‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 73 sur 95 · S28.—AVANT-COUREURS DES GRANDS MOUVEMENTS DE L’ENNEMI · texte numérisé non relu

S28.—AVANT-COUREURS DES GRANDS MOUVEMENTS DE L’ENNEMI

“On rapporte, écrivait avec serrement de cœur l’annaliste, que les Anglais font de grands efforts pour venir par en haut et par en bas, prendre le pays; que les sauvages des cinq uations sont pour eux, et se prom:ttent d’aller brûler le fort appelé La Galette, avec les barques qu'on y construit, et de là, venir à Montréal tuer Ononthio avec tout son monde, (U’est ainsi qu'ils nomment M. le Général). Il y a quantité de berges sur le lac Chouaguen. On craint beaucoup pour Niagara. La disette de vivres empêche de s'opposer aux efforts de l'ennemi, Ainsi, ce n’est que de Dieu seul que nous attendons du secours, quoique nous n’ayons pas lieu de l’espérer, l'offensant continuellement.

“ Nous apprenons que le vieux Robert Roger (1) est arrivé au commencement de mars au Camp-Brûlé, que dès

le même jour il fit un détachement d’Angluis et de Sauvages pour aller faire coup sur Carillon ; qu'ils ont surpris 16h quarante de nos travailleurs qui étaient sans armes, dont x quelques-uns ont été tués et d'autres faits prisonniers. Li: Cette nouvelle étant apportée à Carillon, on fit partir 40 pd. sauvages Iroquois avec plusieurs volontaires, qui leur dis- a: ver

(i) Ce vieux Robert Roger ne parait pas avoir été en odeur de elle sainteté parmi nos Canadiens, C'était un célèbre partisan, chef vel d'une troupe de Sauvages es de eonreurs anghus, Hi reparait à la l'E

prise de Québec sous le titre de major Rogers,

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“ Pendant le coup des Anglais et des Sauvages sur nos travailleurs à Carillon, un ingénieur anglais alla avec 100 hommes prendre connaissance de notre retranchement ; ce qu’il a fait avec toute l'exactitude possible, sans opposition de notre part, quoiqu’on l’aperçût du fort.”

Ce n’était là que les annonces des immenses préparatifs que faisaient les Anglais, pour cette dernière et désastreuse campagne. Tous les Sauvages non Catholiques avaient déserté l'alliance française, pour se jeter du côté du plus fort. Mais avant d'entrer dans les événements de ce mémorable été de 1759, écoutons un peu le langage du patriotisme du cloître, qui ne voyait encore, dans la conquête prochaine, qu’un châtiment qui allait anéantir la Foi en ce pays.

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