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LES RELIGIEUSES OCCUPENT L'AILE DE LA STE. FAMILLE

Nos Mères sortirent enfin de l’étroit logis où elles avaient tant souffert depuis dix-huit mois, et entrèrent dans l'aile de la Ste. Famille ; là, treize petites cellules à l'étage supérieur et une chambre de quarante pieds au-dessous, devaient les mettre en état de respirer un peu plus à l’aise, en attendant l'achèvement d'autres parties d’une nécessité bien urgente.

La bénédiction du nouveau bâtiment ayant été faite par ïe R. P. Beschefer le 18 de mai, on y chanta un salut en l’honneur de la Ste. Famille ; et dès le lendemain, qui était un mercredi, on se mit en devoir de déménager. Les lits des élèves furent transportés dans le second étage de la maison de Mme. de la Peltrie, le bas devant servir encore quelque temps de réfectoire (1) ; la salle de quarante pieds qu’elles avaient occupée jusque-là dans le bas du bâtiment neuf, (lingerie actuelle), devait être aussitôt convertie en chapelle. On usa de tant de diligence que le samedi suivant, à cinq heures du soir, on transportait processionnellement le très-St. Sacrement dans le nouveau sanctuaire, tendu de tapisserie et orné de tout ce que nos pauvres Mères avaient pu se procurer de mieux, On y voyait entr'autres objets précieux les châsses des saintes reliques, et les vases sacrés de l’ancienne chapelle de Mme. de la Peltrie, ainsi que les ornements faits de son magnifique tour de lit d’antique damas, dont il se trouve encore quelques restes à la chapelle de l'Enfant Jésus.

Le Dieu caché dans l’Eucharistie honora pendant treize mois

(1) Pour celles qui habitent aujourd’hui le Monastère, il ne sera pas sans intérêt de savoir que la cuisine actuelle fut occupée pour la première fois le 27 juin 1688, la petite dépense servant de réfectoire jusqu’au 2 avril de l’année suivante, <i l’on prit ‘la collation du soir dans le réfectoire neuf,” (aujourd’hui vieux réfectoire). On voit par là combien de temps il fallait pour relever de ses ruines le Monastère incendié. Avant d'occuper un nouvel appartement, nos Mères avaient toujours soin de le sanctifier par un salut d'action de grâces, ou quelqu'autre dévotion spéciale.

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de sa présence cette partie du Monastère, dont la destination devait être si différente soixante-dix ans plus tard.

L’horison s’éclaircissait pour nos Ursulines, et non contentes du grand nombre d'élèves qu’elles réunissaient déjà au pensionnat et à l'externa., elles rouvrirent “ le jour de la St. Laurent (11 août) la classe des sauvagesses.” Mais ne laissons pas les occupations s'accroître sans présenter à nos lectrices de nouvelles ouvrières de la vigne du Seigneur.

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