ÉPITAPHE DE FEU M. DE LA COLOMBIÈRE
+ Cy git Mess. Joseph de la Colombière, français de nation, de la ville de Vienne en Dauphiné, qui fut successivement grand archiiiacre et grand chantre de la Cathédrale de Québec, vicaire générai de Mgr de Saint-Vualier, très-digne supérieur des religieuses hospitalières de Québec, et des frères Charon à Montréal, directeur des sœurs de la Congrégation à Québec, conseiller elere
Sur les pas de Mile Migeon arrivait bientôt au noviciat Mlle Geneviève Beaudouin, fille du Dr Beaudouin, chirurgien de Québec et médecin du Monastère, ainsi que Mlle du Bos, “ née à la côte de Maure et baptisée à Sillery.” Cette dernière soupirait depuis longtemps après le bonheur dont elle jouissait. M. Laurent du Bos, son père, et Mme Marie Félix, sa mère, tous deux amis de l'éducation, avaient amené leur fille au pensionnat dès l’âge de dix ans, etils ne l'en retirèrent définitivement que sept ans après. Mile du Bos avait un grand désir d’embrasser la vie religieuse, mais elle craignait d’affliger ses bons parents, et ce ne fut que plusieurs mois après sa sortie qu'elle eut le courage de s'expliquer à ce sujet, M. du Bos lui répondit alors bien tranquillement, que le Monastère était en
au conseil supérieur de cette colonie, frère du confesseur d’nne reine très-vertueuxe, d’un missionnaire qui eut l’avautage de confesser Jésus-Christ dans les prisons de Londres,
‘6 Cer ecclésiastique distingné par sa naissance, son savoir et sa piété, surtout envers le saint Enfant-Jésus et son Immaculée Mère, quitta la France à la fleur du bel âge ; renonça généreusement aux douceurs de la patrie, aux charmes de Paris, et aux dignités qu'il pouvait posséder dans l’Eglise ; et poussé par un sincère désir de glorifier Dieu, il passa la mer et vint travailler à la vigne du Seigneur dans ce pays si différent de celui qu'il avait quitté. Il arrosa de ses sueurx cette terre étrangère, il inspira aux peuples qui l'habitent sa douceur, son honnêteté et sa politesse, Par la ferveur de son zèle, ilenflamma le cœur des habitants de cette zône si froide, Il les gagna à J.-C, par sa piété, sa modestie et son affabilité, par une vertu qui n'avait rien de gèné ni de rebutant. Ii les éclaira par ses discours, il les instruisit par ses sermons et plus encore par ses exemples : il les édifia par ses vertus et les réjouit per ses pieuses et agréables conversations, Imitant parfaitement les mœurs de la colombe, d’où il tirait son nom, il s'étudia soigneusement de ne faire peine à personne : au
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effet un asile de paix et de bonheur, qu’il ne désapprouvait pas son désir d'y retourner ; mais qu'ayant été séparés d'elle pendant sept années entières ils exigeaient restitution, qu’il n’était que juste qu’elle passât le même nombre d'années à la maison paternelle. Mlle du Bos ne crut pas acheter trop cher, par ce délai, le bonheur d'entrer en religion. Le terme expiré, le père tint parole, dota sa fille chérie et vint lui-même l'offrir à Dieu.
Mlle Geneviève de la Grange est encore une des ferventes novices du commencement du dix-huitième siècle, Elle était fille de M. J.-B. Léger de la Grange et de Mme Louise Fauvel, et se donna à Dieu dès l’âge de quinze ans. Cette bonne mère, connue en religion sous le nom de Saint-Louis, vivait encore en 1770, où nous en parlerons
contraire son inclination bienfaisante le porta toujours à faire plaisir à toute sorte de personnes,
‘ Né avec le don de la parole, il annonça par tont le diocèse avec grâce et liberté les vérités évangéliques : et dans ce temps de-vertige pour la France, on le vit constamment demeurer attaché à la religion de ses pères, et au Saint-Siége Apostolique,
‘ Enfin plein de jours et chargé de mérites, il finit sa carrière dans l'Hôtel-Dieu de Québee, le 18ème jour de juillet 1723. En mourant il laissa un grand exemple de patience dans lhumiliation et la maladie. Comme il avait été aimé de tout le monde. il fut aussi regretté de toutes les personnes vertueuses qui l'avaient connu et pratiqué... .
‘ Plaise à Dieu que cette Colombe si donce et si aimable, qui s'est toujours plue dans la paix, repose éternellement dans les fentes de Ja muraille, et dans les trous de Ja pierre vive, qui sont les plaies glorieuses de J.-C, ! Ainsi soit-il,
‘ Ses filles spirituelles les religieuses de l'Hotel-Dien de Québec, ont voulu donner à leur digne père ectte dernière marque de leur parfaite reconnaissance.”
plus longuement; disons seulement qu’elle fut un vrai pilier de cette maison de Ste-Ursule, qu’elle gouverna pendant plusieurs années en qualité de sup‘rieure.
$6. — LE CHEVALIER DE CALLIÈRES ; ÉTAT DE LA COLONIE ; CAPTIVITÉ DE MGR DE SAINT-VALIER.
Jetons maintenant un regard au dehors et voyons quelles étaient pour le pays les perspectives d'avenir.
Nos lectrices se rappellent que la guerre de seize ans venait de se teminer par le traité de 1700, entre les cantons iroquois et les colonies françaises. C'était un pas de fait, mais cela ne suffisait pas à la prévoyance du chevalier de Cullières: aussi grand homme d'état qu’habile guerrier, il voulait quelque chose de plus durable, en forcant les Iroquois à signer la paix avec toutes les tribus sauvages établies sur les bords des grands lacs, et en rendant la France, en quelque sorte, la gardienne des traités. Le fameux chef huron Kondiaronk (le Rat) seconda cette
entreprise avec l’habileté que chacun connaît, Les vues du gouverneur furent réalisées; cette paix merveilleuse se conclut en 1701, malgré les oppositions et les intrigues du gouverneur des colonies anglaises,
Le chevalier de Callières se flattait de voir enfin le pays jouir d’une paix durable. Il put emport.: au tombeau ce consolant espoir, car il survécut peu à ce grand succès. Voici comment le Récit annonce sa mort en date du 26 mai 1703. ‘“ M. de Callières, gouverneur général pour Sa Majesté en ce pays, est décédé le neuvième jour de sa maladie, muni de tous les sacrements. Il a été regretté de tout le monde. Le pays a fait une grande perte, car c'était un homme d’un bon gouvernement. On lui a fait des
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