‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 27 sur 199 · TR · texte numérisé non relu

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portaient au loin les fruits des saintes instructions qu'elles avaient reçues, et citons un trait entre bien d’autres.

“ Nous avons eu, dit la Vén. Mère, trois grandes séminaristes qui ont été cet hiver À la chasse avec leurs parents, pour les aider dans le ménage et à apprêter les pelleteries. Elles s'appellent Anne-Marie, Agnès et Louise. Elles eurent bien de la peine à se résoudre à ce voyage, parcequ’elles devaient être trois mois privées de la sainte Messe et de l'usage des sacrements; mais leurs parents étant de nos principaux chrétiens, on ne les put refuser. Nous les garnîmes autant que notre pauvreté nous le put permettre, après quoi elles nous quittèrent avec bien des larmes. Leur principal office était de régler les prières et les exercices de chrétien parmi les sauvages. L'une réglait les prières et les faisait faire avec une singulière dévotion ; la seconde déterminait les cantiques spirituels sur les mystères de notre foi; la troisième présidait à l'examen de conscience et faisait concevoir à l’assemblée l'importance de cet exercice. Mais quoiqu'’elles passassent ainsi le temps dans des pratiques de dévotion, elles ne laïssèrent pas d'écrire deux fois au KR. P. Supérieur de la Mission, et à moi, en des termes si religieux et si judicieux que tout le monde admirait leur esprit Monsieur notre Gouverneur surtout m'en parla avec une consolation toute particulière, de voir en des filles sauvages, nourries dans les bois et dans les neiges, des sentiments de dévotion et une politesse d'esprit, qui ne se trouvent pas très-souvent dans des filles bien élevées de la France. Le sujet de leurs lettres était que se voyant si longtemps privées des sacrements, elles demandaient qu’on leur envoyât du secours pour les re-

tirer de cet ennui.

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