‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 142 sur 199 · AAA · texte numérisé non relu

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de légèreté, si connus de certaines élèves de pension, et si funestes par fois à leurs études.

Deux années après sa première communion, la jeune Marie- Anne fit connaître à ses parents le désir qu’elle avait de se consacrer à Dieu. Ceux-ci un peu frustrés dans leurs projets d'avenir, ne se rendirent à sa demande qu’à condition que la jeune fille se soumît à une épreuve extraordinaire, afin qu’ils eussent par là l'assurance que cette vocation venait du ciel. Mlle. Anceau se soumit à tout, et l’on admira la vertu qu’elle fit paraître en attendant une année entière au noviciat avant de recevoir l’habit religieux. Voyant qu'elle était toujours ferme et inébranlable dans sa vocation, sa famille lui permit de proncncer ses vœux vers l’âge de dix-huit ans, A sa vêture, elle prit le nom de Ste. Thérèse, et elle fit profession le 24 octobre 1679. Fervente comme un ange à son début dans la vie religieuse, la jeune servante de Dieu ne se relâcha jamais dans la suite; avançant chaque jour d’un pas redoublé dans l’étroit sentier de la vie parfaite, elle mérita de la part de notre vieux récit ce naïf éloge. “ N'ayant fait que passer dans le monde, la Mère Marie-Anne Anceau de Ste. Thérèse en ignorait complètement la misère, la malice et les séductions, et son regard comme son cœur se tournait incessamment vers le ciel. Après avoir exercé plusieurs emplois dans ce Monastère, elle fut nommée par Mgr. de St. Vallier, en 1712, supérieure du Monastère des Ursulines de Trois-Rivières, fondé en 1697 par ce digne évéque. Cet ordre lui ayantété communiqué par M. Glandelet, alors vicaire-général du diocèse et supérieur de notre maison, elle partit de Québec le 14 novembre 1712, pour aller remplacer la Mère des Anges, qu’on avait élue pour gouverner notre Communauté, C'était là que la Providence avait depuis longtemps préparé les voies à la Mère Ste. Thérèse, et ce fut “au milieu de son peuple, auprès de la maison de son père,” qu’elle remplit dignement pendant l’espace de dix-neuf ans le rôle si difficile qu’on lui avait assigné. Mère tendre et vigilante, sa sollicitude s’étendait également aux intérêts spirituels et temporels de la nouvelle fondation qui lui était confiée; elle gouverna la maison avec une prudence et une sagesse admirables, au grand contentement des

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religieuses qui vivaient dans une charité parfaite, et à lédification de toute la ville dont elle était chérie et estimée. En 1732, Mgr. Dosquet la rappela à Québec pour l’établir supérieure de notre Monastère, qu’elle gouverna avec une grande douceur pendant trois ans. L'année 1735, quatre mois après avoir résigné cette charge, la Mère Ste. Thérèse fut attaquée d’un mal de gorge extraordinaire, et la fièvre s’y étant jointe, elle fut bientôt jugée en danger, ce qui détermina M. de Miniac, vicaire-général et supérieur du Monastère, à lui administrer les derniers sacrements. Ayant reçu ces secours de la sainte Eglise avec une pleine connaissance de son état, et la plus touchante piété, elle s’endormit doucement du sommeil des justes, sans éprouver la moindre crainte de la mort, le 28 octobre 1735, à l’âge de soixante et quinze ans. Elle avait cinquante-six de profession religieuse.”

a fere Marie Bouttebille De Ste, Claire.

La dernière demoiselle qui fit profession au Monastère avant l'année 1686, époque du second incendie, fut Mlle. Boutteville. Cette fois, chères lectrices, ce n’est pas une jeune Canadienne qu’on vous présente, mais une gaie Parisienne, née aux bords riants de la Seine, et que les affaires de commerce de son père entraînèrent vers nos rives lointaines. (Cette aimable enfant de la “ vieille Lutèce,” fut placée au pensionnat en 1679, pour achever gon éducation. Dans le cours de ses études, la ‘vie au Monastère” lui plut à tel point qu’elle résolut de l’embrasser ; mais ce ne fut qu'après deux années de “ poursuites ” qu’elle en obtint la permission. Enfin, Mile. Marie Boutteville, fille de M. Lucien Boutteville et de Mme. Charlotte Clairambourg, née à Paris le 1er mai 1668, et baptisée dans l’église de St. Germain ‘le vieux," entra au noviciat le 29 octobre 1683, prit l’habit religieux et le nom de Ste. Claire au commencement de l’année 1684, et fit sa profession religieuse le 21 janvier 1686.

Il nous reste un beau souvenir de cette famille, dont le nom est inscrit depuis longtemps, sur la liste de nos bienfaiteurs. ‘ Deux mille livres de donation pour encourager les Ursulines de Québec

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à poursuivre leur œuvre de zèle l”” Certes, ce n’était pas peu de chose, considéré au point de vue simplement matériel ; mais l’intention si noble du bienfaiteur en rehausse infiniment la valeur. Cet acte de donation nous a paru propre à intéresser nos lectrices qui, sans doute, souriront comme nous en parcourant la clause si peu favorable aux missionnaires et aux missions. Voici ce document si caractéristique de ces hommes à l’ancien type, si sobres et sévères dans leurs mœurs, si généreux et hospitaliers à l'égard d'autrui.

“ Pardevant le Notaire Garde-Notes en Ja ville et Prévôté de Québec, en la Nouvelle-France, fut présent le Sieur Lucien Boutteville, marchand-Bourgeois de Québec, demeurant rue Ste. Anne; lequel a dit que Rev. Mère Marie Boutteville de Ste. Claire sa fille, s'étant dévouée et consacrée à Dieu dès l’année 1683, dans le Monastère des dames Urstilines de cette ville, il en a toujours depuis reçu tant de consolation, par la grâce qu'il a plu à la divine Bonté de lui faire de se conformer dignement à son état, qu’il veut par une espèce de reconnaissance, donner quelque portion de son bien au Monastère docs Ursulines, comme aussi pour avoir part aux mérites et bonnes œuvres des dites religieuses qui le composent, et contribuer par ce moyen à soutenir le zèle qu’elles ont pour l'instruction des jeunes filles de ce pays. C’est pourquoi le Sieur Boutteville fait, par ces présentes, donation au dit Monastère des dames religieuses Ursulines de cette ville, de la somme de deux mille livres à prendre après son trépas, sur les plus clairs des biens qui se trouveront alors lui appartenir, ses dettes payées si aucune y a. Et s’il arrive que son épouse lui survive, la dite somme ne sera payée qu'après le décès d’icelle.........

‘ Cette donation ainsi faite pour les causes et raisons exprimées ci-devant ; à condition toutefois, que tant que le dit Monastère subsistera en cette ville, la dite Mère Ste, Claire ne sera envoyée en aucun autre Monastère, afin que le donateur et sa femme ne soient pas privés de la consolation et satisfaction qu’ils ont de la voir à leur commodité, ete... L'an 1698.”

(Signé) GENAPLE.

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Nous ne saurions nous dispenser de faire part à nos lectrices d’une réflexion qui nous a vivement frappée en transcrivant cet acte. Si des parents chrétiens sont attendris et consolés, de voir une enfant chérie remplir dignement les vœux qu’elle a faits au Seigneur, combien plus doit être grande la joie de Dieu et de ses anges |

Quel spect : pour ‘iel, lorsqu'une âme n * 46: 3 l'empire du péché s'efforce de vivre dans l'innocence que lui donne la régénération chrétienne! En s’élevant généreusement au-dessus des misères de la nature humaine, la Mère Marie Boutteville de Ste. Claire a marché de victoire en victoire, jusqu’au jour bienheureux où ses vertus ont été couronnées de gloire. Atteinte d’une pleurésie dans sa trente-septième année, elle reçut avec une piété touchante les derniers sacrements, et succomba le cinquième jour, 18 mai 1705, rendant son âme à Dieu avec un bonheur tout céleste,

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