‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 153 sur 199 · LES DEUX LOUISE · texte numérisé non relu

LES DEUX LOUISE

Nos plus jeunes lectrices surtout, aiment les petites filles sauvages, si l'on en peut juger par le plaisir que leur cause l'espérance seule de visiter pendant les vacances l’ancien village de St. Ambroise de Lorette, où dans leur pieuse chapelle, les derniers descendants des Hurons font entendre dans leur propre langue, les saints cantiques de leurs ancêtres chrétiens. En bien ! parlons encore des sauvages, racontons ici les détails de la mort édifiante d’un petit ange de la nation Iroquoise.

“Il mourut au pensionnat, le 6 septembre 1683, une petite Iroquoise nommée Louise, qui fut assez heureuse pour s'envoler au ciel peu de temps après son baptême. Cette enfant nous avait été envoyée de La Prairie par les RR. Pères Jésuites, qui

DDD

SZ

ET 7, 7 A 2 À . s T :

at ne 16 É. =

FAT “mme

avaient établi en cet endroit une belle mission pour les Iroquois convertis.” (1)

La petite Louise, qui avait à peine sept ans, fit paraître dans ses derniers moments, ce désir ardent de voir Dieu qui est ici-bas le gage de la béatitude. Placée dans l’infirmerie des religieuses et entourée des soins les plus tendres, cette petite fille de la forêt se montrait extrêmement reconnaissante des attentions dont elle était l’objet. Quand ses souffrances redoublaient elle disait à l’infirmière : ‘“ Mère, donne-moi de l’eau sainte et aïide-moi à faire le signe de Jésus !” Souvent les religieuses lui disaient agréablement : ‘ Louise, prieras-tu pour nous quand tu seras avec le bon Jésus ? —Mère, répondait-elle avec vivacité, tiens voilà ce que je ferai pour toi,” alors, joignant les mains et levant les yeux au ciel, cette aimable enfant récitait dans la langue Iroquoise, une petite prière dont elle se souvenait, pour prouver aux religieuses qu’elle ne les oublierait pas auprès de Dieu. ‘“ Nous avions envie, ajoute le récit, d'enterrer ce petit ange dans notre avant-chœur, mais les messicurs du séminaire qui desservent la paroisse de Québec, voulurent l’enterrer dans leur cimetière, ce qu’ils firent d’une manière fort honorable. De notre part, nous lui fîmes faire une bière, et nous l’esposâmes dans notre église, vêtue de blanc, couronnée de fleurs et couverte d’une belle valencienne. Ce fut là que le clergé “int la preudre pour la porter à la Cathédrale, au milieu d’une foule de Français et de Sauvages.”

Voici, chères lectrices, une autre Louise, ancienne séminariste sauvage, dont les derniers jours ne furent pas moins heureux que ceux de la précédente. C’est encore notre vicux récit qui va parler à la louange de ces enfants des bois, que lu grâce de Jésus- Christ avait régénérés pour le ciel.

‘ Il mourut encore cette année 1683, à l'Hôtel-Dieu de Québec, une jeune fille sauvage qui avait été élevée chez nous. Cette ver-

(1) Les fervents néophytes de cette mission établie par les RR,. PP, Jésuites sur la fin du dix-septième siècle, firent revivre au milien des déserts qui couvraient alors la frontière sud du Canada, les prodiges de piété qu’on avait autrefois admirés à Sillery près de Québec,

roquois

e dans b ici-bas igicuses la forêt ont elle t à l’infaire le lement :

Jésus ?

rai pour 1, cette e prière e ne les oute le mais les ec, VOunanière ière, et née de

clergé e foule

nariste cureux qui va Jésus-

uébec, te ver-

Page 1