partie de cette société d'élite que fréquentait Mme. de Sévigné, et
que la spirituelle Z'arquise nous fait connaître dans ses inimitables lettres.
Pauvre comme Job aussi bien que son mari, qui n’avait que ses appointements pour vivre, la comtesse de Frontenac ne daigna cependant jamais réjouir de sa présence (‘les déserts de l'Amérique.’ Elle eût pu faire le bonheur du Comte en se rapprochant de lui, mais il en fut tout autrement. Leur fils unique, resté aussi en France, périt misérablement dans un duel: ainsi s’éteignit cette famille,
En date de 1707, le duc, de St. Simon dit dans ses mémoires: ‘© Mourut aussi Mme. de Frontenac, dans un bel appartement que le duc de Lude lui avait donné à l’Arsenal, étant grand-maître de l’artillerie. Elle avait été belle et ne l’avait pas ignoré. Elle et Mile, d'Outrelaise, qu’elle logeait avec elle, donnaient le ton à la meilleure compagnie de la ville et de la cour. On les appelait les ‘ Divines.'? En effet, elles exigeaient l’encens comme déesses, et ce fut toute leur vie à qui leur en prodiguerait. Mile. d'Outrelaise était morte il y avait longtemps. C'était une Dlle. du Poitou, de parents pauvres et peu connus, qui avait été assez aimable et qui perça par son esprit beaucoup plus doux que son amie qui était impérieuse, ‘Celle-ci (Mme. de Frontenac) était fille d’un maître des comptes qui s'appelait Lagrange- Trianon. Mme. de Frontenac était extrêmement vieille, et voyait encore chez elle force bonne compagnie.”
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leurs séminaristes, Le trait suivant servira d'explication ; il est tiré des ‘ Relations inédites de 1674” déjà mentionnées.
Après avoir parlé des hautes vertus que pratiquait une fervente chrétienne des environs du lac Huron, le missionnaire ajoute :
“ Elle avait entrepris cette année un assez long voyage, du lac Nipissing au Sault, pour chercher une robe noire, mais l'ayant rencontrée chez les Amikoucks (à trois journées du pays des Hurons vers le nord), elle s’y est arrêtée, et joignant la dévotion et le zèle à la ferveur, elle s’est logée en un lieu assez proche de la chapelle, pour avoir la consolation d'y mener les femmes et les filles en qui elle reconnaîtrait de l’inclination pour la prière, afin de les y instruire et de les faire prier. (C’est ce qu'elle fait avec exactitude et avec joie, et même avec tant de prudence et de discrétion, qu’elle ne choque aucun des esprits mal faits de cette nation. Elle sait d’ailleurs si bien régler ses mœurs, que les langues les plus médisantes, bien loin de trouver à redire à sa conduite, lui rendent ce témoignage, qu’elle fait honneur à la prière.
# Cette vertu, dont elle a pris autrefois les premières teintures chez les Mères Ursulines de Québec, ne l’a pas mise À couvert de bien des attaques contre la fidélité qu’elle devait à Dieu et à son baptême, mais elle y a résisté avec constance.”
On voit par cet exemple, l'édification que devaient donner les séminaristes, et de quel secours elles étaient aux missionnaires, en exerçant ainsi en quelque sorte les fonctions d’Ursulines au milieu de leurs tribus : c'était aussi un des princisaux motifs de la sollicitude de nos Mères envers ces enfants de la forêt.
L'intention n’a donc jamais été d’instruire un grand nombre de filles sauvages surtout des tribus éloignées, la chose n’étant guère praticable ; mais c'était de bien instruire, de fonder dans la foi chrétienne, des filles de familles importantes et considérées, afin que leur piété influât sur leurs compatriotes,
La cause de la diminution des séminaristes a déjà été expliquée. Ajoutons que, malheureusement, l’œuvre de démoralisation commencée par les ‘ coureurs de bois” prenait des proportions toujours plus désolantes ; ces Européens à la vie dépravée, faisaient
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perdre aux sauvages tout respect et toute estime pour la foi chrétienne. De plus, la guerre qu'il fallut pousser avec tant de vigueur contre les Iroquois et qui ne se termina qu’en 1700, éloigna plus que jamais les sauvages de Québec.
C'est vers l'an 1720, que les Ursulines cessèrent d'ajouter à la formule de leurs vœux : Je voue instruction aux petites filles sauvages.