HONNEURS RENDUS AUX RELIQUES DE ST. PAUL
A son retour de France en 1688, Mgr. de St. Vallier avait apporté une relique de l’apôtre St, Paul, mais comme il n'avait pas de châsse pour l’exposer à la vénération des fidèles, il s’adressa à la Mère des Anges, la priant de lui en faire une convenable ; ce qu’elle exécuta admirablement bien en “ imitant l’orfèverie.” Cette châsse était de forme antique, et si bien brodée en argent que plusieurs crurent que c'était le travail d’un orfèvre. Comme cet ouvrage occupa la Mère des Anges environ un mois, les religieuses eurent le consolant privilége de posséder durant ce temps-là, la précieuse relique. Dès qu’elle fut enchâssée, Monseigneur publia
(1) M. Tremblay a été un des hommes éminents du Séminaire des Missions Etrangères de Québec: il résida presque toujours à Paris ; c'est de là qu'il envoyait des secours pécuniaires alors si nécessaires à Québec; c'est de là aussi que, par la profondeur de ses vues et la sagesse de ses conseils, il dirigeait les membres de la maison de Québec.
M. Tremblay mourut à un âge très-avancé,
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une procession extraordinaire pour en faire la translation qui fut fixée au jour de la conversion de St. Paul.
“ La veille, nous fîmes un salut en l'honneur du grand apôtre ; puis avant de sceller la châsse, Monseigneur nous fit baiser la relique, et il eut aussi la bonté de nous en donner une petite parcelle pour enrichir la chapelle des Saints. Ce jour même, 24 janvier, trois ecclésiastiques vinrent vers le soir pour emporter la châsse à l’église de la paroisse. Nous l’avions exposée dans le chœur, sur un brancard garni de damas et de moire d'argent à franges d'or ; au-dessus, il y avait une écharpe brochée, appartenant à M. le Marquis de Denonville. Quand les prêtres cntrèrent dans la chapelle, nous étions toutes rangées dans le chœur, revêtues des manteaux d'église, et tenant à la main des cierges ardents. Après avoir chanté l'hymne de St. Paul, nous nous dirigeñmes en procession vers la porte conventuelle suivies des élèves françaises et des séminaristes, et chantant le ZLaudate Dominum ; puis nous nous partageâmes en deux haïes pour laisser passer la précieuse relique. Elle fut portée d'abord à l’Hôtel- Dieu, et ensuite à l'évêché, où Monseigneur de Québec passa cette nuit en prières,
“ Le lendemain, 25 janvier, tout le clergé de la cathédrale avec les Pères Jésuites, vêtus en tuniques, dalmatiques, ou chasubles, et rangés chacun selon sa dignité, s’achemina en bel ordre vers la chapelle de l'évêché ; Mgr. de Laval et Mgr. de St. Vallicr, revêtus de leurs habits pontificaux, suivaient la procession. Quatre prêtres portaient la sainte relique. En sortant de la chapelle de l'évêché, la procession se mit en marche vers l’église des RR. PP. Jésuites, où se fit la première station, et de 1à on se rendit à la cathédrale. Tous les corps de la ville suivaient en grande tenue, et la piété de notre population se manifesta d’une manière bien consolante.
“ Le pieux prélat voulant que les pauvres participassent d’une manière particulière à la joie de cette fête, ne se contenta pas de leur distribuer d'abondantes aumônes, mais de plus, il en réunit treize qu'il fit dîner à l'évêché, où il les servit de ses propres mains. Dans l'après-midi, Monseigneur officia à vêpres ; ensuite HHH
il y eut sermon et bénédiction du St. Sacrement ; ainsi finit cette
grande journée qu’on avait passée à honorer publiquement l’apôtre des nations.”
$8.—vISITE ÉPISCOPALE, 1689—NOUVELLE CHAPELLE.
Tout entier aux devoirs de sa charge, Mgr. de St. Vallier parcourait chaque année une grande partie de son diocèse, pour porter à son troupeau, désolé par les guerres, le secours spirituel qui devait faire sa force et sa consolation. De retour dans sa ville épiscopale, son zèle et sa vigilance s’y déployaient de mille manières, et les Ursulines en particulier ne manquaient pas d’éprouver les effets de sa sollicitude. Sa présence dans leur petit sanctuaire ajoutait beaucoup à la solennité de leurs fêtes et répandait la joie dans tous les cœurs. Tantôt c'était une rénovation de vœux, tantôt une première communion, une vêture, une confirmation, ou une profession religieuse à laquelle le digne évêque présidait.
Comme il avait fort à cœur le bonheur et la prospérité de cette maison, Mgr. de St. Vallier profitait de ses moments de loisir pour faire de temps on temps la visite du Monastère, telle qu’elle est ordonnée par les saints canons de l'Eglise. C’est ainsi qu'au mois de février 1689, ce zélé pasteur fit aux Ursulines, sa première visite épiscopale “qui dura quinze jours, dit le vieux récit, avec une grande satisfaction de part et d’autre, cette visite étant remplie pour nous de bénédictions célestes.”
La conclusion de cette visite se fit le 16 février, et Monseigneur commença les cérémonies du jour par administrer la confirmation à une vingtaine de pensionnaires, tant françaises que sauvages. Après la messe et l’action de grâces, l’évêque accompagné du KR. P. Beschefer, S. J., se rendit à la Communauté où se tint le chapitre. Les prières prescrites étant terminées, il fit aux religieuses une courte et fervente exhortation, les encourageant vivement à persévérer dans la sainte carrière qu’elles parcouraient, à la suite de leurs admirables Fondatrices. Le prélat visita ensuite les
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