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écrit sous l'impression d’une profonde tristesse, à la pensée des châtiments que tant d’iniquités doivent attirer sur le pays.
Le besoin de prêtres n’était pas moins pressant, car l'on était aussi éprouvé de ce côté. ‘“ Nous avons perdu à la tois deux R. Pères Récollets qui étaient missionnaires, l’un à Carillon, l’autre à St. Frédéric ; ce qui est plus affigeant c’est qu’on n’est guère en état de les remplacer, vû le grand nombre qui meurent et le peu qu’on en a. Nos prêtres et religieux ont été obligés pendant quelque temps, de recommencer à monter la garde à l'Hôpital- Général.”
De nouvelles pertes vont encore ajouter à ces malheurs. ‘ D'un très-grand nombre de vaisseaux qui nous venaient de France cette année, la plupart chargés de vivres, et qui étaient partis en plusieurs divisions, tant de Bordeaux que de la Rochelle, on dit qu’il y en a plus de 50 de pris par les Anglais. Cela enchérit tout à l'excès. On n’a jamais vu le pays dans une telle misère : on ne trouve rien pour vivre et le peu que l’on a est à un prix exorbitant.”
La Mère Davanne de St. Louis de Gonzague écrivait au R. P. de Launay sur la fin d’octobre :
‘ Nous sommes persuadées, mon KR. Père, que vous êtes instruit de notre situation, et de la perte que nous avons faite de ce qui était dans le Gédéon et les Deux- Frères. (Cela nous a réduites à une grande misère, avec les dépenses qu’il nous a fallu faire pour la subsistance de la Communauté, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre. Le baril de farine étant à 200 francs, cela nous revenait à 30 sous la livre. Vous aurez la bonté, mon R. Père, de recevoir les lettres de change que nous serons à l’avenir obligées de prendre sur vous. J'en donne une cette année de 500 livres
se, à la à M. de Vincelot. L'an prochain, vous voudrez bien doivent nous mander ce qu’il y aura en caïsse. Nous avons reçu une partie des effets venant de Paris : c’est-à-dire, ant, car sept barils de farine sur douze qu’on nous envoyait. perdu à Priez, mon KR. Père, pour notre pauvre pays, car la nnaires, misère y est bien grande. Nous avons passé un été est plus fort triste, et notre douleur sera peut-être de longue nplacer, durée ; selon les apparences, nous allons passer un n en a. cruel hiver au milieu d’alarmes continuelles. Nos quelque recoltes sont meilleures que l’an passé. ” Hôpital- ‘ Quelques vaisseaux ont fait naufrage, continue l’Annaliste au commencement de novembre, surtout es mal- un vaisseau du Roi nommé l’Aigle, qui était richement jui nous chargé de choses nécessaires au pays. Douze personrgés de nes malades ont péri sur le champ, et plusieurs autres ns, tant de misère. Un jeune Récollet qui n’était pas encore n a plus prêtre, ayant voulu malgré la délicatesse de sa comtout à
plexion, entreprendre de venir à Québec pour se faire ne telle
ordonner, est aussi mort en chemin.
que l’on
‘ Deux vaisseaux que l’on avait envoyés au secours des naufragés de l’Aigle, ont péri dans une tempête qui survint de nuit à 300 lieues d'ici, lorsqu'ils étaient sur le point de faire voile pour la France. Plusieurs personnes y ont perdu la vie. Le reste ayant loué un Brigantin pour revenir à Québec, le bâtiment s’est ouvert et a mis pour la troisième fois ces pauvres gens dans la plus triste des situations. Ils sont à Rimouski ; (1) on va faire des efforts pour les secourir.
“ Le 2 octobre, on a terminé les prières publiques par une grand’messe chantée avec solennité à l’autel de l’Ange Gardien. Le St. Sacrement fut exposé et on donna la bénédiction le soir. Toute l’octave, il y a eu
(1) Environ à 80 lieues en aval de Québec.
salut et exhortations familières, avec grand concours de peuple. ”