‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 95 · NOTRE-DAME DES VICTOIRES · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME DES VICTOIRES

Nous rappellerons maintenant les événements que notre ‘ chère Mère Aune Bourlou de Ste-Agnès n’a pas eu le

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Le pays était donc enfin délivré par la puissante protection de Marie ! De ces 84 navires portant 6,500 hommes des meilleures troupes de l’Angleterre, qui venaient par le golfe et le fleuve Saint-Laurent envahir le Canada, il ne restait plus de traces. Une horrible tempête avait brisé sur les écueils de l’île aux Œufs huit des plus gros vaisseaux, la foudre en avait fait sauter un autre, et près de 1200 hommes avaient péri. Walker, découragé, reprit

L la route de Londres, où le malheur sembla le poursuivre ;

l'embouchure de la Tamise, le feu prit au vaisseau amiral et le fit sauter avec tout son équipage. De son côté, Nicholson, qui’ s'était avancé sur Moutréal par le lac Champlain, à la tête de 4000 miliciens, apprenant le désastre de la flotte, n’eut plus qu’à repasser la frontière.

. Les Canadiens ne furent pas moins reconnaissants en 1711 qu'en 1690, Ils célébrèrent une fête solenneile où

EM. de la Colombière prêcha avec zèle et grand succès, sur

la fidélité à laquelle obligeuit ce hieufait signalé de la trèssainte Vierge ; la vurve des poëtes s'épuisa à rimer des poêmes et des chansons sur la défaite miraculense de cette flutte ennemie, quatre fois plus nombreuse que tout ce que la colonie avait à lui opposer.

Mais on voulait quelque chose de plus durable ; un monument devait redire à la postérité la reconnaissance du peuple envers su céleste Libératrice. Il fut convenu, dans une assemblée publique, que l'on ferait une quête dans Québec et les environs, pour bâtir le portail de

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sources et même au-delà, et l’on recueillit, tant das communautés religieuses que des citoyens, la somme de 6,000 livres. Il fut aussi question de fonder, en l'honneur de la sainte Vierge, des messes où serait chanté le cantique de Moïse après lu défaite de Pharaon: Cuntemus Domino, “ce qui, au dire de l’annaliste de l'Hôtel-Dieu, plaisait davantage à tout le monde.”

Enfin, la chapelle votive de 1690, changea son nom de N.-D. de la Victoire en celui de N.-D, des Victoires, et c'est sous ce titre qu’elle rappelle encore aujourd’hui la double faveur de la Mère de Dieu, de cete Ætoile de lu Mer, qui devint un signe de tempête et de dispersion pour les ennemis de son peuple.

Il est à remarquer que la confiance des Anglais dans le succès de l'expédition de 1711, était telle, qu'uu grand nombre de colons s'étaient embarqués sur la flotte de Walker; ils venaient en toute assurance s'établir dans le pays conquis. Il paraît y avoir eu parmi eux bon nombre ‘le catholiques, car les Français et les Sauvages trouvèrent dans les parages voisins du sinistre, des livres de prières et autres objets de piété qui n'avaient pu appartenir qu’à descatholiques.

Maintenant ou peut juger de cette époque de 1700 à 1713 à travers laquelle nous passons, et voir s’il était possible à la colonie de faire alors quelqne progrès. Le Séminaire seul avait vu périr dix-huit de ses membres en ces quelques années, et douze seulement étaient venus remplir les places vacantes. Il faut dire cependant qu'il lui réstait encore de précieuses ressources ; car avec des hommes aussi distingaés que les des Muizerets, les Glandelet, les Bouiard, les Gauthier de Varenues, les Bertrand

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de la Tour, il pouvait avec confiance continuer l’œuvre première de sa fondation, celle de former un clergé canadien, comme lu dit avec tant d’éloquence M. l'abbé Antoine Racine, dans son discours sur le deux centième anniversaire de la fondation du Séminaire, Au reste, le pays entier allait enfin respirer. La France, humiliée dans les dernières années du Grand Roi, va faire une paix durable an prix même d'assez grands sacrifices, et les colonies d'Amérique participeront à ce bienfait aussi bien que les métropoles respectives,

S11.—LES CAPTIFS DE GUERRE; MLLE WHEELWRIGUT ; DEUX COMPAGNES DE NOVICIAT.

Nos lectrices, tout en admirant l'intrépidité de nos valeureux canadiens, ont sans doute bien des fois gémi avec nous, sur le sort de tant de pauvres familles ainsi surprises et massacrées par l'ennemi, ou traînées en captivité. Les partis de sauvages qui se joignaient à ces expéditions lointaines, retrouvaient dans ces circonstances les instincts de leur nature barbare, et trop souvent d'affreuses scènes s’y renouvelaient. Ces cruautés malheureusement étaient réciproques, et tels gouverneurs anglais qui adressaient des plaintes à nos chefs, avaient euxmêmes employé les premiers de semblables ressources, Disons sans crainte d'être contredite, que nos officiers et nos soldats se montrèrent toujours très-humains envers leurs prisonniers de guerre; on cite même un jeune volontaire, fils de M. Du Puy, lieutenant civil de Québec, qui se chargea de porter une partie du chemin sur ses épaules, à travers les bois, une pauvre captive, qui eût péri en route sans cette charitable assistance. Heureuse cap-

tivité du reste que celle qui procurait, à tant d'enfants de la Providence, Ja précieuse liberté des enfants de la sainte Eglise ! Ces expatriés, en effet, étaient toujours bien accueillis en Canada; les enfants et les jeunes gens ctaiént même tendrement traités par les familles canadiennes, qui se partageuient l'honneur de les adopter ou de les protéger. Ils finissaient presque toujours par embrasser la religion Catholique et se fixer dans le pays. [es archives publiques renferment des lettres de naturalisation qui contiennent des pages entières de noms. Nos registres mentionnent aussi bon nombre de ces jeunes protégées, que l’on inscrit tout simplement; Judith, anglaise, Charlotte, anglaise, ete. Les missionnaires suivaient avec un intérêt tout particulier, les enfants captifs qu'ils rencontraient parmi les tribus sauvages de leurs missions, témoin cette Dile Davis dont nous avons parlé au premier tome de cette Histoire.

Mas, hâtons-nous de présenter à nos lectrices une autre de ces intéressantes captives luquelle, paraît-il, ne regretta pas plus que sa devancière les malheurs qui avaient frappé sa première enfance. Il s’agit d’une fille d’Albion, douée de plus de grâce et de douceur que ne le ferait soupçonner son nom, dont l'harmonie semble si étrange à des oreille ; françaises. Mlle Esther Wheelwright, car c’est ainsi qu’elle s'appelait, portait cependant un des beaux noms de son pays natal, et ce nom s’est trop eutouré d'estime et de vénération au Monastère pour que nous n'ayous pas à y revenir. Mile Wheelwright entrait au noviciat le 2 octobre 1712, et prenait l’habit trois mois après sous le nom de Marie-Joseph de l'Enfaut-Jésus. Elle fut de 1712 à 1780 un des plus beaux ornements et des plus fermes appuis de ce Monastère.

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Le bon Dieu semblait vouloir cicatriser les plaies récentes, car les futures supérieures se suivaient de près. Quelques mois avant Mlle Whzelwright était entrée au nov:ciat Mile Louise Gaillard, fille de M. Guillaume Gailla: d, conseiller au conseil supérieur de Québec, et de Mme Catherine Nepveu.

Cinq jours après se présentait une autre élève du pensionnat native de Québec, Mile Louise-Catherine Pinguet- Vaucours, fille de M. Jacques Pinguet-Vaucours et de Mme Marie-Anne Rochelle. Nous aurons à parler plus tard de ces généreuses filles d'Ursule,

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