‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 143 sur 199 · MORT DU R. P. JÉRÔME LALEMANT · texte numérisé non relu

MORT DU R. P. JÉRÔME LALEMANT

Neuf mois seulement après la mort de la Vén. Mère, Dieu exigea des Ursulines un nouveau sacrifice. Pour comprendre ce qu'était le R. P. Lalemant à l'égard de notre maison, nos lectrices n’ont qu’à se rappeler les immenses services qu’il lui rendit dès les premières années de la fondation. De plus, il y avait quatorze ans qu’il remplissait les fonctions de chapelain et de directeur. Mais laissons parler à ce sujet notre fidèle récit.

‘ L'an 16738, Dieu continuant de visiter notre maison par la perte des personnes qui lui étaient les plus chères et les plus nécessaires, permit que le R. P. J. Lalemant, après avoir chanté ici la haute messe le jour des Rois et prêché l’après-midi, se trouvât mal la nuit suivante, et ayant été retenu au lit le 7 janvier il ne sortit plus du collége, où il est décédé le 26 du même mois à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Ce fut en vain que

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nous adressâmes au ciel des supplications et des vœux, le Seigneur voulant couronner son fidèle serviteur, se montra en cette occasion irflexible à nos prières. Cette perte était très-grande et elle causa une affliction inconcevable dans notre Monastère, car ce bon Père était également cher à toutes. Depuis de longues années, il avait été le coufesseur aussi bien que le Supérieur Ecclésiastique de cette inaïison, qui doit après Dieu à ses soins tout ce qu’elle est maintenant, soit au spirituel soit au temporel, et il faisait actuellement l'office de chapelain par pure charité. Ce fut lui qui composa à notre demande les premières Constitutions qu’on a observées en ce Monastère, et il ne cessa de nous rendre des services impayables, soit avant soit depuis notre incendie. Aussi lui avons-nous donné tous les témoignages possibles de notre reconnaissance, surtout à sa mort, par des services solennels, par des prières redoublées ainsi que par de énitences particulières.

“Le R. P. Dablon, supérieur des Missions de la Compagnie de Jésus, et Recteur du Collége de Québec, nous donna en la place du Père Lalemant, le KR. P. Thierry Beschefer.”

Comme ce récit est simple, vrai et empreïint de résignation !

Vingt-trois ans auparavant (octobre 1659), notre vénérée Mère de l’Incarnation écrivait à son fils :

6... afin que vous alliez saluer le Révérend Père des Missions, qui passe lui-même en France pour les pressantes affaires de l'Eglise. Il m'a promis de vous faire visite, mais je serais bien aise que vous le voulussiez prévenir à cause du mérite de la personne. Je vous dirai encore que c’est l’homme du monde à qui j'ai le plus d'obligation, tant pour l'établissement de

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notre maïson, que pour les maximes spirituelles et saintes qu’il nous a données selon l’esprit de notre vocation. Il y a près de six ans qu’il est notre supérieur et directeur, et le mien particulièrement. On nous menace de ne le pas faire revenir en ce pays, si cela arrive nous ferons tous une perte considérable. C’est le père des pauvres, tant Français que Sauvages... Enfin c’est le plus saint homme que j'aie connu depuis que je suis au monde. Je vous prie donc de le recevoir avec toute la bienveillance possible, et de le remercier de toutes les charités qu'il a faites à notre Communauté ….. Et n’estimez pas que ce soit l'affection que j'ai pour les Révérends Pères qui m'en fasse dire des louanges; non, je n'exagère rien, mais plutôt je vous assure que je ne dis rien encore qui approche de l’excellence de leurs vertus et de leurs mérites.”

83.—SÉMINARISTES DU COMTE DE FRONTENAC ET AUTRES ; UN MOT SUR LE SÉMINAIRE SAUVAGE.

Nous avons rendu compte du séminaire sauvage jusqu’à l’époque de la mort de notre Vén. Mère, qui eut la consolation de bénir une “ belle troupe ”” de ces pauvres enfants ; il reste à mentionner les entrées des élèves les plus remarquables à partir de cette époque jusqu’à l'incendie. Nous ne savons si nos bonnes Mères avaient le don des langues, mais nos lectrices seront sans doute frappées comme nous, de les voir enseigner nos saints mystères à des enfants de cinq nations différentes.

Dès son arrivée en 1672, le Comte de Frontenac s'était appliqué à gagner la confiance des sauvages par des actes de conciliation et de générosité. Un moyen entr'autres qui lui réussit parfaitement, fut celui d'adopter, comme on disait alors, les petites filles des chefs sauvages, et de pourvoir à leur éducation. C’est ainsi qu’au retour d’un de ses premiers voyages à Catarak8i (au-

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