‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 130 sur 199 · RE · texte numérisé non relu

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crant aux exercices de piété tous les moments dont elle pouvait disposer. Vers l’âge de quinze ans, elle se sentit attirée à la vie religieuse et en parla à sa mère; celle-ci ne s’opposa pas à son pieux dessein, au contraire elle en éprouva de la joie, pensant qu’elle serait facilement admise au Monastère des Bénédictines dont Mme. de la Bourdaizière, sa tante, était alors abbesse. Deux années s'écoulèrent sans qu'on eût d'autre conversation à ce sujet ; la jeune Marie croyait qu’elle devait attendre de sa mère la décision de cette affaire, sans qu'il lui vînt à l'esprit de consulter son directeur, ne pensant pas qu’on dût lui parler d'autre chose que de ce qui concernait directement la confession. La mère, de son côté, jugea par le silence de sa fille que son penchant n'avait été que l'effet d’une ferveur passagère, et elle s'occupa des moyens de l'établir avantageusement. Elle lui parla donc d'un parti qui se présentait et que son père agréait. Accoutumée à considérer la volonté de ses parents comme celle de Dieu même, Marie ne fit pas d’autres réflexions sur ses répugnances, et c’est ainsi qu’elle se trouva engagée, comme elle le dit, dans ‘ les croix du mariage.”

M. Martin, son époux, était fabricant de soie et entretenait chez lui un très-grand nombre d'ouvriers. La jeune dame s’occupa de leur bien-être en véritable mère, ayant surtout à cœur leurs intérêts spirituels ; eux aussi de leur côté avaient en leur sainte maîtresse une confiance et une affection toute filiale. Les deux années que vécut M. Martin furent deux années d'épreuves et de peines pour son épouse, sans que sa charité nous ait permis d'en connaître la cause. Elle puisait dans l’oraison et la sainte communion la force dont elle avait besoin dans ces pénibles circonstances. Son assiduité à entendre la parole de Dieu lui était encore un merveilleux soutien. Dès son enfance, elle fut pénétrée d’une si grande vénération pour les prédicateurs de l'Evangile, qu’elle se sentait portée à les suivre dans les rues et à baiser les traces de leurs pas. Ce goût de la parole divine était comme un premier germk, du zèle qui lui fit plus tard entreprendre de si grandes choses pour le salut des idolâtres.

LA Mme. Martin n'avait encore que dix-neuf ans lorsque Dieu, en lui donnant un fils, lui enleva son époux. Elle avoue elle-même

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