‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 128 sur 199 · TRE DE · texte numérisé non relu

TRE DE

jeu pour l’amuser et gagner du temps. Il va donc un jour trouver sa fille et lui déclare qu'il faut, ou que M. de Bernières se décide à l’épouser, ou qu’elle signe un papier qu'il lui présente et par lequel elle renoncera à la plus grande partie de ses biens. Mme. de la Peltrie réussit à calmer son père ; mais pour éviter de nouvelles scènes, elle écrit à M. de Bernières de venir la trouver à Alençon pour conférer de choses très-importantes.

Ils se virent en présence de leurs amis et sans que M. de Vaubougon en sut rien. Il fut alors convenu que le mariage n’aurait pas lieu, mais qu’on feindrait d’avoir contracté alliance pour éviter les poursuites de la famille. La mort de M. de Vaubougon, qui arriva sur les entrefaites, rendit la chose plus facile encore.

Cependant Mme. de la Peltrie faillit être prévenue par sa sœur et son beau-frère qui, voyant les grandes libéralités qu’elle faisait aux pauvres et aux églises, cherchèrent les moyens de la faire interdire comme incapable d’administrer sa fortune. Condamnée à Caën, elle en avait appelé au parlement de Normandie ; mais tout lui disait qu’elle allait perdre son procès. Elle recourut alors à St, Joseph, son refuge ordinaire dans toutes les circonstances difficiles, elle lui renouvela le vœu qu’elle lui avait fait lors de sa guérison miraculeuse, et, contre les prévisions de tout le monde, la sentence du parlement lui fut favorable. |

Le bruit se répandit à cette époque qu'elle était mariée avec M. de Bernières, et elle ne fit rien pour détromper le public. Comme ils étaient tous les deux très-avancés dans la perfection, ce mariage surprit tout le monde et leur attira bien des railleries, mais ils laissèrent tomber l'orage, soutenus par la pensée du bien qui devait résulter de cette feinte. Quand on reprochait directement à Mme. de la Peltrie d’avoir quitté la piété pour retourner dans le grand monde, elle répondait avec modestie et en souriant qu'il fallait bien faire la volonté de Dieu.

Cependant sa famille la voyant partir pour Paris, soupçonna quelque dessein caché, et songea de nouveau à la faire enlever pour l'empêcher de dissiper sa fortune. Mais elle fut avertie à temps et se tint sur ses gardes. Arrivée à Paris, elle consulta le Père de Gondren, supérieur de l’Oratoire, et St. Vincent de Paul,

qui tous deux déclarèrent que son projet d'aller en Canada venait certainement de Dieu. Elle écrivit donc à M. de Bernières de venir la trouver sans retard. Jusque là, sachant qu'on la cherchait pour l'arrêter, elle s'était fait appeler Mme. de la Croix, et n'avait osé paraître dans les rues de Paris que déguisée en servante, à la suite de sa femme de chambre avec qui elle changeait d’habits, et qu’elle faisait passer pour une dame de condition. Mais lorsque M. de Bernières fut arrivé, comme elle ne sortait jamais qu'avec lui, on ne douta plus qu’elle ne fût son épouse et on cessa de l’inquiéter.

C’est alors que M. de Bernières et Mme. de la Peltrie virent le R. P. Poncet, et qu’ils se rendirent à Tours pour demander la Mère de l’Incarnation comme on l’a déjà vu. (Cependant pour amuser le monde, Mme. de la Peltrie faisait venir ses meubles d'Alençon à Paris, ce qui confirmait dans l’idée qu’elle allait s’y établir.

Toutes choses étant terminées pour le grand voyage du Canada, on se disposa à partir. Mais Dieu permit que la joie de Mme. de la Peltrie fût tempérée par une affliction très-sensible. Une fille avec qui elle avait été élevée, qu’elle regardait comme sa sœur, pour qui elle n’avait rien de caché, et qui lui avait promis de ne l'abandonner jamais, ne vit pas plus tôt l'affaire engagée sans retour, que la perspective des périls qu’elle aurait à essuyer sur mer l'effraya. Elle pria Mme. de la Peltrie de trouver bon o :'alle s’en retournât à Alençon, et il fut impossible de la faire revenir à ses premiers sentiments. C’est alors que l’on trouva dans Mlle. Barré, une âme d'élite que Dieu semblait avoir destinée à recueillir la couronne que l’autre refusait. Cependant M. de Bernières tomba dangereusement malade. (Ce contre-temps dérangea fort les affaires de la mission, dont il était comme l'âme; mais d’un autre côté, il contribua beaucoup à tromper la famille de Mme. de la Peltrie, dont l’assiduité auprès du malade ne laissa aucun lieu de douter qu’elle ne fût son épouse. Dès qu’il fut rétabli, il usa de tant de diligence que tout fut bientôt disposé pour le départ.

Une petite négociation, dont le succès ne fut pas heureux, troubla encore la joie qu’on avait de se voir près du but. Une

religieuse Ursuline de Paris, qui devait partir avec Mmo. de la Peltrie et sa petite troupe, ne put exécuter son pieux dessein, l’Archevêque ayant retiré la permission qu'il lui avait donnée ; et il ne fut pas possible d'amener ce Prélat à changer de résolution.

La Reine ayant connu les projets de Mme. de la Peltrie et son prochain départ pour le Canada, voulut la voir avec ses compagnes. Elle leur fit l’accueil le plus aimable et le plus gracieux, ne pouvant se lasser d'admirer tant de générosité et d’abnégation en des femmes jeunes encore, et dont plusieurs avaient renoncé aux plus belles positions pour suivre Jésus-Christ dans la pauvreté et le renoncement à tout ce que le monde estime. Elle s’informa avec une pieuse curiosité et un tendre intérêt de tout ce qui concernait cette entreprise extraordinaire, voulant en connaître dans le plus grand détail toutes les circonstances.

M. de Bernières aurait bien souhaité accompagner jusqu'à Québec Mme. de la Peltrie et ses religieuses ; mais il jugea qu'il leur rendrait plus de services en restant en France, pour prendre soin du bien de la fondatrice, et travailler au succès de la fondation.

Nous avons déjà donné les détails du départ et de la traversée ; il ne nous reste qu’à passer en revue les vertus que Mme, de la Peltrie a pratiquées pendant les trente-deux années qu'elle a vécu en Canada. (1)

(1) Mme. de la Peltrie avait eu pour dévancière dans sa carrière apostolique une jeune et pieuse dame qu’on ne peut oublier, et dont le nom n’est pas étranger à l’histoire des Ursulines du Canada. C'est de 1620 à 1624 que vécut en ce pays Mme. Hélène Boullé, épouse de Samuel de Champlain, Capitaine dans la marine Royale et Lieutenant du Roi dane la Nouvelle-France. Logée dans le petit fort bâti par on mari à la Basse-Ville, Mme. de Champlain y exerça avec zèle par avance les fonctions d’Ursuline en y catéchisant les gens de sa maison. Voici ce que disent les chroniques de notre Ordre, de l’arrivée en Canada de cette jeune et pieuse beauté. ‘Tout ce qu’il y avait de Français en ces contrées se hâta de venir la complimenter ; dans leur surprise et leur admiration les sauvages voulurent se prosterner devant la jeune dame pour l’adorer, car jamais ils n'avaient vu rien de si beau dans leurs sombres forêts. Ils admiraient surtout un petit miroir qu’elle portait à son côté, ne pouvant comprendre comment toutes

Date

22 vers

é et rma condans

Quéeur > soin on.

rsée ; de la vécu

arrière

t dont

C'est

use de

tenant par :/n èle par ga maibarrivée avait de ans leur r devant en de si petit mint toutes

RE an à

pis mais

Son zèle pour la conversion des sauvages la portait à tenter l'impossible ; elle eût voulu traverser les forêts, les lacs et les montagnes de cet immense pays, pour annoncer aux peuples la bonne nouvelle du salut. C'était là l’unique but de son voyage à Montréal et de ses préparatifs pour passer au pays des Hurons. Ce

choses étaient renfermées dans cette glace et qu’eux-mêmes se trouvassent tous pendus à la ceinture de cette dame. Mme. de Champlain les combla de caresses, leur fit divers présents, et elle s’appliqua si bien à l’étude de l’Algonquin qu’elle apprit à le parler avec beaucoup d’aisance; devenant alors ‘‘ missionnaire,” elle commença à instruire les femmes et les filles sauvages et à les préparer au baptême, fräyant ainsi le chemin aux Ursulines etaux Hospitalières.” Ce ne fut qu’à regret que Mme. de Champlain quitta le pays en 1624. Elle avait été convertie, comme on le sait, par son mari; quelle ne fut pas sa joie à son retour à Paris, d'y retrouver sa mère convertie aussi depuis peu à la religion catholique! On sait que dès le vivant de son mari, Hé. lène de Champlain eut quelque désir de se faire religieuse, mais que le vieux capitaine ne voulut pas y consentir; ce ne fut qu’en 1645, qu’elle entra aux Ursulines de Paris. Pendant son noviciat chez les Ursulines de Paris, sœur Hélène de St. Augustin eut bien désiré venir rejoindre nos Mères à Québec, mais la Providence l’ayant choisie pour la fondation du Couvent des Ursulines de Meaux, elle crut devoir y consacrer sa personne et ses biens. Elle partit de Paris le ler mars 1650, avec trois Ursulines parisiennes dont la première était la Mère Marie M. de Milly. En arrivant à Meaux, la fondatrice et ses compagnes furent accueillies avec une extrême bonté par Mgr. Séguier. Après avoir remis entre les mains de son évêque la somme de quinze mille livres, la généreuse veuve de Champlain fut installée dans une maison qui avait longtemps servi de Collége. Là, elle embrassa avec une ardeur incroyable tous les devoirs d’une vie parfaite ; rien ne put surpasser son zèle pour l'instruction de la jeunesse si ce n’est l’abondante profusion de ses aumônes. Dieu lui ménageait de temps à autre des épreuves fort sensibles, mais il la consolait ensuite de la manière la plus inattendue, Un jour qu'ayant tout donné elle se trouvait sans argent pour faire faire le marché, un pauvre soldat vint glisser furtivement, sous la porte couventuelle, une pièce d’or qui la mit aussitôt à l'aise. Après avoir passé neuf années dans l'exercice de la plus héroique vertu, la Mère Hélène de Champlain de St. Augustin mourut en 1654, à l’âge de cinquante-six ane.

TT

projet n'étant pas réalisable, elle voulut s’en dédommager en établissant une fondation pour l'entretien d’un missionnaire de la Compagnie de Jésus.

Convaincue qu'elle satisferait à sa vocation, en concourant à la conversion de ces âmes abandonnées par des prières ardentes, par ses abstinences, par ses mortifications ordinaires, et en exergant la charité auprès des petites filles sauvages, demeurant en clôture et vivant dans la régularité avec ses filles, Mme. de la Peltrie se livra avec ardeur à ces pratiques, et y persévéra constamment jusqu’à son dernier soupir. Son exactitude allait jusqu'à prévenir les sœurs en tout ce qui regarde la discipline religieuse, et jamais les exercices de la communauté n'étaient sonnés plus ponctuellement que lorsqu'elle avait le soin de la cloche.

Elle occupa pendant dix-huit ans l'office de lingère, sachant relever ce qu’il y a de petit dans cet office par la manière dont elle s'en acquittait. Voyant des yeux de la foi Notre-Seigneur dans la personne de celles qu’elle servait, son emploi lui semblait délicieux, c’est pour cela qu’elle le remplissait de si bonne grâce, avec tant de bonté et de respect en même temps, s’excusant de ce que les choses n'étaient pas aussi bien qu’elle l’eût souhaité. C'était encore la pauvreté de Notre-Seigneur qu’elle honorait dans les indigents; aussi avec quelle tendresse elle les aima toujours! Elle eût désiré en avoir constamment quelques uns auprès d’elle pour les vêtir et les consoler. Quant à elle, de vieux habits rapiécés qu’elle n’eût pas voulu donner à une autre lui suffisaient Comme on lui représentait un jour qu'il y avait en cela quelque chose contre la bienséance, et qu’elle ferait mieux de donner ces habits aux pauvres: ‘“ Ah! pour moi, répondit-elle, si je le pouvais, je leur en donnerais bien plutôt de neufs.”

Qu'il est admirable de voir une Dame dont on eût envié la position et la fortune, si elle fût restée dans le monde, se plaire aux actions les plus méprisables et les plus basses, n’usant de sa liberté que pour se mettre en possession de la dernière place, au chœur, au réfectoire, à la communion, et aux autres assemblées de la Communauté! Son humilité ne pouvait souffrir qu’on lui donnât la qualité de fondatrice. ‘ Hélas ! disait-elle à cette occasion, je ne suis

qu'une pauvre misérable qui ne fais qu'offenser Dieu.” Son port, quoique assez majestueux, était humble, et portait au recueillement et à la dévotion. Jamais on ne l’entendait parler d'elle-même sinon pour s’anéantir. Un jour, au commencement de l’année, les petites pensionnaires étant allées lui demander sa bénédiction: ‘ Mes pauvres enfants, leur dit-elle, à qui vous adressez-vous ? A la plus méchante créature qui soit au monde.” Ne se distinguant des autres que par une plus grande humilité, elle suivait la règle commune pour la nourriture et pour le lever même, si ce n’est qu’elle se levait souvent plus matin que les autres.

Quoiqu'’elle eût reçu du ciel le don d’oraison continuelle, et qu’elle parlât admirablement des choses de Dieu aux personnes du dehors qui venaient la visiter; avec les religieuses elle n’en parlait que lorsqu'on l’interrogeait, craignant de paraître meilleure qu’elle ne croyait l'être. Si à la récréation on la pressait de communiquer les bons sentiments que Dieu lui avait inspirés, elle répondait avec une simplicité touchante : ‘ Que dirai-je, sinon que je suis continuellement infidèle aux grâces de Dieu.”

Un corps robuste aurait eu peine à supporter les pénitences qu'elle pratiquait, se refusant constamment aux adoucissements qu'on jugeait nécessaires à la faiblesse de sa complexion e8à ses infirmités ; et si elle apprenait que quelque personne fût en mauvais état, elle redoublait pour elle ses austérités et ses prières.

Son cœur était inséparable du St. Sacrement de l'autel, et sans son humilité qui l’éloignait de déroger en rien à la vie commune, elle eût communié tous les jours. Pour se consoler de cette privation, elle procurait au Monastère autant de messes qu’il était possible, et les entendait toutes avec une modestie et un respect angéliques, quittant aussitôt le parloir si elle en entendait sonner quelqu’une.

‘ Ce fut le 12 novembre 1671, ajoute le R. P. Dablon, qu’elle fut attaquée d’une pleurésie qui l’emporta le septième jour. Ce terme parut bien court aux personnes qui n'étaient pas résolues de la perdre ; il fut néanmoins suffisant pour faire éclater d’une manière extraordinaire les vertus qui avaient paru en elle durant sa vie, Jamais elle ne fut plus humble, plus affable, plus patiente,

plus mortifiée, plus obéissante, plus unie à Dieu, ni plus résignée à sa sainte volonté. ÆElle avait toujours eu une tendresse particulière pour la pauvreté, aussi voulut-elle mourir en pauvre; elle pria celles qui l’assistaient de lui faire la grâce de décharger une petite table qui était près de son lit, de quantité de douceurs qu’elle ne jugeait pas lui être nécessaires.

# Le quatrième jour de sa maladie, elle fit son testament solennel, où M. Talon, intendant, voulut se trouver, tant pour honorer sa personne que pour autoriser ses dernières volontés ; et Mme. de la Peltrie qui avait toujours l'esprit sain et présent à soi, ne manqua pas de lui en faire compliment et de lui en témoigner sa reconnaissance. Deux jours après, ayant appris du médecin qu’elle ne passerait pas le lendemain, elle pria celles qui étaient auprès d’elle de ne lui parler plus que de l'éternité ; et comme on lui demandait si elle n'avait pas quelque regret de mourir : ‘ Point du tout, dit-elle ; j'estime mille fois plus le seul jour de ma mort que toutes les années de ma vie.”

‘“ Le jour suivant, qui fut celui de son bonheur, elle fut ravie quand on lui dit que c'était un mercredi. ‘“ Dieu soit béni! ditelle. Ah! que je serai heureuse de mourir aujourd'hui, c’est un jour destiné à honorer St. Joseph.” Elle reçut les derniers sacrement# de la main de M. de Bernières (1), avec une dévotion et une joie qu’il serait difficile d'exprimer ; et faisant réflexion sur la charité et le soin de ses chères filles, qui n’avaient rien oublié ni épargné pour l’assister en tout, elle reconnut avec beaucoup de consolation qu'ayant tout quitté pour Notre-Seigneur, elle en recevait le centuple dès cette vie selon sa promesse, Elle entra en agonie en priant Dieu et expira doucement sur les huit heures du soir, âgée de soixante et huit ans, dont elle avait passé trentedeux en ce pays. Elle avait employé ce dernier mercredi dans des désirs si ardents de voir Dieu et de le posséder, que les heures lui duraient des années ; elle demandait incessament quand arriverait ce bienheureux moment qui l’unirait à son souverain bien pour jamais, priant ses chères filles, qui étaient toujours auprès d’elle, de lui remettre souvent en mémoire ce premier verset du

(1) Curé.de Québec et neveu de son ancien ami,

psaume 121 : Lœætatus sum in his quæ dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.

‘“ Elle fut enterrée dans le chœur des religieuses dans un cercueil de plomb; ce qui se fit à la vérité contre ses intentions ; mais le sentiment que les Ursulines ses filles conserveront toujours de ses bontés et de ses bienfaits, les fit passer par dessus toute autre considération pour donner en cette occasion solennelle, cette petite marque de leur reconnaissance. (1)

‘“ Avant que d’ensevelir son corps, on en tira le cœur, selon qu’elle l'avait ordonné dans son testament, pour être remis entre les mains des Pères de notre Compagnie, auxquels elle l'avait promis depuis plusieurs années conformément à leurs désirs, déclarant expressément qu’elle voulait que ce cœur fut mis dans une petite caisse de bois toute simpie, sans même être rabotée, et sans autre enveloppe que de la terre mêlée avec de la chaux vive, et qu'il fût posé et enterré sous le marchepied de l’autel de leur église, où repose le St. Sacrement, pour y être consumé et réduit en poussière aux pieds de la divine Majesté.

“ Ses obsèques furent honorées de toutes les personnes considérables de cette ville et des bourgades voisines ; comme cette illustre défunte était regrettée de tout le monde, les larmes n’y furent pas épargnées. La compagnie étant restée dans l’église de dehors, le clergé entra processionnellement dans le chœur des religieuses pour y faire l'enterrement. La cérémonie achevée, le même clergé, précédé de M. de Bernières, conduisit le cœur porté sous un crêpe noir par un des principaux habitants du pays. Venaient ensuite M. de Courcelles gouverneur, M. Talon intendant, et toute l'assemblée,

Quand la procession fut arrivée à l’église des RR. PP. Jésuites, M. de Bernières, exécuteur du testament, remit son précieux dépôt entre mains du Père Supérieur, qui plaça ce cœur au

(1) Les Ursulines firent de plus prendre son portrait à deux reprises, par un artiste qui se trouvait alors à Québec. Ces précieux souvenirs de notre chère Fondatrice ont péri dans l'incendie de 1686 ; le portrait que nous possédons aujourd’hui nous est venu de France.

ET

pied des marches du grand autel, dont elle avait donné le grand tableau et la lampe d’argent avec un fond pour l’entretenir.”

Parmi cette multitude de citoyens qui composaient le cortége funèbre de notre chère Fondatrice, figuraient ces pauvres sauvages de Sillery et de Lorette, qu’elle avait encore tout récemment visités, et qui avrient si souvent éprouvé les effets de son zèle et de sa charité.

Nous dirons plus tard comment le précieux cœur de Mme. de la Peltrie nous est revenu, et avec quel honneur on garde au Monastère, conjointement avec ceux de la Mère Marie de l’Incarnation et de la Mère Marie de St. Joseph, les ossements de cette dévouée et illustre Fondatrice,

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Page 1