‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 136 sur 199 · PART · texte numérisé non relu

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i HISTOIRE DU MONASTÈRE, 385 ses reli- j croix de Jésus-Christ.” Cependant le mal croissait et avec tant {1 e ne fut de violence, qu’au cinquième jour de sa maladie, les médecins ju- Û sujet de gèrent qu’il n’y avait plus à espérer et qu'il fallait lui donner les si ut prise derniers sacrements. Le 20 janvier, à une heure de l'après-midi, Ë t-quatre elle reçut le saint Viatique, au milieu des sanglots de ses reli- e nt. À g'euses. Elle seule se livrait aux transports d’une joie indicible 4 pression de s'unir à Dieu dans ce divin sacrement, espérant le posséder de Jé- bientot à découvert. Le lendemain elle reçut l'Extrême-Onction E: ion sen- avec un redoublement de joie ; après sa profession de foi elle de- k. hée à la manda pardon aux assistants commençant par M. de Bernières, Vicaire-Général et supérieur du Monastère, et le R. P. J. Lale- 4 rence les mant, son directeur, puis se tournant vers'la Mère St. Athanase, 1 ant pour supérieure, et la Communauté, elle les remercia de leur charité à son égard et leur demanda mille pardons de toutes les peines i . bien qu’elle leur avait données pendant sa maladie. ne Peu après, ayant su que la petite fille d’un chef Algonquin ve- | os nait d'entrer au séminaire, elle demanda à la voir, lui fit mille ca- Ë Faire ; il î | : SE tiré à ; : î lieu en 1 yeux son prestige, et la solitude qui lui avait causé tant d’effroi, depat À vint pour elle un ‘Paradis de délices.’ Pour la détacher plus efti- | Mes cacement d'elle-même, Dieu l'éprouva par diverses tentations, et ; } À même par des souffrances physiques. (Ces ‘beaux yeux noirs,” si ‘ en È À mutins durant sa vie mondaine, commencèrent à se voiler sous leurs ; Fe 4 larges paupières, donnant à sa physionomie cet air modeste que nous ro “4 admirons encore dans son portrait. Toutes les peines et les privations à Dorivit a L. de la vie pénitente lui parurent légères ; son plus grand bonheur fut à me va de cacher ses talents aux yeux des hommes et de pratiquer en secret no la vertu. Comme son nom de religion lui rappelait sans cesse les vertus PE 1 de sa tante, ce souvenir lui faisait demander incessamment à Dieu É : È la grâce d’imiter un si parfait modèle. Sa confiance en elle était sans | FOIRE à 1 bornes, elle lui découvrait jusqu’à ses plus secrètes pensées. Voici les olonté, É dernières paroles de notre Vên. Mère(octobre 1671),à cette chère nièce, en à qu’elle avait été la première à offrir à Dieu à sa naissance, qu’elle bi k avait ensuite élevée dans la maison de sa sœur avec une tendresse ext ss 4 toute maternelle, et pour le salut de laquelle elle avait tant souffert. pre 4 ‘ Ah! que je désire que vous deveniez sainte aux dépens de tout ce sue 3 que je pourrais endurer !... Souffrez, mon aimable fille, que je finisse en é RAQUe a vous disant ces paroles de NotreSeigneur: Celui qui s’humilie sera it à ses ‘4 élevé.” YY

resses et exhorta les religieuses à conserver toujours une grande affection pour ‘ses délices ;” c’est ainsi qu’elle appelait les filles sauvages. Toutes les pensionnaires, françaises et sauvages, lui furent ensuite présentées pour recevoir sa bénédiction. Cependant les religieuses étaient plongées dans un abîme de douleur, on faisait des pénitences et des mortifications extraordinaires, on conjurait le ciel de prolonger encore au moins pour quelque temps, des jours si chers et si précieux. L’humble Mère éprouvait de la peine de cet empressement de ses filles à prolonger sa vie, qu’elle croyait inutile, et elle s’en plaignit au R. P. Lalemant. Ce bon Père, touché de l’état de deuil où sa mort allait jeter la Communauté, lui commanda de s'unir à ses sœurs pour demander à Dieu la santé. Elle fut d’abord comme interdite ; puis, levant les mains et les yeux vers le ciel : “Je crois, dit-elle, que j'en mourrai ; mais si c’est la volonté de Dieu que je vive encore, j'en suis contente.” Le Père lui répondit : “ Tout cela est bon, ma Mère, mais vous devez vous mettre de notre côté, ct faire tout votre possible pour vous conserver à cette Communauté, qui croit encore avoir besoin de vous.” À ces paroles, il n’y eut point de réplique, la Mère de l’Incarnation, fermant les yeux à ses propres intérêts et préférant comme toujours l’obéissance au sacrifice, dit comme autrefois St. Martin : “ Mon Seigneur et mon Dieu, si vous jugez que je sois encore nécessaire à cette petite Communauté, je ne refuse point la peine ni le travail ; que votre volonté soit faite l’” Aussitôt elle éprouva un mieux considérable, et peu après les médecins qui l’avaient abandonnée la déclarèrent hors de danger. Grande fut la joie au Monastère lorsqu'on la vit sortir de ce lit d’agonie et se rendre au chœur pour y faire sa visite d’actions de grâces ! On chanta le Te Deum à l’église dans des sentiments inexprimables, et la joie de sa convalescence se répandit bientôt dans la ville entière. C'était une suite continuelle de félicitations et de témoignages d'amitié. Les uns lui faisaient parvenir les plats les plus délicats de leur table, les autres envoyaient leurs gens à la chasse, espérant que quelque nouveau mets lui donnerait de l'appétit et des forces. Quelque dégoût qu’elle eût de la nourriture, l’aimable Mère s'efforçait de manger par complaisance, Elle

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