‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 119 sur 199 · AU PÈRE QUI NE MEURT PAS · texte numérisé non relu

AU PÈRE QUI NE MEURT PAS

Jadis à Nazareth, dans l’ombre et le silence, Sous un toit pauvre et nu dont se rit l’opulence, Il était deux trésors que les anges jaloux Brûlaient de posséder et servaient à genoux.

Près de Jésus enfant, de sa divine Mère, Contemplez ce vieillard au regard tutélaire; C’est le juste Joseph, l’ange de ce saint lieu Qui garde avec amour Marie et l'Enfant-Dieu,

Vénéré Protecteur! avec quelle allégresse

On redit votre nom, vos soins, votre tendresse ! Tout l’univers chrétien exalte avec bonheur L’ami, le confident, le Père du Sauveur !

J'entends notre pays encore à son enfance, Vous nommer son patron, sa plus sûre défense ; Et, par un saint retour de générosité,

Vous gardez de Champlain la naissante cité.

Et quand l’heure venue où nos pieuses Mères, Devaient enfin passer à ces rives si chères, Vous-même, 6 saint Joseph, les prenant par la main, Vous-même les guidez, leur tracez le chemin.

Oh! que de souvenirs de ce doux patronage ; Comme la gratitude est vraie en son langage ! La maison consacrée à Marie, à Jésus,

Au fidèle Joseph dresse un autel de plus,

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Mais nous ne laisserons pas ce sujet sans parler du “ Trésor de St. Joseph.” Nos lectrices se disent peut-être : ‘“ Qu'est-ce donc que ce trésor ? serait-ce une bagatelle au nombre des choses visibles ?” Oui, vraiment, ce trésor de St. Joseph est encore très-visible, surtout pour celles qui ont la consolation d’y puiser. Expliquons-nous.

Vers le temps de la profession des premières novices, les Dlles, Barré, de Boulogne, de Lauson et Bourdon, la Mère de l’Incarnation, voulant assurer le temporel, ou pour parler le langage de notre siècle, le matériel du Monastère, eut l’idée de déposer dans une cassette, séparées des autres biens de la maison, les dots ainsi que les pensions qu’elle recevait. (Cette aimable prévoyance de notre Mère fut tellement bénie de Dieu que la cassette ne manqua jamais de pourvoir la Communauté d’une obole pour les pauvres, malgré les accidents et les revers d’une existence de deux siècles.

Eh bien! chères lectrices, la cassette de bénédiction existe encore, et c’est là qu’on dépose aujourd’hui la partie du revenu annuel dont on peut disposer en faveur d'autrui. D’après nos An-

Deux siècles écoulés, tout encor Je proclame, Tout le redit aux yeux, tout le redit à l'âme ; Saint Joseph en ces murs a sans cesse habité, Et dans les cœurs aussi son amour est resté.

Qu'on aime à saluer cette statue antique

Qui là garde l'enceinte, ici l’humble portique 1... Pénétrez plus avant dans le cloître pieux, Partout c’est saint Joseph ou son nom glorieux.

Mais dirigeons nos pas vers la chapelle sainte Nazareth bien-aimé de cette heureuse enceinte ; Qu’'y voyons-nous ? Joserh; de la Mère et du Fils Il garde les autels comme eux-mêmes jadis 1...

Insigne bienfaiteur, Joseph notre bon Père,

Oh! de grâce, gardez un autre sanctuaire, Gardez, gardez nos cœurs ;

Que le Sauveur toujours sans obstacle y réside,

Que Marie en soit reine et vers le çiel les guide, Sous vos yeux protecteurs !

e nales ce trésor n’a fait défaut à aucune bonne œuvre, mais nous

(J ne devons pas nous en étonner puisque nous savons que c’est à St. |

i- Joseph que notre Vén. Mère en a confié la clef. |

i- Il y a encore à mentionner l'antique niche du jardin, où | |

Ï- nos lectrices ont souvent fait d’aimables pélerinages. C'est | de là que St. Joseph veille sur l’ensemble de son domaine du cloître, |

8. tout en présidant aux récréations de ses filles. Cette statue, qui à

r- indique l'endroit sacré où reposèrent pendant dix ans les restes {l

le mortels de la bien-aimée Mère St. Joseph, a des attraits tout par- Î

10 1 ticuliers pour les habitantes du cloître, qui ne manquent pas, au |

si début de leurs promenades d'été, d'aller saluer d’un ‘ Ave Jo-

de seph” (1) la douce et bienveillante image.

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es, (1) AVE J0SEPH,

, Ve Mare de qu at où Jon

di I love that ‘Ave Joseph :”? ’tis an old and hallowed prayer,

n- And with it comes the voice of lakes, of hills and valleys fair,

Of rivers wildly flowing, of woodlands stretching wide ;— These mingle in that ‘* Ave”’ in one o’erwhelming tide.

*Twas heard amid the forests, that mantled all the land, Where trod the holy missioner his crucifix in hand : ?Twas heard when Heaven the compact sealed ; —‘t Joseph the guardian

I ratify the choice New-France has made by public vow l”? [thou,

Oh! ’twas a thought with blessings rife, in Joseph’s hands to place The youthful colony set down amid the Indian race;

Yes ! ’twas a deed of wisdom, a patron high to claim :— Where Jesus reigns and Mary pleads, Joseph prays not in vain,

Soon hither bound, as sent by Heaven, what gen’rous souls appear ! Fearless Brebeuf ! I see thee with thy martyr’d brethren near :

I see the Red Man sudden pause and own his Maker God, And ranks of Saints rejoicing rise ready to give their blood.

Ye hosts of fervent christians speak, and tell your deeds of love ; Ye ladies fair who chose fhese wilds for sake of Him above, Tell us the secret of your strength ;—methinks I hear you say : | { | 46 Twas Joseph lulled the winds and waves and cheered us on the way."

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