez par l’état que je vous envoie qu'elles ne l’ont été qu'au commencement de l'hiver. Quant à votre sort, vous êtes continuées dans la jouissance de vos biens situés en France comme par le passé, en qualité d’étrangères, Pour le présent, le fermier doit deux années, qui écherront au premier mars prochain : l’une est de 1250 liv., l’autre, de 1300. Le bail a commencé sur ce pied au 1 mars 1790. Cela fait 2550 liv., que le fermier m'a promis de payer dans le cours du mois de mars prochain. Quant aux rentes sur l’Hôtel-de-Ville, j'ignore encore si on les payera par six mois, ou par l’année entière; dans ce dernier cas, cela vous ferait à ajouter 1398 liv.
“ De plus, ma chère Mère, je vous préviens que messieurs les payeurs ne payent qu’en billets; si par malheur ils venaient à diminuer, je serais bien embarrassée. Je voudrais pouvoir les faire passer; mais ne recevant, tant du pensionnat que de nos revenus, que ces mêmes billets, je ne puis réaliser ma bonne volonté. Si vous pouviez, sans vous mettre trop à l’étroit, ne tirer qu’environ 3000 liv., cela pourrait nous garantir de tout embarras, et ne ferait que reculer la réception de vos fonds. Nou :ommes dans un temps qui n’est pas favorable aux dépositaires, et qui est bien triste pour les propriétaires ; nous avons besoin de foi et de coufiance ...Je ne vous parle pas de ce que nous éprouvons, la voix publique peut vous en instruire assez.
‘ Notre Mère Supérieure et toute notre communauté vous assu: rent de leur sincère attachement et se recommandent à vos prières.
‘M. Ody m’a remis votre lettre. Je suis bien sensible et reconnaissante de la part que vous prenez à notre position, Ce n’a pas été sans de grands regrets de ma part, que mon silence vous a occasionné toutes ces inquiétudes; il n’y avait pas de jour que je ne pensasse à vous. Mais quand nous manquons de faire partir nos lettres dans le courant de ce mois (février), nous n’avons plus d'occasion. Le temps ne me permet pas de vous en dire duvantage. Soyez persuadée, ma chère Mère, de toute ma bonne volonté en tout ce qui dépendra de moi et pourra vous intéresser. Soyez aussi, je vous prie, mon interprète auprès de votre chère communauté, aux prières de laquelle je me recommande; j'en ai double besoin. Croyez-moi pour la vie avec le plus sincère attachement, votre ete. Sr. Ste. Saturnine.”?
Les Ursulines de Québec qui, depuis deux ans, n'avaient eu d’autres nouvelles que celles des bouleversements qui changeaient l'antique physioncuie de la France, nous révèlent dans la réponse suivante les sentiments qui se pressaient dans leurs cœurs. I] nous semble difficile de trouver unc expression mieux sentie et plus touchante de joie et de gratitude, mêlées d’une douloureuse anxiété sur le sort de personnes chères.
. Ursulines de Québec, 1791.
‘ Ma Révérende Mère,—Je n'ai point d'expressions assez vives pour vous rendre la joie que nous causa la réception de vos aïmables lettres, qui nous furent remises le 25 mai. Ce fut d’abord un cri de joie par toute notre maison: ‘ Des lettres de France ! des lettres de France!” Je ne voulus point ouvrir la mienne sans donner le temps de s’assembler, pour avoir la satisfaction d'en entendre la lecture; mais vous le dirai-je, ma chère Mère? Il se fit dans toute ma nature une si grande sensation, que je fus obligée d'en céder la lecture à une de mes sœurs, pour donner cours aux larmes que la joie et la reconnaissance envers l’aimable Providence faiss'ent verser de mes yeux. Notre Rév. Mère Supérieure et moi courûmes faire part de la bonne nouvelle à M, Gravé notre digne confesseur qui, en ce moment, était à notre confessionnal, et qui, quelques minutes auparavant, m'avait demandé si j'avais reçu de vos lettres, ajoutant qu'il fallait m’attendre à la perte de ia plus grande partie de nos fonds. Il fut agré-
ble et recon- Ce n’a pas ilence vous a e jour que je e faire partir ; n’avous plus n dire duvante ma bonne pus intéresser.
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ablement surpris de la bonne nouvelle, et sa joie et la nôtre devinrent communes. On lui offrit de prendre quelque chose. “ Volontiers, dit-il, je vais boire à la santé de la Mère Ste. Saturnine ! ” Ce qu'il ñt avec plaisir, et que nous reçûmes avec satisfaction, Je vous dirai, ma chère Mère, que je flottais entre la crainte et l’espérance ; mais je ne pouvais croire que l’on nous laisserait dans l'entière possession de nos fonds, et j'en avais déjà fait le sacrifice.
“J'avais surtout beaucoup d'inquiétude de votre position personnelle et de toute votre maison; votre lettre m'assurant de votre conservation, m'a mis le baume dans le sang. Hélas! ma chère Mère, si les gazettes disent la vérité, nous avons grand sujet d'avoir de l'inquiétude pour votre maison et de vous souhaiter en Canada !
‘Je m’estime heureuse de pouvoir tirer 3000 liv., après avoir été dans la crainte de tout perdre.......Nous sommes des plus sensibles et vivement reconnaissantes du zèle de M. le Curé de St. Aubin pour nos intérêts. Témoignez-lui de nouveau, je vous prie, notre parfaite gratitude, et les vœux que nous adressons pour lui au ciel. Nous bénissons Dieu de ce qu'il jouit d’une bonne santé; qu’il plaise au Seigneur de le conserver de longues années ! Pour vous, ma respectable et chère Mère, que n’aurais-je pas à vous dire sur la vivacité de nos sentiments! Ma plume ne saurait vous en rendre la plénitude ; nos cœurs sont tout remplis de reconnaissance pour vous et votre respectable Communauté; le mien en particulier se répand en actions de grâces, et prie tous les jours pour notre bienfaitrice, à qui je souhaiterais prouver ma respectueuse affection...”
Notre Dépositaire disait, dans sa lettre du 29 sept. 1792, (la dernière qui nous soit revenue) : ‘ Nous désirions vos lettres avec empressement, étant très-inquiètes de votre position. Nous ne le sommes pas moins maintenant que les papiers publics nous annoucent la guerre par toute la France. Nous espérons pourtant que Dieu bénira l'intention des couronnes qui la déclarent, étant pour la bonne cause, et que le résultat sera de remettre tout dans l'ordre. Cependant, nous craignons beaucoup qu’elle ne vous cause un terrible bouleversement. Cette pensée qui nous afflige
et qui fait le sujet journalier de nos entretiens, rous fait continuellement réfléchir sur notre situation présente......priant notre bon Sauveur qu’il vous préserve des dangers de la guerre...
“Veuillez faire og. * l'hommage de notre profond respect à votre Rév. Mère Supérieure et à toute votre chère communauté, pour laquelle notre reconnaissance est sans bornes. Quant à moi, ma chère Mère, permetiez que je vous embrasse dans l'adorable Cœur de Jésus...”
des Annales suppléent à la correspondance—Drières pour l'Zalise,
On n'avait que trop raison de s'inquiéter du sort de ces chères Mères qui, par leur position au centre de la capitale, et par leur profession ouverte d'enseigner la piété, avaient tout à redouter ; car 93 et son hideux cortége avait paru. Ne recevant aucune missive de cette communauté si chère, nos Mères transmettaient avec cffroi à la postérité les tristes échos des malheurs de la France.
‘ Ce serait ici, écrit en 1794 l’Annaliste, le lieu de parler de cette fatale et terrible Révolution qui a amoncelé tant de maux sur l'Eglise et sur le genre humain; mais la matière est trop vaste, elle exigerait des volumes. Je me contenterai de tracer ici qu’en s’efforçgant de détruire la Religion, elle a annéanti la monarchie, conduit à l’échafand le Ro; et les plus illustres membres de la famille royale, élevé l’étendara de l’athéisme, détruit les temples, renversé les autels, pillé et profané les vases sacrés, massacré les prêtres, dépeuplé les cloîtres, en un mot, causé tant de maux et tant d’horreurs que la plume rougirait de les tracer. Cependant, la France n’est pas encore à la fin de ses malheurs; la guerre qui est allumée dans toutes les parties de l’Europe, menace tout le globe d’un embraseinent géntsal. Le Canada est presque le seul pays exempt de ce fléau. Nous en sommes redevables à la protection de Dieu, qui a daigné regarder cette province d’un œil de miséricorde, Qu’à jamais nous lui en rendions de dignes actions de grâces ! ”
Cependant aucune nouvelle ne parvenait aux Ursulines de Québec, que celle des maux que causait cet épouvantable
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déchaînement des passions humaines. Hn vain demandaient elles ce qu'étaient devenues dans la tourmente leurs chères Ursulines de Paris.
‘ La guerre en Europe, disent les Annales en 1797, continue toujours avec la même fureur. Les gazettes nous apprennent que les Français sont entrés en Italie et y mettent tout à feu et à sang. Ils sont aussi entrés dans Rome et en ont enlevé toutes les richesses. Le St. Père aa obtenu la paix qu'à force d'argent, Dieu veuille au moins que cetie paix soit durable ! ”?
Un nouveau sujet de larmes allait percer les cœurs chrétiens et éveiller toute le sensibilité de nos Mères. Voici comment elles en parlent :
Nous apprenons, par les papiers publics, que les Français sont de nouvea” entrés dans Rome. Ils investirent aussitôt le château St. Ange et firent le Pape prisonnier. Ils plantèrent l'arbre de la liberté le jour où S. S. célébrait l'anniversaire de son élévation à la chaire papale. Ce fut le 15 fév. 1798, qu'un calviniste vint lui annoncer que son règne était fini. Le Souverain Pontife leva les yeux au ciel et se résigna à son sort, soutenant ce revers avec une force et une fermeté digne du successeur de St. Pierre. Je passe sous silence tout ce qu’il a eu à souffrir pendant sa détention; je mentionnerai seulement qu'après avoir pillé le palais pontifical et les appartements du Pape, lui ôtant jusqu’à son anneau, ils obligèrent ce vénérable Pontife à sortir presque aussitôt de Rome, sans aucun égard pour son grand âge (81 ans), ni pour sa dignité de Pasteur universel de l'Eglise, et le transférèrent à Sienne, ville d'Italie.
“ Notre communauté, sensible aux maux que souffre l'Eglise en la personne de son chef, fait'des prières journalières pour fléchir la colère de Dieu, lui demandant qu'il daigne remettre sur son siége N. S. P. P. et qu'il fasse cesser le fléau de la guerre, qui désole toute la chrétienté et fait périr tant de milliers d’âmes. Nous disons tous les jours à cette intention les Litanies des Saints, et chacune de nous (1) pratique une mortification particulière.
(1) Dans toutes les occasions où quelque épreuve frappe le pays ou l'Eglise, nos mères ne manquent jamais de se rappeler qu’elles ont un double devoir à remplir envers la société chrétienne. Outre le
“Il faut renfrer que Dieu bénira les armes des alliés, et réprimera € « orgucilleuse et sanguinaire qui semble n'avoir plus de l'humanité que la figure et la forme.”
Un tardif ct douloureux écho,
On sait par l'histoire quelle fut pour l'Eglise l'issue merveilleuse de ces grands événements, Quant aux chères Mères de Paris, on en attendit longtemps des nouvelles, Enfin, en 1802, des lettres nous furent remises. C'était bien le cachet de Paris, mais le papier en était jauni comme des dépêches d'ancienne date, En effet, portées à Londres par des émigrés français, ces lettres étaient restées pendant neuf ans ignorées au fond d’une boutique, par la négligence des commis qui les avaient reçues. Avec quelle émotion ne parcourut-on pas ces lignes, écrites si longtemps auparavaut au milieu des angoisses de l'inquiétude et de l'exil! quelles larmes sincères ne donna-t-on pas aux maux cruels de cette chère et vénérable Môre Ste. Saturnine, qui finissait loin de son cloître chéri, une vie qu’elle y avait si généreusement sacrifiée au service de Dicu et du prochain.
La première lettre était de la Révérende Mère de Lauge de St. Augustin, supérieure du Grand-Couvent de Paris. Elle s'exprimait comme suit :
Ce 10 de l’an 1793.
“ Vous n'ignorez pas, ma chère et révérende Mère, les malheurs qui accablent notre triste patrie, depuis cette révolution dont nous ne voyons pas la fin. Les pauvres religieuses, sans exception, ont été chassées de leurs maisons et dispersées. Après avoir été dépouillées de leurs maisons, de leurs titres, de leurs rentes, et géné-
tribut de leurs efforts dans la grande cause de l'éducation, vierges consacrées par l’Église, elles doivent aussi élever leurs mains suppliantes vers le ciel pour en appeler des bénédictions sur le peuple. Nous avons surtout trouvé touchante la pratique d'accompagner nos guerriers à La manière de Moïse, dans les luttes importantes. Quelle ferveur dans ces prières à la Ste. Famille, à St. Joseph, ces commu nions, ces pénitences, ces adorations perpétuelles, ces memorare, à l'issue de la messe, récités en commun et les bras en croix, pour implorer l'assistance divine !
Iliés, et réprimble n'avoir
issue merveiles Mères de fin, en 1802, het de Paris, ancienne date, is, ces lettres une boutique, Avec quelle ngtemps aupaet de l'exil!
cruels de cette ait Join de son nt sacrifiée au
+: de Lauge de Paris. Elle
an 1793.
e, les malheurs tion dont nous exception, ont s avoir été dérentes, et géné-
cation, vierges rs mains supsur le peuple.
compagner nos rtantes. Quelle h, ces comimumemorare, à in Croix, pour
ralement de tout ce qu'elles possédaient, on les a réduites à une modique pension, qu'on leur paie très-mal, et souvent point du tout, C'est où nous en sommes, ma très-chère et révérende Mère, Voilà l’esquisse abrégée de nos malheurs..…...Celui de ne plus vous être bonnes à rien dans ce moment nous est bien pénible, Nous avons votre procuration pour recevoir vos rentes, et nous ne pouvons plus nous en servir; c'est ce qui me fait vous demander qu'aussitôt cette lettre reçue, vous envoyiez une procuration toute semblable à la nôtre, que je vous envoie à cet effet, Vous y mettrez le nom de A, Frs, de Gournay, citoyen, rue St. Jacques, vis-û-vis St. Magloire. Nous lui avons remis vos contrats, qu'heureusement nous avons sauvés du pillage, et nous l'avons prié de s'en charger ainsi que de votre procuration. Il faudra y ajouter le pouvoir de la faire passer à un autre en cas de besoin, Cette clause est pour vous faire éviter des pcines et frais pour l'avenir, Au reste, ma chère Mère, je puis dire avec vérité que vos intérêts sont entre les mains d’une personne en qui nous avons la plus grande confiance, et qui la mérite par sa probité, sa science, son habileté, son activité, ct généralement tout ce qui rend un homme solide et eatimable en tout point,
La mère Ste. Saturnine, qui est plus L trticulièrement connue de vous, est pour le présent résidente dans un village à deux lieues de Paris; je l'ai été voir, tant par amitié que pour des affaires de notre maison, avec le Monsieur dont je vieus de vous parler. Elle nous à fait part de la dernière lettre (1) que vous lui avez écrite, et des offres gracicuses et généreuses que vous lui faisiez, au sujet de notre désastreuse position... Recevez-en, ma chère Mère et mes chères sœurs, nos sincères remercîments. Si nous avions un jour le bonheur de nous réunir, vos gracieuses offres ne seraient peut-être pas à refuser. Je ne parle pas pour la Mère Ste, Saturnine, car elle est très-mal, et c’est cela en partie qui m'a déterminée à l'aller voir. Aujourd’hui on l’a, je crois, administrée, et je pense que lorsque cette lettre vous parviendra, elle ne sera plus de ce monde, c'est pourquoi, ma chère Mère, je lx recommande à vos memento. Je vous demande les mêmes prières pour moi-même, car quoique je me porte bien, ce que je regarde comme miraculeux
(1) Cette lettre ne nous est pas revenue.
à mon âge de 74 ans, et dans ma cruelle position, je pourrais bien aussi n'être plus du nombre des vivants quand cette lettre vous parviendra, La volonté de Dieu soit fuite! Si j'étais plus jeune, il me vient lu pensée que j'irais me réfugier chez vous, où je pourrais vous assurer de vive voix des sentiments de respect et de vénération avec lesquels je suis,
“ Mes Révérendes Mères, Votre ete,
“ de l'Auge de St, Augustin,
“ ci-devant supre, des Ursulines du faubourg St, Jacques à Paris.’
La seconde lettre, écrite trois jours plus tard, contenait les détails suivants :
# Paris, ce 13 janvier, 1793.
‘ Mesdames.—C'est avec les sentiments de la plus vive douleur que j'ai l'honneur de répondre aux deux lettres que vous avez adressées à notre chère Mère Dépositaire, qui est dans un état qui ne me laisse aucun espoir de la conserver. Lorsque vous lui écrivites, les troubles de la France étaient déjà parvenus à votre connaissance ; mais depuis, mes très-chères et très-honorées Mères,
les choses ont pris un caractère de gravité auquel on n'avait pas
lieu de s'attendre, il y a cinq ou six ans. Vous avez sans doute appris avec douleur la dévastation et la destruction des maisons religieuses. La nôtre, une des mieux établies et réglées de la France, n’a point été épargnée. Vos cœurs sensibles et généreux auraient saigné de douleur lorsque, la clôture rompue, nous fûmes obligées de fuir et de nous réfugier chacune où nous avons pu trouver des hôtes charitables. A mon grand regret nous sommes toutes dispersées. Plaignez-nous, chères Mères, et priez notre divin Sauveur de nous accorder la grâce de faire un saint usage de la rude épreuve à laquelle il nous a mises. Notre maison fut pillée, nos contrats enlevés, ainsi que tout ce que nous possédions: maisons, fermes, terrains ete. Au milieu de tous ces malheurs, la Mère Ste. Saturnine a remis à une personne de confiance, et dont la‘probité est intacte, toutes les pièces et autres effets qui vous appartenaient, ne pouvant plus rien gérer en fait d’affaires. Vous n'avez, Mesdames, aucune crainte À avoir, il mettra à vos affaires le même zèle qu'il employait aux nôtres. La
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Mère Dépositaire lui a tt expliqué avec exactitude; il vous enverra un modèle de procuration, tel qu'il convient que vous la fassiez faire, Si la Providence permet que nous soyons assez heureuses pour pouvoir vous rendre par la suite les mêmes services que ci-devant, avec quel plaisir nous reprendrons le soin de tout ce qui vous appartient ! Qui, nous aurons une joie indicible à donner nos soins à tout ce qui vous concerne, Quant au présent, mes très-chères Mères, soyez persuadées que vos intérêts ne peuvent être en meilleures mains que celles du Monsieur qui se charge de vous faire parvenir la présente ; la Mère Ste. Saturnine me dit que je ne saurais trop vous en réitérer l'assurance,
“ Cette chère Mère a ressenti vivement le coup dont nous avons été frappées ; je me suis dévouée à elle, et l'ai suivie à quelques lieues de Paris, dans un réduit tranquille et étroit. Depuis le mois de septembre 1792, elle va toujours en déelinant; elle est atteinte de fièvre putride, et ses 79 ans ne nous laissent aucune espérance de la conserver, Elle est très-souffrante, mais douce, patiente, et résignée aux ordres de notre divin Maitre, Elle me sert de sujet de méditation journellement, Je vous demande la grâce de redoubler pour elle vos prières, mes trèschères Mères, eile pense souvent à vous, et parle toujours de ses sœurs de Québec, de manière à faire connaître l'attachement qu'elle vous porte. Hlle m'a dit que si elle se trouvait dans la nécessité d’user de vos offres obligeantes, elle le ferait avec bien de la reconnaissance. Je partage ses sentiments; nous les partageons toutes. Quelle différence de notre situation actuelle, avec celle du temps où nous pouvions faire des heureux! Enfin, mes très-chères Mères, il faut adorer, et se soumettre aux ordres d’une Providence qui veut tout faire pour nous sauver.
“ Nous ne pouvons vous donner des nouvelles du respectable ecclésiastique dont vous faites mention dans vos lettres ; il est difficile de se procurer des renseignements sur ces messieurs, ct de savoir ceux qui ont échappé au massacre du 24 septembre 1792. Nous ne voyons aucun de ceux que nous connaissons. M. notre confesseur et nos deux chapelains y ont péri entre beau-
‘ coup d’autres. Je ne puis entrer dans de plus longs détails. Si
vous voulez nous faire la grâce de nous donner de vos nouvelles,
je vous en aurai une sensible obligatiôn. Vous voudrez bien adresser vos lettres à la personne qui se chargera de vos affaires, et qui me les fera remettre 1là où je serai, car je ne puis répondre quel sera mon domicile pour lors. Demandez pour moi, mes chères Mères, l'abandon à la volonté du Seigneur, et soyez toujours, je vous le demande instamment, convaincues des sentiments de respect et de vénération avec lesquels # Jai l'honneur d’être, Mesdames, “ Votre très-humble et très-obéissante sœur et servante, “ P. de B. (1) dite Sr. Ste. Cécile.”
Il n'y a pas de commentaire à faire sur ces lettres admirables de résignation; le sentiment de grandeur d'âme et de profonde piété qu’on y respire, dit assez quel était l’esprit éminemment religieux de ce célèbre Grand-Couvent de Paris. Pour nous, cet empressement à sauver nos papiers du vandalisme régnant, tandis que les leurs furent dispersés en tout sens par la tempête, nous est un témoignage attendrissant de cette vraie et pure amitié qui s'occupa de nos intérêts, au milieu même des ombres de la mort.
Verrons-nous dans le dépôt de leurs manuscrits qui nous a été confié d’une manière si providentielle, une récompense de leur fidélité à sauvegarder les nôtres ? Nous l’osons penser; car nulle
(1) Thérès-Marie-Barbe Picard de Beaucacourt de Ste. Cécile, native de Paris, alors âgée de 42 ans dont 20 de profession religieuse. La dernière professe avant la Révolution fut Mile. Elis. Dausse, fille de M. P. Et. Dausse, sculpteur marbrier, et de Mme. Elis. Cath. Adam. Elle était native de Paris, et prononça ses vœux en juillet 1788, sous le nom de Ste. Clotilde. La dernière survivante des professes du Grand-Couvent du faubourg St. Jacques, avant la Révolution, fut la Rév. Mère M. Marg. Givodin de Ste. Angèle. Elle était native de la paroisse de N, D. de Goïix, diocèse d'Auxerre. Elle est la première de la maison de la rue St. Jacques qui ait porté en religior le nom de la fondatrice de l’ordre. Elle le prit à sa vêture en 1770. M.leG. V.Ths. Maguire, notre ancien chapelain, fit sa connaissance au mois de mars 1835, à son retour de Rome. Elle était alors en pension à l’abbaye aux-Bois. ‘Quoique âgée de 85 ans, dit-il, cette dame conservait beaucoup de fraîcheur et de santé, et surtout une aimable vivacité d'esprit qui rendait ses conversations très-intéressantes.”?
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part, ils n’eussent été accueillis avec autant d'amour et arrosés de larmes aussi brûlantes de gratitude.
La vénérable Mère Ste. Saturnine, deux jours après la lettre de sa charitable infirmière, avait terminé son exil et ses souffrances; elle était entrée dans le lieu de la consolation et du repos. Quant à la vénérable supérieure, la Mère St. Augustin, (1) la Terrevr étant passée, elle parvint à rallier les membres dispersés de sa famille ; ce fut au milieu de ses chères filles et dans son Monastère, qu’elle rendit dans le cours de l’année 1797, sa belle âme à Dieu.
Nous parlerons plus tard des nouvelles épreuves qui devaient assaillir et ruiner les espérances des ces dignes filles d'Ursule.
$ 6.—cE QU’IL ADVINT LE LA FERME D'ALENÇON ET AUTRES REVENUS DE FRANCE.
La lettre suivante de Mgr. Plessis à M. Eimery, Sup. de la Congrégation de St. Sulpice à Paris, eu date du commencement de l’année 1801, montrera dans quelles perplexités se trouvaient les Ursulines de Québec par le retard des missives écrites en 1793.
‘ Dans la lettre du mois de décembre dernier, (1800), dont vous m'avez honoré, disait Mgr. Plessis, vous avez eu la complaisance de m'offrir vos services. Voici une affaire où j'en ai besoin. Il s’agit de nos Ursulines de Québec qui avaient, avant la révolution, des revenus en France, consistant partie en rentes sur l'Hôtel-de-Ville de Paris, partie en loyers d'une ferme située à St. Aubin. Ces rentes et ces loyers étaient annuellement perçus par les Ursulines de la rue St. Jacques. Celles de Québec, informées chaque année de la somme qu’elles avaient en caisse à Paris
(1) La Rév. Mère Marg. de Lauge de St. Augustin était fille de Frs, de Lauge Ecr. premier huissier du Parlement et payeur des rentes, et de Mme. Marg. Ruel. Admise au noviciat des Ursulines en 1741, son père à sa profession donna environ 12,000 lis. de dot, Dépouillée de tout dans sa vieillesse, elle vit le pillage de son Monastère et la dispersion de ses sœurs ; son cœur fut brisé de douleur, mais son esprit ne cessa jamais d’être parfaitement soumis à Dieu et resta ferme. Elle mourut à l'âge de 78 ans.
en recevaient le montant à Québec en rétributions de messes, dont elles faisaient passer les intentions aux Ursulines de Paris, et cellesci les faisaient acquitter au moyen de l'argent dont elles étaient dépositaires.
“ Les choses ont été ainsi jusqu'en 1792. A cette époque, la Mère Ste. Saturnine, l’une des dites Ursulines de la rue St. J'acques à Paris, donna avis qu’elle avait par devers elle une somme de 3037 liv. 5s. aux Ursulines de Québec. Celles-ci, craignant de s'engager trop si elles recevaient des rétributions de messes pour tout le montant, se bornèrent à en recevoir pour 1350 liv. 10s., et dans le cours de la même année, elles en firent passer les intentions à la dite mère Ste. Saturnine.
‘ Comme elles n'ont eu depuis aucune nouvelle de cette religieuse ni des autres du même Monastère, elles ne savent ni si ces messes ont été célébrées, ni même si la Mère Ste. Saturnine a reçu leurs lettres de 1792, ni enfin ce qu'est devenu le reliquat du dit dépôt de 3037 liv. Sur tous ces points elles désirent impatiemment être éclaircies. Je me flatte qu'étant sur les licux, vous pourrez mieux que qui que ce soit faire les recherches nécessaires. Je vous prie instamment de me faire part de ce que vous aurez appris sur cette affaire qui inquiète leurs consciences. Car il est certain que si les messes n'ont pas été acquittées, ces Dames sont obligées de rembourser les 1553 liv. 10s. aux particuliers dont elles les ont reçus.
“ J'ai eu dernièrement le plaisir de voir tous vos messieurs de Montréal. Ils continuent d'édifier ce diocèse par leur zèle, et de l'éclairer par leurs excellents principes.”
M. Emery se hâta de répondre par une lettre des plus obligeantes en date du 5 janvier 1802, dont voici quelques extraits.
“ Les Religieuses Ursulines ont été, comme toutes les autres, chassées de leurs maisons et dépouillées de leurs biens. Celles de la Rue St. Jacques ont depuis loué leur maison de celui qui en avait été l'acquéreur. Elles s'y sont réunies au nombre de douze à quinze, et y ont formé un pensionnat considérable. Elles me sont très-connues, je les vois très-souvent.
“ Elles m'ont Git qu'elles connaissaient l’homme d’affaires dont se servait la Mère Ste. Saturnine pour les affaires des Ursulines
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de Québec. Je me suis aussitôt transporté chez-lui ; il m'a dit que la Mère Ste. Saturnine l'avait fait appeler, dans le lieu où elle avait eu sa dernière maladie, et lui avait remis ses registres, qu'il m'a montrés après les avoir tirés d’un lieu où il les avait cachés durant la terreur. Je renferme dans cette lettre la note qu’il m’a donnée. Il est vraisemblable que ces dames n’ont pas reçu les 1900 livres; en conséquence, l’on poursuivra ce M. M.........Des assignats qui sont devenus de nulle valeur, perdaient alors assez peu; heureusement l’homme d’affaires a un reçu de M. M... en bonne forme. Les rentes sont aujourd’hui réduites aux deux tiers: mais ce tiers-est bon à percevoir, et sûrement, vos dames le percevront dans la suite. Il ne s’agit que de savoir si l’on voudrait leur payer les arrérages, et il conviendrait que vos dames envoyassent une procuration, Cette procuration doit être la plus étendue possible, encore je ne sais si elle sera suffisante pour toucher les rentes, car on se sert de tous les prétextes possibles pour éluder ou différer le paiement. Il faudrait aussi savoir à qui ces dames donneront leur procuration, avec faculté de substituer. La dépositaire actuelle des Ursulines de la rue St. Jacques, est Mine. Renaud. Elle est active et intelligente ; l'houme d'affaires s'appelle de Gournay; c'est un fort honnête homme, on pourrait le charger de la procuration, ou bien Mme. Renaud pourrait s’en servir, comme faisait la Mère Ste. Saturnine. La ferme de St. Aubin a été vendue, mais M. de Gournay a sauvé tous les titres, qui sont encore en ses maïns. En général, l'on ne revient point sur les ventes faites par la Nation, quelque irrégulières et injustes qu'elles aient pu être. Mais la Nation vous place sur le grand livre, c'est à dire, qu’elle vous fait une rente dont elle ne vous paie que le tiers ; enfin, ce tiers est quelque chose. Je pense que plusieurs communautés ou particuliers, :1 Canada comme en Angleterre, doivent être dans le cas des Ursulines de Québec. Nous avons à Paris des Irlandais et des Anglais, qui réclament pour leurs établissements ecclésiastiques vendus, Je leur parlerai et leur demanderai ce qu'il y aurait à faire dans le moment, et avant que vous ayez pu agir de votre côté. Il suffit que vous vous intéressiez aux Ursulines de Québec, pour que
je m'y intéresse moi-même. D'ailleurs, il s'agit d’une œuvre T
excellente, et j'ai beaucoup de vénération pour les Ursulines de Québec, qui, sans doute, ont hérité des vertus éminentes de la Mère Marie de l'Incarnation leur fondatrice...”
Sur les entrefaites, c-à-d. au printemps de 1802, arrivaient les lettres en retard déjà citées, avec une troisième de M. de Gournay, en date du 20 janvier 1793, contenant les détails suivants :
‘# Madame,—Les dames Ursulines du faubourg St. Jacques, à Paris, qui m'ont toujours honoré de leur confiance, m'ont engagé à me charger de vos affaires de France, et m'ont remis à cet effet les titres de la ferme que vous possédez en Normandie, ainsi que vos contrats sur l'Hôtel-de-Ville de Paris, avec 3,335 liv. en assignats, J'ai remis la somme de 1900 liv. à M. Merigot, libraire de Paris, pour vous la faire parvenir par son correspondant dont j'ignore le nom. Ce que je sais, c’est que cette personne est 14 même qui vous a remis les 1600 liv., que Mme. Ste. Saturnine vous a envoyées l’année dernière. Si par la suite vous pouvez m'indiquer un moyen pius sûr de vous faire parvenir vos fonds, vous me ferez plaisir. Pour moi, je crois qu’il serait tout simple de tirer sur moi une lettre de change à un jour de vue, laquelle acquittée me servirait de décharge.
& J'ai gardé entre mes mains la somme de 1,353 liv., pour en faire l'emploi que vous avez marqué dans votre dernière lettre à Mme.
Ste. Saturnine, c-à-d. en messes de dévotion, et de plus 49 Liv. 10s. pour les messes de fondation. Elle m’a remis à cette effet vos dernières lettres; je les ferai acquitter par les mêmes prêtres
que ci-devant.
‘Il serait bon, madame, de faire le plus de diligence possible à m'envoyer votre Procuration ; vous trouverez ci-inclus le modèle, il n’y aura qu’à remplacer le nom de ces dames par le mien, Je ne puis voir à vos affaires que Je n'aie cette procuration, et je serais charmé que vous m'accusiez la réception des 1900 liv....”
&« P. S. Vous trouverez ci inclus, une lettre de change à recevoir chez M. Louis Germain, négociant de votre ville.”
Les Ursulines de suite expédièrent la procuration requise, mais toutes les mesures furent inutiles ; le bel héritage d'Alençon en Normandie fut à jamais perdu pour notre communauté. M. le G, V. Maguire, rotre regretté aumônier, fit de grandes por-
Ursulines de ninentes de la
arrivaient les [. de Gournay, ivants :
St. Jacques, à
m'ont engagé mis à cet effet die, ainsi que 3,339 liv. en , M. Merigot, son corresponcette personne me. Ste. Saturla suite vous re parvenir Vos qu’il serait tout un jour de vue,
v., pour en faire à lettre à Mme.
de plus 49 liv., 1is à cette effet s mêmes prêtres
ligence possible nclus le modèle, ar le mien. Je ocuration, et je s 1900 liv.....” hange à recevoir le.”
ration requise, itage d'Alençon ommunauté. M.
de grandes per-
quisitions à ce sujet, dans ses voyages en Europe en 1832 et 34; M. l'abbé J. Holmes, du Séminaire de Québec, s'en occupa également en 1837, avec la plus active bonne volonté; mais l'injustice était consommée. Notre communauté reçut quelque indemnité pour la perte des fonds et des rentes qui avaient été garantis par le gouvernement français: toutefois, les tracasseries au prix desquelles furent achetées ces faibles indemnités, étaient de nature à en diminuer de beaucoup la valeur.