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charge,” écrivait-elle au R. P. de Launay en mai 1761, “je profite de cette première occasion pour vous présenter mes trèshumbles respects, et vous prier de nous continuer vos bontés en nous recommandant à Dieu. Il est vrai que malgré tous les malheurs arrivés à ce pays, on ne manquerait pas des choses nécessaires à la vie si l’on avait bien de l'argent; mais nous n'avons que celui que nous gagnons aux petits ouvrages en écorce. Tant qu'ils seront à la mode, le gain que nous en tirons nous est d’un grand secours pour vivre, car nous les vendons bien cher à Messieurs les Anglais, et encore ceux qui les achètent paraissent nous en avoir de l'obligation et s’estiment privilégiés, (1) tant ils sont contents d'en avoir. Il nous est impossible en effet, malgré notre ardeur à l'ouvrage, de fournir de cette sorte de marchandise à toutes les personnes qui en demandent.
‘ Je voudrais bien, mon Rév. Père, savoir au juste ce qui nous restera après avoir payé M. ie Capt. J. Barbutt. Suivant ce que vous me ferez l’honneur de me marquer, nous payerons ici quelques dettes, car nous n’en manquons pas et même de bien considérables, dont il n’y a que moi qui aie connaissance et que je ne me presse pas de déclarer à notre Communauté, de crainte de l’affliger.…..."”
O la bonne et tendre mère ! Elle dévore en secret les chagrins et les inquiétudes, attendant de la divine Providence le moyen de remédier à des maux pour le moment inévitables, tandis que ses sœurs, se reposant sur sa maternelle sollicitude, reçoivent par ses soins le nécessaire, se doutant peu de l'anxiété qu’elle éprouve au fond de son cœur.
Remise en charge pour la troisième fois en 1769, le fardeau commença à devenir lourd à ses 55 années de profession religieuse ; cependant, son esprit et son cœur ne vieillissaient pas, comme on en peut juger par la lettre suivante qu’elle adressait aux Ursulines de Paris vers l’automne de 1771. ‘Ma très-révérende Mère,.…...lJ’ai reçu avec toute la reconnaissance possible l'honneur
(1) Ces ouvrages furent longtemps en vogue. On conserve au Monastère le modèle d’un écran envoyé par nos religieuses à la reine Marie Leckzinska, dans les années où Mme. de Beaujeu, sœur di notre Mère Migeon de la Navité, était berceuse des enfants de France,
de votre lettre... Nous avons été sensiblement affligées de la mort de notre respectable Mère de St. François-Xavier, qui nous a prodigué pendant tant d'années ses soins et ses peines, pour nos affaires de France. Nous ne manquons pas de lui donner par nos prières des marques de notre reconnaissance. Nous espérons aussi, chère Mère, qu'ayant l'honneur d’être vos sœurs, et agrégées à votre respectable Communauté, votre charité ne se refroidira pas à notre égard, et qu'il se trouvera encore à l’avenir parmi vous des personnes de bonne volonté pour nous continuer la grâce que nous faisait feu la chère Mère St. F. Xavier, pour qui notre gratitude sera éternelle.
“ Nous vous adressons donc avec notre confiance ordinaire, ainsi qu'au vénéré M. de Villars, une procuration pour notre terre de Harenvilliers..…..
‘Je vous supplie, ma chère Mère, de vouloir bien agréer les assurances du plus tendre et respectueux attachement de notre communauté envers la vôtre; nous voudrions bien vous en donner des marques autrement que par nos paroles, mais nous ne pouvons même trouver moyen de vous faire parvenir certaines bagatelles de ce pays que nous avions le plaisir d'envoyer chez vous autrefois. Quant à nos prières, vous y aurez toujours grande part. Je me recommande instamment à vos saintes prières età cl ce votre très-digne communauté, afin que Dieu m'accorde dar: :21 infinie bonté une bonne mort...”
La vénérée Mère sentait déjà probablement les atteintes de la maladie grave qui la conduisit l’année suivante aux portes du tombeau. ‘ Nous craignons beaucoup que nos élections n’arrivent plus tôt que le 15 déc:” écrivait en oct. 1772, notre dépositaire ; “la maladie de notre vénérée Mère Supérieure devient de plus en plus sérieuse. À l’âge de 76 ans, il y a tout à appréhender......"”" On répondait de Paris au printemps suivant: “Je souhaite que Dieu vous ait conservé votre digne supérieure ; mais ce que vous m'en dites me fait craindre qu'il ne vous en ait privées, pour la faire jouir des récompenses promises aux bons et fidèles serviteurs... .”
Cependant, les supplications des deux communautés réunies avaient été entendues du ciel, et le 15 déc, la Mère de l'Enfant-
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Jésus n'avait été déchargée de la supériorité que pour occuper la place d’assistante, et après six ans, celle de zélatrice, dans laquelle elle passa du temps à la bienheureuse éternité, chargée d'années et de mérites, mais ayant encore trop peu vécu au gré de ses sœurs, qui ont enregistré le souvenir de ses vertus dans les termes touchants qui suivent :
‘ Nous avons eu lieu d'admirer la conduite de la divine Providence sur les âmes que Dieu a prédestinées de toute éternité, dans notre chère et respectable Mère Marie-Joseph-Esther Wheelwright de l'Enfant-Jésus, qui en est un exemple des plus marqués. Il faudrait une autre plume pour décrire les vertus de cette âme chérie de Dieu et des hommes, si ces vertus mêmes et l’exemple admirable qu’eile a donné à cette communauté l’espace de 68 ans et plus, n’était un langage plus éloquent que tout ce que l’on en pourrait écrire. Il est vrai que le Seigneur l’avait douée du plus heureux naturel et d’un tempérament excellent; mais quel saint usage n’a-t-elle pas fait de ces dons pour marcher d’un pas ferme jusqu’à la fin de sa carrière, dans la fidélité et la ferveur, s’attachant à pratiquer exactement les plus petites règles, en ayant toujours fait, disait-elle, son bonheur et sa consolation.
# Tout ce qui tendait à la gloire de Dieu l’enflammait sar: cesse d’un nouveau zèle. Que de peine ne s’est-elle pas donnée zur élever les jeunes filles et les instruire, pendant les nom uses années qu’elle a été maîtresse particulière et maîtresse gér ‘rale ! Si son caractère d'extrême douceur et d’exquise politesse ne lui permettait pas d’avoir une fermeté parfois nécessaire, sa haut. vertu y suppléait et lui a toujours attiré l'affection, l’estim: et le respect de toutes.
4 C’est surtout dans les charges de maîtresse des novices, d’assistarte et de supérieure qu’elle a utilisé sa vertu et ses talents.
‘“ Une petite fistule qui lui avait affaibli considérablement la vue depuis quelques années, fut probablement ce qui la conduisit au tombeau. Voyant qu’elle ne pouvait plus se livrer à ses travaux de brocerie ordinaires, cette chère Mère demanda et obtint de raccommoder nos habits de dessous, s’en acquittant avec une
propreté, une économie et une amabilité qui nous charmaient toutes; mais il n'y a pas lieu de sen étonner quand on sait la
pureté d'intention et l'esprit intérieur qui dirigeait et animait toutes ses actions, Aussi Dieu, qui ne se laisse jamais vaincre par sa créature, l’a-t-il comblée des grôces les plus précieuses, et nous la regardions comme un autre Moïse au milieu de sa famille adoptive. Toujours l'esprit et le cœur élevés au ciel, elle attirait sans cesse sur nous de nouvelles bénédictions. Nous ne nous lassions pas d'admirer son exactitude à l’oraison et aux offices du chœur, même durant les plus grands froids de l'hiver ; sa tendre dévotion à la très-sainte Vierge, son ardeur à entendre la sainte messe et à s'unir au S. Cœur de Jésus dans le sacrement de son amour. Si St. Bernard n’hésite pas à comparer au martyre le mérite d’une vie religieuse soutenue jusqu’à la fin dans la ferveur et la régularité, quelle n’est pas la récompense de cette âme privilégiée qui, jusqu’à l’âge de 84 ans et huit mois, s’est dévouée et consumée sans interruption et sans réserve au service du Seigneur !
“Cette vénérée et chère Mère est morte comme elle a vécu, dans des aspirations continuelles vers le ciel, répétant sans cesse des versets des :saumes. Ce fut le 28 oct. 1780, à 8 heures du soir, qu’elle cessa d’habiter ce monde pour vivre éternellement
avec les Bienheureux. Ses ancêtres étaient nobles, comme l’attestent les armes de sa famille, mois son cœur était plus noble encore, ebla mémoire de ses vertus sera à jamais chère à cette maison.”
Depuis la mort de la Mère Esther Wheelwright de l’Enfant-Jésus, nous n'avons pas eu de religieuse purement anglaise au Monastère. Le trèfle et le chardon ont poussé de fortes tiges ‘ à l'ombre du Vieux Frêne,” tout auprès du vigoureux érable ; la belle rose n’y reprendra-t-elle pas sa place à mesure que se dissiperont les brouillards de la Réforme ? Elle semble jusqu’à prés r’ avoir cédé ses droits aux rejetons de sa famille qui ont si énergiquement poussé sur le sol voisin. Cependant, rien n'empêche que les deux y prospèrent: l’œuvre d’Ursule qui est de tous les pays comme de tous les temps, aime à réunir dans une même enceinte des ouvrières de toutes les origines, son seul préjugé étant de tenir inviolablement à l’église, qui est universelle.
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A côté des Mères St. Louis et de l'Enfant Jésus se voyait, tant aux observances régulières que dans le détail des travaux comœmuns, une autre vénérakle octogénaire, la Mère Marie Anne Buteau de Ste, Agnès.
Ce dernier nom n’est pas nouveau pour nos lectrices, et elles se rappelleut aussi sans doute ce donné dont le nom s’est inscrit parmi nos bienfaiteurs.
Mile. M. Anne Buteau était donc fille de M. Antoine Buteau, riche propriétaire de la paroisse de St. Joachim, et petite-fille par sa mère, dame Anne Cloutier, d’un des premiers défricheurs des collines de Beauport.
Orpheline de mère dès son bas âge, elle fut placée à notre pensionnat pour y être élevée. Sa sagesse et ses progrès dédommagèrent bien son bon père des sacrifices qu’il avait faits en éloignant de lui sa fille unique. Dlle. Buteau ayant achevé son éducation, fut accueillie sous le toit paternel par la plus affectueuse des belles-mères. Cependant, se voyant pressée de prendre un parti dans le monde, elle ne tarda pas à communiquer à son père le désir qu’elle nourrissait de se consacrer à Dieu. Ce père était trop chrétien pour mettre obstacle à une vocation aussi sainte ; toutefois, il ne put se défendre de laisser échapper quelques larmes à cette confidence inattendue, et il répliqua tristement : “ Tu veux done nous quitter, chère enfant, toi, la seule que le ciel m'ait accordée, Cependant, il faut le vouloir puisque c’est Dieu qui le veut. Mais je le déclare dès maintenant, mon héritage ne sera jamais à d’autres qu’à toi, et si tu persistes dans ta résolution de te vouer à Dieu aux Ursulines, tous mes biens t'y suivront un jour.” La reconnaissante jeune fille emurassa son père et leurs larmes se confondirent pour la dernière fois sous le toit paternel, car peu de jours après, c-a-d. le 3 janvier 1716, Mlle. Buteau, âgée de 17 ans, rayonnante d’une allégresse qui consolait son père, s'élançait sur le rapide et léger traîneau qui devait la transporter au lieu qu’elle s'était choisi pour demeure à l’avenir.
“ Depuis ce jour, elle ne cessa de marcher à grands pas dans les voies de la perfection. Elle a été un vrai pilier d'observances,
et un modèle de foi et de ferveur dans l’acquit de tous ses devoirs, Malgré son amour pour l’oraison et la prière, elle a toujours su allier les fonctions de Marthe à celles de Marie, Personne n’a fait preuve de plus d'activité dans les emplois dont elle a été chargée, surtout dans ceux de dépensière et d'infirmière. Elle souffrait, comme dit St. Paul, avec celles qui étaient dans la souffrance, ne s’épargnant en rien pour les soulager, ce qui lui a mérité de la part de ses sœurs, le titre d’incomparable infirmière.
‘ Employée d’abord comme maîtresse des élèves externes, elle fut ensuite mise maîtresse-générale au pensionnat, où le soin de disposer les enfants à la réception des sacrements fit durant plusieurs années les délices de son cœur.
‘ Notre chère Mère Ste. Agnès était dans la 83e année de son âge, ayant encore selon les apparences plusieurs années de vie, quand un accident des plus douloureux vint rompre le fil de son existence. Sa vivacité naturelle, qui surpassait l'ordinaire et qu'elle avait conservée malgré le poids des années, nous donnait de continuelles inquiétudes. Cependant quelque attention que nous ayons eue à la suivre et à l'observer, nous n'avons pu la garantir d’une chute qui, en hâtant son bonheur éternel, fut pour nous toutes le sujet d’une grande désolation.”
Voici comment la tradition nous a transmis ce fait, La Mère Ste. Agnès, dont l’agilité était extraordinaire, avait pour habitude de se rendre à la chapelle avant le jour. Le 22 sept. 1781, elle s'était habillée lestement à son ordinaire pour aller des premières offrir ses hommages au très-saint Sacrement. Voulant ouvrir sa fenêtre avant de laisser sa cellule, elle perdit l'équilibre (1) et tomba dut second étage dans la cour intérieure. Que l’on se figure la consternation qui se répandit à cette nouvelle ! On accourt de toute par, on la transporte à l’infirmerie, appelant à l'instant le prêtre et le chirumgien. Le coup avait principalement porté à la tête et la blessure était mortelle. La communauté réunie autour de la vénérable Mère, craïignait à tout moment qu’elle n’expirât. ‘“ Dieu cependant, ajoute le Récit, nous la laissa encore six jours,
(1) Les anciennes fenêtres étant partagées en deux parties dans le sens horizontal, un accident de ce genre peut facilement arriver si l’on commence par ouvrir la partie inférieure de la croisée.
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pendant lesquels elle montra la plus grande soumission à la volonté de Dieu, unissant ses souffrances à celles du Sauveur sur la croix, ne cessant de répéter les nombreuses aspirations par lesquelles elle avait contracté depuis longtemps l'heureuse habitude d'élever continuellement son cœur à Dieu. Cette vénérable Mère était dans la 67e année de sa vie religieuse.”
es deux filles d'un lopal Canadien,
Les deux sœurs Blais, dont nous annoncions l'entrée au noviciat en date de 1764 et 68, et qui rappelaient par leur nom de religion, l'aînée, le bon père (1) qui les avait si généreusement dotées et données à Dieu, la seconde, la paroisse dont elles avaient abandonné les attraits et les liens ; ces deux sœurs ne furent pas éga-
(1) Le capitaine Michel Blais, dans la guerre des Américains, en 1775 et 76, a laissé de glorieuses traditions, que nous ont conservées comme suit nos anciennes Mères. Apprenant que les Américains, dans le camp desquels se trouvaient encore quelques Canadiens, se disposaient à faire des incursions au sud du fleuve, les propriétaires royalistes au nombre d'environ 80, se réunirent sous les ordres de M. de Beaujeu, seigneur de l’Isle aux Grues, et vinrent rejoindre à St. Pierre de la Rivière du sud le capitaine Blais, un des plus ardents royalistes. Sur sa maison fut aussitôt arboré le pavillon anglais. C'était le 25 mars, 1776. M. Bailly (depuis évêque) qui revenait des missions s'était joint à la troupe en qualité d’aumônier. Une suite d'environ 150 voitures des différentes paroisses venait à la rencontre des Bostonnais qui s’avançaient par la route de St. Valier. Ces derniers ayant placé des canons sur une côte, qu’on appelle encore aujourd’hui la ‘côte au canon,” firent sur la maison du capitaine Blais une décharge qui tua trois Canadiens et blessa l'aumônier. Les assiégés se défendirent courageusement et les Américains eurent aussi leurs blessés. Cependant les Canadiens crurent prudent de se disperser. Les ennemis s’emparèrent de la maison du capitaine Blais, le firent prisonnier, lui et son fils, ainsi que M. de Lanaudière. Ces braves furent plus tard mis en liberté à Berthier, près de Montréal, par l'intervention de M. Pouquet, ancien curé. Les familles Blais sont très-répandues dans la côte sud et figurent encore au pensionnat. Elles sont alliées dans nos anciennes élèves aux familles Genest, Pouliot, Pelletier, etc.
lement partagées sous le rapport de la durée de leur existence, mais
leurs vertus leur donnent un même droit à notre souvenir, soi La Mère Marie-Joseph Blais de St, Michel nous est présentée le :
comme ‘une fervente religieuse, aimant et chérissant sa sainte vocation d'Ursuline, enlevée promptement de ce monde dans sa ils 37e année par suite d’un accident qui lui occasionna un crache- ea ment de sang considérable, Ce fut le 11 juin 1782, qu'elle passa de 1 de l'exil de ce monde à la patrie céleste.” ais Près d'un demi-siècle plus tard, e-à-d. en 1830, vivait encore la ad Mère Marguerite Blais de St. Pierre, vénérable doyenne de 80 sure ans, Voici comment se trouve notée sa mort en date du 24 février l © de la même année. ent:
“ Cette chère Mère, la plus ancienne de notre maison, était un reun grand exemplé de vertu et un modèle de régularité, ayant parti- d Le culièrement excellé toute sa vie dans la vertu d’obéissance, Elle Fi s’y est rendue encore plus remarquable dans les derniers mois de de, sa vie, se soumettant promptement et avec exactitude, non-seule- ment ment à l'infirmière, mais à toutes celles qui l’assistaient dans ses éleve infirmités. On peut aussi dire qu’elle était parfaite en humilité “ue : qu’e
et en mortification, ne demandant jamais rien, trouvant toujours que l'on avait trop d’attentions pour elle, qui ne méritait, croyaitelle sincèrement, que les derniers rebuts.
mun:
‘ Par suite d’une fistule à un œil, elle souffrait depuis plusieurs lui, années de grands maux de tête qui allaient par fois jusqu’à lui posse; occasionner des absences complètes de mémoire; mais grâce à fesset l’heureuse habitude de régularité qu’elle avait contractée, elle n’en tout-à était pas moins une règle vivante et un exemple continuel des plus qui ] excellentes vertus de notre saint état.” ville.
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Cette ancienne Mère, dont on parle avec une vénération si
marquée, comptait à sa mort 62-années de vie religieuse. mom
nous
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St, Doseph protége la première nobice après la conquete,
Nous aimons à constater que St. Joseph, qui fut l’auteur des premières vocations pour le Canada, et qui avait protégé au Monastère son premier sujet canadien, devait aussi être le patron chéri de la première novice qu’il amena ici sous la domination anglaise. C'était le 19 mars 1764, que Mile. Catherine Besançon venait
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is plusieurs s jusqu’à lui hais grâce à tée, elle n’en nuel des plus
rénération 8i use.
conquete,
l'auteur des bé au Monaspatron chéri ion anglaise.
ançon venait
s'offrir à Dieu pour le servir dans la profession d'Ursuline, sous le nom de St. Joseph. Elle était alors dans sa 25e année, ‘
“ Dès sa plus tendre jeunesse, cette chère sœur avait nourri en son âme un grand désir de se faire Ursuline ; mais Dieu par les resvorts de sa Providence, différa de plusieurs années l'exécution de son projet. D'abord, la mort de sa sœur aînée dans notre maison, et peu après celle de son père, lui firent un devoir de rester auprès de sa mère dont elle était devenue le seul appui et la seule consolation.” Vinrent ensuite les incertitudes et ies difficultés de la conquête. Pendant cette longue épreuve, la pieuse jeune fille sut conserver le précieux trésor de sa vocation, bien résolue de redoubler de ferveur lorsque Dieu la ferait passer de la terre d'Égypte à la terre de promission.
Enfin, le sort du Canada fixé, le noviciat s’ouvrit, et Mile. Besançon commença sa vie religieuse avec une ardeur qui ne se démentit pas un instant durant les 20 années que Dieu lui donna pour élever l'édifice de sa perfection. ‘ Naturellement polie et obligeante, elle portait aux offices communs l'adresse, l’ordre et la propreté qu’elle mettait dans ses emplois particuliers.
“# Notre chère sœur St. Joseph eût pu servir longtemps la communauté si le Seigneur, touché de son ardent désir de jouir de lui, ne l'eut disposée par une douloureuse maladie à entrer en possession de ce bonheur ineffable. M. Gravé, notre digne confesseur, lui avait administré le St. Viatique. Mais se sentant tout-à-coup plus mal, elle demanda avec instance l’Extrême-Onction, qui lui fut donnée par M. Bedard, Sup. du Séminaire de cette ville. La chère mourante conserva sa présence d'esprit jusqu’à chercher elle-même dans son livre les prières de l’expiration. Un moment après, elle perdit la parole et passa à son Dieu comme nous achevions les prières de l’agonie,—le 6 décembre 1785, âgée de 45 ans.”
ne incomparable Dépositaire ;—5sa soeur afnée et une bénérée tante,
C'est avec un sentiment toujours nouveau d’étonnement et de gratitude, que nous nous arrêtons aux notices de celles qui furent chargées du temporel à l’époque de la conquête et dans les années