‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 28 sur 199 · ER · texte numérisé non relu

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‘ A leur retour, la première visite qu’elles firent fut au très-saint sacrement, la seconde à l’image de la très-sainte Vierge, à laquelle, comme aussi au petit Jésus, Anne-Marie avait cherché les premières fleurs du printemps pour faire des couronnes. ÆEnsuite elles nous rendirent compte de toute leur conduite. Ah! disaient-elles, que la privation de la sainte messe et des sacrements nous a été pénible !”?

Anne-Marie et Agnès étant suffisamment instruites, leurs parents songèrent à les retirer tout-à-fait du séminaire. Elles en eurent beaucoup de chagrin, et vinrent un jour trouver notre Vén. Mère, lui présentant deux petites lettres qu’elles désiraient envoyer à leur ‘ cabane.”

Nous mettons avec plaisir sous les yeux de nos lectrices ces échantillons du style des séminaristes de

Mon frère, je suis résolue de ne m'en pas aller, c’est une conclusion prise que je veux être vierge, et que je désire aimer et servir en cette maison où je suis Celui qui a tout fait. Je désire, dis-je, y demeurer toute ma vie pour instruire des filles de ma nation. Si je puis une fois savoir bien lire et écrire, je les enseignerai plus efficacement à aimer Dieu. Apaise-toi, mon frère, apaise ma sœur, car je ne veux plus aller chez toi. Adieu donc, mon frère, je te serai servante tant que je vivrai, et je prierai Dieu pour toi dans la maison des prières. Agnès.”

Voici la seconde lettre.

Mon frère, agréerais-tu que je demeurasse pour toujours avec leg filles vierges en cette maison ? car de tout mon cœur, je souhaite d’être vierge comme elles, et c’est une affaire d'importance pour moi que je sois toujours vierge. Quand je serai plus grande, j'in-

struirai les filles de ma nation, et leur enseignerai le chemin du ciel, afin qu’elles puissent un jour après leur mort, voir Celui qui a tout fait. Voilà pourquoi j'ai résolu de ne m'en pas retourner chez toi si tu l’agrées, et de demeurer pour toujours dans la maison des prières Prie pour moi, je prierai pour toi tant que je vivrai, et je te serai servante, moi qui suis ta fille Anne-Marie.”

D'un côté donc, nos Mères étaient abondamment consoléés par “ces biens du Paradis qui adoucissent les épines du Canada ;” et de l’autre, par les bénédictions que Dieu versait sur leurs travaux. La bâtisse du Monastère progressait sur les fonds de la divine Providence, et bientôt elle allait être en état de loger les religieuses et leurs chères élèves.

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