‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 187 sur 199 · MARTYRE DU PÈRE CHARLES GARNIER · texte numérisé non relu

MARTYRE DU PÈRE CHARLES GARNIER

“ Ce que je craindrais davantage serait, “ qu’en quittant mon troupeau en ces temps do ‘“ misère et dans ces frayeurs de la guerre qu'il “a besoin de moi plus que jamais, je ne man- ‘6 quasse aux occasions que Dieu me donne de “me perdre pour lui, et qu'ensuite je ne me “ rendisse indigne de ses faveurs.”

À lu suite des victoires sanglantes des Iroquois sur la nation Huronne, au commencement du printemps de 1649, la terreur et l'épouvante s'emparèrent de ce peuple désolé, et l’obligèrent à quitter ses terres, ses maisons, ses villages, tout ce qu’il avait de plus cher au monde, pour fuir la cruauté de son ennemi, et à se disperser de différents côtés. Beaucoup de Hurons se réfugièrent dans les montagnes de la nation du Pétun ; les Jésuites y avaient deux missions : la mission de St. Jean l'Evangéliste et celle de St. Mathias. Le bourg principal de la mission de St. Jean renfermait de cinq à six cents familles : cette mission était sous les soins spirituels du Père Charles Garnier qui arrosa de son sang le champ que Dieu lui avait donné en partage, et que, pen‘ ant plusieurs années, il avait arrosé de ses sueurs. A l'exemple du Père Daniel, à? donna sa vie pour son troupeau.

Les Iroquois surprirent la bourgade le 7 décembre 1649, à deux heures de l'après-midi. Presque tous les guerriers Hurons, avertis par un prisonnier de se tenir sur leur garde, après avoir attendu quelques jours l'ennemi de pied ferme, ne purent réprimer plus longtemps leur ardeur, et marchèrent à la rencontre de l'ennemi. Mais l’Iroquois ayant pris un détour {ne fut pas rencontré, et ayant appris que la place était sans défenseurs, il l’attaque à l’improviste. L’épouvante et la terreur furent telles que presque tous les habitants, au lieu de résister à l’ennemi, ne pensèrent qu'à fuir.

# Ce furent, dit la Relation de 1650, des cruautés inconcevables. On arrachait à une mère ses enfants pour les jeter au feu ; d’autres

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enfants voyaient leur mère assommée à leurs pieds, ou gémissante dans les flammes, sans qu'il leur fût permis, ni aux uns, ni aux autres, d'en témoigner aucune compassion, C'était un crime de répandre une larme, ces barbares voulant qu'on marchât dans la captivité, comme ils marchaient dans leur triomphe. Une pauvre mère chrétienne, qui pleurait la mort de son enfant, fut tuée sur la place, à cause qu’elle avait encore de l'amour ct qu’elle ne pouvait étouffer assez tôt les sentiments de la nature.”

Lorsque les ennemis s’emparèrent du bourg, le Père Charles Garnier était alors seul dans la mission, occupé à instruire son peuple dans les cabanes qu’il visitait. Il court à l'église ; il y trouve quelques chrétiens : “ Nous sommes morts, mes frères, priez Dieu, et sauvez-vous.” Plusieurs le pressent de fuir avec eux, mais ce véritable apôtre, toujours prêt à servir Dieu, l'Eglise et le prochain, est retenu par les liens de la charité ; il s’oublie lui-même pour ne penser qu'au salut éternel des âmes qui lui sont confiées. Il exhorte ses néophytes à mourir fidèles à la foi, il donne l’absolution aux chrétiens qu'il rencontre, il court dans les cabanes en flammes pour baptiser les enfants et les catéchumèncs.

Il s'occupait à ce saint ministère quand il fut renversé sans connaissance par les balles des ennemis. Un Iroquois le croit mort, et le dépouille ; quelques instants après, revenu à lui même, il aperçoit à dix pas de lui un pauvre Huron, blessé à mort. O charité! plus forte que la mort, toi seule es capable de porter une âme aux actes les plus héroïques ! Le généreux athlète, recueillant ses forces, fait un effort suprême pour se traîner jusqu’à lui ; il fait deux pas, et il tombe ; reprenant courage, il se met à genoux, prie Dicu avec ferveur, puis il essaie encore d'aller à lui pour le préparer à la mort, mais épuisé il tombe pour ne plus se relever, Un barbare l’aperçoit, accourt, et lui donne la mort en lui assénant deux coups de hache sur la tête,

Telle fut la mort précieuse du Père Charles Garnier ; telle fut aussi la récompense que Dieu lui accorda et qu'il lui avait toujours demandée, Il s’est immolé avee joie, il a pu dire avec son divin Maître : “ Personne ne peut avoir un plus grand amour que

celui de donner sa vie pour ses amis et pour ses frères.” La charité seule est capable de cet héroïsme. Heureux ceux dont le dernier soupir est un soupir d'amour ! Ils se reposeront éternellement dans le sein de Dicu.

Le Père Charles Garnier était né à Paris, en 1605. Il mourut âgé de quarante-quatre ans, la veille de la fête de l’Immaculée Conception. Dès son enfance, il se distinguait par sa vertu, il aimait tendrement la Ste. Vierge, et il s'était engagé, par vœu, à défendre jusqu’à la mort son Immaculée Conception. Sa vie fut toujours celle d’un ange. Lorsque son père le présenta au Père Provincial, il lui dit : “ Si je n’aimais pas uniquement votre Compagnie, je ne vous donnerais pas un enfant, qui depuis sa naissance jusqu'à maintenant n’a jamais commis Ja moindre désobéissance, et ne m'a jamais causé le moindre déplaisir.”

Il était d’un zèle infatigable, et il désirait perdre sa vie par amour pour Jésus, ct le salut des âmes qui lui étaient confiées. Trois jours avant sa mort il écrivait au Supérieur qui le priait de venir, à la résidence fixe de Ste. Marie, se reposer de ses fatigues : “Il est vrai que je souffre quelque chose du côté de la faim, mais ce n'est pas jusqu'à lu mort, Dieu merci mon corps et mon esprit se soutiennent dans leur vigueur. Ce n’est pas de ce côté-là que je crains ; mais c’est qu’en quittant mon troupeau en ces temps de misère et dans ces frayeurs de la guerre qu’il a besoin de moi plus que jamais, je ne manquasse aux occasions que Dieu me donne de me perdre pour lui, et qu’ensuite je ne me rendisse indigne de ses faveurs.” (1)

Tous ceux qui connaissaient le Père Charles Garnier le regardaient comme un saint, et avaient pour lui la plus grande vénération. Sa vie dans les missions du Canada (treize ans) a été une vie de privations ct de sacrifices, mais il vit maintenant dans le ciel, couronné de gloire et d'honneur.

Deux Pères Jésuites de la mission voisine, informés par les pauvres Hurons fugitifs, du malheur qui venait d'arriver, se rendirent le lendemain matin au lieu du carnage, pour donner la sépulture à leur cher confrère. Après bien des recherches, des néo-

(1) Relation du Père Bressani.

a cha- phytes leur firent reconnaître le corps horriblement défiguré du lont le saint Martyr, et ils l’inhumèrent au lieu même où avait été l'église rnelle- de St. Jean.

nourut sculés $5.—LE PÈRE NOEL CHABANEL.

rtu, il ‘“ Peu importe où je mourrai. Cette vie est vœu, à “ peu de chose. Le bonheur du paradis est le vie fut “ seul vrai bien, et les Iroquois ne peuvent l’en- : u Père “ lever.” e Comà télé Le Père Noël Chabanel passa six ans dans les missions du Canada, > déso- Il était le compagnon de mission du Père Charles Garnier, il demeurait avec lui, et il n’y avait que deux jours qu'il avait quitté vie par la mission de St. Jean l'Evangéliste, lorsqu'elle fut attaquée et onfiécs. détruite par les farouches Iroquois, ces féroces et implacables enriait de nemis de la nation huronne. Le Supérieur lui avait ordonné de tigues : se rendre à la résidence de Ste. Marie, afin de ne pas exposer inumn, mais tilement deux missionnaires dans des temps si périlleux, tandis a esprit qu'un seul suflisait, et aussi à cause de la famine qui se faisait é-à que cruellement sentir à St. Jean. 2 quitta ons A bourgade St. Jean s temps avec sept ou huit Hurons chrétiens, pour obéir aux ordres de son de moi Supérieur. Après avoir fait six ou sept lieues dans de très-mauvais ! Jicu me chemins, la nuit les surprit au milieu des bois, et harassés de fadisse in- tigues, ils s’arrêtèrent pour y passer la nuit. « “ Les Hurons fatigués du voyage s’abandonnèrent bientôt au È à regar- sommeil. Le missionnaire veillait seul, et s'occupait à prier Dieu. | né Vers le milieu de la nuit, il eltend plusieurs voix distinctes, et ' été une des cris confus. C'étaient l’armée victorieuse, qui revenait du dans le sac du village St. Jean, et ses infortunés prisonniers, qui chantaient, selon leur coutume, leur chanson de guerre.

par les “ Le missionnaire s’empresse d’éveiller ses compagnons. Ils se ren- s'enfuient aussitôt dans l'épaisseur de la forêt, et dans toutes les je la sé- directions, mais en s’éloignant de la route que tenait l'ennemi. des néo- jes fugitifs, arrivés à la nation du Pétun, racontèrent que le mis-

sionnaire les avait suivis pendant quelque temps, mais que sentant ses forces épuisées, il leur avait dit: ‘ Peu importe où je mourrai. UUU

er :

Cette vie est peu de chose. Le bonheur du paradis est le seul vrai bien, et les Iroquois ne peuvent l’enlever.”

4 A l'aurore, le Père Noël prit le chemin de Ste. Marie, mais après avoir marché quelque temps, il se trouva arrêté par une rivière qu’il fallait passer ; voilà ce que nous a raconté un Huron apostat. Il ajouta qu'il lui fit traverser la rivière dans son canot, et que le Père, pour se décharger (selon lui), lui laissa son chapeau, ses écrits et une couverture, qui sert dans ce pays là de manteau pour le jour, et de lit pour la nuit.” (1)

C'était un mensonge qu'il faisait pour cacher le crime abominable qu'il avait commis. Le Père Ragueneau assure que ce Huron apostat a fini par avouer qu’il avait donné la mort qu Père Noël Chabanel, en haine de la foi.

Le Père Noël eut bien des épreuves à subir pendant les six années qu’il passa dans les missions. En France, il avait enseigné la rhétorique avec beaucoup de succès, et cependant, après quatre ou cinq ans d'étude de la langue huronne, à peine pouvait-il se faire comprendre ; et comme il était très-zélé, c'était pour lui un sacrifice douloureux de ne pouvoir travailler au salut des âmes aussi efficacement qu'il le désirait. De plus, il éprouvait une extrême répugnance à vivre à la manière des sauvages, et le démon lui suggérait tous les jours de retourner en France, lui mettant sous les yeux les consolations spirituelles et temporelles qu’il recevrait dans son pays.

Admirez, chères lectrices, la grandeur et la geiérosité de son sacrifice! Bien loin d'écouter les propositions perfides de l’odieux tentateur, le Père Chabanel s’attacha plus fortement que jamais à sa sainte croix, et pour combattrétette tentation plus cfficacement, il fit vœu (20 juin 1647, fête du St. Sacrement), de perpétuelle stabilité en cette mission des Hurons. “Je vous conjure, 6 mon Sauveur, qu’il vous plaise me recevoir pour serviteur perpétuel de cette mission, et que vous me rendiez digne d’un ministère si sublime.”

4 La dernière fois qu'il se sépara d'avec nous, dit la Relation de 1650, pour aller en la mission où il est mort, embrassant celui

(1) Relation du Père Bressani.

seul de nos Pères qui avait le soin de la conduite de son âme: ‘“ Mon cher Père, lui dit-il, que ce soit tout de bon cette fois, que je me mais * donne à Dieu et que je lui appartienne.”” Mais il proféra ces pa- 1e ri- roles d’un si bon accent et d’un visage si résolu à la vraie sainteté, [uron À qu’il toucha vivement celui de nos Pères auquel il parlait; lequel, anot, Ê ayant trouvé à l'heure même un de ses amis, ne put s'empêcher à cha- de lui dire: “ Vraiment je viens d’être touché! Ce bon Père vient man- de me parler avec l’œil et la voix d’une victime qui s’immole. Je ne sais pas ce que Dieu veut faire, mais je vois qu’il fait un grand bomi- saint.” [ue ce Dieu exauça ses vœux, et récompensa par le martyre la généro- 1 Père sité de son sacrifice; il eut le bonheur de souffrir et de mourir pour Jésus-Christ, le 8 décembre 1649. Le Père Chabanel n’était ix an- âgé que de trente-six ans.

seigné Le $6.—LE PÈRE RENÉ MÉNARD.

lui un ‘ Mon cher Père, nous n’en faisons que trop, s âmes ‘ mais nous ne faisons pas assez pour l'amour ne ex- ‘“ de Dieu.” démon ettant Le Père René Ménard a travaillé plus de vingt ans dans les il roce» missions du Canada. Missionnaire zélé et infatigable, quoique d’une complexion fort délicate, “ il séchait sur pied et était rongé de son de mélancolie,” quand il ne se trouvait point au milieu de ses néodiote phytes barbares. Il exerça le saint ministère dans les missions jamais Huronnes, Algonquines et Iroquoises ; il aimait tendremeut les ficice- sauvages et il avait sur eux une grande autorité. à perpé- Le 28 août 1660, le Père René Ménard et huit Français quitjure, Ô tèrent les Trois-Rivières, avec une bande d’Outaouais, pour pénéperpé- trer dans leur pays. Ils y arrivèrent le 15 octobre de la même intatèro année. Le pauvre missionnaire eut beaucoup à souffrir durant le voyage, de la part de ses compagnons Outaouais. Ces sauvages, dlätion les plus grossiers entre tous, l’obligeaient, malgré son âge avancé, it celui à porter de lourds fardeaux ; ils l’abandonnèrent inhumainement

péndant six jours sur les rochers du rivage, à l'entrée du lac Supérieur. À la baie Ste. Thérèse, il eut le bonheur de retrouver

ses compagnons français, et surtout le bon Jean Guérin ; mais que n’eut-il pas à souffrir, chères lectrices, pendant l'hiver dans sa cabane de branches de sapin, de la faim, du froid et de mille autres incommodités ! “ Un petit poisson, cuit à l’eau claire et partagé entre quatre ou cinq personnes, était pour eux un régal ; les repas ordinaires consistaient en une espèce du mousse, nommée tripe-de-roche, qu’ils faisaient bouillir avec des arêtes de poisson, des os broyés, des écorces de chêne, de bouleau, de tilleul. Pendant l'été qui suivit, ils sc trouvèrent un peu mieux, grâces à la chasse et aux fruits sauvages.” (1)

Après avoir passé neuf mois au pays des Outaouais, le Père Ménard convaincu de l’inutilité de son ministère au milieu de ces sauvages grossiers et plongés dans tous les vices, prit la résolution d'aller chercher d’autres brebis égarées. L'église qu’il avait fondée dans ce pays, bien que précieuse aux yeux de Dieu, ne se composait que de deux vieillards que la grâce avait préparés à la lumière de l'Evangile, de quelques femmes et de petits enfants qu'il baptisait. En vain les trois Français qu'il avait députés aux Hurons chrétiens qui avaient fui les Iroquois jusque sur les bords du Mississipi, lui représentent-ils les difficultés et les obstacles qui doivent détourner le missionnaire, vieux et infirme, d'entreprendre un voyage de cent lieues : “ Dieu m’y appelle, leur dit-il, il faut que j'y aille, m’en dût-il coûter la vie. St. François-Xavier qui semblait si nécessaire au monde pour la conversion des âmes, est bien mort dans la poursuite de son entrée à la Chine ; et moi qui ne suis bon à rien, de peur de mourir en chemin, refuserais-je bien d’obéir à la voix de mon Dieu qui m'appelle au secours des pauvres chrétiens et catéchumènes dépourvus de pasteur depuis tant de temps ? Non, non, je ne saurais souffrir que des âmes périssent sous prétexte de conserver la vie du corps à un chétif homme que je suis.” (2)

Le 13 juin 1663, il partit, accompagné d'un Français et de quelques Hurons, pour sa mission lointaine et périlleuse. Il fit ses adieux aux Français qu’il laissait, en termes prophétiques :

(1) Cours d'histoire de M. Ferland, (2) Relation de 1663.

mais ns sa mille ire et égal ; mmée isson, Pen- 8 à la

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& Adieu, mes chers enfants, leur disait-il, les embrassant tendrement: mais je vous dis legrand adieu pour ce monde, car vous ne me reverrez plus: je prie sa bonté divine que nous nous réunissions dans le ciel.”

Bientôt les Hurons manquant de vivres, perdirent courage, et abandonnèrent le missionnaire et son compagnon Français, sous prétexte d'obtenir du secours du village. Ils demeurèrent près d’un lac pendant quinze jours; puis manquant de vivres ils résolurent de poursuivre leur route, dans un petit canot qu'ils trouvèrent dans les broussailles. Enfin, le 10 août 1661, l'intrépide missionnaire s’égara dans les bois, pendant que son compagnon conduisait le canot dans un rapide dangereux. Celui-ci attend quelque temps le missionnaire, il le cherche, il l’appelle, il fait plusieurs décharges de son fusil, mais en vain. Il se hôte d’aller au village huron, mais il s’égare lui-même, et n'arrive que deux jours après. Un jeune sauvage qu’il expédie pour chercher le Père Ménard, revient au bout de quelques heures, en criant: ‘ Aux armes, j'ai rencontré l'ennemi.” C'était un prétexte, et ainsi s'évanouit l'espérance de retrouver le courageux missionnaire.

Est-il mort de faim, de misère ? ou a-t-il été tué par ces barbures, personne ne le sait. Quoiqu'il en soit du genre de sa mort, le Père Ménard qui témoignait, par les larmes qu’il versait, le regret qu’il éprouvait de n'avoir pu mourir dans sa mission iroquoise, eut la consolation de mourir en cherchant de nouvelles âmes à conquérir à Dieu.

Il avait le zèle d’un François-Xavier ; les dangers qu’il courait sans cesse de mourir ou par la main des Troquois, ou par la famine, ne lui faisaient pas peur. Le bon Jean Guérin encourageait le Père: ‘O mon Père, que le bon St. François-Xavier en a bien souffert davantage, et que vous seriez heureux de faire une aussi belle mort que lui.”

Comme St. François-Xavier, le Père Ménard mourut en vue de la mission qu’il voulait évangéliser.

‘ Jean Guérin, le fidèle compagnon du Père, était un homme de Dieu, écrivait le Père Jérôme Lalemant, d'une éminente vertu et d’un zèle très-ardent pour le salut des âmes ; il s'était donné à

nous afin de coopérer par ses services à la conversion des sauvages, De fait, après avoir accompagné nos Pères presque dans toutes nos missions, soit aux Iroquois, soit aux Hurons, aux Abénaquis aux Algonquins ;...... ayant été donné pour compagnon au Père Ménard en ce dernier voyage, il est mort dans ce dernier emploi, suivant son bon Père dans le ciel, après lavoir suivi si loin sur la terre... Après la mort du Père Ménard qu'il chercha inutilement, Dieu l’établit comme missionnaire en chef de cette pauvre Eglise, qui n'avait pu jouir de son Pasteur ; ce fut par le baptême qu’il y conféra à plus de deux cents enfants qu’il envoya bientôt après dans le ciel, pour y couronner le Père d’un beau diadème de ces petits prédestinés, au salut et à la recherche desquels il était mort.” L'année suivante, 1662, il fut tué accidentellement par la décharge d’un fusil. “Il tomba raide mort du coup, sans rien dire que le nom de Jésus, avec lequel il expira.” (1)

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