‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 118 sur 199 · ST. JOSEPH GARDIEN DU MONASTÈRE · texte numérisé non relu

ST. JOSEPH GARDIEN DU MONASTÈRE

Un vœu fait à ce saint Patriarche ayant valu à notre Monastère sa chère et sainte Fondatrice, il était tout naturel que dès l'établissement de cette maison, on regardât St. Joseph comme en étant :e premier et principal gardien.

Aussi dès lors, à chaque office, à chaque principale porte, se dessinait l’image de ce bon Père qui, du haut du ciel, étend sa pro-

(1) Si celles de nos lectrices qui habitent encore ces lieux, désirent contempler la douce figure de cette belle et fragile personne, qu’elles regardent à la chapelle, cette pénitente genoux. C’est le vrai portrait de la duchesse de la Vallière, qu’un peintre dont le nom ne s’est point conservé parmi nous, à transformée en Ste, Thaïs à la prière des religieuses, e

tection sur ses enfants ; la croix du vieux clocher (1) portait au haut des airs son nom vénéré, tandis que sa grande et majestueuse figure dominant le portail veillait à la garde du sanctuaire.

Mais revenez par la pensée, chères lectrices, à l’intérieur du cloître, au jour (19 mars) où pour fêter leur saint patron, l’église et la chapelle ont revêtu leur plus riche parure. La journée presque entière se passe au pied des autels; religieuses et élèves, toutes à l’envi portent à St. Joseph l'hommage de leur reconnaissance pour le passé, de leur amour pour le présent, de leurs désirs et de leurs vœux pour l'avenir. N'est-il pas vrai que sa figure paraît alors plus radieuse ? car il aime à se voir chargé de commissions et de requêtes pour le doux et divin Enfant qu'il tient entre ses bras.

Quand ce beau jour touche à son déclin, la famille religieuse se réunit de nouveau pour saluer son glorieux protecteur. Elle se transporte d'abord aux endroits sur lesquels St. Joseph n’a cessé de veiller durant l’année. Au lieu des ‘“ feux de joie”? du temps passé, les images et les statuettes du patron bien-aimé sont entourées de fleurs et de flambeaux. Ici, c'est St. Joseph à l'argent, qui garde le dépôt et éloigne les voleurs ; au haut du grand escalier qui conduit au grenier, c’est St. Joseph au blé, chargé de pourvoir ses enfants du pain de chaque jour ; à la cuisine, c’est St. Joseph au labeur, bénissant depuis deux siècles les humbles travaux des servantes du Seigneur, et étendant de là sa surveillance sur les détails de l’économie extérieure. Mais arrêtonsnous devant l’infirmerie, pour saluer d’un chant plus suave encore celui qui en garde l’entrée ; St. Joseph nous y réserve son plus doux sourire, s’engageant à nous consoler dans la maladie et à réjouir notre mort. Nous voici maintenant au lieu saint, entourons ce petit autel où il garde les reliques de nos Mères avec la même fidélité qu'il a gardé leur œuvre. Ce salut est le dernier et aussi le plus doux au cœur, Qu'il y a de charme dans ces chants dont la dévotion et la ferveur font la plus grande harmonie, et que les

(1) Ce fut en 1830 que, pour la construction des classes de Ste. Ursule, on dut abattre ce vieux clocher qui donnait depuis cent quatrevingt-dix ans à l’aîle St, Augustin ‘an air si monastique,

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anges, sans doute, s’empressent de recueillir pour les porter à celui qui partage leurs fonctions de gardiens et de guides !

La fête par excellence étant passée, d’autres fêtes secondaires viennent tour-à-tour entretenir la piété filiale envers le saint époux de la Vierge Immaculée, on lui rend encore hommage en prose et en vers, (1) et en toute occasion on sait à qui avoir recours pour porter ses requêtes aux pieds de l'Eternel.

Q) Dans les stances suivantes, que nous dérobons aux modestes muses du cloître, nos lectrices retrouveront sans doute d’agréables souvenirs des hommages qu’elles ont elles-mêmes adressés, dans l’enceinte du Monastère,

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