‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 3)Chapitre 58 sur 91 · IMAGE EVALUATION TEST TARGE7 (MT · texte numérisé non relu

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grâce à leur race ! Sans dire mot, les chefs organisent leurs bandes, et bientôt ils sont à la suite du vaillant Capitaine.

‘“ De Beaujeu ayant donné ses ordres, dit le Récit que nous reprenons, adresse à sa petite troupe une exhortation pathétique, qu'il termine en les mettant tous sous la protection de la très-Ste. Vierge.

6 Ce même jour, 9 juillet, à huit heures du matin, on se met en marche, et à midi et demi, on se trouve en présence des Anglais, environ à 8 lieues du fort. On fait feu de part et d'autre. La supériorité de l’ennemi et le feu de son artillerie, font reculer un peu par deux fois notre parti M. de Beaujeu les ranime, et s’avançant au milieu des foudres et des feux, il tombe mort à la troisième décharge de l’ennemi. M. Dumas ayant pris le commandement, déploie la même valeur. Nos Canadiens et nos Sauvages, quoique sans artillerie, font à leur tour plier les Anglais, qui se battaient en bonne contenance, en ordre de bataille. Ces derniers, voyant l’ardeur de nos gens qui fondaient sur eux avec une valeur extrême, furent enfin obligés de plier toutà-fait, après quatre heures d’un grand feu. Les Sauvages, la hache à la main, tombent comme des furieux sur les Anglais, et y répandent une terreur et un désordre qu'il serait impossible de décrire.

‘ La victoire fut des plus complètes, ajoute en résumé l’Annaliste ; jamais la main de Dieu n’a paru plus visiblement pour abattre l’orgueil d’un nouvel Holopherne, dans la personne du général Braddock, qui comptait déjeuner à la Belle-Rivière, dîner à Niagara, et souper à Montréal ! Il perdit la vie et la plus grande partie de son armée ; le reste abandonna le champ de bataille, poursuivis par les officiers cadets et par les sauvages, qui tirèrent sur eux jusqu'à la nuit. Rien

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n’était plus affreux que ce spectacle, au rapport même des Sauvages ; ils disaient que cela leur avait fait comprendre ce que leurs anciens patriarches leur avaient dit de l'enfer : le bruit des arbres, les ruisseaux de sang, et les cris de ces malheureux les faisaient frémir ! M. le Commandant du Détroit, ayant fêté selon la coutume les sauvages de son poste, voulut les féliciter sur leur victoire et leur bravoure ; ils répondirent : Notre Père, ce n’est pas nous, c’est Celui qui a tout fait !”’ (c’est ainsi qu’ils désignent Dieu.)

Mais revenons aux fuyards. S'ils se fussent ralliés aux mille hommes de troupes fraîches qui venaient à leur secours, nos gens étaient perdus ! Dieu ne le permit pas, et l’on croit que des 2000, il ne s’en est pas rendu 500 chez eux. MM. les Officiers, les cadets et les soldats, se sont distingués dans l’action et ont fait des merveilles. Nous n’avons perdu que 3 officiers: M. de Beaujeu, commandant, M. de Carqueville, lieutenant, M. de la Pérade, enseigne. Un jeune Cadet, M. Hertel de Ste. Thérèse, mourut de ses blessures, ainsi que 8 Canadiens, deux soldats, et 15 sauvages de différentes nations. Il y a eu de blessé M. Le Borgne, lieutenant, un bras cassé; M. de Bailleul, enseigne, M. de Montmidi et 12 sauvages : c’est bien peu en comparaison des pertes de nos ennemis.

“M. de Ligneris, qui est descendu du fort Duquesne, a rapporté que nos gens avaient défait 900 anglais qui s’enfuyaient, outre les 600 restés sur la place dans le combat, de sorte que des 2000 qui étaient venus nous attaquer, et dont tous les officiers ont été tués, il n’est resté que 500 soldats dont plusieurs ont été blessés. Outre cela, on a pris sur les Anglais un butin considérable qu'ils avaient caché, et qui nous a été découvert par les prisonniers et douze soldats déserteurs

anglais, qri se sont réfugiés dans notre fort. Ainsi, l'on présume que ceux qui ont échappé des mains des Canadiens et des Sauvages, courent risque de mourir de faim avant d'arriver à quelque ville anglaise.

‘ Outre l'immense butin que nous a valu cette victoire : canons, mortiers ou obusiers, mortiers de grenades, grand nombre de boulets, 17 barils de poudre de 100 livres chacun, gargousses chargées pour mousquets, artifices pour artillerie, quantité de fusils, de chariots brisés, 4 à 5 cents chevaux, 80 à 100 bêtes à cornes, grand nombre ‘le barils de farine enfoncés etc., on a aussi rapporté pour les faire traduire quantité de papiers, parmi lesquels on a reconnu le plan du fort Duquesne avec ses exactes proportions.”

Inutile de dire les regrets qui furent donnés au vaillant Capitaine, qui avait su organiser une pareille victoire. ‘ Le Seigneur nous a enlevé le cher Beaujeu, qui s’est exposé et sacrifié pour le salut de la patrie,” écrivait sa tante, notre Mère de la Nativité, au R. P. Messuiger, notre procureur à Paris, “Je ne vous ferai point, mon KR. Père, le détail de cette action ; elle est trop publique et trop intéressante à ce pays, pour qu'on vous la laisse ignorer. Ce que je ne puis oublier, c’est de vous supplier de recommander à Dieu dans vos saints sacrifices, l'âme de ce cher neveu, (1) qui a donné de grandes preuves de sa foi et de sa dévotion envers la Ste. Vierge. Ilse confessa et communia,

(1) Le jeune héros de la Monongahéla, Daniel-Hyacinthe-Marie- Liénard de Beaujeu, Capt. de la Marine, était fils de M. Louis-Liénard de Beaujeu, Capt. de la Marine et Chevalier de St. Louis. Sa mère était Mme. Louise Térèse-Catherine Migeon de Bransac, sœnr de notre Mère Migeon de la Nativité. Il avait épousé Mille Michelle Elisabeth de Foucault, dont il eut un fils qui passa en France à la Conquête; sa fille épousa M. Charles de Noyan, Gouverneur de la Guyane française.

avant d'entreprendre le combat, ce qui adoucit notre

insi, douleur, ayant lieu d’espérer que Dieu lui aura fait des miséricorde, et qu’il prendra soin de sa petite famille urir désolée.” | Cette victoire si glorieuse pour la patrie, fut célé- ‘

toi- brée à Québec par des effusions poétiques, que les À des, enfants apprenaïient par cœur, et que l’on chantait ù 100 même dans les églises. Voici la dernière strophe d’nn | ets, de ces petits poèmes, que nous avons retrouvé dans les À iots vieux porte-feuilles du Monastère. l.

nes, À )n à Soniener, grande Reine,

de Notre pauvre pays ; fort Il est votre domaine,

Faites fleurir vos lis.

L’Anglais sur nos frontières Porte ses étendards ; Jixaucez nos prières, Protégez vos remparts |

LS Par où ce

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