‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 131 sur 199 · DRE AR ET EEEES · texte numérisé non relu

DRE AR ET EEEES

que ses peines à cette époque furent excessives, maïs elle profita aus. sitôt de ces disgrâces pour suivre l'attrait qui la portait à se donner tout à Dieu. Une vision dont elle fut fdvorisée la veille de l’Incarnation, l’an 1620, la confirma dans sa résolution. Comme elle se recommandait à Dieu le matin, par ces paroles qui lui étaient familières : J'ai espéré en vous, Seigneur ; je ne serai jamais confondu, toutes ses fautes et imperfections lui furent distinctement représentées, et elle se vit en même temps plongée dans le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'impression qu’elle reçut de la

vue de ses fautes fut si forte qu’elle en serait morte de frayeur,

si Dieu ne l’eut soutenue, et cependant la plus grave ne dépassait

pas les limites d’un léger péché véniel. C'est à cette époque

qu’elle comprit l'avantage qu’il y a à s'ouvrir à un sage directeur,

et les effets de ce changement furent si sensibles en elle, qu’elle regarda toujours ce moment comme celui de sa conversion.

. Ayant réglé ses affaires et congédié ses domestiques, elle prit un habit fort simple pour marque de son divorce avec le monde, et sur l'invitation de son père elle vint habiter la maison paternelle. Ayant eu le choix d’un appartement, elle se logea au haut de la maison dans un lieu appelé le dôme ; une galerie avoisinante lui servait d’oratoire. C’est là que la jeune et pieuse veuve passait les jours et les nuits, ne s’occupant que de la contemplation des choses divines et du soin de son enfant. Ne pouvant aider les pauvres de ses biens, qu’elle ne possédait plus, elle s’appliquait à leur rendre les services les plus rebutants, ce qu'elle faisait avec

tant de respect et d'affection qu'il était évident qu’elle voyait en eux Jésus-Christ lui-même.

Après uno année passée dans cette pieuse solitude, Dieu l’appela à exercer des vertus fortes et solides, la préparant ainsi aux desseins qu'il avait sur elle. Une de ses sœurs, engagée dans un commerce considérable, la pria de vouloir bien la soulager. Il en coûtait à la sainte veuve de renoncer à ce repos si doux auquel elle avait sacrifié sa fortune ; cependant, après avoir consulté Dieu, elle se prêta de bonne grûce à ce qu'on désirait d'elle. Mais qui le croirait? A son arrivée chez sa sœur, par humilité, elle s'était mise à la cuisine, se chargeant des fonctions les plus viles, et per-

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