‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 107 sur 199 · ÉCONOMIE DU PAYS ET DU MONASTÈRE · texte numérisé non relu

ÉCONOMIE DU PAYS ET DU MONASTÈRE

Les événements mentionnés dans ce chapitre nous ont déjà mises au fait de l'époque : nous avons vu l’organisation spirituelle de la colonie sous la présidence d’un Evêque, et l’organisation civile et politique sous le fameux Marquis de Tracy et le célèbre Intendant Talon. ‘“ Cela sonne gros et commence bien, disait la Vén. Mère ; mais il n’y a que Dieu qui voie quelles en seront les issues, La façon avec laquelle Dieu gouverne ce pays est toute contraire à la prudence humaine. On ne voit goutte, on marche à tâtons, et pour l'ordinaire, (1) les choses n’arrivent pas comme on les avait prévues.”

Les espérances toutefois se réalisèrent ; l’insolence des Iroquois fut réprimée, et la colonie prit un essor des plus consolants.

La population qui n'était que de deux mille en 1650, avait plus que doublé sous l'administration de M. de Tracy. Maïs, puisant toujours à l’intarissable source des lettres de notre Mère, entrons ici dans certains détails de l’économie du pays qui ne manqueront pas d’intéresser nos lectrices.

‘ Les cent filles que le Roi a envoyées cette année, (1668), ne font que d'arriver, et elles sont déjà toutes pourvues. Il en enverra encore deux cents l’année prochaine, et encore d’autres à proportion les années suivantes. (C’est une chose étonnante de voir comme le pays se peuple et se multiplie.

‘ Les navires n’ont point apporté de malades cette année. Le vaisseau était chargé comme d’une marchandise mêlée. Il y avait des Portugais, des Allemands, des Hollandais, et d’autres de je ne sais quelles nations. Il y avait aussi des femmes Mores, Portugaises, Françaises et d’autres pays. Il est venu un grand nombre de filles et l’on en attend encore. La première mariée est la Moresque, qui a épousé un Français. Quant aux hommes, ce

(1) ‘‘ Lorsqu’on entend dire que quelque malheur est arrivé de la part des Iroquois, chacun s’en veut aller en France; etau même temps, on se marie, on bâtit. le pays se multiplie, les terres se dé-

frichent, et tout le monde pense à s’établir.”’—Lettres de la Vén. Mère.”

sont gens qui ont été cassés du service du Roi. On les a tous mis au bourg Talon, à deux lieues d'ici, pour y habiter et le peu- à pler. Quand ils auront mangé la barrique de farine et le lard que L | +} le Roi leur donne, ils souffriront étrangement jusqu'à ce qu'ils fl aient défriché.

“ Mme. Bourdon a été chargée en France de cent cinquante filles que le Roi a envoyées en ce pays (1669). Un peu auparavant il était arrivé un vaisseau Rochellois chargé d'hommes et de filles, et de familles formées. Les vaisseaux ne sont pas plus tôt i arrivés que les jeunes hommes y vont chercher des femmes, et AA dans le grand nombre des uns et des autres, on les marie par trenf taines. Les plus avisés commencent par faire une habitation un an devant que de se marier, parce que ceux qui ont une habitation trouvent un meilleur parti ; c’est la première chose dont les filles s’informent et elles font sagement. Outre ces mariages, ceux qui sont établis depuis longtemps en ce pays ont tant d'enfants que cela est merveilleux et tout en foisonne. Il y a quantité de belles bourgades, des villages et des hameaux, sans parler des habitations solitaires et écartées. Le Roi a envoyé ici des Capitaines et officiers, à qui il a donné des forts, afin qu'ils s’y établissent et qu'ils s’y pourvoient: ils le font et plusieurs sont déjà fort LS avancés.

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| ‘“ Les seigneurs qui viennent ici trouvent le pays et le séjour ravissant en comparaison des Îles de l'Amérique, où la chaleur est

si extrême qu'à peine y peut-on vivre. Ce pays-là est riche à

cause des sucres et du tabac ; maïs il n’y peut venir de blé; ici, 4 les blés, les légumes et tous les grains croissent en abondance. La

terre est une terre à froment, plus on la découvre de bois, plus L : elle est fertile et abondante. Cette abondance néanmoins n’empêche pas qu’il y ait des pauvres ; la raison en est que quand une famille commence une habitation, il lui faut deux ou trois années avant que d’avoir de quoi se nourrir, sans parler du vêtement, des meubles, et d’une infinité de petites choses nécessaires à l’entretien d’une maison. Mais ces premières difficultés passées, ils commencent à être à leur aise, et s'ils ont de la conduite, ils deviennent 4 riches avec le temps, autant qu’on le peut être dans un pays nou-

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veau comme celui-ci. Au commencement, ils vivent de leurs grains, de leurs légumes, et de leur chasse, qui est abondante en hiver. Et pour le vêtement et les autres ustensiles de la maison, ils font des planches pour couvrir les maisons, et débitent des bois de charpente qu’ils vendent bien cher. Ayant ainsi le nécessaire, ils commencent à faire trafic, et de la sorte ils s’avancent peu-àpeu.

“ Les trois quarts des habitants ont par leur travail à la terre de quoi vivre. Nous allons aussi faire défricher le plus que nous pourrons, tant pour aider à notre nourriture que pour avoir des fourrages pour nos bestiaux. Nous avons quatre bœufs qui nous servent au charroi et au labour, et six vaches qui nous donnent notre provision de beurre, et la plus grande partie de notre nourriture pendant l'été. Voilà le ménage du pays, sans lequel ni nous ni les autres ne pourrions subsister, quelque secours qu’on nous donnât du côté de la France. On mêle les pois avec Je blé pour faire le pain, aussi sont-ils d’un prix égal. Le pain d'ici a meilleur goût que celui de France, mais il n’est pas du tout si blanc ni si nourrissant pour les gens de travail. Le Roi fait ici de grandes dépenses ; il a encore envoyé cette année (1670) cent cinquante filles, et un grand nombre de soldats et d'officiers, avec des chevaux, (1) des moutons et des chèvres pour peupler. M. Talon fait exactement garder les ordres du Roi. Il a commandé qu'on fasse des chanvres, des toiles et des serges : cela a commencé et grossira peu-à-peu. Il fait faire une halle à Québec, une brasserie, et une tannerie à cause du nombre prodigieux de bêtes qu’il yaence pays. Ces manufactures n'étaient point en usage par le passé en Canada ; mais si elles réussissent, elles diminueront beaucoup les grandes dépenses qu’il faut faire pour faire tout venir de France. L'on presse tant qu’on peut les femmes et les filles d'apprendre à filer,

‘ L'on introduit encore un triple commerce, en France, aux Iles de l'Amérique et à Québec. Trois vaisseaux chargés de planches de pin, de pois, et de blé-d’Inde vont partir pour aller

(1) Les premiers chevaux qui parurent en Canada vinrent en 1665, avec le grand renfort apporté dans le pays par l’intendant Talon,

aux Iles ; là, ils déchargeront leurs marchandises, et se chargeront de sucre pour la France ; d’où ils apporteront ici les choses nécessaires pour fournir le pays : et ce triple commerce se fera en un an. L'on fait encore la pêche des morues à cent lieues d'ici, laquelle étant bien entretenue produira des revenus immenses. L'on a découvert aussi une belle mine de plomb ou d’étain, à

‘quarante lieues au-delà de Montréal, avec une mine d’ardoise et

une autre de charbon de terre, M. Talon fera valoir tout cela avec avantage.

“ Voilà pour faire avec le temps un grand pays, qui enrichira les marchands. Pour nous, continue l’aimable et sainte Mère, notre fortune est faite ; nous sommes la portion de Jésus-Christ, et Jésus-Christ est notre portion, et nos gains sont de tâcher de le posséder en pratiquant nos règles et faisant ses volontés : priez la divine Majesté de nous faire cette grâce.”

On se rappelle quelle était la monnaie courante du pays vers 1650 ; “ l'argent, qui était rare, est à présent fort commun, écrivait la Vén. Mère, après l’arrivée du Marquis de Tracy ; ces messieurs y en ayant beaucoup apporté. Ils paient en argent tout ce qu’ils achètent, tant pour leur nourriture que pour leurs autres nécessités, ce qui accommode beaucoup les hgbitants.”

Nous devons maintenant à nos lectrices, amies des fleurs et des fruits, quelques détails sur les produits des jardins et des vergers, dans ces premiers temps de la colonie. (C’est encore notre Vén. Mère qui va nous en instruire : “ Vous me demandez des graines et des oignons de fleurs de ce pays ; nous en faisons venir de France pour notre jardin, n’y en ayant pas ici de fort rares ni de fort belles. Tout y est sauvage, les fleurs aussi bien que les hommes.

‘ L’estime que je vous fis les années dernières des citrouilles des Iroquois vous en a donné l'appétit, disait-elle agréablement à son fils en 1668. Je vous en envoie de la graine que les Hurons nous apportent de ce pays-là; mais je;ne sais si votre terroir n’en changera pas le goût. On les apprête en diverses manières ; en potage avec du lait, et en friture ; on les fait encore cuire au four comme des pommes, ou sous la braise comme des poires, et

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de la sorte il est vrai qu’elles ont le goût de pommes de rainette cuites. Il vient à Montréal des melons aussi bons que les meilleurs de France ; il n’en vient que rarement ici parce que nous ne sommes pas tant au sud. Il y a aussi une certaine engeance qu’on appelle des melons d’eau, qui sont faits comme des citrouilles : ils se mangent comme les melons, les uns les salent, les autres les sucrent ; on les trouve excellents, et ils ne sont point malfaisants. Les autres plantes potagères et les légumages sont comme en France. L'on en fait la récolte comme du blé pour en user tout l'hiver, jusqu’à la fin de mai, que les jardins sont couverts de neige. Quant aux arbres, nous avons des pruniers, lesquels étant bien cultivés, nous donnent du fruit en abondance durant trois semaines. On en fait de la marmelade avec du sucre, qui est excellente. On fait encore confire des groseilles vertes, comme aussi du piminan, qui est un fruit sauvage que le sucre rend agréable. L'on commence à avoir des pommes de rainette et de caville, qui viennent ici très-belles et très-bonnes, mais dont l'espèce est venue de France. Voilà nos ménages et nos délices, qui seraient comptés pour rien France, maïs qui sont ici beaucoup estimés.”

Cette prospérité, toute modeste qu’elle fût, n’était pas cependant sans mélange; elle avait même par fois des traverses assez sérieuses. Sans parler des mauvais tours que jouèrent les Iroquois (1), les naufrages de vaisseaux partant de France chargés

(1) ‘ L’avant veille de nos moissons, dit la Vén. Mère en 1658, un grand tourbillon, accompagné d’un coup de tonnerre, avait écrasé en un moment la grange de notre métairie, tué nos bœufs, et écrasé notre laboureur, ce qui nous avait mises en perte de quatre mille livres. Il ne restait plus en ce lieu qu’une petite maison, où nos gens de travail avaient coutume de se retirer. Sur les huit heures du soir, les Iroquois ont appelé de loin un jeune homme qui y demeurait seul pour faire paître nos bœufs, à dessein comme l’on croit, de l'emmener vif, comme ils avaient fait à un vacher quelques jours auparavant, Ce jeune homme fut si effrayé qu'il quitta la maison pour s’aller ca. cher dans les halliers de la campagne. Etant revenu à soi il nous est venu dire ce qu’il avait entendu, et aussitôt nos gens au nombre de dix sont partis pour aller défendre la place. Mais ils sont arrivés trop tard, ils ont trouvé la maison en feu et nos cinq bœufs disparus.

| de provisions, vinrent à plusieurs reprises ajouter aux rigueurs de

l'hiver qui allait suivre. Tantôt encore, c'était un ouragan épou-

vantable qui causait dans Québec seulement, pour plus de cent i | mille livres de dommage (1) ; tantôt c'était une contagion apportée par les navires de France, et dont les colons se ressentaient presque tous (2). En 1660 et 70 encore, l’hiver fut d’une rigueur telle qu'on n'avait jamais rien vu de semblable dans le pays. En 1670 surtout on voyait de la glace dans les jardins en plein mois de juin. (3).

Le lendemain on les a trouvés dans un lieu fort éloigné, où épouvantés du feu, ils s'étaient rétirés, ayant traîné avec eux une longue pièce de bois où ils étaient attachés. Dieu nous les a conservés, excepté un seul qui s’est trouvé tout percé de coups de couteau. La maison était de peu de valeur, mais la perte des meubles, des armes, î des outils, et de tout l’attirail nous cause une très grande incommodité. C’est ainsi que sa bonté nous visite de temps en temps. Elle | nous donne et elle nous ôte; qu’elle soit bénie dans tous les évé- 1 nements de sa Providence.”?

@) ‘ Depuis quinze jours, écrivait en octobre 1669 la Vén. Mère,

il est survenu une horrible tempête. Les maisons de la Basse-Ville

de Québec ont été fort endommagées, la marée s'étant enflée si extra- ; ordinairement qu’elle a monté jusqu’au troisième étage. Il y a encore bien des maisons abattues dans la Haute-Ville. Le toit et les chevrons du logis de nos domestiques a été emporté. Nos clôtures de charpente, et celles de Mgr. l’évêque, des Hospitalières, des Révérends Pères, et les autres de cette nature ont été renversées. On estime la perte que cette tempête a causée dans Québec à plus de cent mille livres.”

(2) Le pays a été infecté de fièvres pestilentielles apportées par les derniers vaisseaux (1659). Deux Religieuses Hospitalières en ont été fort malades. Grâces à Dieu, notre Communauté n’en a point été attaquée : nous sommes ici dans un lieu fort sain, et exposé à de grands vents qui nettoient l'air.”

(3) 1660. ‘L'hiver a été cette année extraordinaire. Nous ne pouvions nous échauffer ; nos habits nous semblaient légers comme des plumes; quelques unes de nous s'étaient abandonnées à mourir de froid.’

1670. ‘ Tous les hivers sont fort froids en ce pays, mais le dernier l’a été extraordinairement, Tous nos conduits d’eau ont gelé et nos

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Mais ces crises n'étaient pas plus tôt passées qu’on n’y pensait

plus; on vivait aussi content que si l’on n’eût rien souffert et que rien n’eût manqué.

Que manquait-il en effet dans ce pays de bénédiction ? Le gibier était à la portée du premier venu, on avait de l’anguille en abondance, du pain d’un bon goût, du lard salé, des légumes, surtout une humeur charmante qui s’accommodait de tout, et une piété profonde qui savait divinement thésauriser, même de ce que l'on n’avait pas: aussi la joic abondait-elle dans la colonie.

“ Il y a surtout, disait la Vén. Mère, un grand nombre d’enfants, très-beaux et bien faits, sans aucune difformité corporelle, si ce n’est par accident. Un pauvre homme aura huit enfants et plus, qui l'hiver vont nu-pieds et nu-tête, avec une petite camisole sur le dos, qui ne vivent que d’anguille et d’un peu de pain, ct avec tout cela, ils sont gros et gras!’ Ce dernier trait complète le

tableau, il nous semble, et le rend digne du pinceau de nos artistes.

T'el était le ‘“ ménage ” du pays en 1670. Ajoutons à cela l’érection de Québec en évêché, et les progrès de l'Evangile que les Missionnaires allaient prêcher au-delà des grands lacs, et qui devait

sources ont tari, ce qui ne nous a pas donné peu d’exercice. Au commencement, nous faisions fondre la neige pour avoir de l’eau, tant pour nous que pour nos bestiaux, mais nous n’y ponvions suffire. Il nous a donc fallu résoudre à en envoyer quérir au fleuve avec nos bœufs qui en ont été presque ruinés. Il y avait encore de la glace dans notre jardin au mois de juin: nos arbres et nos entes, qui étaient des fruits exquis, en sont morts. Tout le pays a fait la même perte, et particulièrement les Mères Hospitalières, qui avaient un verger des plus beaux qu’on pourrait voir en France. Les arbres qui portaient des fruits sauvages ne sont pas morts; ainsi Dieu nous laisse le nécessaire. Depuis trente et un an que nous sommes en ce pays, nous avons eu le loisir d'oublier les douceurs et les délices de l’ancienne France.”

En 1668, l’été avait été ‘aussi chaud et aussi brûlant que dans les îles de l'Amérique. Il n’avait presque point plu, et néanmoins toutes ces saisons extraordinaires n'ont causé aucun dommage aux biens de la terre.’ —Lettres de la Vén. Mère.

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s'étendre encore davantage par la récente découverte du Mississipi, et nous aurons une idée complète de l'état de la colonie.

L'Iroquois cependant remuait encore et cherchait à soulever les autres tribus sauvages. Il donnait par fois bien de l'inquiétude ; mais Frontenac va paraître et la persévérante guerre de seize ans, sous sa seconde administration, leur portera le dernier coup.

Vers l’an 1680, Montréal (1) à son tour moissonnera pour le ciel parmi ces farouches enfants des forêts. Au reste, cette race destinée par la Providence à disparaître plus tard du sol de l’Amérique, aura considérablement diminué, par suite des guerres, des maladies, et surtout des boissons mortelles que leur fournissent les ‘‘ coureurs de bois.” La Vén. Mère déplorait déjà ce mal en 1668. Après avoir parlé de sa “ marchandise mêlée,” elle dit : “Il est vrai que le pays se peuple beaucoup ; mais parmi les honnêtes gens, il vient aussi de la ‘canaïlle ”’ qui cause beaucoup de trouble et de scandale. Ce qui fait le plus de mal, c’est le trafic des boissons de vin et d’eau-de-vie. On déclame contre ceux qui en donnent aux sauvages, on les excommunie, l'Evêque et les prédicateurs publient en chaire que c’est un péché mortel ; et nonobstant tout cela, ils vont dans les bois, et portent des boissons aux sauvages, afin d’avoir leur pelleteries pour rien quand ils sont enivrés.”

(1) ‘‘ L'humeur indépendante de ces barbares, leur amour pour la vie libre et errante, les guerres dont le pays n’avait cessé d’être le théâtre, avaient en effet rendu inefficaces tous les mouvements qu’on s'était donnés pour les arrêter à Montréal ; et lorsque Mile. Mance mourut, ce qui arriva l’année 1673, on n’avait point encore vu de sauvages se fixer dans l’île. Ce qui engagea les prêtres de St. Sulpice, après que M. de Laval les eut autorisés en 1668 à se livrer à l'instruction des sauvages, d’aller établir pour les Iroquois, sur les bords du lac Ontario, une mission... Mais d’après une expérience de plus dix ans, on demeura convaincu que le fruit de ces missions errantes se réduigaient presque à rien... Les Pères Jésuites formérent une mission sauvage à la Prairie de la Madeleine... Peu après, les ecclésiastiques de St. Sulpice commencèrent pour eux, en 1676, un établisse-

ment à la Montagne, qui fut le premier lieu de cette île où les sau-

vages vinrent pour être instruits.”’—Vie de la Sr. Bourgeois.

du Missislonie.

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| Mais assez de cette partie sombre du tableau, revenons à notre aimable population française, à qui Dieu donne tout ce qu'il faut pour faire un peuple plein d'avenir. Hâtons-nous de pénétrer jusqu'au plus intime du cloître, et dans la générosité de ces bips vierges, qui viennent s'offrir à l'autel du Seigneur, nous reconnaftrons l'expression de la profonde piété de nos pères,

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