INCENDIE DE L'HÔTEL-DIEU
Trois années seulement s'étaient écoulées depuis le triste incendie de Trois-Rivières, quand un semblable malheur vint fondre sur l’'Hôtel-Dieu de Québec. C'était un samedi, 7 juin, 1755. Eu plein midi, à l'heure où la Communauté, à l'exception de quelques malades, se trouvait réunie au réfectoire, rien ne présageant le sinistre événement, voilà que soudain une sœur venant des salles entre en criant : ‘ au feu ! au feu ! ” Au même instant, on voit la flamme se faire jour avec violence par le toit. L’alarme se répand aussitôt par la ville ; ecclésiastiques et religieux, militaires et citoyens, tous volent au secours du saint asile des pauvres.
Les religieuses, conservant leur présence d’esprit au milieu de tant d’angoisse, songent d’abord à sauver une sœur mourante, et à mettre en lieu de sûreté leurs pauvres malades. Ce premier soin rempli, elles se dispersent par la maison, espérant pouvoir soustraire quelques objets aux flammes. Une d'elles, Sr, M. Anne La Joue du Sacré-Cœur, monte à sa cellule, saisit un paquet, le jette par la fenêtre, et retourne au milieu de l’embrasement. La dépositaire des pauvres retenue au lit malade dans sa cellule au quatrième étage, prend ses vêtements à la hâte et court vers la porte pour fuir. Repoussée par les flammes, elle vole à la fenêtre sans se déconcerter et crie, ‘“ Au secours !” Des militaires lui présentent aussitôt une échelle, qu’ils soulèvent de leurs bras vigoureux en lui criant : ‘“ Courage, courage! ” La pauvre sœur s’y cramponne et tient ferme. En la voyant suspendue À cette hauteur, chacun tremble
uteuses pour sa vie, surtout quand on s'aperçoit que quelques échelons lui manquent sous les pieds. Mais le cœur de la fervente religieuse crie vers Dieu, qui l’assiste et la protége. Elle se laisse glisser, rencontre enfin un epuis le échelon et s'y assied un instant, car les flammes qui mblable s’échappaient du troisième étage l'avaient brûlée dans Québec. sa descente, et elle n’en pouvait plus. Pendant ce midi, à temps, on fait glisser avec précaution l'échelle, et uelques bientôt la pauvre sœur, couverte de lambeaux brûlés et ne pré- de brûlures, met pied à terre au milieu des spectateurs ain une profondément émus.
eu ! au La Mère Supérieure, la sœur mourante et les autres ire jour religieuses s'étaient réunies à leurs chers malades, sur aussitôt la terrasse dans le jardin des pauvres. Une seule ne aires et répondait pas à l’appel : c'était la Sr. du Sacré-Cœur... ile des Quel moment d’angoisse ! On crie, on cherche, mais
en vain. Trois quarts d'heure s’écoulent : l’église, l'hôpital, l'habitation des religieuses et toutes les dépendances du Monastère sont réduites en cendres ; il faut se convraincre que la pauvre sœur a péri dans les flammes. Quel surcroît d’affliction !
‘ Dieu seul sait, dit le Récit, comment le feu a p1 réduire en cendres en si peu de temps tant de biens et de meubles. Les flammes dévorantes de cet embrasement, poussées par un gros vent de nord-ouest, consumèrent plusieurs maisons de la Haute-Ville, et mirent en danger tout le quartier de St. Roch.”
Il fallut enfin consentir à s'éloigner de ces tristes lieux. Quel touchant spectacle que celui de leurs adieux à leurs chers malades ! que de larmes furent répandues de part et d'autre, et que de bénédictions suivirent les Hospitalières, sur le chemin qui les conduisait aux Ursulines !
Nos Mères les avaient conjurées de venir vers elles;
prit au sauver
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