‹ Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 6 sur 70 · OUY · texte numérisé non relu

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$ 7,—OUVERTURE DU PENSIONNAT,—LES URSULINES DONNENT L'HOS- PITALITÉ AU PEUPLE,— QUÊTE POUR LES PAUVRES,

Les Ursulines, abandonnant le présent et l'avenir à l'adorable Providence, ne se virent pus plus tôt déchargées du soin des malades, qu'elles travaillèrent à reprendre les œuvres propres de leurinstitut, interrompues depuis environ quinzo mois, Nous ignorons l'époque précise où les blessés anglais laissèrent le Monastère, mais une lettre du mois d'octobre 1760, nous porte à croire que ce fut vers le commencement du mois de juin, mentionnant qu'à cette date, les rations quotidiennes furent momentanément @mspendues, Cette lettre ajoutait : “ Notre travail nous a procuré quelques douceurs pour nos malades et infirmes ; la santé de nos pauvres sœurs est meilleure. N'ayant plus le soin des blessés, nous allons reprendre notre Institut.”

Au printemps de 1761, on lit dans les Annales : ‘“ Nous avons eu, tout l'hiver, un certain nombre de pensionnaires et beaucoup d’externes. Depuis le mois de janvier, le logement rous a réduites à ne prendre qu'un moyen nombre de ces dernières, en attendant que N. $. décide de notre sort et nous donne le moyen

émigré avec le comte d'Artois. Il était à son bureau, occupé à écrire, quand son valet entra en lui criant : ‘Les assassins viennent de pénétrer dans le château; la vie du Roi et de la Reine est menacée !’’ A ces mots, il jette sa robe de chambre, prend son uniforme, son chapeau à cocarde, son habit et son cordon rouge, et après avoir fait le signe de la croix, sort, l'épée nue à la main, traverse la cour des Princes, toute comble de factieux, se fait jour à travers les flots de la multitude, et dit à la garde nationale : ‘ Messieurs, vous avez laissé entrer des brigands pour attaquer un roi que vous avez juré de défendre !”” Ces paroles réveillèrent le sentiment d'honneur caché au fond de l’âme de ces soldats ; ils se joignirent aux cent gentilshommes, et forcèrent les assassins de se retirer.

de refaire la maison, (celle de Mme. de la Peltrie), quia servi à leurs classes depuis près de 120 ans.”

Pour apprécier à sa valeur le zèle de ces vraies Ursulines, il faut savoir que le Monastère, à cette époque, était encombré de familles honnêtes, qui s'étaient trouvées sans asile et réduites à la dernière misère, par suite des deux siéges désastreux. ‘La saison commençant à être rude, et n’y ayant dans la ville que trèspeu de maisons habitables, nous logeâmes tout l’hiver dans notre Mouastère, beaucoup de monde. La charité nous fit trouver du bonheur à exercer, à l'égard de nos citoyens, l'hospitalité que nous avions reçue de la part de nos chère® sœurs Hospitalières, dans le temps du siége. Plusieurs d’entr’eux, petits et grands, sont décédés dans notre maison, et ont été enterrés dans la cour des externes (1).”

Au printemps de 1761, s’il était plus facile de s’abriter, la misère était encore affreuse; aussi, ‘“ M. notre Gouverneur connaissant l’extrême pauvreté du peuple, fit faire une quête pour avoir des vivres. La somme monta à 8000 livres. On acheta des vivres pour ce montant et on les distribua aux pauvres de la ville et des campagnes.”

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